Un tribunal houthi condamne à mort par contumace un ministre yéménite et vingt-neuf officiers

Un combattant houthi tire en l’air avec une mitrailleuse montée sur un camion militaire lors d’un défilé de loyalistes houthis à la périphérie de Sanaa, au Yémen, le 8 juillet 2020. (Reuters)
Un combattant houthi tire en l’air avec une mitrailleuse montée sur un camion militaire lors d’un défilé de loyalistes houthis à la périphérie de Sanaa, au Yémen, le 8 juillet 2020. (Reuters)
Short Url
Publié le Mercredi 15 février 2023

Un tribunal houthi condamne à mort par contumace un ministre yéménite et vingt-neuf officiers

  • Des observateurs yéménites préviennent que les Houthis utilisent le système judiciaire de Sanaa et d’autres régions sous leur contrôle pour légitimer le vol des biens des opposants
  • Les médiateurs internationaux, dont l’envoyé de l’ONU au Yémen, Hans Grundberg, intensifient leurs efforts diplomatiques en vue de persuader les factions belligérantes de renouveler la trêve négociée par l’ONU

AL-MOUKALLA: Un tribunal militaire dirigé par les Houthis à Sanaa, la capitale du Yémen, a condamné à mort par contumace le ministre de la Défense, le lieutenant-général Mohsen al-Daeri, et vingt-neuf officiers militaires pour avoir coopéré avec les opposants à la milice, notamment la Coalition pour restaurer la légitimité au Yémen.

Le tribunal militaire central de Sanaa a ordonné l’exécution de trente officiers militaires, leur expulsion de l’armée et la confiscation de leurs biens, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.

Ce sont les dernières d’une longue liste de condamnations à mort prononcées contre des centaines de députés, de responsables militaires et sécuritaires, de militants et de journalistes qui ont défié l’autorité houthie en rejoignant le gouvernement internationalement reconnu du Yémen.

Des observateurs yéménites préviennent que les Houthis utilisent le système judiciaire de Sanaa et d’autres régions sous leur contrôle pour légitimer le vol des biens des opposants.

Des dizaines de maisons, de villas et d’appartements appartenant à des responsables et à des militants du gouvernement yéménite ont été saisis et transformés en centres d’incarcération clandestins ou vendus par les Houthis.

Dans la province centrale de Marib, la milice aurait fait exploser six maisons appartenant à des chefs tribaux et à d’autres partisans du gouvernement au cours du week-end.

Le Réseau yéménite pour les droits et les libertés affirme que les Houthis ont démoli quatre maisons appartenant à un membre de la tribu locale, Ahmed Naser al-Jahami, dans la région d’Al-Zor à Marib, ainsi que deux autres bâtiments appartenant à d'autres personnes à Serwah.

Ce groupe a vivement critiqué les démolitions des Houthis, exhortant les organisations internationales de défense des droits de l’homme et les organes de l’Organisation des nations unies (ONU) à «nommer et dénoncer» ainsi qu’à poursuivre les responsables des milices pour avoir pris pour cible les maisons des opposants.

«Ce n’est pas le premier crime perpétré par la milice houthie contre des Yéménites qui défient leur vision raciale et sectaire ni le dernier d’ailleurs. Cela fait plutôt partie d’une série d’actes terroristes délibérés et coordonnés commis pratiquement tous les jours par la milice houthie», déclare l’organisation.

Elle ajoute que les Houthis ont fait exploser huit cent seize maisons yéménites dans de nombreux districts yéménites depuis leur prise de pouvoir armée au Yémen à la fin de l’année 2014.

«Le pillage et le bombardement de résidences civiles par la milice houthie constituent des crimes de guerre en vertu des accords et des traités internationaux», poursuit l’organisation.

Mouammar al-Eryani, ministre yéménite de l’Information, précise que le bombardement de maisons yéménites, principalement celles appartenant à des personnalités progouvernementales, montre que les Houthis ne sont pas «sérieux» quant à leur volonté de parvenir au rétablissement de la paix au Yémen.

«La milice houthie qui fait sauter les maisons de ses opposants, à Marib et dans d’autres régions, reflète sa position sur les appels à la désescalade et à une trêve», tweete le ministre, ajoutant que les démolitions montrent que la milice est un «instrument pour tuer et détruire et ne peut pas être un véritable partenaire dans le rétablissement de la paix».

Il ajoute: «La milice révèle son vrai visage en tant qu’organisation terroriste.»

D’autres Yéménites ont également condamné les démolitions des Houthis. «Rien, pas même la nécessité militaire, ne peut justifier la destruction de six maisons à Serwah. C’est une démonstration de haine, d’hostilité et de l’extrémisme des Houthis contre le peuple», tweete Adnan al-Jabrny, un journaliste basé à Marib.

Les médiateurs internationaux, dont l’envoyé de l’ONU au Yémen, Hans Grundberg, ont intensifié leurs efforts diplomatiques et leurs tournées dans les villes yéménites et régionales afin de persuader les factions belligérantes de renouveler la trêve négociée par l’ONU et de conclure un accord de paix durable pour mettre fin à la guerre.

L’analyste militaire Yahiya Abou Hatem déclare à Arab News que la persécution, l’enlèvement et le vol des biens des opposants par les Houthis témoignent du mépris de la milice pour les tentatives internationales visant à mettre fin au conflit.

«C’est la confirmation de ce que nous avons tant de fois répété: la milice houthie continue sa guerre contre les Yéménites et elle ne tient aucun compte de l’ONU, de ses initiatives ou des concessions de la coalition ou du gouvernement légitime», conclut-il.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


«Flottille pour Gaza»: Israël prolonge la détention des militants jusqu'à dimanche 

La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah. (AFP)
La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah. (AFP)
Short Url
  • L'audience s'est tenue dans la matinée à Ashkelon, sur la côte israélienne
  • La justice avait déjà validé une première prolongation de leur incarcération dimanche dernier, sur demande de l'Etat israélien qui accuse l'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila de liens avec le Hamas palestinien

ASHKELON: La justice israélienne a prolongé jusqu'à dimanche la détention des deux militants de la "flottille pour Gaza" arrêtés au large de la Grèce, a indiqué à l'AFP l'ONG Adalah.

L'audience s'est tenue dans la matinée à Ashkelon, sur la côte israélienne. La justice avait déjà validé une première prolongation de leur incarcération dimanche dernier, sur demande de l'Etat israélien qui accuse l'Espagnol Saïf Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila de liens avec le Hamas palestinien, ce que les deux hommes contestent.

 


Un accord de sécurité avec Israël doit précéder toute rencontre avec Netanyahu déclare Joseph Aoun

Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, que les Etats-Unis le pressent de tenir. (AFP)
Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, que les Etats-Unis le pressent de tenir. (AFP)
Short Url
  • L'ambassade américaine à Beyrouth avait appelé jeudi à une rencontre entre M. Aoun et Netanyahu, deux semaines après que le président américain Donald Trump eut annoncé un cessez-le-feu
  • Une telle rencontre "facilitée par le président Trump", serait une "occasion historique" pour le Liban "de forger son avenir en tant que nation véritablement souveraine et indépendante", avait-elle souligné

BEYROUTH: Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé lundi qu'un accord de sécurité avec Israël et la "fin des agressions israéliennes" devaient précéder toute rencontre avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, que les Etats-Unis le pressent de tenir.

M. Aoun a réitéré que "le moment n'était pas approprié pour une réunion" avec le dirigeant israélien, selon un comuniqué de la présidence.

"Il faut parvenir d'abord à un accord de sécurité" et obtenir "l'arrêt des agressions israéliennes" contre le Liban, a-t-il ajouté.

Il a cependant assuré que la décision d'engager des négociations avec Israël, rejetée par le Hezbollah, était "sans retour", répétant que le processus visait à obtenir "le retrait israélien des territoires libanaise occupés et le retour des prisonniers" libanais.

Une troisième session de "discussions préliminaires" en vue de ces négociations est attendue "ces prochains jours", a indiqué le communiqué de la présidence.

L'ambassade américaine à Beyrouth avait appelé jeudi à une rencontre entre M. Aoun et Netanyahu, deux semaines après que le président américain Donald Trump eut annoncé un cessez-le-feu dans la guerre entre Israël et le mouvement Hezbollah pro-iranien.

Une telle rencontre "facilitée par le président Trump", serait une "occasion historique" pour le Liban "de forger son avenir en tant que nation véritablement souveraine et indépendante", avait-elle souligné.

Les ambassadeurs d'Israël et du Liban aux Etats-Unis se sont rencontrés à deux reprises à Washington au cours des dernières semaines, pour la première fois depuis des décennies, en vue de l'ouverture de négociations directes entre les deux pays, en état de guerre depuis 1948.

Le chef du Hezbollah Naïm Qassem a répété lundi son opposition à des négociations directes avec Israël, estimant qu'elles seraient "une concession gratuite, sans résultat".

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en lançant une attaque contre Israël, qui poursuit ses frappes sur le pays malgré la trêve.

Cette guerre dévastatrice a fait près de 2.700 morts et plus d'un million de déplacés.


Reprise des frappes iraniennes contre les Emirats

Une vue d'ensemble de la 5e édition du salon « Make it in the Emirates » à Abu Dhabi, le 4 mai 2026. (Photo : FADEL SENNA / AFP)
Une vue d'ensemble de la 5e édition du salon « Make it in the Emirates » à Abu Dhabi, le 4 mai 2026. (Photo : FADEL SENNA / AFP)
Short Url
  • Une attaque de drone a provoqué un incendie sur le site pétrolier de Fujaïrah, près du détroit d'Ormuz sous blocus
  • Le ministère de la Défense a ensuite indiqué que des missiles de croisière avaient été tirés vers "différentes zones du pays"

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont annoncé avoir été visés lundi par une attaque de drones iraniens et avoir intercepté des missiles de croisière, dans les premières frappes de Téhéran en plus d'un mois, qui fragilisent la trêve dans la guerre au Moyen-Orient.

Une attaque de drone a provoqué un incendie sur le site pétrolier de Fujaïrah, près du détroit d'Ormuz sous blocus, voie maritime stratégique au coeur des tensions entre les Etats-Unis et l'Iran. Trois personnes ont été blessées dans cette attaque, selon les autorités locales.

Le ministère de la Défense a ensuite indiqué que des missiles de croisière avaient été tirés vers "différentes zones du pays". "Trois ont été interceptés au-dessus des eaux territoriales, tandis qu'un est tombé en mer", a-t-il poursuivi dans un message sur ses réseaux sociaux.

"Ces attaques représentent une escalade dangereuse et une transgression inacceptable", a réagi le ministère émirati des Affaires étrangères, ajoutant que le pays "se réservait pleinement le droit légitime de répondre à ces attaques".

Les autorités émiraties ont diffusé plusieurs alertes sur téléphones portables, une première depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu irano-américain le 8 avril, qui avait stoppé les attaques iraniennes menées dans le Golfe, en représailles à l'attaque israélo-américaine du 28 février contre Téhéran.

Deux personnes ont par ailleurs été blessées dans l'attaque d'un immeuble résidentiel dans la ville côtière de Bukha, à Oman, sur le détroit d'Ormuz, a rapporté un média d'Etat, sans préciser l'origine ou la forme de l'attaque.

Alliés de Washington aux portes de l'Iran, les Emirats ont été ciblés par plus de 2.800 missiles et drones depuis le début du conflit, essuyant l'essentiel des salves iraniennes.

A Fujaïrah, qui abrite un important port, un oléoduc et d'autres installations permettant de contourner le détroit d'Ormuz, les équipes de secours s'employaient en début de soirée à maîtriser l'incendie, selon le bureau des médias de l'émirat.

Trois travailleurs indiens ont été hospitalisés pour des blessures modérées, a-t-il précisé.

Ces attaques surviennent au lendemain de l'annonce par Donald Trump du lancement d'une opération américaine visant à permettre une reprise de la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Elles interviennet aussi alors que les Emirats accueillent à Abou Dhabi une importante conférence consacrée à l'industrie nationale et à la résilience économique.

Signe de l'impact du conflit sur l'économie, les autorités ont indiqué que le trafic de passagers à l'aéroport de Dubaï, grand hub international, avait chuté des deux tiers en mars sur un an.

Un pétrolier émirati a par ailleurs été touché par des drones dans le détroit d'Ormuz tard dimanche, suscitant une vive condamnation du ministère des Affaires étrangères.