Le trésor pharaonique de Saqqarah renferme toujours des secrets à découvrir

L’égyptologue Zahi Hawass explique les complexités de la manipulation des poses de statues à la nécropole égyptienne de Saqqarah, au sud du Caire, le 17 janvier 2021 (Photo fournie)
L’égyptologue Zahi Hawass explique les complexités de la manipulation des poses de statues à la nécropole égyptienne de Saqqarah, au sud du Caire, le 17 janvier 2021 (Photo fournie)
L’égyptologue Zahi Hawass, à droite, avec des membres de son équipe (Photo fournie)
L’égyptologue Zahi Hawass, à droite, avec des membres de son équipe (Photo fournie)
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Publié le Samedi 11 février 2023

Le trésor pharaonique de Saqqarah renferme toujours des secrets à découvrir

  • Des archéologues travaillant à la nécropole ont récemment découvert la plus ancienne momie complète embaumée d’or
  • Des travaux de fouilles ont mis à jour des tombes datant de l’Ancien Empire, indiquant l’existence d’un immense cimetière

LE CAIRE : Plus de cent ans après la découverte de la tombe de Toutankhamon, les archéologues travaillant sur les sites antiques d’Egypte font encore des découvertes étonnantes, dévoilant notamment en janvier une momie embaumée d’or.

Le Dr. Zahi Hawass, le célèbre archéologue égyptien et ancien ministre du Tourisme et des Antiquités d'Egypte a récemment annoncé un certain nombre de nouvelles découvertes importantes à la nécropole de Saqqarah, un site du patrimoine mondial de l’UNESCO situé au sud de la capitale égyptienne.

«L’une des découvertes majeures que nous avons faites ici est le sarcophage scellé retrouvé au fond d’un puits de 10 mètres de profondeur et pesant 3 à 4 tonnes» a déclaré Hawass.

«Une momie en bon état datant de l’Ancien Empire  est vraiment une belle découverte. Nous avons la momie d’un roi datant de l’Ancien Empire  exposée à l’intérieur du musée Imhotep à Saqqarah ainsi que d’autres momies de la même époque qui sont toutes malheureusement en mauvais état.»

La momie la plus vieille (Photo fournie)
La momie la plus vieille (Photo fournie)

De nombreux vaisseaux et artefacts en pierre et en plâtre ont été trouvés autour du sarcophage qui était complètement scellé avec du mortier, tout comme l’avaient laissé les égyptiens il y a 4,300 ans. Le nom «Hekashepes» y était inscrit.

«Normalement, la plupart de nos découvertes archéologiques sont volées ou incomplètes. Or, cette fois, elle est complète. Le puits est complètement fermé» a déclaré Ali Abu Dasheesh, un archéologue égyptien  membre de l’équipe de fouilles, à Arab News.

«En outre, la feuille d’or recouvrant la momie indique que les rois de cette époque étaient riches.»

La momie la plus vieille (Photo fournie)
La momie la plus vieille (Photo fournie)

Alors que certains médias ont décrit la momie comme la plus ancienne que l’Egypte ait connue, cette affirmation a été réfutée. Hawass a depuis précisé à Live Science qu’il s’agit de «la plus ancienne momie complète recouverte d’or.»

Cela ne compromet en rien la découverte. En plus des couches d’or qui l’entourent, la momie avait un bandeau sur la tête et un bracelet sur la poitrine. Cela indique qu’il s’agissait d’un homme riche, a déclaré Hawass à CNN.

Le site funéraire de l’ancienne capitale égyptiennes Memphis où les dernières découvertes ont été faites, abrite plus d’une douzaine de pyramides, de tombes d’animaux et d’anciens monastères coptes.

C’est dans le district de Gisr El-Mudir que les découvertes ont été faites, à 24 km au sud-ouest du Caire, dans une zone connue sous le nom de Grande Enceinte. Le site se trouve à quelques centaines de mètres de la pyramide enterrée et de la pyramide de Djoser – le plus ancien complexe de pyramides en pierre datant de la troisième dynastie (2667-2448 av. J-C.)

Ce sarcophage a été scellé dans une pièce au fond d’un puits de 10 mètres de profondeur, pesant plus de 3 tonnes (Photo fournie)
Ce sarcophage a été scellé dans une pièce au fond d’un puits de 10 mètres de profondeur, pesant plus de 3 tonnes (Photo fournie)

Plusieurs tombes datant des Ve et VIe dynasties font partie des découvertes récentes.

La plus grande de ces tombes appartenait à Khnumdjedef, le dernier roi de la Ve dynastie, elle est décorée de scènes de la vie quotidienne dont les couleurs d’origine sont magnifiquement conservées.

La deuxième plus grande tombe semble avoir appartenu à Meri. Il fut un prêtre et le «gardien du secret» nommé par le pharaon – un titre sacerdotal détenu par un haut fonctionnaire du palais conférant pouvoir et ayant l’autorité d’accomplir des rituels religieux et spéciaux – et assistant du commandant du grand palais royal.

Zahi Hawass et les statues (Photo fournie)
Zahi Hawass et les statues (Photo fournie)

Une tombe pour un prêtre dans le complexe pyramidal du roi Pepi I contenant neuf belles statues fut également découverte.

L’une représente un homme, sa femme tenant sa jambe droite et leur fille avec une oie dans les bras. Une deuxième représente des serviteurs, tandis qu’une troisième illustre une femme qui cuisine. Les propriétaires de ces statues n’ont pas été identifiés.

Les archéologues ont également trouvé une fausse porte à coté, dont le propriétaire s’appelait Messi (soit «nouveau-né») indiquant que les statues pourraient appartenir à Messi.

EN BREF

  • Saqqarah contient d’anciens cimetières de la royauté, servant de nécropoles à l’ancienne capitale égyptienne, Memphis
  • La pyramide de Djoser ainsi que certaines tombes se trouvent à Saqqarah, située à 30 km au sud du Caire dans le gouvernorat de Gizeh
  • Saqqarah a été un site important pour les enterrements non royaux et les cérémonies de culte pour plus de 3,000 ans

La fausse porte est considérée comme un point de connexion entre la tombe et la momie elle-même.

Les anciens égyptiens croyaient que les esprits des personnes enterrées quitteraient leur tombe au lever du soleil et reviendraient au coucher du soleil. La porte agit ainsi comme passerelle, la momie étant généralement placée derrière elle pour permettre un accès facile à l’esprit.

Une quatrième tombe aurait appartenu à un juge et écrivain nommé Fetek. Il y avait aussi plusieurs statues semblant le représenter et situées à côté d’une table d’offrande et d’un cercueil contenant ses restes momifiés.

Selon Hawass, la région archéologique de Saqqarah recèle encore de nombreux secrets à découvrir.

Un mur étayant la vie quotidienne (Photo fournie)
Un mur étayant la vie quotidienne (Photo fournie)

«Les travaux de fouille de l’équipe conjointe avec le Conseil suprême égyptien des antiquités ont découvert des tombes datant de l’ère de l’Ancien Empire, ce qui indique la présence d’un immense cimetière avec de nombreuses tombes importantes» a-t-il déclaré.

«Nous avons fait des découvertes importantes à Saqqarah. Si vous visitez le musée égyptien, vous trouverez de nombreuses statues exposées pour des rois et des individus. Mon rêve maintenant est de découvrir le complexe pyramidal du roi Houni, le dernier roi de la IIIe dynastie.»

Les découvertes de Saqqarah ont eu lieu quelques jours seulement après de nouvelles découvertes près de la ville méridionale de Louxor. Le Conseil suprême des Antiquités a annoncé la découverte de plusieurs sites funéraires de l’époque du Nouvel Empire, datant de 1,800 av. à 1,600 av. J-C., en plus des ruines d’une ancienne ville romaine.

Les archéologues ont trouvé des bâtiments résidentiels, des tours et ce qu’ils ont décrit comme des ateliers de métal, contenant des pots, des outils et des pièces de monnaie romaine.

Toutes les dernières découvertes égyptiennes ne sont pas de nouvelles trouvailles. Les scans numériques récents d’une momie entreposée depuis 1916 ont révélé des secrets restés cachés pendant des millénaires.

Enterrée il y a 2,300 ans, la momie a été découverte dans un cimetière du sud de l’Egypte. Elle a été entreposée au sous-sol du musée du Caire.

Saqqarah a été un site important pour les enterrements non royaux et les cérémonies de culte pour plus de 3,000 ans (Photo fournie)
Saqqarah a été un site important pour les enterrements non royaux et les cérémonies de culte pour plus de 3,000 ans (Photo fournie)

Les chercheurs ont utilisé des tomodensitogrammes (scans CT) pour en savoir plus, dans un processus connu sous le nom de «déballage numérique». Les scientifiques disent que le garçon a été enterré avec un trésor de 49 amulettes protectrices, dont une grande partie est en or, d’où son surnom «Golden boy». 

Plus loin, les archéologues ont découvert une cache de crocodiles momifiés de 2,500 ans près d’une tombe intacte à Qubbat Al-Hawa, une nécropole sur la rive ouest du Nil. Cette découverte a engendré de nouvelles perspectives sur les pratiques de momification animale.

En octobre 2020, une énorme découverte archéologique a été faites à Saqqarah. Il s’agissait de 59 cercueils en bois coloré trouvés à l’intérieur de puits funéraires, en plus de dizaines de statues, d’amulettes et d’autres trésors.

«Nous avons documenté cette découverte et bien d’autres. Elles ont été révélées dans un fil documentaire qui sera bientôt diffusé sur Netflix» a déclaré Abu Dasheesh à Arab News.

Les dernières découvertes constituent un élément clé pour l’Egypte afin de relancer son industrie touristique après des années de complications politiques et de restrictions suite à la pandémie.

Le secteur commençait à se remettre de la pandémie, mais  rapidement  touché par les effets de l’invasion russe de l’Ukraine. La Russie et l’Ukraine constituent des sources majeures de touristes pour le pays nord-africain.

Selon des chiffres officiels, l’industrie égyptienne du tourisme représente 10% du PIB et environ deux millions d’emplois.

Les plans du gouvernement – dont le diamant est l’inauguration longtemps retardée du Grand Musée égyptien au pied des pyramides de Gizeh – visent à attirer 30 millions de touristes par an d’ici 2028, contre 13 millions avant la pandémie.

Le nouveau musée – couvrant un espace de 500 000 mètres carrés – abritera plus de 100 000 artefacts du passé égyptien, datant de la préhistoire à l’époque pharaonique, jusqu’aux périodes grecque et romaine.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 

  


Ce que la première visite en solo du Prince William à Riyadh signifie pour les liens entre le Royaume-Uni et l'Arabie saoudite

Ce que la première visite en solo du Prince William à Riyadh signifie pour les liens entre le Royaume-Uni et l'Arabie saoudite. (Arab News)
Ce que la première visite en solo du Prince William à Riyadh signifie pour les liens entre le Royaume-Uni et l'Arabie saoudite. (Arab News)
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  • L'héritier du trône britannique arrive à Riyad, alors que les liens royaux historiques sous-tendent l'approfondissement de la coopération en matière de commerce et de défense
  • La visite officielle du prince de Galles fait suite à des décennies de liens étroits entre la Maison des Saoud et la famille royale britannique

LONDRES : L'arrivée du prince William à Riyad, lundi, sera l'occasion de réaffirmer le lien spécial entre les monarchies britannique et saoudienne, qui a été forgé au début du règne de sa grand-mère, la reine Élisabeth II, et qui n'a cessé de s'épanouir depuis lors.

Mais pour ce prince de 43 ans, héritier présomptif du trône britannique, sa première visite officielle au Royaume sera également empreinte d'un élément personnel poignant.

William suivra les traces de sa mère, feu Diana, princesse de Galles, qui s'est rendue en Arabie saoudite il y a 40 ans, lors d'une tournée de neuf jours au Moyen-Orient en 1986, avec son mari de l'époque, le prince Charles.
Le couple s'était marié en 1981 et Diana n'avait que 25 ans lors de leur première tournée au Moyen-Orient. Le prince William, leur premier enfant, avait trois ans à l'époque et n'a pas accompagné sa mère lors de cette visite, bien qu'il ait voyagé avec ses parents en Australie et en Nouvelle-Zélande en 1983, alors qu'il n'était âgé que de neuf mois.

William avait 15 ans lorsque sa mère est décédée dans un accident de voiture à Paris en août 1997.

Le prince s'est déjà rendu dans la région. Son premier voyage était chargé d'une signification personnelle. En juin 2018, il a effectué une visite de trois jours en Israël et en Palestine, rencontrant à la fois le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne.

Il s'agissait de la première visite officielle d'un membre important de la famille royale britannique en Israël et dans les territoires palestiniens.

Bien que la visite ait été décrite par la Grande-Bretagne comme strictement apolitique et que William ait visité des lieux saints importants pour les trois religions abrahamiques, il a tenu à assurer publiquement les Palestiniens qu'ils n'avaient pas été oubliés par la Grande-Bretagne, qui avait gouverné la région de 1917 jusqu'à la création d'Israël en 1948, ce qui n'a pas manqué d'agacer certains hommes politiques israéliens.


Mais il y avait aussi un élément de pèlerinage personnel dans le voyage de William. À Jérusalem, il s'est rendu sur la tombe de la princesse Alice de Battenberg et de Grèce, son arrière-grand-mère, une chrétienne fervente qui avait aidé des juifs à échapper à la capture des nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.

Après sa mort en 1969, Israël a honoré sa demande d'être enterrée à Jérusalem, et William s'est rendu sur sa tombe dans une crypte de l'église orthodoxe russe de Marie-Madeleine, sur le mont des Oliviers, à l'extérieur de la vieille ville de Jérusalem.

Le palais de Kensington décrit l'objectif de la première visite en solo du prince William en Arabie saoudite comme "une célébration des liens en matière de commerce, d'énergie et d'investissement".

Ce n'est pas un hasard si la visite du prince, qui a servi pendant plusieurs années comme pilote dans la Royal Air Force britannique, coïncide avec le salon mondial de la défense à Riyad, et avec les espoirs britanniques de voir l'Arabie saoudite devenir le quatrième partenaire national du programme d'avions de combat Tempest de nouvelle génération.


En mai 2025, le ministre saoudien de la défense, le prince Khalid bin Salman, s'est rendu à Londres pour discuter d'une coopération plus étroite avec le ministre britannique de la défense, John Healey, qui a décrit le Royaume comme "un partenaire essentiel du Royaume-Uni pour assurer la sécurité et la stabilité dans le Golfe".

Cependant, les observateurs royaux au Royaume-Uni ont donné une autre signification à la visite du prince William. Pour Tatler, le journal de la haute société britannique, la visite de celui qu'il décrit comme "l'un des plus grands diplomates britanniques" est perçue comme "une nouvelle étape dans sa préparation au trône".

Cette visite intervient à un moment charnière pour la famille royale britannique.

La reine Élisabeth II, qui est devenue reine à l'âge de 25 ans à la mort de son père, le roi George VI, le 6 février 1952, a régné pendant 70 ans. Lorsqu'elle est décédée le 8 septembre 2022, à l'âge de 96 ans, c'est son fils aîné, le prince Charles, qui lui a succédé.

À l'avènement du roi Charles III, le prince William, connu auparavant sous le nom de duc de Cambridge, a hérité des titres précédents de son père, le prince de Galles et le duc de Cornouailles.


Mais en février 2024, à peine neuf mois après le couronnement du roi, Buckingham Palace a annoncé que Charles III avait été diagnostiqué avec une forme non divulguée de cancer.

Les craintes concernant sa santé ont persisté depuis, bien qu'en décembre 2025, le monarque de 77 ans ait révélé que "grâce à un diagnostic précoce, à une intervention efficace et au respect des ordres des médecins, mon propre calendrier de traitement du cancer peut être réduit au cours de la nouvelle année."

Néanmoins, en tant qu'héritier présomptif, toutes les tâches du prince William sont désormais conçues en gardant à l'esprit ses futures responsabilités.

Sa visite cette semaine reflète l'importance que la Grande-Bretagne accorde non seulement à ses relations avec l'Arabie saoudite en tant qu'important partenaire commercial, mais aussi aux liens personnels qui unissent les deux familles royales depuis plus d'un siècle.
L'amitié entre les familles royales britannique et saoudienne remonte à 1919, lorsque le prince Faisal, troisième fils d'Abdulaziz bin Abdulrahman, futur fondateur et roi d'Arabie saoudite, âgé de 13 ans, est devenu le premier membre de la famille royale saoudienne à se rendre en Grande-Bretagne.

L'invitation avait été envoyée à son père, le roi du Najd, connu en Occident sous le nom d'Ibn Saoud et reconnu par le gouvernement britannique, après la défaite de l'Empire ottoman lors de la Première Guerre mondiale, comme la force politique montante de la péninsule arabique.

Toujours aux prises avec l'impact sur ses territoires de l'épidémie de grippe de 1919, qui allait faire plus de victimes dans le monde que la Première Guerre mondiale qui l'avait précédée, le roi a choisi son fils aîné, le prince Turki, pour le représenter en Angleterre.

Mais la tragédie s'en mêle. Turki est victime de l'épidémie et, à la dernière minute, le prince Faisal est nommé à sa place en tant que chef symbolique de la délégation saoudienne à Londres.

Ce choix s'est avéré judicieux. Bien que jeune, le prince a conquis ses hôtes lors d'une visite cordiale qui a donné le ton d'une relation entre les deux familles royales qui n'a jamais cessé depuis.

Lors de son séjour à Londres, le prince Faisal a visité le palais de Buckingham, où il a rencontré le roi George V, a visité la Chambre des communes et la Chambre des lords, et a été emmené dans ce qui a dû être une sombre visite des champs de bataille du nord de la France, où plus de 3,5 millions de soldats alliés et allemands ont été tués au cours de la guerre qui s'est achevée seulement un an auparavant.

En juin 1953, le prince Fahd, un autre fils du roi Abdulaziz, a représenté son père, âgé de 78 ans, au couronnement de la reine Élisabeth II. Le roi Abdulaziz n'a plus que cinq mois à vivre et, le 9 novembre 1953, le prince héritier Saoud, son deuxième fils, lui succédera.

Sous le règne de la reine Élisabeth II, les rois d'Arabie saoudite ont effectué pas moins de quatre visites d'État en Grande-Bretagne, un nombre égal à celui des chefs d'État de seulement quatre autres pays, dont les voisins immédiats du Royaume-Uni, la France et l'Allemagne.


Le premier à s'y rendre fut le roi Fayçal, qui, jeune prince, avait visité l'Angleterre en 1919 et avait succédé au roi Saoud en 1964. En mai 1967, il est arrivé à Londres pour une visite mémorable de huit jours, au début de laquelle il a été accueilli par l'État et a parcouru les rues de Londres dans une calèche aux côtés de la reine Élisabeth II.

Le roi Faisal a été suivi par le roi Khalid en 1981, le roi Fahd en 1987 et le roi Abdullah en 2007 lors de ses visites d'État en Grande-Bretagne.

La circulation royale entre les deux royaumes a toujours été à double sens.

En février 1979, arrivant à bord du jet supersonique Concorde, la reine Élisabeth II s'est rendue à Riyad et à Dhahran au cours d'une tournée dans le Golfe qui l'a également conduite au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, aux Émirats arabes unis et à Oman.

En Arabie saoudite, elle a été accueillie par le roi Khalid et a participé à une série d'événements, dont un pique-nique dans le désert et un dîner d'État au palais Maathar à Riyad. En retour, elle et son mari ont organisé un dîner pour la famille royale saoudienne à bord du yacht Britannia de Sa Majesté.


Les relations entre les deux familles royales ne se sont pas limitées aux grandes occasions d'État.

La circulaire de la Cour publiée par le palais de Buckingham révèle qu'entre 2011 et 2021 seulement, plusieurs membres de la famille royale britannique ont rencontré des monarques du Golfe plus de 200 fois - soit une fois tous les quinze jours - et que 40 de ces rencontres informelles ont eu lieu avec des membres de la Maison des Saoud.

En janvier 2015, le père du prince William, le prince Charles de l'époque, s'est envolé pour Riyad afin de rendre hommage au roi Abdallah, tandis que les drapeaux des bâtiments royaux et gouvernementaux de Londres étaient mis en berne.

En mars 2018, le prince héritier Mohammed bin Salman a eu une audience privée et un déjeuner avec la reine Élisabeth II au palais de Buckingham lors d'une visite officielle au Royaume-Uni. Au cours de cette visite, il a également dîné avec le prince de Galles - aujourd'hui le roi Charles III - et son fils, le prince William.

Cette semaine, avec l'arrivée de William en Arabie saoudite en tant que prince de Galles, les deux hommes reprendront contact, cette fois-ci en tant qu'héritiers présomptifs.

Le prince William est réputé pour sa simplicité et son côté terre-à-terre. Il est très à l'aise lorsqu'il rencontre des membres du public, que ce soit dans son pays ou lors de ses déplacements à l'étranger.

L'itinéraire précis qu'il suivra pendant son séjour en Arabie saoudite n'est pas clair. Le palais de Buckingham insiste sur le fait qu'il n'y a pas de code de conduite obligatoire lorsqu'on rencontre un membre de la famille royale.

Toutefois, il conseille à ceux qui "souhaitent respecter les formes traditionnelles" de s'adresser au prince William d'abord en l'appelant "Votre Altesse Royale", puis en l'appelant "Monsieur".


Les Émirats assurent que la rupture de l’accord aérien par l’Algérie n’affectera pas immédiatement les vols

Les passagers quittent la salle de récupération des bagages du terminal 3 de l’aéroport international de Dubaï, à Dubaï, aux Émirats arabes unis, le 25 octobre 2022. (AP)
Les passagers quittent la salle de récupération des bagages du terminal 3 de l’aéroport international de Dubaï, à Dubaï, aux Émirats arabes unis, le 25 octobre 2022. (AP)
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  • L’Algérie a lancé la procédure de résiliation de son accord de transport aérien avec les Émirats arabes unis, conclu en 2013
  • Les autorités émiraties assurent que cette décision n’aura pas d’effet immédiat sur les vols, l’accord restant valide durant le préavis légal

ABOU DHABI : Les Émirats arabes unis ont déclaré que la notification par l’Algérie de la résiliation de l’accord de services aériens entre les deux pays n’aurait aucun « impact immédiat sur les opérations de vol », a rapporté dimanche l’agence de presse officielle WAM, citant l’Autorité générale de l’aviation civile (GCAA).

Samedi, l’Algérie a annoncé avoir engagé le processus d’annulation de cet accord de services aériens avec les Émirats arabes unis, signé à Abou Dhabi en 2013.

La GCAA a précisé que l’accord restait en vigueur « pendant la période de préavis légalement requise », sans fournir davantage de détails.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Entre peur et attente: au Maroc, des habitants évacués sous le choc des inondations

Dans certaines localités, des enfants et des personnes âgées ont attendu les secours sur les toits de leurs habitations, encerclées par les eaux, avant d'être évacués par la gendarmerie royale à l'aide de petites embarcations. (AFP)
Dans certaines localités, des enfants et des personnes âgées ont attendu les secours sur les toits de leurs habitations, encerclées par les eaux, avant d'être évacués par la gendarmerie royale à l'aide de petites embarcations. (AFP)
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  • Près de Kénitra, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Rabat, les autorités ont installé un vaste campement où s'alignent à perte de vue de petites tentes bleues accueillant la population déplacée par les récentes inondations
  • Plus de 7.800 familles, soit plus de 38.700 personnes, y ont trouvé refuge

KENITRA: Dans son village de l'ouest du Maroc, Kasia El Selami a compris qu'il fallait fuir lorsque les haut-parleurs de la mosquée ont appelé à évacuer en raison des intempéries. Rapidement, elle s'est retrouvée dans un immense camp provisoire, sans visibilité sur son retour.

"Nous avons ressenti une grande peur (...) surtout pour nos enfants", raconte à l'AFP cette Marocaine de 67 ans originaire d'Ouled Ameur, en étendant une couverture sur un fil tendu devant sa tente.

Près de Kénitra, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Rabat, les autorités ont installé un vaste campement où s'alignent à perte de vue de petites tentes bleues accueillant la population déplacée par les récentes inondations, liées à des épisodes de précipitations exceptionnels.

Plus de 7.800 familles, soit plus de 38.700 personnes, y ont trouvé refuge.

Au total, plus de 150.000 habitants ont été évacués depuis la semaine dernière dans le nord-ouest du pays. Dimanche, les autorités locales de Tétouan (nord) ont annoncé la mort de quatre personnes dans des crues soudaines.

Dans certaines localités, des enfants et des personnes âgées ont attendu les secours sur les toits de leurs habitations, encerclées par les eaux, avant d'être évacués par la gendarmerie royale à l'aide de petites embarcations.

Des distributions d'aide humanitaire ont également été effectuées par hélicoptère, de nombreuses routes restant submergées.

"L'eau continue de monter" 

De fortes pluies, des averses orageuses avec risque de grêle et de fortes rafales de vent ont encore été annoncées dimanche jusqu'à mardi dans plusieurs provinces par la Direction générale de la météorologie (DGM).

Autour des tentes du camp près de Kénitra, la vie s'organise. Une femme frotte son linge dans une bassine avec une planche à laver à quelques mètres d'enclos abritant vaches, chevaux, poules et moutons, eux aussi déplacés par les eaux.

Sur place, des vétérinaires administrent piqûres et traitements aux animaux affaiblis. Près du campement, une brebis et son agneau gisent, morts.

Plus loin, une longue file s'étire devant une clinique mobile qui reçoit des personnes malades ou légèrement blessées.

"La hauteur de l'eau était d'environ un mètre et demi", se souvient Ali El Aouni, assis sous sa toile de tente, entouré de sa famille et de quelques ustensiles dont des verres à thé, un tajine et plusieurs assiettes.

"Nous avons peur de retourner (dans notre village, NDLR), de crainte que l'eau ne revienne", raconte le sexagénaire originaire d'une commune dans les environs de Kénitra.

Il évoque des "jours très difficiles", marqués par le froid et l'angoisse. Ses enfants, dit-il, étaient "terrifiés".

Son fils aîné a voulu rester pour surveiller leur propriété. Il "communique avec nous par téléphone, nous disant que l'eau continue de monter", explique-t-il.

Secouristes en jet-ski 

A quelques kilomètres de là, au dernier endroit accessible depuis Kénitra en direction de Tanger par la route nationale, le trafic est interrompu. Seule l'autoroute reste ouverte.

Des membres de la protection civile avancent dans les eaux en bateau ou en jet-ski. Dans les zones submergées, seules dépassent les cimes des arbres.

L'Espagne et le Portugal ont aussi subi des intempéries ces derniers jours. En cause, selon la DGM: la rencontre d'air froid venu du nord et d'air chaud et humide du sud, qui déstabilise l'atmosphère et favorise des pluies abondantes.

Au Maroc, les apports hydriques enregistrés au cours des cinq derniers mois ont dépassé la moyenne annuelle des dix dernières années, avait indiqué fin janvier le ministère de l'Eau à l'AFP, après sept années consécutives d'une grave sécheresse.

Dans le camp provisoire, la protection civile distribue des sacs de provisions.

"Des tentes, couvertures et matelas ont été fournis, ainsi que des aides alimentaires et des fournitures essentielles pour les personnes affectées, en plus de soins de santé et de suivi vétérinaire pour le bétail", rapporte Adil Al-Khatabi, un responsable de la province de Kénitra sur place.

Kasia El Selami, elle, ne pense qu'à regagner son foyer: "Nous attendons que cette épreuve prenne fin au plus vite afin de pouvoir rentrer chez nous."