Après l'échec de leur fusion, TF1 et M6 poussent les feux sur le streaming gratuit

Une photographie montre le logo de la plateforme française de télévision en streaming par abonnement Salto à Lavau-sur-Loire, dans l'ouest de la France, le 21 janvier 2023. (Photo, AFP)
Une photographie montre le logo de la plateforme française de télévision en streaming par abonnement Salto à Lavau-sur-Loire, dans l'ouest de la France, le 21 janvier 2023. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 14 février 2023

Après l'échec de leur fusion, TF1 et M6 poussent les feux sur le streaming gratuit

  • «On tourne la page Salto pour se concentrer sur notre métier», a résumé avec amertume le patron de M6, Nicolas de Tavernost
  • Salto, qui ne prend plus de nouveaux abonnés, aura coûté en 2022 quelque 46 millions d'euros à chacun des deux groupes privés, co-actionnaires au côté de France Télévisions

PARIS: La disparition attendue de la plateforme Salto signe la fin des ambitions de TF1 et M6 dans le streaming par abonnement et les deux concurrents, après leur mariage avorté, comptent désormais peser sur le marché de la publicité vidéo numérique grâce à leurs programmes populaires.

"On tourne la page Salto pour se concentrer sur notre métier", a résumé avec amertume le patron de M6, Nicolas de Tavernost, lundi soir, à l'heure d'évoquer les charges liées à la liquidation de la plateforme vidéo.

Salto, qui ne prend plus de nouveaux abonnés, aura coûté en 2022 quelque 46 millions d'euros à chacun des deux groupes privés, coactionnaires au côté de France Télévisions. Tous deux auront globalement vu leur bénéfice fondre l'an passé: une chute de 21,8% à 176 millions d'euros pour TF1, un plongeon de 42,5% pour M6 à 161,5 millions.

Ce dernier a toutefois pu préserver l'an dernier un taux de marge courante près de deux fois supérieur à celui de son concurrent.

Associées à des perspectives publicitaires moroses en raison de la dégradation du contexte économique, TF1 a perdu 3,99% à 7,22 euros mardi à la Bourse de Paris tandis que M6 a gagné 1,20% à 14,30 euros, après avoir lâché jusqu'à 9% en séance.

Selon Nicolas de Tavernost, l'expérience Salto a tourné court en raison des remèdes drastiques imposés par l'Autorité de la concurrence, qui empêchaient les groupes de construire une véritable entreprise commune et d'optimiser les achats de programmes. Le refus par la même instance du mariage entre les deux groupes privés à l'automne, après des mois de discussions, a éteint les espoirs de voir la plateforme changer de gouvernance.

Constatant que son groupe "n'a pas les capacités financières de faire un service complet de SVOD (vidéo à la demande par abonnement, NDLR) par rapport à la concurrence internationale", le dirigeant souhaite désormais relancer M6 en investissant dans des programmes efficaces pour susciter une consommation en rediffusion (non linéaires) sur sa plateforme internet 6play.

Publicité ciblée

De son côté, le groupe TF1, désormais dirigé par Rodolphe Belmer qui a pris ses fonctions de PDG lundi, ne veut pas augmenter son enveloppe, déjà importante, de programmes (près d'un milliard d'euros par an), mais les sélectionner en fonction de leur capacité à être visionnés et revisionnés, en direct et en replay sur sa plateforme myTF1.

"Ce que nous constatons, c'est que les programmes qui fonctionnent très bien sur le digital, en particulier chez les jeunes, ce sont les grands programmes sérialisés qui fonctionnent aussi sur le linéaire" (visionnage traditionnel, au moment de la diffusion), a-t-il souligné mardi, lors d'une conférence avec des journalistes.

"La demande du public se porte sur les grandes franchises", des grandes fictions ("HPI", "Les Combattantes") aux émissions de téléréalité ("Star Ac", "Koh-Lanta"), a précisé l'ancien directeur général de Canal+ et ex-administrateur de Netflix, qui anticipe "une consommation à la demande majoritaire à moyen terme".

Dans cette perspective, malgré le succès du Mondial de football en matière d'audiences et de recettes, "le sport n'est pas un genre de programmes qui va faciliter l'accélération vers le digital", a ajouté Rodolphe Belmer.

Reste, pour se passer d'abonnements, à monétiser au mieux la publicité numérique, et donc idéalement ciblée.

Celle-ci est vendue au moins trois fois plus cher sur les plateformes numériques qu'à la télévision, selon le patron de TF1, et cela pourrait encore augmenter grâce aux données sur les consommateurs.

Toutefois, le chiffre d'affaires de myTF1 reste "modeste", autour d'une centaine de millions d'euros.

Pour Nicolas de Tavernost, en compétition pour la fréquence TNT de M6 avec Xavier Niel (Free) et non adossé comme TF1 à un groupe télécoms, la "transition" vers la consommation à la demande et via des applications, devra s'accompagner d'une renégociation des contrats de distribution avec les opérateurs, pour avoir accès à des possibilités techniques nouvelles et aux précieuses données des internautes.

"Aujourd'hui, que ce soit sur le plan financier ou technologique, la relation (avec les opérateurs) est inéquitable", a-t-il lancé.


Avec la plateforme RMC+, CMA Media accélère sur le streaming

Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. (AFP)
Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. (AFP)
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  • "Nous assumons complètement notre différenciation. Dans un univers où il y a Netflix, Prime Video, TF1+, France Télévisions, Youtube, M6+ et bien d'autres, prétendre se vouloir généraliste, c'est complètement vain"
  • Confrontées à la concurrence de géants comme Netflix ou Youtube, les chaînes de télévision traditionnelles tentent de renforcer leur présence sur le streaming

PARIS: Chaînes en direct, contenus du média Brut ou séries verticales: le groupe CMA Media, propriétaire de BFMTV et RMC, lance mardi une nouvelle plateforme de streaming avec l'ambition de changer d'échelle sur le numérique.

RMC+, qui succède à RMC BFM Play, va réunir sur une seule plateforme gratuite ses chaînes de la TNT (BFMTV, RMC Story, RMC Découverte, RMC Life), dix chaînes thématiques, dont une chaîne Brut - le média en ligne devenu propriété de CMA Media en 2025 -, et une offre de près de 10.000 heures de contenus à la demande.

En misant sur les classiques des chaînes RMC (mécanique, histoire et découverte, sport, enquêtes criminelles), des mini-séries verticales (ou micro-drama), des telenovelas et des créateurs de contenus comme Nota Bene ou Loury Lag notamment, "ce sera une véritable plateforme de streaming", résume Julie Gauchotte, directrice de la stratégie numérique de RMC BFM.

"Nous assumons complètement notre différenciation. Dans un univers où il y a Netflix, Prime Video, TF1+, France Télévisions, Youtube, M6+ et bien d'autres, prétendre se vouloir généraliste, c'est complètement vain", ajoute auprès de l'AFP Stéphane Sallé de Chou, directeur général du pôle Entertainment CMA Media.

"Mais on veut être les meilleurs dans nos univers", poursuit-il.

Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. CMA Media est aussi entrée en phase finale d'acquisition de la chaîne RMC Sport, qui diffuse notamment le MMA (arts martiaux mixtes).

Confrontées à la concurrence de géants comme Netflix ou Youtube, les chaînes de télévision traditionnelles tentent de renforcer leur présence sur le streaming. Mais leurs recettes publicitaires se concentrent encore très majoritairement sur la télé dite linéaire, à 93% dans le cas des chaînes BFMTV et RMC, contre 6% pour la plateforme RMC BFM Play et 1% sur les réseaux sociaux, explique-t-on chez CMA Média.

CMA Media a également noué début 2026 un partenariat avec Youtube pour y diffuser ses contenus et a lancé une agence de production audiovisuelle, CMA Studio. Le groupe compte aussi lancer un studio de créateurs de contenus, CMA Creator, d'ici fin 2026.

En parallèle, CMA Media veut faire des économies en vendant les neuf chaînes de télévision locales de BFM.


Mort à 79 ans de l'artiste palestinien Sliman Mansour

L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches. (AFP)
L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches. (AFP)
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  • Sliman Mansour était né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947. Il avait étudié l'art et le design à Jérusalem, dont il est sorti diplômé en 1970
  • Le ministère palestinien de la culture a rendu hommage à l'artiste, "l'un des plus importants piliers de l'art visuel palestinien contemporain, dont la carrière, sur plusieurs décennies, fait partie de la mémoire visuelle et nationale palestinienne"

RAMALLAH: Le peintre et sculpteur Sliman Mansour, l'un des artistes palestiniens les plus renommés, est mort lundi à l'âge de 79 ans, a annoncé sa famille.

L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches.

"Le dernier chapitre a été écrit. Le cœur serré par un chagrin indicible, nous annonçons que notre cher père a quitté ce monde", a déclaré sa famille dans un communiqué.

"Pour le monde, il laisse derrière lui une vie emplie de beauté et de mémoire, ainsi qu'un héritage qui se perpétuera à travers toutes les personnes dont il a marqué l'existence. Quant à nous, nous avons perdu un père qui était notre source d'amour, de force et notre refuge", ajoute la famille.

Sliman Mansour était né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947. Il avait étudié l'art et le design à Jérusalem, dont il est sorti diplômé en 1970.

Le ministère palestinien de la culture a rendu hommage à l'artiste, "l'un des plus importants piliers de l'art visuel palestinien contemporain, dont la carrière, sur plusieurs décennies, fait partie de la mémoire visuelle et nationale palestinienne".

Le ministère a salué sa toile la plus connue, "Camel of Hardships" ("Le Chameau des fardeaux", 1973) - qui représente un vieil homme palestinien portant la ville de Jérusalem sur son dos - la qualifiant d'"icône nationale et artistique". L'oeuvre de Sliman Mansour faisait office "de témoin de l'histoire palestinienne et de gardien de l'identité", a-t-il ajouté.

Pleurant une "immense perte", la galerie Zawyeh de Ramallah a salué une "figure artistique majeure", qui, "à travers son œuvre, a exploré les thèmes du déplacement, de la résilience, de la résistance et du lien indéfectible unissant les Palestiniens à leur terre natale".

Sliman Mansour a reçu de nombreuses récompenses, parmi lesquelles le prix Unesco-Sharjah pour la culture arabe en 2019.


Canicule: un réfrigérateur pour humains soulage les travailleurs japonais

Canicule: un réfrigérateur pour humains soulage les travailleurs japonais
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  • Des terrains de golf ou des stades de baseball pourraient aussi être intéressés à l'avenir, selon China Yamamoto, une responsable commerciale
  • Le distributeur d'équipements industriels Trusco Nakayama affirme avoir vendu plus de 300 exemplaires du "Do Hiemon Box" depuis avril, au prix de 1,5 million de yens (environ 8.000 euros)

HIGASHIOSAKA: Pris de vertiges après être arrivé au travail à vélo sous la chaleur écrasante de l'été japonais, Isao Tabuchi, 51 ans, se dirige vers la dernière acquisition de son entreprise: un réfrigérateur pour humains.

"J'ai vraiment pu récupérer grâce à ça. Une fois qu'on l'utilise, c'est vraiment très frais", explique-t-il à l'AFP à la sortie de la machine, dans la ville industrielle de Higashiosaka (ouest du Japon), écrasée par le soleil d'août.

L'engin de la taille d'une cabine téléphonique, où des jets d'air à 5°C maintiennent une température froide, n'a été commercialisé que cette année mais rencontre déjà un vif succès dans un pays confronté à une hausse constante des températures.

Le distributeur d'équipements industriels Trusco Nakayama affirme avoir vendu plus de 300 exemplaires du "Do Hiemon Box" depuis avril, au prix de 1,5 million de yens (environ 8.000 euros). Ses clients les installent notamment sur des chantiers, des usines et des entrepôts.

Des terrains de golf ou des stades de baseball pourraient aussi être intéressés à l'avenir, selon China Yamamoto, une responsable commerciale.

"Il est grand, cher, et ce n'est pas le genre de produit que l'on peut expliquer simplement avec des mots" pour convaincre les clients. "Il y avait donc beaucoup d'incertitudes", explique-t-elle.

Selon les scientifiques, le changement climatique causé par l'activité humaine accroît la fréquence et l'intensité des épisodes de chaleur extrême. En 2025, le Japon a connu l'été le plus chaud de son histoire.

Cette année, l'Agence météorologique japonaise a même introduit un nouveau terme, "kokushobi" ("jour de chaleur cruelle"), lorsque la température atteint 40°C, appelant la population à considérer la chaleur extrême comme une catastrophe naturelle.

Deux minutes pour sécher 

A Tokyo, près de 120 décès liés à la chaleur ont été enregistrés entre mi-juillet et mi-août. À l'échelle nationale, près de 63.000 personnes ont nécessité des soins d'urgence cet été.

Depuis l'an dernier, les entreprises japonaises sont soumises à des obligations renforcées pour protéger les salariés travaillant dans la chaleur. Les chantiers doivent notamment fournir des vêtements adaptés, comme des vestes ventilées, ainsi que des espaces de repos climatisés et des zones ombragées.

L'impact économique est déjà tangible. Selon une enquête de Teikoku Databank publiée en juillet, 50% des entreprises estiment que la chaleur intense perturbe leurs activités, tandis que près de 88% ont renforcé leurs mesures de protection des salariés.

Le réfrigérateur humain, branché sur une prise électrique classique, consomme environ 16 yens d'électricité par heure selon son fabricant. Afin d'éviter tout usage excessif, il s'arrête automatiquement au bout de 20 minutes.

Pour Yutaka Kono, de l'entreprise Konoe, où travaille Isao Tabuchi, investir dans la lutte contre la chaleur est devenu indispensable pour conserver les effectifs et attirer de nouveaux employés.

"J'ai été vraiment surpris par ce concept consistant à faire entrer les gens dans une sorte de réfrigérateur. J'ai trouvé très séduisante l'idée qu'une personne puisse y faire baisser instantanément sa température corporelle à un niveau sûr", explique-t-il.

Taichi Konishi, 24 ans, l'utilise environ trois fois par jour. Après avoir déplacé à la main de lourdes caisses d'outils et de pièces métalliques, il entre dans la cabine et s'assoit.

"C'est vraiment agréable", confie-t-il à l'AFP. "Je n'y suis resté qu'environ deux minutes, mais cela a suffi pour faire sécher toute ma transpiration."