Les ballons «espions» chinois, des outils perfectionnés et difficiles à abattre

Cette photo d'archive aérienne prise le 12 mars 2022 montre le Pentagone (ministère américain de la Défense) à Washington, DC. Le Pentagone a déclaré le 2 février 2023 qu'il suivait un ballon espion chinois volant à haute altitude au-dessus des États-Unis qui semblait surveiller des sites d'armes nucléaires hautement sensibles. (AFP).
Cette photo d'archive aérienne prise le 12 mars 2022 montre le Pentagone (ministère américain de la Défense) à Washington, DC. Le Pentagone a déclaré le 2 février 2023 qu'il suivait un ballon espion chinois volant à haute altitude au-dessus des États-Unis qui semblait surveiller des sites d'armes nucléaires hautement sensibles. (AFP).
Short Url
Publié le Samedi 04 février 2023

Les ballons «espions» chinois, des outils perfectionnés et difficiles à abattre

  • Si l'aspect du ballon chinois ressemble à celui d'un ballon-sonde météo habituel, quelques éléments diffèrent, fait remarquer William Kim, spécialiste des ballons de surveillance
  • Son imposante charge utile, bien visible, est constituée d'outillage électronique pour le guidage et la surveillance, ainsi que de panneaux solaires pour alimenter l'ensemble.

WASHINGTON : Le ballon "espion" chinois qui a survolé le territoire américain cette semaine, provoquant le report de la visite du chef de la diplomatie américaine en Chine, est un outil guidé par l'intelligence artificielle, selon un expert américain.

Pour William Kim, spécialiste des ballons de surveillance au centre de réflexion Marathon Initiative de Washington, ces aéronefs sont de puissants outils de surveillance difficiles à abattre.

Un ballon «espions» guidé par l'intelligence artificielle ?

Si l'aspect du ballon chinois ressemble à celui d'un ballon-sonde météo habituel, quelques éléments diffèrent, fait remarquer M. Kim.

Son imposante charge utile, bien visible, est constituée d'outillage électronique pour le guidage et la surveillance, ainsi que de panneaux solaires pour alimenter l'ensemble.

Selon lui, ce ballon pourrait embarquer des technologies de guidage pas encore en place au sein de l'armée américaine.

L'expert explique qu'avec les progrès de l'intelligence artificielle (IA), il est désormais possible pour un ballon de se diriger en changeant simplement d'altitude afin de parvenir à un point idoine pour trouver un vent le poussant vers la destination désirée.

Avant cela, il fallait soit le diriger du sol avec un câble, "soit vous le lancez, et il va où le vent l'emporte", précise William Kim.

"Ce qui s'est passé très récemment avec les progrès de l'IA, c'est qu'on peut désormais avoir un ballon (...) qui n'a même pas besoin de ses propres moyens de propulsion. En contrôlant simplement l'altitude, il peut contrôler sa direction", résume-t-il.

Une telle technologie pourrait tout de même impliquer des communications avec sa base.

Quels sont les avantages par rapport aux satellites ?

Selon M. Kim, les satellites sont de plus en plus vulnérables aux attaques terrestres et spatiales.

Les ballons, eux, présentent de multiples avantages, à commencer par leur capacité à échapper aux radars.

"Ils sont fait en matériaux qui ne réfléchissent pas la lumière, ils ne sont pas en métal. Donc même s'ils peuvent être plutôt gros (...) les détecter sera une difficulté".

S'ils sont assez petits, les dispositifs d'espionnage et la charge utile de ces aéronefs peuvent même passer inaperçus.

Les ballons ont aussi l'avantage de pouvoir maintenir une position stationnaire au-dessus d'une cible à surveiller, contrairement aux satellites espions qui doivent rester en orbite.

"Ils peuvent survoler une même position pendant des mois", assure l'expert.

Le ballon a-t-il pu arriver aux Etats-Unis par accident ?

Pour William Kim, c'est une "vraie possibilité". Le ballon chinois a en effet pu être envoyé au départ pour collecter des données hors des frontières américaines ou bien plus haut, avant de dysfonctionner.

"Ces ballons ne fonctionnent pas toujours parfaitement", affirme-t-il, soulignant que l'appareil chinois volait à environ 46.000 pieds au-dessus du sol, contre 65 000 à 100 000 habituellement pour ce type d'outils.

"C'est assurément un peu bas (...) Si l'objectif était de le rendre plus difficile à détecter, plus difficile à abattre, cela aurait eu du sens de l'envoyer à plus haute altitude".

Pourquoi les Etats-Unis ne peuvent-ils pas l'abattre ?

Abattre le ballon n'est pas aussi facile qu'il n'y paraît, prévient M. Kim.

"Ces ballons fonctionnent à l'hélium (...) vous ne pouvez pas juste lui tirer dessus et le faire prendre feu" comme un dirigeable, détaille le spécialiste.

"Ce ne sont pas des choses qui explosent ou éclatent", poursuit-il. "Si vous le trouez, il va juste se dégonfler très lentement".

William Kim rappelle qu'en 1998 l'armée de l'air du Canada a envoyé un avion de combat F-18 pour tenter d'abattre un ballon météo considéré comme voyou.

"Ils l'ont criblé d'un millier de munitions de 20 millimètres. Et cela a quand-même pris six jours avant qu'il redescende".

Pour M. Kim, il n'est pas évident de savoir si les missiles sol-air fonctionnent contre ce type de ballon. Leurs systèmes de guidage sont en effet conçus pour traquer des cibles véloces.


Analyse : Que signifie « Rahm Emanuel 2.0 » pour le Moyen-Orient ?

Longtemps considéré comme un critique virulent des dirigeants palestiniens, Rahm Emanuel envisagerait une candidature à la présidence américaine. (AFP)
Longtemps considéré comme un critique virulent des dirigeants palestiniens, Rahm Emanuel envisagerait une candidature à la présidence américaine. (AFP)
Short Url
  • L’ancien maire de Chicago a dévoilé une nouvelle vision de la paix au Moyen-Orient alors que les spéculations sur une candidature à la Maison-Blanche en 2028 s’intensifient
  • Autrefois connu comme un soutien indéfectible à Israël, Emanuel affirme désormais que les États-Unis doivent utiliser leur influence pour relancer la diplomatie

CHICAGO : En politique moyen-orientale, la paix ne se construit pas entre amis, mais entre ennemis. Cela signifie que les adversaires les plus acharnés ont parfois davantage de chances de parvenir à un accord que ceux qui se présentent comme des alliés.

Cette réalité a façonné certaines des avancées les plus importantes de la région, du traité de paix israélo-égyptien de 1979 aux accords d’Oslo de 1993, en passant par l’accord de paix entre la Jordanie et Israël en 1994.

Chacun de ces accords était imparfait, chacun a laissé la question centrale palestinienne sans réponse, mais tous reflétaient une même vérité difficile : les progrès n’ont généralement été possibles que lorsque les adversaires ont accepté de s’asseoir à la même table. 

--
Une colonne de fumée s’élève après une frappe israélienne contre une zone industrielle de Gaza City. (AFP)

Aujourd’hui, Rahm Emanuel — fin stratège politique, ancien chef de cabinet de la Maison-Blanche et ancien maire de Chicago, ainsi que l’un des alliés américains d’Israël les plus connus — apparaît comme une voix qui estime que le cycle de l’hostilité peut être brisé.

Longtemps considéré comme un opposant farouche aux dirigeants palestiniens, Emanuel envisagerait une candidature présidentielle fondée en partie sur la promesse de restaurer l’influence américaine dans la région et de réengager les deux parties dans un véritable processus de paix.

Fort d’une carrière marquée par plusieurs succès politiques, Emanuel réfléchit à une candidature à la présidence en 2028 sous les couleurs du Parti démocrate, se présentant comme une personnalité capable d’aider Israéliens et Palestiniens à revenir à la table des négociations.


Le nouveau Premier ministre Burnham réunit son gouvernement, sans les proches de Starmer

Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham prononce son premier discours devant le 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 20 juillet 2026, après avoir été chargé par le roi de former le nouveau gouvernement. (Photo : AFP)
Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham prononce son premier discours devant le 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 20 juillet 2026, après avoir été chargé par le roi de former le nouveau gouvernement. (Photo : AFP)
Short Url
  • Andy Burnham a pris ses fonctions comme Premier ministre britannique, remaniant profondément son gouvernement et écartant plusieurs proches de Keir Starmer
  • Il doit annoncer ses premières mesures pour le pouvoir d'achat, tout en promettant une réindustrialisation, davantage de logements sociaux et des réformes majeures

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham réunit mardi son gouvernement marqué par le départ de fidèles de son prédécesseur Keir Starmer et doit annoncer des mesures pour le pouvoir d'achat.

A 56 ans, celui qui était maire du Grand Manchester (nord de l'Angleterre) jusqu'au mois dernier est devenu le septième Premier ministre britannique depuis 2016, année du Brexit, en succédant lundi au démissionnaire Keir Starmer et ses deux ans au pouvoir.

Si l'on retrouve dans les rangs du nouveau gouvernement des figures déjà présentes dans l'équipe de Keir Starmer, des fidèles de l'ex-Premier ministre ont été éloignés, le journal The Times titrant même sur une "purge".

Le Financial Times pointe lui une "surprise": l'ancien ministre de la Défense John Healey, qui avait quitté le gouvernement Starmer sur fond de désaccord budgétaire, remplace Rachel Reeves aux Finances - une fidèle de Keir Starmer écartée.

John Healey fait face à une lourde tâche, dans un contexte de croissance atone et de finances contraintes par une dette publique élevée.

Le portefeuille de la Défense revient à Wes Streeting, ambitieux ex-ministre de la Santé qui avait envisagé un temps de défier Keir Starmer à la tête du Labour. Il sera chargé de mettre en œuvre le plan d'investissement sur dix ans pour moderniser l'armée britannique.

"Nous veillerons à ce que nos forces armées disposent des ressources nécessaires", a appuyé Wes Streeting dans une publication sur X suivant sa nomination, revenant sur la question des moyens alloués à la défense qui avait fragilisé en juin le gouvernement Starmer et accéléré sa chute.

Le nouveau ministre a également assuré l'Ukraine de son soutien, après que Andy Burnham a échangé par téléphone avec son dirigeant Volodymyr Zelensky, mais aussi avec Donald Trump ou Emmanuel Macron.

Ed Miliband, ministre de l'Energie sortant, devient chef de la diplomatie britannique. Shabana Mahmood, connue pour sa fermeté sur l'immigration, est elle maintenue à l'Intérieur.

Un autre très proche de Keir Starmer, ex-ministre de la Justice et vice-Premier ministre David Lammy, a lui été mis à l'écart du nouvel exécutif.

- "Changements profonds" -

La figure de l'aile gauche du parti Angela Rayner, qui fut numéro deux de Keir Starmer, retrouve son portefeuille du Logement.

Andy Burnham doit réunir mardi son équipe gouvernementale, et annoncer de premières mesures de lutte contre le coût de la vie.

Il souhaite agir rapidement en accord avec sa première allocution devant Downing Street la veille, où il a promis d'engager "les changements les plus profonds de ces quarante dernières années" au Royaume-Uni, lui faire retrouver sa "stabilité" et "redonner de l'espoir".

S'exprimant sans notes et sans pupitre en présence de son épouse Marie-France van Heel, de ses enfants et de sa mère, le nouveau Premier ministre a dit vouloir réindustrialiser le pays, construire plus de logements sociaux et bâtir une "nouvelle économie" dans laquelle les services essentiels sont davantage contrôlés par l'Etat.

Il a érigé en priorité de "mettre fin au sans-abrisme", après s'être rendu dans un refuge pour personnes sans domicile fixe au matin de sa nomination.

Les travaillistes comptent aussi sur Andy Burnham, surnommé "le roi du Nord", pour stopper l'ascension du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage, en tête des sondages pour les prochaines élections législatives prévues en 2029.

Après deux échecs pour prendre la tête du Labour en 2010 et 2015, Andy Burnham est devenu l'une des personnalités politiques les plus populaires du pays grâce au renouveau connu par l'agglomération de Manchester. Il a dit vouloir décentraliser le pouvoir et créer un "N°10 du Nord" à Manchester.


L'Iran dit avoir visé des cibles militaires américaines à Bahreïn et au Koweït

Une image satellite montre de la fumée s'élevant à proximité d'une installation pétrolière dans le gouvernorat d'Ahmadi, au Koweït, le 18 juillet 2026. L'Iran cible le Koweït dans le cadre de frappes de représailles en réponse aux attaques américaines. (Union européenne/Copernicus Sentinel-2 via Reuters)
Une image satellite montre de la fumée s'élevant à proximité d'une installation pétrolière dans le gouvernorat d'Ahmadi, au Koweït, le 18 juillet 2026. L'Iran cible le Koweït dans le cadre de frappes de représailles en réponse aux attaques américaines. (Union européenne/Copernicus Sentinel-2 via Reuters)
Short Url
  • L'Iran affirme avoir ciblé des installations militaires américaines à Bahreïn et au Koweït, notamment des systèmes de défense antiaérienne, des radars et des équipements de localisation
  • Selon les autorités iraniennes, trois bases américaines au Koweït ont également été visées par des drones, tandis que Téhéran menace de nouvelles attaques plus puissantes

TEHERAN: Les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé mardi avoir visé des cibles militaires américaines à Bahreïn et au Koweït, selon l'agence officielle Irna.

L'armée idéologique de l'Iran a dit avoir frappé deux systèmes de défense antiaériens et une installation radar sur deux avant-postes américains à Bahreïn.

Les Gardiens ont également affirmé avoir touché des dispositifs de missiles défensifs et des systèmes de réception radar et satellite au Koweït. "L'ennemi devrait se préparer à des vagues de drones et à des attaques de missiles encore plus décisives et puissantes", après cette attaque d'installations de repérage, ont-ils dit dans un communiqué diffusé par Irna.

Dans une autre déclaration portée par la télévision d'Etat, l'armée iranienne indique avoir frappé "trois importantes bases américaines au Koweït" avec des drones suicide. Sur celle d'Arifjan, elle explique avoir visé des bâtiments administratifs et des systèmes de localisation, une hélistation sur celle d'Al-Udairi, et un baraquement sur la base aérienne Ahmad Al-Jaber.