Sahara occidental: le grand désarroi du ferrailleur de Guerguerat

Combustion de déchets sur une route entre le Maroc et la Mauritanie à Guerguerat. (AFP)
Combustion de déchets sur une route entre le Maroc et la Mauritanie à Guerguerat. (AFP)
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Publié le Mercredi 25 novembre 2020

Sahara occidental: le grand désarroi du ferrailleur de Guerguerat

  • «On a emmené mon stock à la fourrière!», se lamente cet homme de 42 ans venu tenter sa chance il y a une dizaine d'années dans ce no man's land que le Maroc a «sécurisé» le 13 novembre sous les yeux de la force de paix des Nations unies
  • Le ferrailleur originaire de Marrakech (sud du Maroc) se dit convaincu de la légitimité historique de son pays dans l'ancienne colonie espagnole considérée comme un «territoire non-autonome» par l'ONU

GUERGUERAT : Pour Kamal Zerfi, patron d'une improbable casse automobile situé dans la zone-tampon de Gerguerat, à la frontière de la Mauritanie, le récent déploiement des forces armées marocaines a sonné le glas d'un commerce lucratif.

«On a emmené mon stock à la fourrière!», se lamente cet homme de 42 ans venu tenter sa chance il y a une dizaine d'années dans ce no man's land que le Maroc a «sécurisé» le 13 novembre sous les yeux de la force de paix des Nations unies, dans une région disputée par les indépendantistes du Front Polisario.

Kamal Zerfi n'a jamais apprécié les «apaches» du Polisario qui venaient régulièrement bloquer la route construite selon eux en violation de l'accord de cessez-le-feu signé en 1991 sous l'égide de l'ONU. 

Le ferrailleur originaire de Marrakech (sud du Maroc) se dit convaincu de la légitimité historique de son pays dans l'ancienne colonie espagnole considérée comme un «territoire non-autonome» par l'ONU.

«Nous, on reconnait la souveraineté du Maroc», dit-il en soulignant que les blocus du Polisario n'étaient pas bons pour les affaires dans ce coin de désert surnommé «Kandahar» en référence aux trafics du sud afghan. 

Mais à son grand désespoir, sa casse automobile va être déblayée, il lui faut renoncer à son commerce développé grâce au statut spécial de la zone, une activité que les douanes marocaines considèrent comme «illégale» même si lui la trouve «légitime».

Des plaques d'immatriculations enfouies dans le sable permettent d’identifier l'origine des stocks de la casse: Maroc, France, Italie, Espagne, Allemagne - l'origine la plus recherchée par les acheteurs mauritaniens, selon lui.

Pelleteuses

Selon le ferrailleur, «certains ont tout perdu» depuis que les forces marocaines ont pris position dans la zone démilitarisée pour sécuriser un axe routier essentiel pour les échanges commerciaux avec la Mauritanie et l'Afrique de l'Ouest. 

Le Polisario a déclaré «l'état de guerre» et rompu le cessez-le-feu vieux de trente ans, signé sous l'égide des Nations unies. L'ONU s'efforce depuis de prévenir le risque d'escalade et de revenir à un règlement politique.

Sans attendre, Rabat a fait construire un mur de sable pour sécuriser la route jusqu'au poste-frontière où pavoisent désormais des drapeaux marocains. Et les forces de l'ONU semblent absentes, comme a pu le constater l'AFP.

Des pelleteuses déblaient le terrain parsemé de détritus et d'épaves que les ferrailleurs désossent pour leurs pièces détachées. Des dépanneuses emportent les voitures en bon état, les autres sont incendiées dans des volutes de fumée noire. 

Zones de parking

Les «parkings» de la zone ont longtemps servi de dépôt pour diverses marchandises en provenance de Mauritanie, apportant un revenu appréciable à leurs «gardiens» locaux. Depuis le déploiement des Marocains, «ceux qui avaient déposé des marchandises les ont récupérées mais ceux qui les gardaient sont restés sans rien», déplore Kamal Zerfi. 

«J’espère que la situation va se régler et qu’on va nous trouver des emplois», dit-il. 

Et si le poste frontalier a longtemps servi de transit pour le convoyage du cannabis produit dans le nord du Maroc, le ferrailleur assure que «le trafic passe par ailleurs» depuis longtemps. 

En août 2016, le Maroc avait lancé une série d'opérations pour «combattre la contrebande, le trafic de drogue, et toutes les formes de commerce illégal» dans la région de Guerguerat, suscitant des tensions avec le Polisario.

A l'époque, l'ONU avait fini par convaincre les deux camps d'évacuer la zone tampon. Les négociations entre le Maroc, l'Algérie, la Mauritanie et le Polisario sur l'avenir du territoire sont au point mort depuis 2019.

 


2025 année record pour le nombre de journalistes tués, les deux tiers par Israël 

Cent-vingt-neuf journalistes et employés de presse ont été tués au cours de l'année 2025 dans le monde, selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), qui impute la responsabilité à l'Etat d'Israël dans les deux tiers des cas. (AFP)
Cent-vingt-neuf journalistes et employés de presse ont été tués au cours de l'année 2025 dans le monde, selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), qui impute la responsabilité à l'Etat d'Israël dans les deux tiers des cas. (AFP)
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  • Après 124 morts en 2024, l'année 2025 marque, avec 129 décès, le deuxième record annuel consécutif depuis 30 ans que le CPJ tient ce décompte
  • Outre la guerre à Gaza (86 journalistes tués), les deux autres conflits les plus meurtriers pour la presse ont été l'Ukraine (quatre morts) et le Soudan (neuf morts), relève le CPJ

NEW YORK: Cent-vingt-neuf journalistes et employés de presse ont été tués au cours de l'année 2025 dans le monde, selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), qui impute la responsabilité à l'Etat d'Israël dans les deux tiers des cas.

"L'armée israélienne a désormais commis davantage d'assassinats ciblés de membres de la presse que n'importe quelle autre armée gouvernementale à ce jour, l'écrasante majorité des personnes tuées étant des journalistes et travailleurs des médias palestiniens à Gaza", écrit l'ONG américaine.

Après 124 morts en 2024, l'année 2025 marque, avec 129 décès, le deuxième record annuel consécutif depuis 30 ans que le CPJ tient ce décompte.

Outre la guerre à Gaza (86 journalistes tués), les deux autres conflits les plus meurtriers pour la presse ont été l'Ukraine (quatre morts) et le Soudan (neuf morts), relève le CPJ.

"L'un des constats marquants de ces dernières années est la hausse du recours aux drones", avec 39 cas documentés, contre seulement deux en 2023, relève pour l'AFP Carlos Martinez de la Serna, chef de projet au sein de l'organisation.

Outre les conflits armés, la criminalité organisée a également été particulièrement meurtrière pour les membres de la presse. Au Mexique, six journalistes ont été tués en 2025. Plusieurs cas ont été recensés en Inde et au Pérou.

"Des journalistes sont tués en nombre record à un moment où l'accès à l'information est plus important que jamais", estime Jodie Ginsberg, directrice générale du CPJ.

"Les attaques contre les médias sont un indicateur majeur d'atteintes à d'autres libertés, et il faut faire bien davantage pour empêcher ces assassinats et punir leurs auteurs. Nous sommes tous en danger lorsque des journalistes sont tués pour avoir couvert l'actualité", ajoute-t-elle.

Créé en 1981 à New York pour défendre la liberté de la presse et les journalistes dans le monde, le CPJ, financé par des fonds privés et des fondations, est dirigé par un conseil composé de membres de la presse et des personnalités de la société civile.

 


L'ONU condamne les atrocités commises par les forces de sécurité soudanaises au Soudan

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  • Les attaques délibérées contre le personnel humanitaire, ses locaux et ses biens peuvent constituer des crimes de guerre"
  • Les membres réaffirment leur "engagement inébranlable" envers la "souveraineté, l'indépendance, l'unité et l'intégrité territoriale" du pays

NEW YORK : Le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné mardi les forces paramilitaires de soutien rapide pour leurs attaques continues et leurs atrocités au Soudan.

Les membres du Conseil ont "condamné fermement" la poursuite des attaques et de la déstabilisation de la région du Kordofan par les Forces de soutien rapide et "toutes les formes de violations et d'abus commis contre la population civile", y compris les informations faisant état de détentions arbitraires et de violences sexuelles liées au conflit, soulignant que "de tels actes peuvent constituer des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité".

Ils ont également condamné "toutes les atrocités, y compris celles qui auraient été perpétrées par les forces de sécurité à El-Fasher, notamment les meurtres systématiques, les déplacements massifs, les exécutions sommaires, les détentions arbitraires et le ciblage ethnique", et ont demandé que tous les auteurs d'abus et de violations soient tenus de rendre compte de leurs actes.

Le Conseil de sécurité des Nations unies s'est déclaré profondément préoccupé par la poursuite des violences au Soudan, notamment au Kordofan et au Darfour, et a appelé les parties au conflit à "cesser immédiatement les combats".

Les membres du Conseil ont également condamné fermement les informations faisant état d'attaques répétées de drones contre des civils, des infrastructures civiles et du personnel, des locaux et des biens humanitaires, y compris les multiples attaques qui ont touché le Programme alimentaire mondial depuis le début du mois de février.

Ils ont réaffirmé que "les attaques délibérées contre le personnel humanitaire, ses locaux et ses biens peuvent constituer des crimes de guerre" et ont appelé toutes les parties à respecter et à protéger le personnel humanitaire et ses installations, conformément au droit international et aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies.

Le Conseil a exigé que toutes les parties protègent les civils et respectent les obligations qui leur incombent en vertu du droit international, y compris le droit international humanitaire.

Les membres ont également exprimé leur vive inquiétude quant à la présence d'une famine induite par le conflit et d'une insécurité alimentaire extrême dans certaines régions du Soudan, avertissant que la crise risque de s'étendre.

Ils ont exigé que toutes les parties autorisent et facilitent un accès humanitaire sûr et sans entrave et qu'elles permettent aux civils de circuler en toute sécurité, conformément au droit international. Ils ont souligné que "la famine ne doit pas être utilisée comme arme de guerre".

Le Conseil a réaffirmé que la priorité était que les parties fassent avancer les pourparlers visant à instaurer un cessez-le-feu durable débouchant sur un processus politique global, ouvert à tous et pris en charge par les Soudanais.

Les membres ont salué les efforts coordonnés des acteurs régionaux, des Nations unies et d'autres partenaires internationaux pour soutenir un accord sur une trêve humanitaire qui devrait conduire à un cessez-le-feu immédiat.

Ces efforts, ont-ils déclaré, devraient contribuer à désamorcer la situation, à atténuer les répercussions régionales et à soutenir "une voie crédible vers une période de transition inclusive, dirigée par des civils, afin de réaliser les aspirations du peuple soudanais à un avenir pacifique, stable et prospère, en pleine conformité avec les principes de l'appropriation nationale".

Ils ont exhorté tous les États membres des Nations unies à s'abstenir de toute ingérence extérieure visant à attiser le conflit et l'instabilité, à soutenir les efforts en faveur d'une paix durable et à respecter les obligations qui leur incombent en vertu du droit international.

Le Conseil a également réaffirmé sans équivoque son "engagement inébranlable en faveur de la souveraineté, de l'indépendance, de l'unité et de l'intégrité territoriale du Soudan" et son rejet de la mise en place d'une autorité gouvernementale parallèle dans les zones contrôlées par les forces de sécurité soudanaises.


Un chasseur F-16 s'écrase dans l'ouest de la Turquie

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  • L'armée turque avait déjà été endeuillée en novembre, avec le crash d'un avion cargo militaire C-130 en Géorgie, en provenance d'Azerbaïdjan, tuant les 20 militaires à son bord
  • D'autres F-16, conçus par l'américain Lockheed Martin, ont été victimes de crashs ces derniers mois

ISTANBUL: Un avion de chasse F-16 de l'armée turque s'est écrasé mercredi matin dans l'ouest de la Turquie, tuant son pilote, a rapporté l'agence de presse officielle Anadolu, citant le ministère de la Défense.

L'appareil a décollé à 00H56 locales (21H56 GMT mardi) d'une base de la province de Balikesir puis le contact avec l'appareil a été perdu, selon la même source.

L'épave de l'appareil a ensuite été retrouvée dans cette province. Son pilote est mort et la cause de "l'accident" fait l'objet d'une enquête, indique Anadolu.

L'armée turque avait déjà été endeuillée en novembre, avec le crash d'un avion cargo militaire C-130 en Géorgie, en provenance d'Azerbaïdjan, tuant les 20 militaires à son bord.

D'autres F-16, conçus par l'américain Lockheed Martin, ont été victimes de crashs ces derniers mois.

En janvier, Taïwan avait localisé la boîte noire d'un de ces chasseurs qui s'était abîmé en mer lors d'une mission de routine. Son pilote, qui s'est éjecté au large, a été porté disparu.

En Pologne également, un autre appareil s'était écrasé en août lors des préparatifs d'un show aérien, tuant son pilote.