Fluctuation du dinar en Irak: Le Premier ministre admet des transferts frauduleux

Le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani (Photo, AFP).
Le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 01 février 2023

Fluctuation du dinar en Irak: Le Premier ministre admet des transferts frauduleux

  • L'Irak est gangréné par la corruption qui mine les administrations publiques et l'économie tout entière
  • Le dollar frôlait mardi les 1.680 dinars sur le marché

BAGDAD: Le Premier ministre irakien a reconnu mardi que des transferts frauduleux de dollars avaient été effectués depuis l'Irak vers l'étranger, révélés à l'occasion de la mise en place de réglementations concernant ces transactions, qui s'est accompagnée d'une dépréciation du dinar face au billet vert.

Le dinar irakien a perdu un peu plus de 10% de sa valeur face au dollar depuis deux mois, provoquant des manifestations sporadiques d'Irakiens préoccupés par leur perte de pouvoir d'achat.

Le dollar frôlait mardi les 1.680 dinars sur le marché. Le taux de change officiel reste inchangé à 1.470 dinars.

Analystes et responsables attribuent cette dépréciation à la mise en conformité du système bancaire irakien avec la réglementation internationale sur les transferts de fonds.

Les banques irakiennes doivent désormais gérer ces transferts à travers la plateforme électronique SWIFT qui permet de surveiller les transactions, notamment par la Réserve fédérale américaine.

Évoquant mardi soir ce mécanisme lors d'un entretien télévisé, le Premier ministre Mohamed Chia al-Soudani a salué "une véritable réforme du système bancaire (irakien) qui permet (...) d'empêcher le blanchiment d'argent".

Concernant les transferts de devises vers l'étranger, effectués notamment sous prétexte qu'ils sont destinés au financement d'importations, il a dénoncé sur la télévision publique Al-Ikhbariya des "factures falsifiées, de l'argent qui sort frauduleusement. C'est une réalité".

L'Irak est gangréné par la corruption qui mine les administrations publiques et l'économie tout entière.

Evoquant les achats de dollars avant et après l'introduction des mesures de contrôle, le Premier ministre s'est étonné d'une chute drastique du volume des transactions: "avant, nous vendions 200 ou 300 millions (de dollars) par jour, maintenant la Banque centrale fournit 30, 40, 50 millions de dollars".

"Quel pays fournit 300 millions de dollars par jour? Qu'est-ce que nous importions en un seul jour pour 300 millions de dollars?", a-t-il poursuivi.

"Il y a des produits qui entraient (en Irak) pour des prix ne faisant aucun sens. Clairement, l'objectif était de sortir les devises d'Irak, c'est quelque chose qui doit cesser", a-t-il martelé.

Il a évoqué de l'argent potentiellement transporté vers le Kurdistan autonome d'Irak "et de là vers les pays voisins", sans préciser s'il s'agissait de la Turquie, de l'Iran ou de la Syrie en guerre.

M. Soudani a précisé que la plateforme de contrôle était prévue depuis deux ans par un accord entre la Banque centrale irakienne et les autorités fiscales américaines, déplorant le manque de préparation et les ratés de Bagdad dans la mise en place du système.

Le chef de la diplomatie irakienne Fouad Hussein et le nouveau gouverneur de la Banque centrale feront partie d'une délégation qui se rendra le 7 février à Washington pour discuter du mécanisme et des fluctuations du taux de change, a assuré M. Soudani.


Liban: une frappe israélienne sur la Békaa fait un mort et deux blessés malgré la trêve

Un membre de la défense civile inspecte des véhicules détruits ainsi que des gravats et débris après un bombardement israélien sur le village de Shmistar, au centre de la vallée orientale de la Békaa au Liban, le 8 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
Un membre de la défense civile inspecte des véhicules détruits ainsi que des gravats et débris après un bombardement israélien sur le village de Shmistar, au centre de la vallée orientale de la Békaa au Liban, le 8 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
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  • Une frappe de drone israélienne dans l’ouest de la Békaa (Liban) a fait 1 mort et 2 blessés, malgré un cessez-le-feu fragile en cours entre Israël et le Hezbollah
  • Les tensions persistent avec des échanges de tirs : roquettes et drones du Hezbollah en riposte, frappes israéliennes en retour, sur fond d’escalade régionale récente

BEYROUTH: Une frappe israélienne dans l'ouest de la région de la Békaa (est du Liban) a fait un mort et deux blessés mercredi, ont rapporté des médias d'Etat libanais, malgré la trêve en vigueur entre Israël et le Hezbollah pro-iranien.

"Une personne a été tuée et deux autres blessées à la suite d'une attaque menée par un drone ennemi à l'aube, à la périphérie d'Al-Jabour, dans l'ouest de la Békaa", a rapporté mercredi l'Agence nationale d'information (Ani).

L'agence fait en outre état de tirs d'artillerie israéliens et de démolitions dans les villes du sud actuellement occupées par Israël.

Le mouvement libanais Hezbollah avait dit mardi que ses combattants avaient tiré des roquettes et envoyé des drones d'attaque contre un site militaire israélien "en représailles aux flagrantes" violations du cessez-le-feu, invoquant notamment "les attaques contre des civils et la destruction de maisons et villages".

L'armée israélienne avait indiqué mardi que le Hezbollah avait "tiré plusieurs roquettes" en direction de soldats stationnés dans le sud du Liban et que l'armée avait frappé le lance-roquettes en retour.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale déclenchée par le 28 février par l'attaque américano-israélienne sur l'Iran, en tirant le 2 mars des roquettes sur Israël.

Depuis, Israël a pris le contrôle d'une bande de territoire libanais d'une profondeur d'une dizaine de kilomètres courant le long de la frontière israélo-libanaise.

Un fragile cessez-le-feu de 10 jours est entré en vigueur vendredi entre Israël et le Hezbollah pro-iranien.


Le prince héritier saoudien discute de l'évolution de la situation au Liban avec le président

Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman. (Fichier/SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman. (Fichier/SPA)
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  • M. Aoun a exprimé sa reconnaissance au prince héritier pour le soutien saoudien au Liban et l'assistance continue du Royaume en toutes circonstances
  • Le prince héritier a affirmé le soutien du Royaume au Liban dans le maintien de sa souveraineté et de ses efforts pour préserver ses ressources, son intégrité territoriale et son unité

RIYADH : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reçu un appel téléphonique du président libanais Joseph Aoun, a rapporté mardi l'Agence de presse saoudienne.

Au cours de cet appel, ils ont discuté des derniers développements au Liban et dans la région, ainsi que des efforts déployés pour parvenir à la sécurité et à la stabilité.

M. Aoun a remercié le prince héritier pour le soutien saoudien au Liban et l'assistance continue du Royaume en toutes circonstances.

Le prince héritier a affirmé le soutien du Royaume au Liban dans le maintien de sa souveraineté et de ses efforts pour préserver ses ressources, son intégrité territoriale et son unité.

Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Hezbollah, négocié par Washington, est entré en vigueur jeudi dernier, mais les forces israéliennes restent déployées dans une bande de terre libanaise de 5 à 10 km de profondeur tout au long de la frontière.

De nouveaux entretiens entre les ambassadeurs américains du Liban et d'Israël auront lieu jeudi à Washington, selon un responsable du département d'État américain, après les premiers entretiens directs entre les deux pays depuis des décennies, qui ont eu lieu le 14 avril.


Liban: premières funérailles collectives de combattants du Hezbollah dans le sud

Il s'agit des obsèques de 15 combattants et d'un civil dans le village de Qlaylé et de 29 autres combattants dans le village de Kfarsir, a détaillé le mouvement chiite pro-iranien dans un communiqué, sans préciser le nombre total de ses pertes dans les frappes israéliennes et les combats avec les troupes qui ont pénétré dans des secteurs du sud. (AFP)
Il s'agit des obsèques de 15 combattants et d'un civil dans le village de Qlaylé et de 29 autres combattants dans le village de Kfarsir, a détaillé le mouvement chiite pro-iranien dans un communiqué, sans préciser le nombre total de ses pertes dans les frappes israéliennes et les combats avec les troupes qui ont pénétré dans des secteurs du sud. (AFP)
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  • Trois combattants du groupe armé avaient eux été enterrés lundi dans trois localités de la Békaa, dans l'est du pays, selon la chaîne al-Manar affiliée au Hezbollah
  • Certains de ces combattants tués pendant la guerre avaient d'abord été inhumés temporairement hors du sud, un rite musulman chiite autorisé en cas de circonstances exceptionnelles

BEYROUTH: Le Hezbollah pro-iranien organise mardi des funérailles collectives de 44 combattants, les premières dans le sud du Liban depuis le début de sa guerre avec Israël le 2 mars, après l'entrée en vigueur d'une trêve vendredi.

Il s'agit des obsèques de 15 combattants et d'un civil dans le village de Qlaylé et de 29 autres combattants dans le village de Kfarsir, a détaillé le mouvement chiite pro-iranien dans un communiqué, sans préciser le nombre total de ses pertes dans les frappes israéliennes et les combats avec les troupes qui ont pénétré dans des secteurs du sud.

Un cortège funèbre doit traverser plusieurs villages avant l'inhumation, qui permettra, selon le Hezbollah, "le retour d'âmes bénies vers le sol du sud".

Dans la banlieue sud de Beyrouth, quatre combattants du Hezbollah avaient déjà été enterrés lundi, selon un photographe de l'AFP, en présence de dizaines de proches et partisans, y compris des femmes et des enfants, portant les portraits des défunts.

Trois combattants du groupe armé avaient eux été enterrés lundi dans trois localités de la Békaa, dans l'est du pays, selon la chaîne al-Manar affiliée au Hezbollah.

Certains de ces combattants tués pendant la guerre avaient d'abord été inhumés temporairement hors du sud, un rite musulman chiite autorisé en cas de circonstances exceptionnelles.

Les frappes israéliennes et les combats ont fait 2.387 morts et un million de déplacés dans le pays depuis début mars, d'après un bilan officiel, qui ne précise pas s'il s'agit de civils ou de combattants.

Ce bilan inclut au moins 274 femmes et 177 enfants, selon le ministère de la Santé libanais.

Un cessez-le-feu de 10 jours émaillé de nombreux incidents est entré en vigueur vendredi entre Israël et le Hezbollah, et de nouvelles discussions "directes" entre le Liban et Israël auront lieu jeudi à Washington, une dizaine de jours après une première session, a indiqué lundi à l'AFP un responsable de la diplomatie américaine.

Israël avait annoncé mi-avril avoir tué "plus de 1.700" combattants du Hezbollah, des chiffres que l'AFP n'a pas pu vérifier.