Le président yéménite exhorte Washington à remettre des armes iraniennes destinées aux Houthis

Le président du Conseil de direction présidentiel du Yémen, Rashad Al-Alimi, a exhorté les Etats-Unis à fournir à l’armée yéménite des armes iraniennes saisies destinées aux Houthis afin de combattre la milice (Photo, AFP).
Le président du Conseil de direction présidentiel du Yémen, Rashad Al-Alimi, a exhorté les Etats-Unis à fournir à l’armée yéménite des armes iraniennes saisies destinées aux Houthis afin de combattre la milice (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 20 février 2023

Le président yéménite exhorte Washington à remettre des armes iraniennes destinées aux Houthis

  • Rashad Al-Alimi conseille aux Houthis de renoncer aux armes, de devenir un parti politique et de tourner le dos au régime de Téhéran
  • L'Arabie saoudite a clairement déclaré qu'aucun accord ne pouvait être conclu entre le Royaume et les Houthis

AL-MUKALLA : Le président du Conseil de direction présidentiel du Yémen, Rashad Al-Alimi, a exhorté les Etats-Unis à fournir à l’armée yéménite des armes iraniennes saisies destinées aux Houthis afin de combattre la milice.

Lors de la conférence de Munich sur la sécurité samedi, Al-Alimi a déclaré que les Etats-Unis avaient remis les trafiquants des armes saisies aux autorités yéménites ainsi que des fusils, comme preuve lors des procès.

 «Nous exigeons qu’ils soient remis au gouvernement légitime. Ils (les Américains) n’ont fourni que des échantillons avec des contrebandiers comme preuve devant les tribunaux», a-t-il déclaré.

Le Wall Street Journal a rapporté la semaine dernière que les Etats-Unis envisageaient de fournir à l'Ukraine des milliers de fusils, de missiles antichars et d'autres armes iraniennes destinées aux Houthis du Yémen.

Des responsables de l'armée yéménite estiment que l'armée et les forces de sécurité ont besoin de ces armes pour protéger leur territoire et combattre les Houthis et d’autres groupes terroristes.

Al-Alimi a accusé les Houthis de faire échouer les efforts pour parvenir à la paix au Yémen, aujourd'hui et auparavant, en perturbant le processus de transition qui a suivi la manifestation inspirée du printemps arabe, la formation d'une nouvelle constitution et les élections présidentielles et parlementaires. Il a également reproché à l'Iran d'avoir poussé les Houthis à prendre le pouvoir.

«La situation d'aujourd'hui (...) est la conséquence du soutien de l'Iran à cet acte irresponsable et destructeur dans la région.», a-t-il déclaré.

Le dirigeant yéménite a déclaré que les Houthis obéissaient aux ordres de l'Iran de nuire à la paix dans la région et qu'ils ne voulaient pas vraiment y parvenir.

Il a déclaré que les Houthis avaient posé des milliers de mines terrestres, refusé de renouveler le cessez-le-feu négocié par l'ONU, réprimé les populations dans les zones sous leur contrôle et récemment attaqué des installations pétrolières dans le sud du Yémen.

«La communauté internationale doit reconnaître que cette organisation n'est pas un projet de paix ; il s’agit plutôt d’un projet de violence et de dévastation lié à l'objectif expansionniste régional de l'Iran», a déclaré Al-Alimi.

«Il y a une opération subversive dirigée par la Force Al-Qods dans la région, et elle est répandue partout, pas seulement au Yémen. Cette milice reçoit ses ordres depuis la salle des opérations des gardiens de la révolution iraniens.»

Il a conseillé aux Houthis de renoncer aux armes, de devenir un parti politique afin de se présenter aux élections et de tourner le dos à l’Iran, s’engageant à les combattre s’ils poursuivent leur prise de pouvoir par la force.

«Ils doivent devenir un groupe politique. Si le peuple yéménite les élit, ils devraient gouverner le Yémen. Nous n'avons aucun problème. Ces (Houthis) sont des Yéménites, ce sont nos frères, mais ils ont donné priorisé les intérêts de l'Iran plutôt que ceux du peuple yéménite», a-t-il affirmé.
 
Le dirigeant yéménite a déclaré que le gouvernement yéménite était revenu sur sa décision de se retirer de l'accord de Stockholm négocié par l'ONU après que les Houthis aient attaqué les infrastructures pétrolières dans les provinces méridionales de Shabwa et d'Hadramout, continué de violer la trêve négociée par l'ONU et attaqué les forces gouvernementales.

«Nous étions en train de déposer une demande auprès de l'ONU pour geler cet accord car il a perdu toute signification. Nos alliés nous ont conseillé d'attendre», a-t-il poursuivi.

Al-Alimi a fermement démenti les informations des médias selon lesquelles l'Arabie Saoudite aurait contourné son gouvernement et engagé des pourparlers directs avec les Houthis et qu'ils étaient sur le point de signer un accord avec la milice, déclarant que les responsables saoudiens avaient informé le conseil présidentiel de leurs efforts pour mettre fin à la guerre au Yémen en se rapprochant des Houthis.

«Nous saluons tous les efforts de nos frères à Oman ou en Arabie Saoudite, tant qu'ils conduisent à une paix juste et durable qui allégerait les souffrances du peuple yéménite et mettrait fin au massacre.»

«Nos frères saoudiens nous ont informés que des négociations entre eux et les Houthis avaient lieu. Ce n'est d’ailleurs pas la première fois que cela se produit… L'Arabie saoudite a clairement déclaré qu'aucun accord ne pouvait être conclu entre le Royaume et les Houthis. Tout accord sera conclu entre le gouvernement légitime et la milice putschiste».

Selon le dirigeant yéménite, deux millions de Yéménites résidant en Arabie saoudite versent chaque année 4 milliards de dollars au Yémen et font subsister plus de 10 millions de personnes. Ainsi, l'Arabie saoudite et d'autres États du Golfe sont parmi les sources de revenus les plus vitales du pays.

Il a remercié le Royaume et la Coalition pour restaurer la légitimité au Yémen pour l'aide humanitaire et militaire, y compris la réhabilitation d'un hôpital à Aden, qui traiterait plus d'un demi-million de patients par an.

Al-Alimi a déclaré que les Houthis auraient pris le contrôle du détroit de Bab Al-Mandab et constitué un danger pour le trafic maritime international si la coalition n'était pas intervenue militairement au Yémen en 2015 pour défendre le gouvernement internationalement reconnu.

«Sans l'aide de la coalition, les Houthis auraient saisi Bab Al-Mandab et l'île de Perim. Ils auraient interdit aux navires de traverser cette zone avec des armes à feu standard», a-t-il déclaré.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Maroc: au moins quatre morts dans l'effondrement d'un immeuble à Fès

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  • Dans certains quartiers périphériques de Fès, de nombreux bâtiments sont érigés sans respecter les normes de construction en vigueur
  • Les opérations de recherches se poursuivent pour tenter de secourir "d'autres personnes susceptibles d'être piégées sous les décombres", ont précisé les autorités locales

RABAT: Au moins quatre personnes sont décédées jeudi dans l'effondrement d'un immeuble à Fès, dans le nord du Maroc, selon un bilan provisoire des autorités locales qui poursuivent leurs opérations à la recherche d'éventuelles autres victimes coincées sous les décombres.

Six autres personnes ont été blessées à des degrés divers dans l'effondrement de cet immeuble résidentiel de quatre étages, situé dans un quartier périphérique de cette ville, selon les mêmes sources, citées par l'agence officielle MAP.

Dans certains quartiers périphériques de Fès, de nombreux bâtiments sont érigés sans respecter les normes de construction en vigueur.

Les opérations de recherches se poursuivent pour tenter de secourir "d'autres personnes susceptibles d'être piégées sous les décombres", ont précisé les autorités locales.

Le périmètre de l'accident a été sécurisé et les habitants des immeubles mitoyens ont été évacués à titre préventif.

Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances et les causes du sinistre.

Début décembre, 22 personnes avaient été tuées dans l'effondrement de deux immeubles mitoyens déjà à Fès, le pire accident de ce type ces dernières années dans le pays.

Toujours à Fès, neuf personnes avaient péri en mai 2025 dans l'effondrement d'un immeuble d'habitation. En février 2024, cinq personnes étaient aussi mortes dans l'effondrement d'une maison dans la vieille ville.

 


«Flottille pour Gaza»: un ministre d'extrême droite choque avec une vidéo de militants à genoux et mains liées

Le ministre d'extrême droite israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a provoqué un tollé au sein même de son gouvernement et à l'étranger en publiant une vidéo de militants d'une nouvelle "flottille pour Gaza" agenouillés et les mains liées, après leur arrestation en mer. (AFP)
Le ministre d'extrême droite israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a provoqué un tollé au sein même de son gouvernement et à l'étranger en publiant une vidéo de militants d'une nouvelle "flottille pour Gaza" agenouillés et les mains liées, après leur arrestation en mer. (AFP)
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  • Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a jugé de telles images "pas conformes avec les valeurs d'Israël"
  • Et son ministre des Affaires étrangères Gideon Saar a accusé son collègue d'avoir "sciemment nui" à l'image du pays avec "ce spectacle honteux"

ASHDOD: Le ministre d'extrême droite israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a provoqué un tollé au sein même de son gouvernement et à l'étranger en publiant une vidéo de militants d'une nouvelle "flottille pour Gaza" agenouillés et les mains liées, après leur arrestation en mer.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a jugé de telles images "pas conformes avec les valeurs d'Israël". Et son ministre des Affaires étrangères Gideon Saar a accusé son collègue d'avoir "sciemment nui" à l'image du pays avec "ce spectacle honteux".

"Non, vous n'êtes pas le visage d'Israël", a insisté le chef de la diplomatie, M. Ben Gvir défendant au contraire "une grande source de fierté".

Les forces israéliennes, qui avaient intercepté lundi au large de Chypre les bateaux de la flottille, ont entamé mercredi le transfert et le placement en détention, dans le sud d'Israël, des centaines de militants propalestiniens qui se trouvaient à bord.

"Bienvenue en Israël, nous sommes chez nous", lance, triomphant, Itamar Ben Gvir sur des images publiées sur sa chaîne Télégram, avec l'hymne national israélien en musique de fond.

On y voit des dizaines de militants agenouillés les uns à côté des autres, visages collés au sol et mains liées, sur le pont d'un bateau de la marine israélienne. Une jeune femme qui crie "Libérez la Palestine" au passage du ministre, se retrouve la tête pressée vers le sol par les services de sécurité.

"Monstrueux" 

Les réactions étrangères, tout particulièrement de pays comptant des ressortissants arrêtés, n'ont pas tardé. Le traitement réservé aux détenus a été jugé "inadmissible" par Rome qui a exigé "des excuses", "monstrueux, indigne et inhumain" par Madrid, "odieux" par Ottawa.

Dublin s'est dit "consterné et choqué", alors que la sœur de la présidente irlandaise Catherine Connolly figure parmi les participants à la flottille.

La France a convoqué l'ambassadeur israélien pour les "agissements inadmissibles" du ministre Ben Gvir, coutumier des outrances, tout comme la Belgique qui a jugé les images "profondément troublantes", l'Espagne, l'Italie, les Pays-Bas et la Nouvelle-Zélande.

L'Allemagne, qualifiant l'épisode de "totalement inacceptable", s'est réjouie d'entendre des voix israéliennes critiques du ministre, dont l'ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee a critiqué les "actes méprisables".

La Turquie, d'où était précisément partie la flottille, s'est montrée la plus virulente en dénonçant la "mentalité barbare" du gouvernement israélien.

"Vous n'avez pas le droit de traiter ainsi des citoyens polonais qui n'ont commis aucun crime. Dans le monde démocratique, nous n'abusons pas des personnes détenues et nous ne réjouissons pas à leurs dépens", s'est indigné le chef de la diplomatie polonaise Radoslaw Sikorski en exigeant des "conséquences" pour M. Ben Gvir.

La ministre australienne des Affaires étrangères Penny Wong a qualifié d'"humiliant" le traitement infligé par Israël aux militants et dénoncé des images "choquantes et inacceptables".

 "Au service du Hamas" 

Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël.

"Ayant mis le cap sur Gaza pour y apporter de l'aide humanitaire et contester le blocus illégal, ces participants civils ont été enlevés de force dans les eaux internationales", a fustigé l'organisation de défense des droits humains Adalah.

Une cinquantaine de navires avaient quitté la Turquie la semaine dernière avec pour objectif de briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, ravagée par deux ans de guerre.

S'il a critiqué le comportement de son ministre, Benjamin Netanyahu a appelé à expulser les militants "dès que possible". "Israël a pleinement le droit d'empêcher de provocatrices flottilles de partisans terroristes du Hamas d'entrer dans nos eaux territoriales et d'atteindre Gaza", a-t-il jugé dans un communiqué.

Pour le ministère des Affaires étrangères, cette initiative n'est "rien de plus qu'un coup de communication au service" du mouvement islamiste palestinien qui a mené l'attaque sans précédent contre Israël en octobre 2023, déclenchant la guerre à Gaza.

Le Hamas a également fustigé mercredi la vidéo, en dénonçant la "dépravation morale" d'Israël.

Israël contrôle tous les points d'entrée vers la bande de Gaza, sous blocus israélien depuis 2007.

Pendant la guerre à Gaza, où une trêve fragile est en vigueur depuis octobre 2025, le territoire a connu de graves pénuries de nourriture, de médicaments et d'autres biens essentiels, Israël ayant parfois complètement interrompu les livraisons d'aide humanitaire.

Une précédente flottille avait été interceptée en avril dans les eaux internationales au large de la Grèce et la plupart des militants expulsés vers l'Europe.


L'armée israélienne appelle à évacuer de nouveaux villages du sud du Liban

L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours. (AFP)
L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours. (AFP)
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  • La majorité des villages énumérés par M. Adraee sont situés au-delà de la "ligne jaune", qui délimite une zone d'une dizaine de kilomètres de profondeur dans le sud du Liban à l'intérieur de laquelle l'armée israélienne poursuit ses opérations
  • Israël et le Hezbollah pro-iranien poursuivent leurs affrontements malgré la trêve, principalement dans le sud du Liban, et l'armée israélienne a déjà mené des frappes au-delà de cette "ligne jaune"

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours.

"Les violations répétées de l'accord de cessez-le-feu par le Hezbollah obligent l'armée israélienne à opérer", écrit sur son compte X le porte-parole de l'armée, Avichay Adraee, quelques jours après la tenue de discussions à Washington entre représentants israéliens et libanais et l'annonce de la prolongation de la trêve entre les deux pays.

La majorité des villages énumérés par M. Adraee sont situés au-delà de la "ligne jaune", qui délimite une zone d'une dizaine de kilomètres de profondeur dans le sud du Liban à l'intérieur de laquelle l'armée israélienne poursuit ses opérations afin de protéger la population du nord d'Israël des tirs du Hezbollah.

Israël et le Hezbollah pro-iranien poursuivent leurs affrontements malgré la trêve, principalement dans le sud du Liban, et l'armée israélienne a déjà mené des frappes au-delà de cette "ligne jaune".

Selon l'agence nationale d'information libanaise ANI, des frappes israéliennes ont visé mardi "plusieurs localités dans le sud" du pays.

Le mouvement pro-iranien Hezbollah a pour sa part affirmé dans un communiqué avoir visé un rassemblement de soldats et de véhicules dans le nord d’Israël avec "un essaim de drones d'attaque".

Depuis le début de la guerre, les frappes israéliennes ont tué plus de 3.000 personnes au Liban selon les autorités libanaises.

Côté israélien, 20 soldats et un contractuel travaillant pour l'armée ont été tués au Liban depuis le début de la guerre, le 2 mars.