L'artiste ougandais Eddy Kenzo, de la rue aux Grammy Awards

Le musicien ougandais Edrisah Musuuza, également connu sous le nom d'Eddy Kenzo, se tient devant son studio Big Talent Entertainment à Makindye, une banlieue de Kampala, en Ouganda, le 20 janvier 2023. (AFP)
Le musicien ougandais Edrisah Musuuza, également connu sous le nom d'Eddy Kenzo, se tient devant son studio Big Talent Entertainment à Makindye, une banlieue de Kampala, en Ouganda, le 20 janvier 2023. (AFP)
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Publié le Mercredi 01 février 2023

L'artiste ougandais Eddy Kenzo, de la rue aux Grammy Awards

  • Parti de rien, orphelin ayant passé une grande partie de sa jeunesse dans la rue, Eddy Kenzo ne cache pas sa fierté d'être devenu le premier chanteur ougandais nommé aux prestigieux Grammy Awards
  • Sélectionné dans la catégorie meilleure performance musique du monde pour la cérémonie prévue le 5 février à Los Angeles, l'artiste de 33 ans assure que sa nomination l'a laissé "sans voix»

KAMPALA: "Même la personne la plus pauvre peut réussir": parti de rien, orphelin ayant passé une grande partie de sa jeunesse dans la rue, Eddy Kenzo ne cache pas sa fierté d'être devenu le premier chanteur ougandais nommé aux prestigieux Grammy Awards.

Sélectionné dans la catégorie meilleure performance musique du monde pour la cérémonie prévue le 5 février à Los Angeles, l'artiste de 33 ans, de son vrai nom Edrisah Musuuza, assure que sa nomination l'a laissé "sans voix".

"Je ne peux pas exprimer mes sentiments. C'est comme si je rêvais", déclare l'artiste, dont la musique mêle dancehall et afrobeat.

"Cette nomination doit donner de l'espoir aux plus démunis (...) Si je l'ai fait, ils peuvent aussi y arriver", estime-t-il lors d'un entretien avec l'AFP dans son studio de Kampala, la capitale ougandaise.

Son enfance a été jalonnée de drames. Né d'un père ougandais et d'une mère rwandaise dont la famille a été tuée lors du génocide de 1994, Eddy Kenzo perd ses deux parents, emportés l'un après l'autre par la maladie, avant ses cinq ans.

Adolescent, il dort dans les rues de la capitale ougandaise, se couchant souvent le ventre vide. "J'ai souffert lorsque j'étais enfant", dit-il.

Grâce à sa persévérance et à sa passion pour la musique, Eddy Kenzo réussit à rassembler des fonds pour sortir en 2008 sa première chanson, "Yannimba" ("Il m'a menti" en luganda, une langue bantoue parlée dans plusieurs pays de la région des Grands lacs).

«Rendre les gens heureux»

Sans soutien financier, snobé par les animateurs radio qu'il démarche assidument, sa chanson reste confidentielle.

Eddy Kenzo se fait connaître deux ans plus tard avec le tube "Stamina", qui devient rapidement un incontournable des soirées privées et des discothèques.

Le début de l'ascension.

En 2011, il remporte le prix de la révélation de l'année aux Pearl of Africa Music Awards.

Son audience à l'international croît en 2014 avec la sortie de "Sitya Loss" ("Je n'ai pas peur de la perte"), un titre entraînant sur son enfance et sur sa résilience.

"Mon rêve était de rendre les gens heureux. Quand quelqu'un danse, il devient heureux, se sent bien, rit, se sent aimé, se débarrasse du stress et oublie les problèmes déprimants du monde", explique-t-il.

"Je voulais aussi devenir une lueur d'espoir pour ceux qui désespèrent", poursuit-il.

Dans les années qui suivent, il remporte plusieurs prix, dont un Nickelodeon Kids' Choice Award en 2018, un BET Award en 2015 et plusieurs All Africa Music Awards.

L'artiste passe un nouveau cap avec sa nomination aux Grammy Awards avec "Gimme Love", un titre en anglais et en luganda en collaboration avec l'Américain Matt B. Quatre autres artistes sont nommés, dont le Nigérian Burna Boy.

"Si je gagne, ce sera un honneur pour mes fans, ma culture et tous ceux qui ont marqué ma vie", assure-t-il, impatient de se rendre dans la "Cité des Anges".

Studio 

Malgré cette trajectoire fulgurante, ce père de deux enfants n'a pas oublié ses débuts difficiles et tient à montrer la voie à d'autres artistes.

Fondateur de Big Talent Entertainment, un studio situé dans un quartier pauvre et densément peuplé de Kampala, Eddy Kenzo forme et aide jeunes garçons et filles des bidonvilles voisins à développer leurs talents musicaux.

Loin du faste et du glamour des Grammy Awards, Eddy Kenzo assure ne pas vouloir se laisser griser par le succès.

Et rester le même, notamment en continuant à chanter en luganda, alors que l'anglais offrirait une plus grande audience: "Je veux promouvoir ma culture et mon pays à travers la musique".


« Libye, patrimoine révélé » : l’IMA  célèbre 50 ans de coopération  archéologique  

Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. (AFP)
Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. (AFP)
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  • Depuis la fin des années 1960, la MAFL explore l’ensemble  du territoire libyen
  • Ses travaux ont profondément renouvelé les connaissances sur l’histoire du pays, révélant des occupations humaines continues, des échanges méditerranéens anciens et des paysages façonnés par les sociétés du passé

PARIS: Le musée de l’Institut du monde arabe présente  Libye, patrimoine révélé, une exposition consacrée au  travail scientifique mené depuis près de cinquante ans  par la Mission archéologique française en Libye (MAFL),  en étroite collaboration avec les autorités libyennes. 

À travers une sélection de photographies, films et documents  scientifiques, l’exposition donne à voir la richesse exceptionnelle  du patrimoine libyen, de la préhistoire à l’époque médiévale, tout  en mettant en lumière les enjeux contemporains de recherche, de  préservation et de restauration dans un contexte particulièrement  fragile. 

Un demi-siècle de recherches archéologiques en  Libye 

Depuis la fin des années 1960, la MAFL explore l’ensemble  du territoire libyen. Ses travaux ont profondément renouvelé les connaissances sur l’histoire du pays, révélant des occupations humaines continues, des échanges méditerranéens anciens et des paysages façonnés par les sociétés du passé. 

L’exposition documente ce travail scientifique de terrain et rend  visibles des missions souvent menées dans des contextes  géographiques et politiques complexes.
Du Sahara à la Méditerranée : des sites majeurs Le parcours présente plusieurs zones emblématiques étudiées par les équipes franco-libyennes : le Sahara du Măsak et  ses milliers de vestiges préhistoriques, les fortifications romaines  de Bu Njem, les grandes cités antiques comme Leptis Magna,  ou encore Apollonia, dont une partie est aujourd’hui engloutie. 

Fouilles terrestres et sous-marines, recherches sur les premiers  peuplements néolithiques, étude des villes antiques et des sites  islamiques : l’exposition restitue la diversité chronologique et  géographique du patrimoine libyen. 

Préserver un patrimoine menacé 

Depuis 2011, le patrimoine archéologique libyen fait face à une  intensification du pillage et du trafic illicite. L’exposition revient  sur les actions menées par la MAFL aux côtés des autorités et des  forces de l’ordre internationales pour identifier les œuvres dispersées,  documenter les sites menacés et favoriser leur restitution. 

Libye, patrimoine révélé met en lumière l’archéologie comme outil de  connaissance, de coopération internationale et de sauvegarde d’un  patrimoine universel encore largement méconnu.

 


Louvre: le nouveau président du musée confirme le projet de grands travaux

Des visiteurs font la queue pour entrer au musée du Musée du Louvre à Paris, le 9 août 2023. (AFP)
Des visiteurs font la queue pour entrer au musée du Musée du Louvre à Paris, le 9 août 2023. (AFP)
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  • Le nouveau président du Musée du Louvre, Christophe Leribault, confirme le vaste plan de rénovation « Louvre Nouvelle Renaissance », estimé à plus d’un milliard d’euros et jugé indispensable
  • Après le cambriolage d’octobre, le projet inclut un renforcement de la sécurité, la réorganisation des espaces et la création d’une nouvelle présentation pour la Joconde

PARIS: Le nouveau président du Louvre, Christophe Leribault, arrivé dans le sillage du spectaculaire vol survenu en octobre dans ce musée, a confirmé mardi le vaste plan de rénovation de l'établissement annoncé en 2025 par Emmanuel Macron, jugeant par ailleurs son coût "incompressible".

Evalué à plus d'un milliard d'euros, le plan "Louvre Nouvelle Renaissance", qui prévoit notamment la rénovation du bâtiment existant et l'aménagement d'un nouvel espace pour la Joconde, a été mis entre parenthèses depuis le cambriolage du 19 octobre.

"C'est un projet capital et nécessaire pour le Louvre. On ne peut pas continuer d'accueillir 9 millions de visiteurs par la Pyramide. Et il faut impérativement revoir les infrastructures, refaire les couvertures et les installations techniques dans le périmètre de la Cour carrée", a déclaré Christophe Leribault au journal Le Monde.

"Le coût est incompressible", a ajouté celui qui a succédé le 25 février à Laurence Des Cars, mise en difficulté par une série de rapports ayant pointé l'obsolescence des dispositifs de sûreté dans le plus grand musée du monde.

Il a toutefois concédé "envisager de réduire certains aménagements (...), mais cela restera marginal en matière d'économie".

Il a aussi indiqué chercher "330 millions d'euros" supplémentaires auprès des mécènes pour financer les travaux de rénovation.

Alors que le cambriolage a mis au jour des failles au sein de la sûreté du bâtiment, M. Leribault a souligné que "les grilles d'accès au domaine ont été restaurées" et qu'"un poste mobile de police est désormais actif près de la Pyramide".

Il a par ailleurs annoncé que la galerie Apollon, où s'est déroulé le vol des joyaux de la couronne de France, "rouvrira dans le courant du mois de juillet, sans vitrine au centre, telle qu'elle avait été conçue au XVIIe siècle, c'est-à-dire comme une galerie d'apparat".

"Les objets précieux qui s'y trouvaient seront exposés dans l'aile Richelieu" et les joyaux non dérobés, dont la couronne de l'impératrice Eugénie, retrouvée endommagée, "vont rester en lieu sûr, en attendant de disposer d'un espace sécurisé ailleurs dans le musée", a-t-il poursuivi.

La part des recettes de billetterie affectée à la politique d'acquisition d'oeuvres doit pour sa part passer de 20% à 12%, a-t-il indiqué, suivant une préconisation de la Cour des comptes.


Art Jameel présente une double exposition aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite

“Study of History III” (2017) de Subas Tamang (avec l'autorisation de l’artiste)
“Study of History III” (2017) de Subas Tamang (avec l'autorisation de l’artiste)
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  • Une exposition majeure reliant Djeddah et Dubaï, explorant l’impact des systèmes de navigation sur la vie contemporaine
  • Plus de 40 artistes internationaux interrogent cartographie, mobilité et infrastructures à travers des œuvres variées

DUBAÏ : Art Jameel s’apprête à présenter une exposition transrégionale s’étendant sur l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Intitulée « Global Positioning System », cette exposition collective en deux volets ouvrira en mai à Hayy Jameel à Djeddah, parallèlement à une présentation au Jameel Arts Centre à Dubaï.

L’exposition, qui se tiendra à Djeddah du 20 mai au 17 octobre et à Dubaï du 9 mai au 4 octobre, réunit plus de 40 artistes issus de plus de 20 pays, explorant la manière dont les systèmes de navigation façonnent la vie contemporaine.

À travers une large diversité d’œuvres, l’exposition examine la cartographie, la mobilité et les infrastructures qui régissent les déplacements, tout en questionnant leurs limites et leurs défaillances.

Commissariée par Indranjan Banerjee et Lucas Morin, « Global Positioning System » rassemble des installations de grande envergure, des œuvres conceptuelles et des projets axés sur la recherche.

Nora Razian, directrice adjointe d’Art Jameel et responsable des expositions et des programmes, a déclaré :
« Pour la première fois, nous présentons une exposition qui se déploie sur nos deux sites à Dubaï et Djeddah.

« “Global Positioning System” interroge les outils et les systèmes que nous utilisons pour nous orienter, mettant en lumière les tensions entre représentation cartographique et réalités vécues.

« Cette exposition s’inscrit dans l’engagement d’Art Jameel à favoriser un dialogue transrégional, où mobilité et échanges sont essentiels pour soutenir l’interconnexion dans notre monde partagé. »

Le volet de Djeddah réunit une sélection variée d’artistes internationaux et régionaux, dont Bani Abidi, Mahmoud Alhaj, Mona Hatoum et Nalini Malani. Abidi, Ana Amorim et Cinthia Marcelle présenteront des œuvres dans les deux éditions, à Dubaï et à Djeddah.

À Dubaï, la présentation au Jameel Arts Centre comprend de nouvelles commandes d’artistes tels que Vishwa Shroff, Seher Naveed et Fatma Al-Ali, ainsi que des prêts internationaux, dont l’installation vidéo monumentale « Parallel I-IV (2012-2014) » du cinéaste Harun Farocki. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com