Signatures d’accords stratégiques entre la France et l’Irak à l’Élysée

Emmanuel Macron et Mohammed Chia Al-Soudani (Photo, AFP).
Emmanuel Macron et Mohammed Chia Al-Soudani (Photo, AFP).
Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre irakien Mohammed Chia al-Soudani signent des documents à l'Elysée, à Paris, le 26 janvier 2023. (Photo de Christophe ARCHAMBAULT / POOL / AFP)
Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre irakien Mohammed Chia al-Soudani signent des documents à l'Elysée, à Paris, le 26 janvier 2023. (Photo de Christophe ARCHAMBAULT / POOL / AFP)
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Publié le Vendredi 27 janvier 2023

Signatures d’accords stratégiques entre la France et l’Irak à l’Élysée

  • Parmi les accords signés figure un traité visant à renforcer les relations bilatérales dans le domaine de la lutte contre la corruption
  • En décembre 2022, Emmanuel Macron avait plaidé pour que Bagdad s'engage dans une autre voie que celle d'un «modèle dicté par l'extérieur»

PARIS: La France et l’Irak ont signé jeudi une série d'accords stratégiques destinés à renforcer la coopération économique entre les deux pays, a déclaré le palais de l’Élysée. Cette signature est intervenue lors de la rencontre qui a eu lieu jeudi entre le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre irakien Mohammed Chia al-Soudani en visite à Paris, a annoncé jeudi la présidence française.
Parmi les accords signés figure un traité visant à renforcer les relations bilatérales dans les domaines de la lutte contre la corruption, de la sécurité, des énergies renouvelables et de la culture, a annoncé vendredi l'Elysée.

Signature d'un traité de partenariat stratégique

Un traité de partenariat stratégique a été signé afin de renforcer les relations bilatérales et d'établir un cadre formel et permanent pour la relation diversifiée et globale dans divers domaines de coopération.

Emmanuel Macron a salué l’engagement du Premier ministre irakien et de son gouvernement en faveur de la lutte contre la corruption, nécessaire au renforcement du lien de confiance entre l’État et le peuple irakiens. La Première ministre a indiqué à son homologue irakien la disponibilité de l’Agence française anticorruption pour coopérer avec les organismes irakiens compétents, en particulier la Commission fédérale de l'intégrité de la République d'Irak. En conséquence, un protocole d'accord a été signé entre la Commission fédérale de l'intégrité de la République d'Irak et l'Agence française de lutte contre la corruption concernant la coopération bilatérale en matière de lutte contre la corruption.

Le président français et le Premier ministre irakien ont affirmé l’importance de la coopération franco-irakienne permettant d’améliorer l’accès des citoyens aux services essentiels en Irak en réponse aux attentes fortes de la population irakienne.

Les deux parties ont salué la coopération fructueuse dans le domaine de la santé à travers la création d'un centre médical financé par le Centre de crise et de soutien du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères à Sinjar. Un accord a été signé pour remettre formellement l'hôpital français de Sinjar aux autorités irakiennes à l'issue du projet. D'autres projets conjoints de coopération dans le domaine de la santé ont été évoqués, tels que le Centre de recherche et de soins médicaux de Mossoul à l'Université de Mossoul, l'hôpital Halabja, spécialisé dans le traitement des victimes d'armes chimiques, le projet de chirurgie cardiaque à l'hôpital Nasiriyah, et la mise en place d'ateliers de formation communs dans le domaine de la santé mentale entre l'Université de Lorraine et l'Université de Mossoul.

Dans le domaine de l'eau et de l'assainissement, Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d'un projet d'appui à la recherche universitaire et à la formation en matière d'irrigation durable afin de trouver des solutions alternatives répondant à la raréfaction des ressources en eau. Il a exprimé la volonté de la France de développer la coopération avec le ministère irakien des Ressources en eau, notamment à travers l'étude du projet de cartographie des ressources en eau mené par Airbus Defence and Space. Les projets de l'Agence française de développement dans plusieurs gouvernorats irakiens ont également été évoqués.

Les deux parties ont souligné la nécessité de travailler pour assurer que les femmes jouent un rôle de premier plan dans divers domaines. Elles ont également évoqué la nécessité d'intensifier les efforts pour lutter contre le changement climatique et d'atténuer ses dommages à l'environnement irakien et régional, ainsi que la volonté de créer un organe de coopération régionale dans la lutte contre la désertification et les tempêtes de sable

Emmanuel Macron et Mohammed Chia al-Soudani ont souhaité porter plus haut la coopération franco-irakienne au bénéfice de l’accès de tous les Irakiennes et Irakiens aux services publics de l’énergie et des transports. À cet égard, ils ont réitéré leur engagement de faire aboutir les grands projets engagés concernant des infrastructures de réseau en Irak, qui s’appuient sur les savoir-faire français, notamment les projets en cours pour la rénovation du réseau électrique irakien et l’interconnexion électrique avec la Jordanie, ainsi que le projet de construction d’un métro aérien à Bagdad. Dans cette perspective, ils se sont engagés à faire bénéficier l’Irak de l’expertise et des efforts d’entreprises françaises telles que GE Grid France, Schneider Electric, et Alstom.

S’agissant des énergies alternatives, ils ont manifesté leur engagement dans la mise en œuvre du projet multi-énergies de TotalEnergies, qui confirme la volonté de l'Irak de fournir une énergie issue de sources renouvelables et respectueuses de l'environnement, en s'appuyant sur l'énergie solaire et en investissant dans le gaz associé pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Pour faciliter l’aboutissement de ces grands projets, la partie française a exprimé son engagement à prolonger les facilités de crédit export remboursables d’un montant d’un milliard d’euros, pour soutenir les entreprises françaises opérant en Irak. Enfin, les deux parties sont convenues de relancer le Forum des affaires franco-irakien afin de renforcer la coopération et les relations entre les communautés d’affaires des deux pays.

Reconnaissant que la richesse de l’Irak, berceau de grandes civilisations, s’exprime également à travers sa diversité et son histoire, les parties ont salué la coopération dense et ancienne en matière de préservation du patrimoine et des antiquités, qui concerne notamment les deux sites archéologiques de Larsa et de Khorsabad. Les deux parties sont convenues d’une déclaration d’intention conjointe entérinant leur volonté de poursuivre leur engagement pour la protection et la valorisation du patrimoine irakien, le développement muséal, la lutte contre le pillage des sites archéologiques et le trafic des biens culturels. Au-delà, ils ont souligné le dynamisme de la coopération culturelle, mise en œuvre notamment par l’Institut Français d’Irak.

Emmanuel Macron et Mohammed Chia al-Soudani ont marqué leur souhait de renforcer le partenariat franco-irakien dans le domaine de l’enseignement supérieur en accroissant les échanges universitaires et la mobilité étudiante. Ils sont convenus d’œuvrer au doublement du nombre d’étudiants en France bénéficiant de bourses irakiennes, avec le soutien du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

Enfin, l’Institut national du Service public, en coopération avec le ministère irakien des Affaires étrangères, contribuera à la formation des fonctionnaires et diplomates irakiens.

M.Soudani qui cherche tous azimuts des partenaires pour donner un coup de neuf au secteur énergétique irakien a fait part la veille de son déplacement de son espoir de renforcer la «coopération sécuritaire entre les deux pays (...), notamment dans la formation et le développement des capacités sécuritaires irakiennes, ainsi que dans le domaine de l'achat d'armement».
Le chef de l'Etat français est de son côté particulièrement investi en Irak où il s'est rendu par deux fois depuis le début de son premier mandat en 2017. En décembre 2022, Emmanuel Macron avait plaidé lors d'une conférence régionale de soutien à l'Irak pour que Bagdad s'engage dans une autre voie que celle d'un «modèle dicté par l'extérieur».

Le Président de la République et le Premier ministre ont affirmé ensemble leur engagement à poursuivre les travaux de la Conférence de Bagdad pour la Coopération et le Partenariat en vue de mettre en œuvre, en lien avec leurs partenaires, des initiatives de coopération dans la région.

Emmannuel Macron a assuré Mohammed Chia al-Soudani de la volonté de la France de se tenir aux côtés du gouvernement irakien aussi longtemps que celui-ci le souhaitera afin de lutter contre le terrorisme de Daech. Le Premier ministre irakien a remercié la France pour son engagement, aux côtés des forces de sécurité irakiennes, et en faveur de la stabilité et de la sécurité de l’Irak, et a souhaité renforcer la coopération bilatérale de défense.

Cette rencontre et les accords signés pourraient donner un coup de fouet à la coopération énergétique entre les deux pays. TotalEnergies avait signé un contrat de 10 milliards de dollars avec l'Irak en 2021, mais le premier coup de pelle se fait attendre.
L'accord avec le géant français porte sur la construction d'unités de collecte et de traitement de gaz pétrolier pour générer de l'électricité. Est aussi prévue la construction dans le sud d'une centrale électrique photovoltaïque capable de produire 1 gigawatt d’électricité, au moment où le réseau électrique est particulièrement en souffrance avec des délestages qui peuvent durer jusqu'à 12 heures par jour, dans ce pays pourtant riche en hydrocarbures.
(Avec Agences)


Le Hezbollah rejette le dernier exutoire négocié par les Etats-Unis, Aoun exige l'application du cessez-le-feu

Une photo prise depuis la zone sud de Nabatieh montre de la fumée s'élevant du site d'une frappe aérienne israélienne dans le village de kfar Tibnit, le 4 juin 2026. (AFP)
Une photo prise depuis la zone sud de Nabatieh montre de la fumée s'élevant du site d'une frappe aérienne israélienne dans le village de kfar Tibnit, le 4 juin 2026. (AFP)
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  • Une déclaration conjointe libano-israélienne, publiée à l'aube du jeudi, heure de Beyrouth, indique qu'"Israël et le Liban ont, sous l'égide des États-Unis, accepté de mettre en œuvre un cessez-le-feu"
  • Le secrétaire général du Hezbollah, Naim Qassem, a déclaré que "le résultat des négociations directes absurdes, humiliantes et honteuses est reflété dans l'annonce de Washington"

BEYROUTH : Le président libanais Joseph Aoun a déclaré jeudi que la déclaration commune issue du quatrième cycle de négociations israélo-libanaises sous l'égide des États-Unis comportait "des points très importants en faveur du Liban et représentait la dernière occasion de passer à un cessez-le-feu définitif et global, étant entendu que chaque partie assumerait la responsabilité si elle ne répondait pas".

Un responsable libanais a confirmé à Arab News que le président attendait la réponse du Hezbollah, qui devrait arriver par l'intermédiaire du président du Parlement, Nabih Berri.

"Toutes les parties ont été informées du résultat de la session de négociation", a déclaré le fonctionnaire. "Ce qui a été publié n'est pas un accord de cessez-le-feu. Il s'agit d'une déclaration dont Israël a accepté intégralement le contenu et les conditions. Ce qui reste, c'est la réponse du Hezbollah".

Une fois cette réponse donnée, a ajouté le fonctionnaire, Washington sera informé et les prochaines étapes seront déterminées.

S'adressant de manière informelle aux journalistes au palais de Baabda, M. Aoun a déclaré que Washington "déterminerait le calendrier et le mécanisme de mise en œuvre du cessez-le-feu, qui pourrait commencer 24 heures après la notification de l'approbation et une fois que les garanties nécessaires auront été fournies." Le président américain Donald Trump serait le garant direct de la mise en œuvre.

Le président a déclaré que "la délégation libanaise de négociation, dirigée par l'ambassadeur Simon Karam, a tenu bon tout au long des deux sessions convoquées au cours des deux derniers jours".

La session de mercredi a été difficile : M. Karam a été poussé à suspendre le cycle de négociations et a insisté pour refuser d'aborder toute autre question tant qu'un cessez-le-feu global n'aurait pas été mis en place. Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a été invité à relancer les pourparlers, qui se sont conclus par l'acceptation de la demande libanaise d'un cessez-le-feu global.

M. Aoun a déclaré que "de mercredi matin jusqu'aux petites heures de jeudi, nous sommes restés en contact avec les acteurs internationaux et nationaux pour verrouiller le cessez-le-feu global, et un certain nombre d'États frères et amis ont également joué un rôle en exerçant des pressions au nom du Liban".

La déclaration conjointe israélo-libanaise, publiée jeudi à l'aube, heure de Beyrouth, précise que "tant Israël que le Liban ont accepté, sous l'égide des États-Unis, de mettre en œuvre un cessez-le-feu. Son entrée en vigueur est subordonnée à une cessation totale des tirs du Hezbollah et au retrait de tout son personnel de la zone située au sud du Litani. Le Hezbollah doit également permettre l'établissement rapide de zones pilotes où les forces armées libanaises - et uniquement les forces armées libanaises - exercent un contrôle exclusif sur le territoire, tout acteur armé non étatique étant écarté du tableau."

Israël a déclaré que "sa sécurité et le respect de son intégrité territoriale ne peuvent être assurés que par le désarmement du Hezbollah et le démantèlement de son infrastructure sur l'ensemble du territoire libanais".

De son côté, le Liban a souligné "la nécessité d'un respect mutuel des frontières internationalement reconnues et le besoin urgent d'une mise en œuvre complète de la cessation des hostilités, en mettant l'accent sur les principes de l'intégrité territoriale et de la pleine souveraineté de l'État". Le Liban s'est engagé à renforcer les capacités de l'armée libanaise, avec le soutien des États-Unis, afin d'exercer un contrôle effectif sur l'ensemble du pays.

Toutes les parties ont déclaré que "l'avenir des relations entre Israël et le Liban doit être exclusivement décidé par les deux gouvernements souverains". Elles ont rejeté toute tentative, de la part d'un État ou d'un acteur non étatique, de prendre en otage l'avenir du Liban.

Selon la déclaration, "Israël et le Liban ont réaffirmé qu'ils n'avaient aucune intention hostile l'un envers l'autre et se sont engagés à poursuivre les négociations directes afin de renforcer la confiance, de résoudre toutes les questions en suspens et d'œuvrer à la conclusion d'un accord global entre les deux pays".

De leur côté, les États-Unis ont réitéré leur "soutien constant aux deux gouvernements dans l'exercice de leur souveraineté". Ils ont ajouté que "tout accord de cessation des hostilités doit être conclu directement entre les deux gouvernements, sous l'égide des États-Unis, et non par le biais d'une voie distincte".

Les États-Unis ont également souligné leur intention de "soutenir les forces armées libanaises, dans le but d'améliorer leur capacité et de permettre l'exercice effectif de la souveraineté sur l'ensemble du territoire libanais".

S'adressant aux journalistes jeudi, le président Aoun a déclaré que "le Liban a suggéré de commencer la mise en œuvre de "zones pilotes" dans les villes de Zawtar Al-Sharqiya, Zawtar Al-Gharbiya, Yahmar et la zone entourant le château de Beaufort (Qalaat Al-Shaqif), occupé la semaine dernière par Israël, en raison de leur importance symbolique et de leur proximité avec la ville de Nabatieh".

M. Aoun a souligné "la grande importance de l'accord conclu à Washington dans l'intérêt du Liban et de la région. Il représente une véritable occasion de passer de l'escalade à la stabilité. Le succès de ce processus dépend de l'engagement clair de toutes les parties concernées et de la mise en œuvre intégrale des mesures convenues. L'État libanais a entamé ces négociations avec un fort sentiment de responsabilité nationale. L'objectif principal était de protéger le Liban, de garantir la sécurité de ses citoyens et de maintenir la stabilité. Chacun doit aborder les récents développements avec un sens de la responsabilité nationale et saisir cette opportunité pour renforcer la sécurité et la stabilité dans tout le pays".

M. Aoun a également déclaré que les États-Unis avaient joué un rôle de médiateur et de pivot dans ces négociations, contribuant à rapprocher les parties "d'un accord grâce à une approche ferme et à des efforts soutenus pour aplanir les divergences".

Le président libanais a ajouté que "cet accord diffère de celui conclu le 27 novembre 2024, non seulement par sa substance mais aussi par le contexte politique qui l'entoure, ce qui renforce ses perspectives de durabilité et de succès". Cela dépend maintenant du rôle du président américain Donald Trump et de son administration dans l'obtention des garanties nécessaires pour solidifier l'accord et assurer son respect par toutes les parties."

Pendant ce temps, les forces israéliennes se sont retirées de la ville de Dibbin dans le district de Marjayoun, au sud du fleuve Litani, au cours de la matinée, tandis que l'armée libanaise a annoncé son déploiement à la jonction de la ville plus tard dans l'après-midi.

Une source militaire libanaise a déclaré à Arab News que "suite au retrait israélien de Dibbin, l'armée libanaise a levé les barrages routiers, rouvert l'accès à la ville et commencé à dégager les obstructions militaires de la zone".

Quant à savoir si l'entrée dans la ville était basée sur un calendrier de retrait israélien clair, la source militaire a déclaré : "Il n'y a pas de calendrier de retrait.

La source militaire a confirmé que l'armée libanaise restait déployée au sud du fleuve Litani partout où il n'y avait pas de présence de l'armée israélienne, que ce soit à Hasbaya, Marjayoun ou même dans la ville de Tyr.

En ce qui concerne la possibilité de mettre en place des zones pilotes et le calendrier d'une telle initiative, la source a déclaré : "Le commandement de l'armée n'a pas été informé de la mise en place de zones pilotes : "Le commandement de l'armée n'a pas été informé de quoi que ce soit à ce sujet jusqu'à présent.

Le terme "zone pilote" est apparu comme un mécanisme de mise en œuvre progressive visant à démanteler les impasses sécuritaires qui sont géographiquement et politiquement enracinées. Toutefois, son application au Liban pourrait se heurter aux réalités des conditions complexes du terrain au Liban.

Une source militaire libanaise a estimé que l'adoption de ce terme "réduit la probabilité d'un échec global, car il se concentre sur l'essai d'une zone géographique spécifique et limitée dans le secteur au sud du fleuve Litani, servant de laboratoire pour évaluer l'étendue de l'engagement des parties et le sérieux des garanties".

La source a expliqué que les arrangements supposaient que "l'armée israélienne se retirerait complètement, tandis que des unités des forces armées libanaises s'installeraient et assumeraient le contrôle militaire, sécuritaire et administratif exclusif. Aucune autorité parallèle ou arme en dehors du cadre de la légitimité officielle de l'État ne serait autorisée. Cela signifie le retrait de tous les éléments du Hezbollah de la région, le démantèlement de l'infrastructure du parti et l'interdiction de son rétablissement, de sorte que la région soit entièrement démilitarisée de toute présence militaire non affiliée au gouvernement souverain".

Dans un discours prononcé jeudi après-midi, le secrétaire général du Hezbollah, Naim Qassem, a déclaré que "le résultat des négociations directes absurdes, humiliantes et honteuses est reflété dans l'annonce de Washington, qui expose les principes fondamentaux par lesquels les États-Unis et Israël envisagent la soumission du Liban au projet du Grand Israël".

Qassem a déclaré que "le résultat des négociations est rejeté dans son intégralité par de larges segments du peuple libanais".

Mahmoud Qamati, chef adjoint du conseil politique du Hezbollah, a annoncé que le Hezbollah rejetait "tout accord partiel ou toute formule de compromis en matière de sécurité".

Qamati a déclaré que "les zones pilotes et le projet de désarmement constituent un recul stratégique".

Alors que le Hezbollah insiste sur la condition d'un retrait israélien complet du Sud-Liban, le négociateur libanais, selon la source officielle, estime que "le Liban considère les zones pilotes comme une occasion de garantir des retraits israéliens progressifs et de restaurer la souveraineté sur certains secteurs".

Entre-temps, jeudi, l'armée israélienne a demandé aux citoyens libanais de ne pas se rendre au sud de la rivière Zahrani "pour leur propre sécurité". Elle a également continué à cibler des véhicules et des individus dans le sud du Liban.

Les parties libanaise et israélienne doivent tenir un nouveau cycle de négociations le 22 juin, "en vue de parvenir à un accord global". Les États-Unis ont accepté de continuer à faciliter la communication entre les parties dans l'intervalle", selon la déclaration commune.


Libye: des centaines de manifestants contre la présence de migrants dans leurs quartiers

Des centaines de Libyens ont manifesté jeudi à Tripoli devant le siège du Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR) contre la présence de migrants en situation irrégulière dans leurs quartiers, appelant à leur expulsion du pays. (AFP)
Des centaines de Libyens ont manifesté jeudi à Tripoli devant le siège du Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR) contre la présence de migrants en situation irrégulière dans leurs quartiers, appelant à leur expulsion du pays. (AFP)
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  • "Non à l'installation des migrants et des réfugiés", "La Libye appartient aux Libyens"
  • De son côté, la Mission d'appui de l'ONU en Libye (Manul) a réaffirmé "qu'aucune de ses agences, y compris le HCR, ne met en œuvre de programme de réinstallation" dans le pays

TRIPOLI: Des centaines de Libyens ont manifesté jeudi à Tripoli devant le siège du Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR) contre la présence de migrants en situation irrégulière dans leurs quartiers, appelant à leur expulsion du pays.

Après une campagne sur les réseaux sociaux, des centaines de Libyens, cartons rouges à la main symbolisant une demande "d'expulsion", s'étaient donné rendez-vous devant le siège du HCR.

"Non à l'installation des migrants et des réfugiés", "La Libye appartient aux Libyens", ont-ils scandé, appelant aussi à la fermeture des bureaux du HCR qu'ils considèrent responsable de leur présence sur le territoire.

Des pancartes dénonçaient la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni accusée de vouloir obliger la Libye à garder les candidats à l'émigration illégale sur son territoire. "Non à la signature de conventions pour l'installation (de migrants) avec l'Italie", était-il écrit en arabe à côté d'un portrait de Mme Meloni barré d'une croix rouge.

De son côté, la Mission d'appui de l'ONU en Libye (Manul) a réaffirmé "qu'aucune de ses agences, y compris le HCR, ne met en œuvre de programme de réinstallation" dans le pays. "Les allégations contraires sont catégoriquement fausses", a-t-elle souligné dans un communiqué jeudi soir, se disant "préoccupée par la propagation de fausses informations, de désinformation et de discours haineux concernant le travail de l'ONU" dans le pays.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye peine à retrouver sa stabilité. Elle est gérée par deux gouvernements rivaux: celui reconnu par l'ONU basé à Tripoli (ouest) et dirigé par Abdelhamid Dbeibah, et un exécutif à Benghazi (est) contrôlé par le maréchal Khalifa Haftar et ses fils.

"Désinformation" 

Dans ce contexte, passeurs et trafiquants ont profité du climat d'instabilité qui y règne pour développer des réseaux clandestins pour des migrants d'Afrique subsaharienne et de pays asiatiques souhaitant émigrer en Europe par la mer.

A la mi-2024, le Portail sur les données migratoires géré par l'OIM (Organisation internationale pour les migrations, ONU) recensait environ 900.000 migrants et réfugiés en Libye.

La question migratoire provoque souvent des remous dans le pays, alimentés par un discours xénophobe sur les réseaux sociaux.

"L'amour de la patrie n'est pas du racisme!" ou encore "la Libye n'est pas la poubelle du monde", lisait-on sur des pancartes lors du rassemblement jeudi.

Des manifestants faisaient au passage l'amalgame entre les migrants et les réfugiés dont une majorité de Soudanais dont le pays est en proie à une guerre civile.

Les autorités libyennes avaient indiqué en décembre avoir prévu un traitement différencié pour les Soudanais. Le ministre de l'Intérieur, Imad Trabelsi, avait assuré qu'ils bénéficieraient d'un "accès aux soins et aux écoles".

Lundi, le bureau de l'ONU en Libye avait déjà dit noter "avec inquiétude la nouvelle propagation de la désinformation et de discours incendiaires sur les réseaux sociaux", dans un communiqué sur Facebook.

"De tels récits risquent d'alimenter les tensions, la méfiance, la discrimination et la violence, portant ainsi atteinte à la dignité, à la sécurité et au bien-être de la population libyenne", a-t-il ajouté.


Israël et le Liban conviennent de renouveler le cessez-le-feu

Israël et le Liban ont convenu mercredi de "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et de la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise, selon une déclaration commune publiée à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington. (AFP)
Israël et le Liban ont convenu mercredi de "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et de la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise, selon une déclaration commune publiée à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington. (AFP)
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  • Israël et le Liban ont également convenu de participer à un nouveau round de pourparlers la semaine du 22 juin en vue d'un "accord global", ajoute la déclaration
  • Plus tôt, le président Donald Trump avait insisté pour "séparer" les discussions sur le Liban de celles sur l'Iran, alors que Téhéran considère qu'il s'agit d'un seul et même sujet

WASHINGTON: Israël et le Liban ont convenu mercredi de "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et de la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise, selon une déclaration commune publiée à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington.

"A l'issue des négociations menées sous l'égide des Etats-Unis, Israël et le Liban ont convenu de la mise en œuvre d'un cessez-le-feu", qui sera subordonné "à l'arrêt complet des tirs du Hezbollah et à l'évacuation de tous les membres du Hezbollah du secteur du Sud-Litani", peut-on lire dans cette déclaration entre les trois parties aux négociations.

"Les deux parties ont convenu de faire avancer rapidement la mise en place de zones pilotes dans lesquelles les Forces armées libanaises exerceront un contrôle exclusif sur le territoire, à l'exclusion de tous les acteurs non étatiques", selon la même source.

Ces mesures doivent permettre de "progresser vers un accord global de paix et de sécurité".

"Tous les pays ont réaffirmé que l'avenir des relations entre Israël et le Liban devait être décidé par les deux gouvernements souverains. Ils ont rejeté toute tentative, de la part d'un État ou d'un acteur non étatique, de prendre en otage l'avenir du Liban", une référence implicite à l'Iran, accusé de soutenir le Hezbollah pro-iranien.

Israël et le Liban ont également convenu de participer à un nouveau round de pourparlers la semaine du 22 juin en vue d'un "accord global", ajoute la déclaration.

Plus tôt, le président Donald Trump avait insisté pour "séparer" les discussions sur le Liban de celles sur l'Iran, alors que Téhéran considère qu'il s'agit d'un seul et même sujet.

Des délégations israéliennes et libanaises se sont réunies à Washington mardi et mercredi, alors que des frappes israéliennes au Liban ont fait au moins neuf morts, dont un soldat et deux secouristes.