Retraites: Pros et anti-réforme campent sur leur position

Un manifestant tient une pancarte façonnant une tombe et lisant «Ci-gît» ma retraite" lors d'une manifestation au quatrième jour des rassemblements nationaux organisés depuis le début de l'année, contre une refonte profondément impopulaire des retraites (Photo, AFP).
Un manifestant tient une pancarte façonnant une tombe et lisant «Ci-gît» ma retraite" lors d'une manifestation au quatrième jour des rassemblements nationaux organisés depuis le début de l'année, contre une refonte profondément impopulaire des retraites (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 13 février 2023

Retraites: Pros et anti-réforme campent sur leur position

  • Sur son blog, le leader LFI Jean-Luc Mélenchon a samedi soir de nouveau proposé aux syndicats, «une nouvelle convergence»
  • Olivier Dussopt a reconnu sur France 3 que le désaccord sur la controversée mesure d'âge au coeur de la réforme était «assez insurmontable»

PARIS: Majorité présidentielle et opposants de tous bords à la réforme des retraites campent dimanche sur leur position au lendemain d'une 4e journée de mobilisation qui a permis aux syndicats de maintenir la pression et de brandir la menace d'une "France à l'arrêt".

En réussissant à rassembler pour la première fois un samedi, entre 963.000 et 2,5 millions de manifestants selon les sources, les syndicats unis emmenés par le binôme CFDT-CGT ont démontré au gouvernement qu'ils pouvaient toujours compter sur le soutien de la rue face au report de l'âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans.

De quoi conforter l'intersyndicale dans sa stratégie. Celle-ci appelle à un cinquième acte le 16 février et agite le spectre d'une "France à l'arrêt" le 7 mars, selon des modalités qui varient entre les deux locomotives syndicales du mouvement: la CGT privilégiant des grèves reconductibles, la CFDT évoquant des opérations villes mortes.

Sur son blog, le leader LFI Jean-Luc Mélenchon a samedi soir de nouveau proposé aux syndicats, "une nouvelle convergence" avec à la clef un rassemblement "un samedi ou dimanche de mars". Pour sa part la cheffe de file des députés RN Marine Le Pen, qui n'avait pas appelé à manifester, a jugé qu'"après cette nouvelle journée de mobilisation (...), l’exécutif ne (pouvait) pas continuer à regarder ailleurs en refusant d'entendre les Français".

Le gouvernement ne peut en tout cas pas "rester sourd" à ce" moment exceptionnel de mobilisation du monde du travail", a fait valoir le N.1 de la CFDT Laurent Berger, invité du Grand jury RTL-Le Figaro-LCI dimanche.

Sur BFMTV, le N.1 de FO Frédéric Souillot a confirmé dimanche une information de la chaine selon laquelle la Première ministre Elisabeth Borne a appelé durant le week-end des dirigeants syndicaux.

"C'était avant notre intersyndicale (samedi, ndlr), elle avait compris qu'on allait durcir le ton", a expliqué M. Souillot. .

Interrogé par l'AFP, le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger a également fait part d'un appel de la Première ministre. "Rien de nouveau, je lui ai redit notre profond désaccord avec l'âge de départ à la retraite à 64 ans et notre volonté d'être écoutés", a-t-il indiqué. De son côté, Philippe Martinez, le numéro un de la CGT, a affirmé à l'AFP n'avoir reçu dimanche en début de soirée aucun appel de la cheffe du gouvernement.

Volonté de maintenir le fil tenu du dialogue? Le ministre du Travail Olivier Dussopt a reconnu sur France 3 que le désaccord sur la controversée mesure d'âge au coeur de la réforme était "assez insurmontable". La réforme est une "nécessité", a redit son collègue Olivier Véran, porte-parole du gouvernement invité de Questions politiques pour France Inter, France Télévisions et Le Monde.

Fermés sur les fondamentaux de la réforme, les deux ministres ont mis l'accent sur un renforcement du dispositif d'index seniors durant les débats parlementaires, celui-ci étant censé pousser les entreprises à garder dans l'emploi les plus de 55 ans, un des leitmotivs de la CFDT.

«Spectacle lamentable»
Difficile de voir dans l'évolution de cette disposition un moyen de réconcilier les deux parties, d'autant que les débats à l'Assemblée, qui entreront lundi après-midi dans leur deuxième semaine, patinent.

La première semaine d'examen s'est achevée cahin-caha dans le tumulte d'une polémique soldée par l'exclusion pour 15 jours d'un député LFI, sanctionné pour avoir posé, dans un tweet, le pied sur un ballon à l'effigie du ministre du Travail Olivier Dussopt.

Rare point de convergence entre majorité et syndicats, les deux camps s'accordent pour déplorer le "spectacle lamentable" des débats au Palais Bourbon, comme le souligne Laurent Berger.

Au passage, le leader cédétiste tacle lui la stratégie de LFI qui a déposé des milliers d'amendements sur le texte, une "connerie" selon lui.

Les syndicats réclament qu'à l'Assemblée, l'article 7, qui porte la mesure d'âge, puisse faire l'objet d'un débat et d'un vote. Un total de 15.867 amendements restent à examiner. Or, les débats doivent impérativement se terminer vendredi à minuit.

"Nous sommes prêts au débat", a réaffirmé dimanche dans le JDD la patronne des députés Renaissance, Aurore Bergé qui a mis aussi en garde les syndicats tentés par la "voie du blocage".


Liban: Barrot réplique à l'ambassadeur israélien à Washington

Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias. (AFP)
Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias. (AFP)
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  • S'exprimant mardi devant la presse à l'issue de pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington, Yechiel Leiter avait affirmé: "Il est certain que nous ne voulons pas voir les Français s'immiscer dans ces négociations"
  • Des termes qui lui ont valu une réplique du ministre français, Jean-Noël Barrot ironisant mercredi sur M. Leiter, "un homme qui apparemment est très diplomate, très fin et très subtil"

BERLIN: Le chef de la diplomatie française a répliqué mercredi aux commentaires acerbes envers Paris de l'ambassadeur israélien aux Etats-Unis, impliqué dans les négociations avec le Liban, lui "suggérant" de rester "le plus éloigné que possible" des médias.

S'exprimant mardi devant la presse à l'issue de pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington, Yechiel Leiter avait affirmé: "Il est certain que nous ne voulons pas voir les Français s'immiscer dans ces négociations".

"Nous aimerions garder les Français aussi loin que possible de pratiquement tout, mais surtout lorsqu'il s'agit de négociations de paix", a poursuivi le représentant israélien.

Des termes qui lui ont valu une réplique du ministre français, Jean-Noël Barrot ironisant mercredi sur M. Leiter, "un homme qui apparemment est très diplomate, très fin et très subtil"

"Il est apparemment déterminé à réduire au maximum le nombre de pays partenaires dont le Liban aura besoin pour se redresser", a-t-il encore grincé, en marge de la conférence internationale sur le Soudan à Berlin.

Il a aussi suggéré au diplomate israélien de se tenir éloigné "des micros et des caméras de télévision".

Sur le fond, il s'est dit "satisfait" que le gouvernement israélien ait répondu  "à la demande de la France" en saisissant "la main tendue" par Beyrouth afin de "parvenir à consolider un cessez-le-feu, à engager de manière coordonnée un processus de désarmement du Hezbollah, puis à régler le différend qui oppose les deux pays depuis des décennies".

Les relations entre le président Emmanuel Macron et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sont notoirement tendues, en particulier depuis que la France a reconnu un Etat palestinien.

 

 


Interpellation en Espagne de Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat

Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde. (AFP)
Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde. (AFP)
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  • Walid Bara, alias Fondu, est considéré comme l'un des commanditaires du "double homicide du Formule 1" jugé durant plus de trois semaines à Aix
  • Dans le procès, émaillé d'incidents, les juges ont prononcé les condamnations de cinq hommes, dont un des chefs présumés du gang criminel DZ Mafia, Gabriel Ory, tandis qu'un autre chef présumé de cette organisation issue de Marseille

MARSEILLE: Le narcotrafiquant Walid Bara, condamné mardi en France pour un double assassinat, a été interpellé à Madrid quelques heures après la fin du procès dans lequel il était jugé avec deux chefs présumés de la DZ Mafia, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde.

L'homme de 39 ans, au lourd cursus délinquant, était en fuite et a été condamné en son absence par la cour d'assises d'Aix-en-Provence à une peine de 25 ans de réclusion pour son implication dans un double assassinat commis en 2019 sur fond de rivalités entre trafiquants de drogue.

Les circonstances de son interpellation n'ont pas été précisées.

Walid Bara, alias Fondu, est considéré comme l'un des commanditaires du "double homicide du Formule 1" jugé durant plus de trois semaines à Aix.

Dans le procès, émaillé d'incidents, les juges ont prononcé les condamnations de cinq hommes, dont un des chefs présumés du gang criminel DZ Mafia, Gabriel Ory, tandis qu'un autre chef présumé de cette organisation issue de Marseille mais qui a progressivement étendu son influence, Amine Oualane, a bénéficié d'un acquittement.

Le quotidien La Provence rapportait par ailleurs fin 2024 l'implication de Walid Bara dans un trafic de stupéfiants implanté dans le 15e arrondissement de Marseille. Identifié comme le "patron" de ce trafic, le cas de Walid Bara avait néanmoins été disjoint d'un procès fin 2024.

Interpellé en juillet 2021 et mis en examen dans quatre affaires dont trois de règlements de comptes, il avait été remis en liberté en mai 2024 après une succession de vices de procédure, selon le quotidien.


Armement: Macron et le président indonésien Prabowo discutent d'un renforcement des liens dans la défense

Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi. (AFP)
Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi. (AFP)
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  • Les autorités françaises n'ont pas à ce stade communiqué sur cette rencontre qui intervenait au lendemain d'une visite du président indonésien à Moscou
  • L’Indonésie a reçu fin janvier ses trois premiers avions de combat Rafale de fabrication française, dans le cadre d'un contrat de 8,1 milliards de dollars portant sur l’achat de 42 appareils à la France

JAKARTA: Le président indonésien Prabowo Subianto et son homologue français Emmanuel Macron ont discuté à Paris du renforcement de leur coopération dans le domaine de la défense, a indiqué Jakarta mercredi.

Prabowo Subianto a été reçu mardi par son homologue Emmanuel Macron à l'Elysée, et ont "discuté du renforcement de la coopération stratégique", selon un communiqué du gouvernement indonésien.

"Cela inclut l'acquisition d'équipements militaires et le renforcement de l'industrie de la défense", précise le document, citant la France comme un partenaire stratégique de l'Indonésie en Europe.

Les dirigeants sont également convenus de coopérer en matière de "transition énergétique et de développement des énergies nouvelles et renouvelables", peut-on y lire.

Les autorités françaises n'ont pas à ce stade communiqué sur cette rencontre qui intervenait au lendemain d'une visite du président indonésien à Moscou.

L’Indonésie a reçu fin janvier ses trois premiers avions de combat Rafale de fabrication française, dans le cadre d'un contrat de 8,1 milliards de dollars portant sur l’achat de 42 appareils à la France.

Depuis l'arrivée au pouvoir de Prabowo Subianto, l'Indonésie cherche à rajeunir son équipement militaire vieillissant.

Lors de la visite du président français Emmanuel Macron à Jakarta l'année dernière, le ministre français des Armées de l'époque, Sébastien Lecornu, a affirmé que l'Indonésie avait signé une lettre d'intention pour l'achat de nouveaux avions Rafale à la société française Dassault Aviation, sans préciser les chiffres ni le calendrier.

Selon lui, l'Indonésie s'est également engagée à acheter des frégates légères et des sous-marins Scorpène, ainsi que des obusiers Caesar et des munitions au groupe franco-allemand KNDS.

Lundi, le président indonésien s'est entretenu pendant cinq heures avec Vladimir Poutine au Kremlin, d'où il s'est envolé directement pour Paris, selon la même source.

Les deux ont discuté du "renforcement de leur partenariat stratégique, en particulier dans les secteurs de l'énergie, des ressources minérales et du développement industriel national".

Prabowo Subianto, qui s'est récemment rendu en Corée du Sud et au Japon, multiplie les visites à l'étranger.

Jakarta défend une position diplomatique non alignée. Le pays a rejoint l'an dernier le bloc des Brics+, une alliance élargie de pays émergents, aux côtés de la Chine et de la Russie. L'Indonésie fait également partie du "Conseil de Paix" de Donald Trump.