Les mines terrestres des Houthis ont tué 32 Yéménites cette année

Au moins 32 civils yéménites ont été tués et 42 autres blessés par des mines terrestres posées par les Houthis depuis le début de l'année, selon le Yemeni Landmine Records. (SPA/File)
Au moins 32 civils yéménites ont été tués et 42 autres blessés par des mines terrestres posées par les Houthis depuis le début de l'année, selon le Yemeni Landmine Records. (SPA/File)
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Publié le Samedi 04 février 2023

Les mines terrestres des Houthis ont tué 32 Yéménites cette année

  • Les pertes civiles dues aux mines terrestres ont augmenté malgré la cessation des hostilités pendant la trêve négociée par les Nations Unies en avril
  • Hodeidah est la province qui compte le plus grand nombre de civils tués par des mines terrestres, avec 18 décès dont huit enfants

AL-MUKALLA, Yémen : Au moins 32 civils yéménites ont été tués et 42 autres blessés par des mines terrestres posées par les Houthis depuis le début de l'année, selon Yemeni Landmine Records - un groupe qui recense les décès de civils dus aux mines terrestres dans le pays.

Le groupe a déclaré avoir enregistré 41 explosions causées par des mines terrestres, des munitions ou d'autres engins explosifs qui ont tué 32 civils - dont quatorze enfants et une femme - et en ont blessé 42 autres, dont quinze enfants et une femme, en janvier.

Les pertes civiles dues aux mines terrestres ont augmenté malgré la cessation des hostilités pendant la trêve négociée par les Nations Unies en avril, ajoute le rapport.

Hodeidah est la province qui compte le plus grand nombre de civils tués par des mines terrestres, avec 18 décès, dont huit enfants et une femme, et 20 blessés, dont 11 enfants.

Viennent ensuite Jouf, Marib, Saada et Hajjah.

« L'intensité des activités militaires a diminué au cours des derniers mois, mais les mines et autres vestiges de guerre continuent de tuer et de blesser des gens. Ils ont aggravé la misère et empêché le retour de certaines familles déplacées dans leurs foyers et des agriculteurs à leur travail », a déclaré Fares Al-Hemyari, directeur exécutif de Yemeni Landmine Records, dans un communiqué.

L'organisation d'Al-Hemyari est l'un des nombreux groupes de défense des droits locaux et internationaux à affirmer que des milliers de civils yéménites ont été tués ou blessés depuis le début de l'expansion des Houthis, soutenus par l'Iran, à travers le pays après leur conquête militaire fin 2014.

Ils accusent les Houthis de poser au hasard des mines terrestres sur d'anciens champs de bataille et de refuser de remettre des cartes indiquant où elles se trouvent.

Les dernières victimes avérées des mines terrestres des Houthis sont deux enfants : Khalil Yahiya, 12 ans, et Saber Mohammed, 15 ans, de la ville de Hodeidah, selon Yemeni Landmine Records. Le groupe a également indiqué que quatorze civils yéménites avaient été tués ou blessés à Jouf, Hodeidah, Saada, Hajjah et Lahj dans les 48 heures précédant son annonce.

Le projet Masam, un programme de déminage au Yémen financé par l'Arabie saoudite, a indiqué que les Houthis avaient transformé le Yémen en le plus grand champ de mines terrestres du monde en y plantant des dizaines de milliers d'engins.

Masam a déclaré que ses démineurs avaient retiré 4 615 mines terrestres, munitions non explosées et autres engins d'environ 968 000 mètres carrés de sol en janvier, portant le nombre total de mines terrestres et autres engins explosifs désamorcés à 384 220 sur 43 612 000 mètres carrés de sol yéménite depuis le lancement du projet en 2018.

Les démineurs yéménites affirment que la majorité des décès récents de civils dans la province de Hodeidah se sont produits dans les régions tenues par les Houthis.

Salem Hemaid, chef de l'équipe de déminage de Masam, a déclaré samedi à Arab News qu'ils menaient une course contre la montre pour éviter les pertes humaines et permettre aux résidents déplacés de rentrer chez eux.

« L'absence de cartes, les vastes étendues de sol contaminé et la pose aveugle de mines terrestres sont nos plus grands obstacles », a déclaré Hemaid, ajoutant que les Houthis avaient posé des mines terrestres dans de nombreux districts de Hodeidah abandonnés par les forces conjointes du gouvernement yéménite fin 2021.

L'équipe de Hemaid a retiré plus de 25 000 mines terrestres en 2022 dans seize communautés de Hodeidah, a-t-il précisé.

« Les Houthis ont minutieusement miné le littoral, ainsi que les endroits et les barricades d'où les forces conjointes se sont retirées, de sorte que si elles revenaient, elles seraient soufflées par les mines », a dit Hemaid.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Liban: au moins 12 morts dans des frappes israéliennes dans le sud

Un ambulancier court devant des voitures calcinées qui ont été touchées lors d'une frappe aérienne israélienne à Sidon, dans le sud du Liban, mercredi. (AP)
Un ambulancier court devant des voitures calcinées qui ont été touchées lors d'une frappe aérienne israélienne à Sidon, dans le sud du Liban, mercredi. (AP)
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  • Malgré l'annonce le 4 juin d'un accord entre Israël et le Liban pour un nouveau cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit ses raids sur le pays, et le Hezbollah revendique des attaques quotidiennes contre ses forces dans le sud
  • "Israël n’est pas en guerre contre vous. Nous sommes en guerre contre le Hezbollah, qui a pris votre pays en otage (...) Nous aspirons à la paix avec vous, avec le Liban (...). Rejoignez Israël"

BEYROUTH: Israël a poursuivi mercredi ses frappes au Liban, faisant au moins 12 morts, selon une source médicale à l'AFP, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, appelant les Libanais à "rejoindre" la lutte de son pays contre le Hezbollah pro-iranien.

L'armée israélienne a en outre arrêté et enlevé en Israël, pour interrogatoire, deux habitants d'un village frontalier du sud, avant leur remise en liberté dans la soirée.

Malgré l'annonce le 4 juin d'un accord entre Israël et le Liban pour un nouveau cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit ses raids sur le pays, et le Hezbollah revendique des attaques quotidiennes contre ses forces dans le sud.

"Israël n’est pas en guerre contre vous. Nous sommes en guerre contre le Hezbollah, qui a pris votre pays en otage (...) Nous aspirons à la paix avec vous, avec le Liban (...). Rejoignez Israël", a déclaré M. Netanyahu dans un message en anglais adressé au peuple libanais.

Dans le même temps, Donald Trump a douché mercredi les espoirs d'un accord avec Téhéran pour mettre fin à la guerre régionale. Il a affirmé que son armée allait "attaquer" l'Iran dès mercredi, l'accusant de duplicité.

Dans le sud, près de Tyr, huit personnes ont été tuées dans des frappes sur le village de Tayr Debba et quatre autres dans la localité de Deir Qanoun an-Nahr, a indiqué une source médicale à l'AFP.

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a aussi rapporté d'autres bombardements sur une trentaine de localités dans le sud et l'est du Liban, dont trois villages méridionaux dont Israël avait ordonné plus tôt l'évacuation.

La veille, de violents raids sur la ville de Tyr avaient fait 11 morts et Israël avait ordonné à l'ensemble des habitants de la ville millénaire et de ses environs d'évacuer, provoquant un exode précipité.

Plus au nord, une frappe israélienne a visé une voiture dans le centre de la grande ville côtière de Saïda, porte du sud du Liban, a indiqué l'Ani.

Un correspondant de l'AFP y a vu des secours retirer deux personnes d'un véhicule en feu.

Villages chrétiens isolés 

De son côté, le Hezbollah a revendiqué de nouvelles attaques contre des troupes israéliennes dans des localités qu'elles occupent dans le sud.

Dans la zone frontalière, une patrouille israélienne a enlevé "un membre du conseil municipal de Kfar Chouba et un employé de la municipalité alors qu'ils effectuaient des travaux de pompage d'eau", selon l'Ani.

L'armée israélienne a indiqué pour sa part avoir interpellé et "transféré sur le territoire israélien pour y être interrogés", deux "suspects" qui "s'étaient approchés de la zone où les soldats israéliens mènent des opérations".

La municipalité de Kfar Chouba a annoncé qu'ils étaient revenus libres au village dans la soirée. Affirmant qu'ils "n'avaient aucune intention de s’approcher des forces israéliennes", elle a condamné un "acte hostile envers deux innocents qui accomplissaient une mission humanitaire".

Kfar Chouba est l'un des rares villages frontaliers dont les habitants sont restés malgré les ordres d'évacuation de l'armée israélienne, qui occupe désormais une partie du sud du pays.

Parmi ces villages figure une poignée de localités chrétiennes, dont les représentants ont appelé mardi soir l'État libanais à "ouvrir des couloirs humanitaires".

Le communiqué du "Rassemblement des villages chrétiens frontaliers" souligne que les routes les desservant sont désormais "coupées ou extrêmement dangereuses".

Depuis le début, le 2 mars, de la nouvelle guerre au Liban entre le Hezbollah et Israël, les frappes israéliennes ont fait 3.696 morts, selon le dernier bilan des autorités.

Le mouvement chiite a entraîné le Liban dans cette guerre régionale pour soutenir l'Iran, qui exige que tout accord de paix avec Washington inclut la fin des hostilités sur le front libanais.


Liban: les «négociations directes» avec Israël, seule voie pour sortir de la guerre 

Jean-Pierre Lacroix (à droite), sous-secrétaire général des Nations unies chargé des opérations de paix, serre la main du ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, lors d'une rencontre à Beyrouth le 7 janvier 2026. (AFP)
Jean-Pierre Lacroix (à droite), sous-secrétaire général des Nations unies chargé des opérations de paix, serre la main du ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, lors d'une rencontre à Beyrouth le 7 janvier 2026. (AFP)
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  • "La prétendue résistance menée par le Hezbollah (pro-iranien) n'a ni libéré Jérusalem, ni pu sauver Gaza, n'a même pas pu défendre le Liban"
  • "Au contraire, ça nous a précipité dans encore plus de violence, encore plus d'occupation (israélienne)"

PARIS: Les "négociations directes" entre le gouvernement libanais et Israël sont "la seule voie" pour rétablir la paix au Liban, a estimé mercredi le ministre libanais des Affaires étrangères lors d'une audition devant l'Assemblée nationale française.

"Le Hezbollah fait tout ce qu'il peut pour empêcher ces négociations directes", a déploré Youssef Raggi, entendu par la Commission des Affaires étrangères. "Mais pour l'Etat libanais, pour le gouvernement, c'est la seule voie pour essayer de voir comment régler le problème dans sa globalité", a-t-il ajouté, appelant au pragmatisme et soulignant que l'option militaire avait "prouvé son inefficacité".

"La prétendue résistance menée par le Hezbollah (pro-iranien) n'a ni libéré Jérusalem, ni pu sauver Gaza, n'a même pas pu défendre le Liban", a également affirmé le ministre libanais, violemment hostile au Hezbollah et à son parrain iranien.

"Au contraire, ça nous a précipité dans encore plus de violence, encore plus d'occupation (israélienne)".

Il a en outre jugé "absurde" l'argumentaire du Hezbollah qui dit défendre "le pays contre l'invasion et contre l'occupation israélienne" puisque Israël a assuré n'avoir "aucune ambition territoriale sur le Liban".

Israël occupe une partie du sud du Liban le long de sa frontière, et a avancé en profondeur dans le Liban comme jamais en près de 30 ans depuis le début de cette nouvelle guerre.

Le ministre a enfin avancé qu'il ne s'agissait pas de désarmer le Hezbollah "pour faire plaisir aux Etats-Unis, ni aux Arabes, ni à la communauté internationale". C'est une demande, c'est une exigence purement libanaise" - également réclamée avec force par Israël.

"Nous voulons que le Hezbollah, comme toutes les autres petites organisations qui lui sont alliées (...) soient désarmées pour que nous puissions enfin vivre dans un pays normal".

Le Hezbollah a entraîné le 2 mars le Liban dans la guerre pour soutenir l'Iran attaqué par les Etats-Unis et Israël.

Les frappes israéliennes ont depuis fait 3.666 morts, selon le dernier bilan des autorités libanaises.


L'Égypte condamne les attaques iraniennes contre la Jordanie, Bahreïn et le Koweït

La ligne d'horizon de Manama lors du troisième jour des essais de pré-saison de Formule 1 sur le circuit international de Bahreïn à Sakhir, le 28 février 2025. (File/AFP)
La ligne d'horizon de Manama lors du troisième jour des essais de pré-saison de Formule 1 sur le circuit international de Bahreïn à Sakhir, le 28 février 2025. (File/AFP)
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  • L'Egypte met en garde contre les attaques qui menacent la stabilité régionale et réaffirme son soutien aux Etats arabes du Golfe
  • Dans une déclaration, le ministère égyptien des affaires étrangères a exprimé la "pleine solidarité" du Caire avec les trois États du Golfe

DUBAI : L'Egypte a condamné mercredi les attaques iraniennes visant la Jordanie, Bahreïn et le Koweït, les décrivant comme une escalade dangereuse et une violation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des trois pays.

Le Koweït, Bahreïn et la Jordanie ont signalé des interceptions de drones, des sirènes de raids aériens et des tirs de missiles dans le cadre des attaques iraniennes contre des cibles liées aux États-Unis dans la région.

Dans une déclaration, le ministère égyptien des affaires étrangères a exprimé la "pleine solidarité" du Caire avec les trois États du Golfe et a affirmé son soutien aux mesures visant à protéger leur sécurité, leur stabilité et leurs biens nationaux.

Le ministère a déclaré que les attentats menaçaient la sécurité et la stabilité de l'ensemble de la région, soulignant que la sécurité des États arabes faisait "partie intégrante" de la sécurité nationale égyptienne et arabe.

L'Égypte a également réitéré son rejet de toute action qui porte atteinte à la souveraineté des États ou menace l'intégrité territoriale, tout en appelant à la désescalade et au respect du droit international afin de préserver la stabilité régionale.