Un tribunal houthi confirme la peine de cinq ans de prison contre une actrice et mannequin yéménite

Fille d’un Yéménite et d’une Éthiopienne, Entesar al-Hammadi a été enlevée dans une rue de Sanaa par les Houthis en février 2021. Après une disparition forcée de plusieurs mois, et à la suite d’intenses pressions publiques et internationales, la milice a enfin avoué la détenir. (Facebook d’Entesar al-Hammadi)
Fille d’un Yéménite et d’une Éthiopienne, Entesar al-Hammadi a été enlevée dans une rue de Sanaa par les Houthis en février 2021. Après une disparition forcée de plusieurs mois, et à la suite d’intenses pressions publiques et internationales, la milice a enfin avoué la détenir. (Facebook d’Entesar al-Hammadi)
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Publié le Lundi 13 février 2023

Un tribunal houthi confirme la peine de cinq ans de prison contre une actrice et mannequin yéménite

  • Après avoir entendu le verdict, l’actrice a pleuré et accusé le tribunal d’être injuste
  • La décision de la Cour d’appel a suscité une vague de colère contre la milice houthie et mobilisé un soutien populaire pour libérer l’actrice

AL-MOUKALLA, Yémen: Le tribunal dirigé par les Houthis à Sanaa a confirmé dimanche la peine de cinq ans de prison contre l’actrice et mannequin yéménite Entesar al-Hammadi, déclarent des avocats et des militants yéménites.

L’avocat Khaled al-Kamal, qui a assisté au procès, déclare à Arab News que la Cour d’appel avait confirmé la décision d’un autre tribunal de condamner l’actrice à cinq ans de prison pour possession de drogue, trafic de stupéfiants, adultère et prostitution, rejetant les demandes de ses avocats de la remettre en liberté.

«Nous allons déposer un recours auprès de la Cour suprême», indique M. Al-Kamal. «Nous ne pouvons rester silencieux. Ce jugement est vindicatif et non fondé sur des preuves.»

Il affirme qu’après avoir entendu le verdict, l’actrice a pleuré et accusé le tribunal d’être injuste. Son commentaire a rendu furieux le juge qui «l’a menacée de cinq ans de prison supplémentaires si elle ne gardait pas le silence», ajoute Khaled al-Kamal.

Fille d’un Yéménite et d’une Éthiopienne, elle a été enlevée dans une rue de Sanaa par les Houthis en février 2021. Après une disparition forcée de plusieurs mois et à la suite d’intenses pressions publiques et internationales, la milice a enfin avoué la détenir.

Elle a défié l’éducation typiquement conservatrice des femmes yéménites pour poursuivre son rêve de devenir mannequin.

Les Houthis l’ont d’abord accusée d’avoir enfreint le code vestimentaire religieux, affirmant par la suite qu’elle avait été arrêtée alors qu’elle dirigeait un réseau de prostitution et vendait des stupéfiants.

Malgré les protestations locales et internationales, les Houthis l’ont placée dans une cellule isolée et ils ont menacé de la soumettre à un test de virginité. Elle a même été agressée par des geôlières, ce qui l’a conduite à faire une tentative de suicide.

La décision de la Cour d’appel a suscité une vague de colère contre la milice houthie et mobilisé un soutien populaire pour libérer l’actrice.

«Même si elle avait commis un adultère, elle devrait recevoir cent coups de fouet et être libérée puisqu’elle n’est pas mariée, conformément à la loi», souligne M. Al-Kamal. «J’ai vu d’autres cas similaires où des femmes accusées d’adultère ont été fouettées puis libérées.»

Ahmed al-Nabhani, un militant yéménite basé à Sanaa qui a assisté à l’audience dimanche, a critiqué la décision du tribunal houthi et exigé la libération d’Entesar al-Hammadi et d’autres femmes kidnappées.

«Je soutiens totalement l’artiste Entesar al-Hammadi», écrit M. Al-Nabhani sur sa page Facebook, exhortant toutes les autorités de conscience et de justice au Yémen et dans le monde à redoubler d’efforts pour obtenir sa libération.

Les militants et les avocats yéménites estiment que les Houthis ont intensifié les mauvais traitements infligés à Entesar al-Hammadi après que son calvaire a attiré l’attention des médias et suscité des critiques dans le monde entier.

Nombre de Yéménites considèrent que son enlèvement coïncide avec une répression accrue des musiciens, des artistes et des mannequins par les Houthis.

Les Houthis interdisent aux étudiantes d’échanger avec les étudiants à l’université, ils empêchent les femmes de voyager entre les villes yéménites sans mahram («tuteur masculin») et ils limitent l’accès des femmes aux contraceptifs.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


«Flottille pour Gaza»: Israël prolonge la détention des militants jusqu'à dimanche 

La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah. (AFP)
La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah. (AFP)
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  • L'audience s'est tenue dans la matinée à Ashkelon, sur la côte israélienne
  • La justice avait déjà validé une première prolongation de leur incarcération dimanche dernier, sur demande de l'Etat israélien qui accuse l'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila de liens avec le Hamas palestinien

ASHKELON: La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah.

L'audience s'est tenue dans la matinée à Ashkelon, sur la côte israélienne. La justice avait déjà validé une première prolongation de leur incarcération dimanche dernier, sur demande de l'Etat israélien qui accuse l'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila de liens avec le Hamas palestinien, ce que les deux hommes contestent.

 


Un accord de sécurité avec Israël doit précéder toute rencontre avec Netanyahu déclare Joseph Aoun

Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, que les Etats-Unis le pressent de tenir. (AFP)
Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, que les Etats-Unis le pressent de tenir. (AFP)
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  • L'ambassade américaine à Beyrouth avait appelé jeudi à une rencontre entre M. Aoun et Netanyahu, deux semaines après que le président américain Donald Trump eut annoncé un cessez-le-feu
  • Une telle rencontre "facilitée par le président Trump", serait une "occasion historique" pour le Liban "de forger son avenir en tant que nation véritablement souveraine et indépendante", avait-elle souligné

BEYROUTH: Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, que les Etats-Unis le pressent de tenir.

M. Aoun a réitéré que "le moment n'était pas approprié pour une réunion" avec le dirigeant israélien, selon un comuniqué de la présidence.

"Il faut parvenir d'abord à un accord de sécurité" et obtenir "l'arrêt des agressions israéliennes" contre le Liban, a-t-il ajouté.

Il a cependant assuré que la décision d'engager des négociations avec Israël, rejetée par le Hezbollah, était "sans retour", répétant que le processus visait à obtenir "le retrait israélien des territoires libanaise occupés et le retour des prisonniers" libanais.

Une troisième session de "discussions préliminaires" en vue de ces négociations est attendue "ces prochains jours", a indiqué le communiqué de la présidence.

L'ambassade américaine à Beyrouth avait appelé jeudi à une rencontre entre M. Aoun et Netanyahu, deux semaines après que le président américain Donald Trump eut annoncé un cessez-le-feu dans la guerre entre Israël et le mouvement Hezbollah pro-iranien.

Une telle rencontre "facilitée par le président Trump", serait une "occasion historique" pour le Liban "de forger son avenir en tant que nation véritablement souveraine et indépendante", avait-elle souligné.

Les ambassadeurs d'Israël et du Liban aux Etats-Unis se sont rencontrés à deux reprises à Washington au cours des dernières semaines, pour la première fois depuis des décennies, en vue de l'ouverture de négociations directes entre les deux pays, en état de guerre depuis 1948.

Le chef du Hezbollah Naïm Qassem a répété lundi son opposition à des négociations directes avec Israël, estimant qu'elles seraient "une concession gratuite, sans résultat".

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en lançant une attaque contre Israël, qui poursuit ses frappes sur le pays malgré la trêve.

Cette guerre dévastatrice a fait près de 2.700 morts et plus d'un million de déplacés.


Reprise des frappes iraniennes contre les Emirats

Une vue d'ensemble de la 5e édition du salon « Make it in the Emirates » à Abu Dhabi, le 4 mai 2026. (Photo : FADEL SENNA / AFP)
Une vue d'ensemble de la 5e édition du salon « Make it in the Emirates » à Abu Dhabi, le 4 mai 2026. (Photo : FADEL SENNA / AFP)
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  • Une attaque de drone a provoqué un incendie sur le site pétrolier de Fujaïrah, près du détroit d'Ormuz sous blocus
  • Le ministère de la Défense a ensuite indiqué que des missiles de croisière avaient été tirés vers "différentes zones du pays"

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont annoncé avoir été visés lundi par une attaque de drones iraniens et avoir intercepté des missiles de croisière, dans les premières frappes de Téhéran en plus d'un mois, qui fragilisent la trêve dans la guerre au Moyen-Orient.

Une attaque de drone a provoqué un incendie sur le site pétrolier de Fujaïrah, près du détroit d'Ormuz sous blocus, voie maritime stratégique au coeur des tensions entre les Etats-Unis et l'Iran. Trois personnes ont été blessées dans cette attaque, selon les autorités locales.

Le ministère de la Défense a ensuite indiqué que des missiles de croisière avaient été tirés vers "différentes zones du pays". "Trois ont été interceptés au-dessus des eaux territoriales, tandis qu'un est tombé en mer", a-t-il poursuivi dans un message sur ses réseaux sociaux.

"Ces attaques représentent une escalade dangereuse et une transgression inacceptable", a réagi le ministère émirati des Affaires étrangères, ajoutant que le pays "se réservait pleinement le droit légitime de répondre à ces attaques".

Les autorités émiraties ont diffusé plusieurs alertes sur téléphones portables, une première depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu irano-américain le 8 avril, qui avait stoppé les attaques iraniennes menées dans le Golfe, en représailles à l'attaque israélo-américaine du 28 février contre Téhéran.

Deux personnes ont par ailleurs été blessées dans l'attaque d'un immeuble résidentiel dans la ville côtière de Bukha, à Oman, sur le détroit d'Ormuz, a rapporté un média d'Etat, sans préciser l'origine ou la forme de l'attaque.

Alliés de Washington aux portes de l'Iran, les Emirats ont été ciblés par plus de 2.800 missiles et drones depuis le début du conflit, essuyant l'essentiel des salves iraniennes.

A Fujaïrah, qui abrite un important port, un oléoduc et d'autres installations permettant de contourner le détroit d'Ormuz, les équipes de secours s'employaient en début de soirée à maîtriser l'incendie, selon le bureau des médias de l'émirat.

Trois travailleurs indiens ont été hospitalisés pour des blessures modérées, a-t-il précisé.

Ces attaques surviennent au lendemain de l'annonce par Donald Trump du lancement d'une opération américaine visant à permettre une reprise de la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Elles interviennet aussi alors que les Emirats accueillent à Abou Dhabi une importante conférence consacrée à l'industrie nationale et à la résilience économique.

Signe de l'impact du conflit sur l'économie, les autorités ont indiqué que le trafic de passagers à l'aéroport de Dubaï, grand hub international, avait chuté des deux tiers en mars sur un an.

Un pétrolier émirati a par ailleurs été touché par des drones dans le détroit d'Ormuz tard dimanche, suscitant une vive condamnation du ministère des Affaires étrangères.