Dans les prisons israéliennes, les Palestiniens manifestent contre des mesures punitives

De la fumée s'échappe d'une maison palestinienne démolie par les forces de sécurité israéliennes à Hébron, en Cisjordanie occupée, au milieu d’une tension croissante (Photo, AFP).
De la fumée s'échappe d'une maison palestinienne démolie par les forces de sécurité israéliennes à Hébron, en Cisjordanie occupée, au milieu d’une tension croissante (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 17 février 2023

Dans les prisons israéliennes, les Palestiniens manifestent contre des mesures punitives

  • Selon la mère d’un détenu, les prisonniers palestiniens subissent les mesures punitives prises à leur encontre
  • La journaliste israélienne Dana Ben-Shimon a expliqué à Arab News que Ben-Gvir avait préconisé une position dure à l'égard des prisonniers palestiniens avant même de devenir ministre

RAMALLAH: Les détenus palestiniens dans les prisons israéliennes ont lancé une campagne de protestation contre les mesures punitives prises à leur encontre par le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir.

Face à l’ampleur de la révolte, les responsables des affaires pénitentiaires palestiniens ont enjoint à ce que des mesures soient prises avant que la situation ne dégénère vraiment.  

Les protestations ont éclaté après la fermeture par l'administration pénitentiaire israélienne de cantines et autres installations vendredi et samedi.

Sous ce nouveau régime carcéral, les détenus sont systématiquement menottés en quittant leur cellule, l’eau chaude des douches est limitée à trois minutes, les visites des proches encore plus espacées et le sport matinal est supprimé.

Au début du mois, Ben-Gvir a également ordonné la fermeture des boulangeries qui fournissent aux détenus le pain quotidiennement.

En réponse à ces mesures, le Comité suprême d'urgence pour les prisonniers a annoncé une campagne de désobéissance passive suivie d'une grève de la faim afin de marquer le début du Ramadan.

Qadura Faris, responsable du Club des prisonniers palestiniens, a déclaré à Arab News que les dernières mesures étaient inspirées par le gouvernement et visaient à humilier et à briser la volonté des prisonniers et du peuple palestinien.

Il a indiqué que la situation avait été portée à l'attention des organismes internationaux compétents, qui ont été invités à intervenir et à faire pression sur le gouvernement israélien pour qu'il assouplisse ces mesures.

Des mesures que Laila Zawahra, mère de 70 ans d'un homme condamné à la prison à vie, déplore auprès d’Arab News. Les autorités pénitentiaires ont d’après elle commencé à transférer les leaders des détenus dans le but de faire échouer les protestations.

«Je suis très inquiète pour mon fils Mohammed, qui a 41 ans, et pour la situation de ses codétenus. En plus de souffrir de ce froid, ils vont entamer une grève de la faim le premier jour du Ramadan», a prévenu Zawahra, ajoutant qu'elle et d'autres familles de prisonniers prévoyaient d'organiser des sit-in pour mettre en lumière la situation critique des détenus.

L'armée israélienne a arrêté 32 Palestiniens en Cisjordanie jeudi à l’aube, portant à 800 le nombre de détenus depuis le début de l'année. Israël détient actuellement 4 780 Palestiniens en détention, dont 160 enfants, 29 femmes et 914 détenus administratifs.

L'analyste politique palestinien Riyad Qadriya a déclaré à Arab News que le dernier ciblage des prisonniers par le gouvernement israélien pourrait déclencher des manifestations de rue.

La journaliste israélienne Dana Ben-Shimon a expliqué à Arab News que Ben-Gvir avait préconisé une position dure à l'égard des prisonniers palestiniens avant même de devenir ministre.

«Il fait maintenant cela pour satisfaire le public qui l'a élu. Les services de sécurité israéliens sont conscients que toute mesure prise à l'encontre des prisonniers palestiniens aura un impact sur le public palestinien à l'extérieur de la prison, même dans la bande de Gaza, qui connaît un état de calme différent de la situation en Cisjordanie», a-t-elle soutenu.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


ONG interdites à Gaza: MSF pourrait mettre fin à ses activités en mars

L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny. (AFP)
L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny. (AFP)
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  • Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité"
  • MSF a qualifié d'"ingérence scandaleuse" cette exigence, visant, selon Israël, à "empêcher l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires"

PARIS: L'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) pourrait mettre fin à ses activités dans la bande de Gaza en mars si Israël ne revenait pas sur sa décision jeudi de l'y interdire, tout comme 36 autres organisations, a prévenu samedi sa présidente Isabelle Defourny.

Israël a confirmé jeudi interdire d'accès à la bande de Gaza 37 organisations humanitaires internationales majeures, à qui il reproche de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de "sécurité".

MSF a qualifié d'"ingérence scandaleuse" cette exigence, visant, selon Israël, à "empêcher l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des structures humanitaires".

"Pour travailler en Palestine, dans les territoires palestiniens occupés, nous devons être enregistrés (...) Cet enregistrement a pris fin le 31 décembre 2025", a expliqué sur France Inter Isabelle Defourny, médecin et présidente de MSF France.

"Depuis le mois de juillet 2025, nous étions impliqués dans un processus de réenregistrement et à ce jour, nous n'avons pas reçu de réponse. (...) On a encore 60 jours pendant lesquels on pourrait travailler sans être réenregistrés, et donc nous devrions mettre fin à nos activités en mars", si Israël maintenait sa décision de sanction, a-t-elle ajouté.

L'ONG dispose d'une quarantaine de personnels internationaux dans la bande de Gaza et travaille avec 800 personnels palestiniens dans huit hôpitaux.

"On a encore du +staff+ international qui, très récemment, ces derniers jours, a pu rentrer dans Gaza", a néanmoins précisé Mme Defourny.

"On est le second distributeur d'eau (dans la bande de Gaza). L'année dernière, en 2025, on a pris en charge un peu plus de 100.000 personnes blessées, brûlées, victimes de différents traumatismes. On est les deuxièmes en nombre d'accouchements effectués", a encore souligné la présidente de MSF France.

S'appuyant notamment sur une note du Cogat, l'organisme du ministère israélien de la Défense chargé des affaires civiles palestiniennes, Isabelle Defourny a estimé que la décision de sanction israélienne s'expliquait par le fait que les ONG "témoignent sur les violences commises par l'armée israélienne" à Gaza.

"Les journalistes internationaux n'ont jamais été autorisés à Gaza, les journalistes nationaux sont (...) ciblés les uns après les autres, tués par l'armée israélienne", a-t-elle ajouté.

Et de rappeler que "plus de 500 humanitaires ont été tués, dont 15 membres de MSF" dans des bombardements de l'armée israélienne depuis octobre 2023.


Le Conseil de transition du Sud salue l'invitation saoudienne au dialogue sur le Yémen

Membres du Conseil de transition du Sud au Yémen. (Reuters/File Photo)
Membres du Conseil de transition du Sud au Yémen. (Reuters/File Photo)
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  • L'Arabie saoudite a annoncé cette invitation plus tôt dans la journée de samedi, à la demande de Rashad Al-Alimi, président du Conseil présidentiel yéménite
  • Le royaume a exhorté toutes les factions à participer "pour développer une vision globale"

RIYAD: Le Conseil de transition du Sud (CTS) au Yémen a salué samedi l'invitation de l'Arabie saoudite à participer à un dialogue inclusif entre les factions du sud du Yémen à Riyad.

Dans un communiqué, le groupe a déclaré que cette initiative reflétait l'engagement du Royaume à résoudre les questions politiques par le dialogue, notamment en ce qui concerne le droit du peuple du sud à restaurer son État.

Le STC a souligné que tout dialogue sérieux doit reconnaître la volonté du peuple du sud, inclure des garanties internationales complètes et envisager un référendum libre dans le cadre de toute proposition ou solution politique future.

Le Conseil a déclaré avoir pris part à toutes les étapes du dialogue parrainé par l'Arabie saoudite et le Conseil de coopération du Golfe, en commençant par l'accord de Riyad en 2019, suivi par les consultations de Riyad en 2022, et culminant dans le dialogue global avec le Sud qui a conduit à l'adoption de la Charte nationale du Sud en 2023 - soulignant son engagement constant en faveur du dialogue et de la responsabilité politique.

L'Arabie saoudite a annoncé cette invitation plus tôt dans la journée de samedi, à la demande de Rashad Al-Alimi, président du Conseil présidentiel de direction du Yémen.

Le Royaume a exhorté toutes les factions à participer "à l'élaboration d'une vision globale" qui répondrait aux aspirations du peuple du Sud.

L'initiative a reçu un large soutien régional et international.


L’Arabie saoudite accueillera un « dialogue » entre les factions du sud du Yémen

L'Arabie saoudite a réaffirmé que le dialogue était le seul moyen de résoudre la question du Sud. (AFP/Fichier)
L'Arabie saoudite a réaffirmé que le dialogue était le seul moyen de résoudre la question du Sud. (AFP/Fichier)
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  • La conférence vise à « élaborer une vision globale » afin de répondre aux aspirations des Yéménites

RIYAD : Le ministère saoudien des Affaires étrangères a invité les factions du sud du Yémen à tenir un dialogue à Riyad afin de « discuter de solutions justes à la question du Sud ».

Dans un communiqué, le ministère a précisé que la conférence, prévue dans la capitale saoudienne, avait été demandée par Rachad Al-Alimi, président du Conseil de direction présidentielle yéménite. Le Royaume a exhorté l’ensemble des factions à y participer « pour élaborer une vision globale » à même de répondre aux aspirations de la population du Sud.

Le Conseil de transition du Sud (STC), mouvement séparatiste, s’est récemment emparé de territoires dans les gouvernorats de l’Hadramaout et d’Al-Mahra.

L’Arabie saoudite a estimé que l’action du STC constituait une menace directe pour la sécurité nationale du Royaume et pour la stabilité régionale.

Plus tôt cette semaine, la coalition militaire soutenant le gouvernement yéménite a mené des frappes aériennes visant un chargement d’armes et de véhicules destiné aux forces séparatistes du Sud. Cette cargaison était arrivée au port d’al-Mukalla à bord de deux navires.

L’Arabie saoudite a réitéré que la seule voie permettant de résoudre la question du Sud passe par le dialogue.

Mardi, des pays du Golfe et d’autres pays arabes ont exprimé leur soutien au gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com