Livraisons d'armes à l'Ukraine: Poutine menace les Occidentaux de représailles

Vladimir Poutine au musée et panorama de la bataille de Stalingrad à Volgograd (Photo, AFP).
Vladimir Poutine au musée et panorama de la bataille de Stalingrad à Volgograd (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 03 février 2023

Livraisons d'armes à l'Ukraine: Poutine menace les Occidentaux de représailles

  • Pour M. Poutine, le conflit en Ukraine s'inscrit dans l'héritage de la victoire de l'URSS face à Hitler
  • Zelensky a emboîté jeudi le pas de son ministre de la Défense Oleksiï Reznikov, déclarant que la Russie préparait une nouvelle attaque d'envergure

MOSCOU: Vladimir Poutine a juré jeudi avoir de quoi "répondre" aux Occidentaux livrant des armes à l'Ukraine, une menace qui intervient en pleines conjectures sur une nouvelle escalade militaire russe.

S'exprimant pendant les cérémonies pour le 80e anniversaire de la victoire soviétique à Stalingrad, le président russe a établi un nouveau parallèle entre l'offensive de la Russie contre son voisin et la Seconde Guerre mondiale.

Pour M. Poutine, le conflit en Ukraine s'inscrit dans l'héritage de la victoire de l'URSS face à Hitler. Il a accusé les responsables ukrainiens d'être des "néonazis" orchestrant le "génocide" des populations russophones.

Il a estimé jeudi que l'histoire se répétait, avec la fourniture de chars allemands à l'Ukraine.

"C'est incroyable mais des chars allemands Leopard nous menacent à nouveau", a martelé M. Poutine, qui s'exprimait de Volgograd (ex-Stalingrad, sud-ouest), avant d'ajouter: "Nous avons de quoi répondre et ça ne se limitera pas à des blindés".

Tout son potentiel
Dans la foulée, son porte-parole Dmitri Peskov a précisé que la Russie userait de tout son potentiel pour répliquer aux livraisons d'armes occidentales. A l'automne, M. Poutine avait tenu des propos similaires, interprétés comme une allusion à l'arme nucléaire.

"Quand apparaîtront de nouvelles armes fournies par l'+Occident collectif+, la Russie utilisera pleinement son potentiel existant pour répondre", a dit M. Peskov.

Après de longues tergiversations par crainte de provoquer une aggravation du conflit, les Occidentaux ont finalement accepté d'envoyer des chars modernes à l'Ukraine, des Leopard de conception allemande, des Abrams américains et des Challenger britanniques.

Mais Kiev n'a pas obtenu pour l'instant les missiles de haute précision d'une portée de plus de 100 km dont l'armée dit avoir besoin pour frapper les lignes logistiques russes.

Après une série d'humiliants revers à l'automne, le Kremlin a mobilisé des centaines de milliers de réservistes et a multiplié ses attaques terrestres, en particulier dans l'est.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a emboîté jeudi le pas de son ministre de la Défense Oleksiï Reznikov, déclarant que la Russie préparait une nouvelle attaque d'envergure.

"La Russie est en train de concentrer ses forces, nous le savons tous. Elle veut se venger non seulement de l'Ukraine mais aussi de l'Europe libre", a-t-il déclaré, au cours d'une conférence de presse en compagnie de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

M. Reznikov avait relevé mercredi que Moscou se préparait "très sérieusement" pour "tenter quelque chose aux alentours du 24 février", un an après l'invasion russe de l'Ukraine.

Les forces Russes ont remporté quelques succès ces dernières semaines sur le champ de bataille autour de Bakhmout, une ville de l'Est qu'elles tentent de conquérir depuis l'été, la réduisant à l'état de ruines.

"Si on avait l'électricité tout serait plus facile, on pourrait se chauffer, cuisiner", raconte à l'AFP une de ses habitantes, Natalia Chevtchenko, 75 ans.

Elle reste même si les bombardements quasi-permanents la forcent à vivre sous terre dans une cave "comme une taupe".

A Kiev, Ursula von der Leyen a promis une fois encore un soutien sans faille de l'Europe à l'Ukraine, disant travailler à des sanctions supplémentaires contre la Russie pour le 24 février.

Elle n'a pas donné le détail de ses intentions pour ce dixième paquet mais a assuré que la Russie devrait "payer pour les destructions qu'elle a causées".

Des décennies
Selon Mme von der Leyen, les mesures punitives prises depuis un an ont déjà fait reculer l'économie russe d'"une génération", notant que le plafonnement du prix du pétrole russe exporté à 60 dollars le baril coûtait à Moscou 160 millions d'euros par jour.

Responsables européens et ukrainiens doivent, à l'occasion d'un sommet vendredi à Kiev, discuter aussi du processus d'adhésion de l'Ukraine à l'UE, une procédure ardue que Kiev veut accélérer.

A ce sujet, M. Zelensky a estimé que son pays méritait de commencer dès "cette année" les pourparlers en vue d'entrer dans l'Union européenne. "Chaque pas en direction d'une plus grande intégration de l'Ukraine à l'UE est une source d'inspiration pour notre peuple", a-t-il plaidé.

Un peu plus tôt, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov avait brocardé Ursula von der Leyen, l'accusant de vouloir anéantir son pays et la comparant aux nazis.

Selon lui, la présidente de la Commission européenne veut une défaite de la Russie "telle qu'elle ne se relève pas pendant des décennies".

A Washington, la Maison Blanche a par ailleurs fait savoir que les Etats-Unis étaient favorables à la participation des athlètes russes et bélarusses aux Jeux olympiques sous bannière neutre, mais opposés à l'affichage de leurs drapeaux.

Si des athlètes sont invités à un événement sportif international comme les JO, "il doit être absolument clair qu'ils ne représentent pas les Etats russe ou bélarusse", a affirmé la porte-parole de l'exécutif Karine Jean-Pierre. "L'utilisation des drapeaux russe et bélarusse, d'emblèmes ou d'hymnes doivent aussi être interdits."


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.


Trump promet de bombarder l'Iran «bien plus durement» si le pays réplique aux dernières frappes américaines

Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
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  • "Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social
  • Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X

WASHINGTON: Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes".

"Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X.

"Aujourd'hui à 12h00 (16h00 GMT), les forces américaines ont commencé à frapper des cibles des Gardiens de la révolution en Iran", a indiqué le Centcom, disant répondre "à de récentes attaques des Gardiens de la révolution contre la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz et contre des militaires américains déployés dans la région."

La télévision d'Etat iranienne a fait état de plusieurs explosions entendues dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce de pétrole, où le trafic maritime a considérablement baissé après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février.

Les Etats-Unis avaient mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des lanceurs situés sur une île iranienne.

L'Iran avait riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Le président américain Donald Trump avait promis de répondre à ces représailles, mais semble avoir écarté pour l'instant la reprise d'une opération militaire massive contre l'Iran.

Washington a par ailleurs promis une campagne d'"asphyxie" économique de l'Iran, dont les contours et les cibles restent à préciser.