Le grand plan climat de Biden, un accélérateur de transition énergétique

Les démocrates ne veulent surtout pas risquer d'affaiblir l'IRA, symbole fort du mandat de Joe Biden, arraché de haute lutte après d'intenses négociations au sein de la mince majorité démocrate au Sénat. (AFP).
Les démocrates ne veulent surtout pas risquer d'affaiblir l'IRA, symbole fort du mandat de Joe Biden, arraché de haute lutte après d'intenses négociations au sein de la mince majorité démocrate au Sénat. (AFP).
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Publié le Samedi 04 février 2023

Le grand plan climat de Biden, un accélérateur de transition énergétique

  • Le plan «Inflation Reduction Act» (IRA) prévoit plus de 430 milliards de dollars d'investissements, dont 370 milliards visant à réduire les émission de gaz à effet de serre de 40% d'ici à 2030
  • Il s'agit du plus important effort des États-Unis dans ce domaine

WASHINGTON : Le grand plan climat arraché par Joe Biden au Congrès américain est devenu un sujet de tension entre les États-Unis et l'Union européenne (UE), qui craint de voir certaines mesures affaiblir son industrie, mais espère toujours faire évoluer la position américaine.

Quelles sont les mesures prévues par l'IRA?

Axé principalement sur le climat et les dépenses sociales, le plan "Inflation Reduction Act" (IRA) prévoit plus de 430 milliards de dollars d'investissements, dont 370 milliards visant à réduire les émission de gaz à effet de serre de 40% d'ici à 2030. Il s'agit du plus important effort des États-Unis dans ce domaine.

Les plus symboliques sont la création d'un crédit d'impôt de 7 500 dollars aux ménages pour l'achat d'un véhicule électrique "made in USA", d'une subvention pour les fabricants d'éoliennes et panneaux solaires utilisant de l'acier américain, ou encore une baisse d'impôt pour aider les entreprises dans leur transition énergétique.

Ces mesures inquiètent côté européen, car elles touchent des industries clés sur le Vieux Continent.

Pour les Etats-Unis, avant tout une question de pédagogie

Côté américain, on estime que la réaction européenne est avant tout liée à une incompréhension de l'objectif de l'IRA et qu'il est nécessaire de faire preuve de pédagogie pour en expliquer les tenants et aboutissants.

Lors d'une rencontre à Washington avec Bruno Le Maire en novembre, l'ambassadrice américaine au Commerce Katherine Tai avait appelé à "travailler ensemble afin de renforcer la compréhension mutuelle de la législation", faisant état d'une volonté américaine de prendre en compte les inquiétudes européennes. Le secrétaire d’État Antony Blinken avait, lui, assuré, après une rencontre avec les commissaires européens Valdis Dombrovskis et Margrethe Vestager, d'une "volonté d'avancer ensemble, pas aux dépens des uns et des autres".

Mais Mme Tai a aussi jugé nécessaire à plusieurs reprises d'expliquer aux Européens le principe de cette législation. A Davos, le sénateur démocrate Joe Manchin, qui a joué un rôle décisif dans le renforcement des conditions d'attribution des subventions en échange de son vote, n'a pas exprimé autre chose, tout en se montrant surpris des réactions européennes alors que les États-Unis prennent, enfin, le virage de la transition énergétique.

Des marges de manœuvre très réduites

Dans les faits, il y a peu de chance que le texte bouge. Tout d'abord parce que les démocrates ont perdu leur majorité à la Chambre des représentants et que la nouvelle majorité républicaine veut à tout prix baisser les dépenses de l’État fédéral, n'hésitant pas à utiliser le sujet du plafond de la dette, atteint courant janvier, comme arme de négociations.

Les démocrates, eux, ne veulent surtout pas risquer d'affaiblir l'IRA, symbole fort du mandat de Joe Biden, arraché de haute lutte après d'intenses négociations au sein de la mince majorité démocrate au Sénat.

Ces mesures sont par ailleurs très populaires, en particulier dans certains États où l'industrie automobile reste très puissante, comme l'Ohio ou le Michigan, désormais considérés comme des États clés pour les élections.

Les Européens veulent être traités comme les Nord-Américains

Avant l'UE, le Canada et le Mexique avaient fait part de leurs inquiétudes concernant l'IRA, qu'ils estimaient incompatibles avec l'accord de libre-échange entre ces trois pays nord-américains (AEUMC).

Ils ont obtenu des États-Unis un élargissement des subventions aux véhicules électriques à tous ceux "made in North America". Un point essentiel pour le Mexique en particulier, où de nombreux constructeurs mondiaux ont installé des usines.

C'est le type de traitement que souhaite obtenir l'UE. Pourtant, même dans ce contexte, les trois pays nord-américains sont en litige concernant la définition même d'un véhicule fabriqué en Amérique du Nord: le Mexique et le Canada estimant que les conditions sont réunies à partir de 75% de pièces issues d'Amérique du Nord sur l'ensemble du véhicule, tandis que les États-Unis placent ce plancher de 75% pour chaque partie du véhicule (bloc batterie-propulsion, châssis, carrosserie, aménagement intérieur, etc.)

De tels critères resteraient défavorables à l'industrie automobile européenne, toujours largement tributaire de la Chine, pour ses batteries notamment.


Iran: l'armée israélienne dit avoir éliminé le général commandant la milice Bassidj

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  • "Le Premier ministre Benjamin Netanyahu ordonne l'élimination de hauts responsables du régime iranien", a annoncé par ailleurs le bureau du Premier ministre israélien, publiant une photo légendée de M. Netanyahu au téléphone
  • "Hier (lundi), l'armée de l'Air israélienne, sur la base de renseignements (militaires), a visé et éliminé Gholamréza Soleimani", indique un communiqué militaire israélien, ajoutant que ce général de brigade du corps des Gardiens de la Révolution

JERUSALEM: L'armée israélienne a déclaré mardi matin avoir éliminé dans une frappe à Téhéran le général Gholamréza Soleimani, commandant du Bassidj, milice de volontaires islamistes chargés notamment du maintien de l'ordre en Iran.

Les médias israéliens affirment également qu'Ali Larijani, l'un des plus hauts dirigeants iraniens, a été la cible d'une tentative d'élimination dans une autre frappe au cours de la nuit.

"Le Premier ministre Benjamin Netanyahu ordonne l'élimination de hauts responsables du régime iranien", a annoncé par ailleurs le bureau du Premier ministre israélien, publiant une photo légendée de M. Netanyahu au téléphone.

"Hier (lundi), l'armée de l'Air israélienne, sur la base de renseignements (militaires), a visé et éliminé Gholamréza Soleimani", indique un communiqué militaire israélien, ajoutant que ce général de brigade du corps des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, avait été tué dans "une frappe ciblée à Téhéran".

Selon Kan, la radio TV publique israélienne, Ali Larijani, chef du Conseil suprême de la sécurité nationale, "a été la cible d'une tentative d'élimination". "Les résultats de la frappe sont encore en cours d'examen", a annoncé pour sa part la chaîne N12.

"Nous ciblons des éléments des Gardiens de la Révolution et de l'appareil répressif du régime", a déclaré l'armée, citant dans un communiqué son chef d'état-major.

"Des résultats préventifs significatifs ont été enregistrés cette nuit, susceptibles d'influencer l'issue des opérations et les objectifs de l'armée israélienne", a indiqué le lieutenant-général Eyal Zamir.

Depuis l'élimination du guide suprême de la Révolution islamique, Ali Khamenei, au premier jour des frappes israélo-américaines en Iran le 28 février, M. Larijani est l'un des principaux visages du pouvoir iranien.

Avec les Gardiens de la Révolution, le Bassidj est depuis plusieurs jours la cible des frappes aériennes d'Israël. Cette milice recrute essentiellement dans la jeunesse, et agit comme une organisation idéologique insérée dans toutes les institutions et strates de la société.

Elle "fait partie de l'appareil armé du régime terroriste iranien" et a "mené les principales opérations de répression, recourant à une violence extrême, à des arrestations massives et à l'usage de la force contre des manifestants civils", a commenté l'armée israélienne.

"L'élimination de Soleimani s'ajoute à celle de dizaines de hauts commandants des forces armées du régime iranien qui ont été éliminés au cours de l'opération, et constitue un nouveau coup dur porté aux structures de commandement et de contrôle du régime en matière de sécurité", affirme l'armée.


Trump loin de susciter «l'enthousiasme» avec sa demande d'aide sur le détroit d'Ormuz

Loin de "l'enthousiasme" qu'il espérait susciter avec sa demande d'aide pour le détroit d'Ormuz, Donald Trump fait face à la froideur des alliés des Etats-Unis, échaudés par des mois d'attaques commerciales et d'humiliations diplomatiques, contraints aussi dans leurs capacités militaires. (AFP)
Loin de "l'enthousiasme" qu'il espérait susciter avec sa demande d'aide pour le détroit d'Ormuz, Donald Trump fait face à la froideur des alliés des Etats-Unis, échaudés par des mois d'attaques commerciales et d'humiliations diplomatiques, contraints aussi dans leurs capacités militaires. (AFP)
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  • "Nous encourageons vivement les autres pays à s'impliquer avec nous, et à s'impliquer vite et avec beaucoup d'enthousiasme", a dit lundi le président américain
  • Le dirigeant républicain, qui a déclenché l'offensive israélo-américaine contre l'Iran sans guère se soucier des alliés des Etats-Unis, a présenté sa demande d'aide comme une sorte de test de loyauté

WASHINGTON: Loin de "l'enthousiasme" qu'il espérait susciter avec sa demande d'aide pour le détroit d'Ormuz, Donald Trump fait face à la froideur des alliés des Etats-Unis, échaudés par des mois d'attaques commerciales et d'humiliations diplomatiques, contraints aussi dans leurs capacités militaires.

"Nous encourageons vivement les autres pays à s'impliquer avec nous, et à s'impliquer vite et avec beaucoup d'enthousiasme", a dit lundi le président américain, qui veut rétablir la circulation dans cette artère vitale pour le commerce de pétrole, désertée depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

Le dirigeant républicain, qui a déclenché l'offensive israélo-américaine contre l'Iran sans guère se soucier des alliés des Etats-Unis, a présenté sa demande d'aide comme une sorte de test de loyauté.

"Le degré d'enthousiasme est important pour moi", a-t-il dit.

"Nous n'avons besoin de personne", a assuré Donald Trump, avant d'ajouter, à propos des pays de l'Otan en particulier: "Ils devraient bondir pour nous aider, parce que nous les aidons depuis des années."

Il a même jugé que la plus grande rivale des Etats-Unis, la Chine, "devrait (le) remercier" d'avoir engagé ce conflit.

"Incroyable"

Mais personne ou presque ne "bondit", à l'exception de certains mystérieux pays dont Donald Trump assure qu'ils vont soutenir les Etats-Unis, mais en se refusant à les nommer.

Interrogé lundi sur un appel passé avec le président français Emmanuel Macron, le républicain a déclaré: "Sur une échelle de zéro à dix, je dirais qu'il mérite un huit". Avant d'ajouter: "Pas parfait, mais c'est la France."

Le Royaume-Uni et l'Allemagne ont écarté lundi toute mission de l'Otan pour rétablir la circulation maritime. le Japon et l'Australie, alliés historiques des Etats-Unis dans la région Asie-Pacifique, ont exclu tout envoi de moyens dans le détroit.

"C'est vraiment une demande incroyable", commente pour l'AFP Philip Gordon, ancien conseiller pour la sécurité nationale de la vice-présidente démocrate Kamala Harris, désormais expert pour la Brookings Institution.

Il juge que Donald Trump récolte en quelque sorte ce qu'il a semé, à force d'imposer des droits de douane, de critiquer l'Otan, de convoiter le Groenland ou de minimiser voire franchement nier les pertes subies par les alliés des Etats-Unis en Afghanistan par exemple.

"Imaginez que vous êtes un dirigeant européen qui doit justifier de risquer des vies humaines non seulement pour cette opération, mais pour un président qui n'a eu de cesse de vous insulter et de vous rabaisser depuis quinze mois. Cela va trop loin", juge-t-il.

"Les Etats-Unis lancent une guerre sans consulter leurs alliés et espèrent maintenant qu'ils viennent réparer les dégâts, cela ne va pas être bien reçu", abonde Erwan Lagadec, professeur à la George Washington University.

Au-delà de la dimension politique, il souligne que la demande d'aide de l'hôte de la Maison Blanche se heurte aussi à des limites pratiques.

Manque de capacités 

L'Otan "n'a pas tant de capacités navales que cela", explique ce spécialiste en relations internationales, pour qui la situation n'est pas "sans ironie", car les capacités en question "étaient jusqu'ici destinées à être déployées dans une volonté d'apaisement face à Trump au Groenland".

L'ancien ambassadeur de France aux Etats-Unis Gérard Araud, commentateur prolifique des affaires internationales sur X, a réagi vivement aux demandes de la Maison Blanche.

"A ce niveau, le mot +culot+ est bien trop faible... Impudence, toupet, effronterie, outrecuidance. Ou alors les "Tontons flingueurs": les c... osent tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît...", a-t-il écrit en référence à la célébrissime réplique inventée par Michel Audiard pour le film de Georges Lautner.

Certains pays alliés des Etats-Unis "pourraient changer de ton ou proposer quelque chose de mineur, par exemple plus de soutien logistique", mais sans modifier fondamentalement leur position, prévoit pour l'AFP Liana Fix, chercheuse au Council on Foreign Relations.

Donald Trump a fait lourdement pression sur les pays de l'Otan pour qu'ils augmentent leurs dépenses militaires.

Mais "de nombreux équipements militaires et missiles que (les Européens) avaient commandés auprès des Etats-Unis pour leur propre défense et celle de l'Ukraine sont maintenant utilisés en Iran", explique-t-elle.

La réserve européenne face aux demandes du président américain concernant le détroit d'Ormuz "n'est pas un retour de bâton" pour les attaques passées, elle repose "sur des contraintes et arbitrages très concrets", souligne-t-elle.

 

 


Washington offre une récompense de 10 millions de dollars pour des informations sur les dirigeants iraniens

Le programme « Rewards for Justice » du département d’État américain offre 10 millions de dollars pour toute information concernant des dirigeants iraniens clés. (Rewards for Justice)
Le programme « Rewards for Justice » du département d’État américain offre 10 millions de dollars pour toute information concernant des dirigeants iraniens clés. (Rewards for Justice)
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  • Les États-Unis offrent une récompense de 10 millions de dollars pour toute information sur plusieurs dirigeants iraniens, dont Mojtaba Khamenei et Ali Larijani
  • Washington affirme que ces responsables dirigent des éléments du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, accusé de planifier et de mener des actes terroristes à travers le monde

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé vendredi offrir une récompense de 10 millions de dollars en vue d'informations sur le sort des dirigeants iraniens, y compris le nouveau guide suprême, mais visant en particulier les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran.

L'appel vise aussi bien Mojtaba Khamenei, le nouveau guide suprême, que le chef de la sécurité Ali Larijani, selon un avis diffusé par le département d'Etat américain.

Le ministre iranien de l'Intérieur, Eskandar Momeni, et le ministre du Renseignement et de la Sécurité, Esmaïl Khatib, figurent également parmi les dix personnes inscrites sur la liste du département d'Etat.

"Ces personnes commandent et dirigent divers éléments du Corps des gardiens de la révolution islamique iranien, qui planifie, organise et mène des actes terroristes à travers le monde", a déclaré le département d'Etat.

Il exhorte les informateurs éventuels à envoyer des informations via Signal notamment: "Vos informations pourraient vous permettre de bénéficier d'une réinstallation et d'une récompense".

Le dirigeant iranien Ali Khamenei, qui dirigeait l'Iran depuis 1989, a été tué dans une frappe le 28 février au début de la guerre.

Il a été remplacé par son fils Mojtaba mais les spéculations sur son état de santé perdurent, après les annonces par la télévision d'Etat et certains responsables qu'il avait été blessé dans les frappes.

Il a fait diffuser un message jeudi sans contenu vidéo ni audio.

Les Etats-Unis et Israël ont indiqué avoir tué nombre de responsables des Gardiens de la Révolution depuis le début des opérations militaires le 28 février.