Le nouvel abonnement payant de Meta peine à convaincre le monde de la tech

Pour plusieurs analystes de Wall Street, cet abonnement ne sera pas en mesure de générer à court terme des revenus équivalents aux sommes colossales tirées des recettes publicitaires. (AFP).
Pour plusieurs analystes de Wall Street, cet abonnement ne sera pas en mesure de générer à court terme des revenus équivalents aux sommes colossales tirées des recettes publicitaires. (AFP).
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Publié le Mardi 21 février 2023

Le nouvel abonnement payant de Meta peine à convaincre le monde de la tech

  • Avant Meta, Twitter a déjà lancé son offre de vérification payante, qui donne accès à sa fameuse coche bleue, mais aussi à une meilleure promotion des publications, moins de publicités et la possibilité de publier des tweets plus longs
  • Plusieurs internautes ont d’ailleurs soupçonné Mark Zuckerberg de plagier le patron multimilliardaire de Tesla en lançant à la hâte Meta Verified

PARIS: Moqué, accusé de copier Twitter ou d’avoir été lancé à la va-vite: le nouveau service d'abonnement payant annoncé par Meta pour Facebook et Instagram suscite des réactions assez tièdes des experts et des internautes.

Baptisé Meta Verified, ce nouveau service propose aux abonnés de bénéficier d'un badge bleu de vérification, d'un accès direct au service client de l’entreprise, d'une plus grande visibilité et d'une protection supplémentaire contre l'usurpation d'identité.

Pour plusieurs analystes de Wall Street, cet abonnement ne sera pas en mesure de générer à court terme des revenus équivalents aux sommes colossales tirées des recettes publicitaires.

"Nous ne pensons pas que le nouveau service de vérification des comptes dépasse 1 à 2% du chiffre d’affaires total au cours des 18 prochains mois", prédit Angelo Zino de CFRA.

M. Zino insiste toutefois sur la nécessité pour Meta de diversifier ses sources de revenus au moment où l’inflation pèse sur les dépenses des annonceurs et où le groupe de Mark Zuckerberg fait face à une concurrence féroce sur le marché de la publicité en ligne.

Avant Meta, Twitter a déjà lancé son offre de vérification payante, qui donne accès à sa fameuse coche bleue, mais aussi à une meilleure promotion des publications, moins de publicités et la possibilité de publier des tweets plus longs.

Ce service, qui a connu des débuts chaotiques, fait partie des grandes priorités stratégiques d’Elon Musk depuis son rachat pour 44 milliards de dollars du réseau des gazouillis.

Plusieurs internautes ont d’ailleurs soupçonné Mark Zuckerberg de plagier le patron multimilliardaire de Tesla en lançant à la hâte Meta Verified.

"Inévitable", a répondu Musk à un tweet formulant cette accusation.

Pari « risqué »

Pour Dan Ives de Wedbush Securities, le lancement d’un abonnement payant est un pari "risqué" pour Meta.

"Il pourrait y avoir un retour de bâton de la part des consommateurs qui ne voudront jamais payer un centime pour Facebook ou Instagram et cette initiative pourrait les pousser vers la sortie", a-t-il estimé.

D’autant que le prix pourrait être prohibitif pour certains: 11,99 dollars par mois pour l’offre web et 14,99 dollars via des appareils munis du système d'exploitation d’Apple ou de Google, qui prélèvent une commission sur les achats effectués dans leurs magasins d’applications.

"Pour la plupart des utilisateurs de Meta, que ce soit sur Facebook ou Instagram, cette nouvelle offre risque d'être accueillie avec un haussement d'épaules plein d'indifférence", anticipe Susannah Streeter de Hargreaves Lansdown.

L’analyste pense toutefois que les petites entreprises et les personnalités très en vue pourront être tentées de payer pour se protéger des piratages ou pour obtenir plus de visibilité.

Fracture numérique

Le fait de rendre payante la protection accrue contre l’usurpation d’identité a également fait beaucoup réagir.

"Les dispositifs de sécurité ne doivent PAS être mis en vente", s’est indignée sur Twitter la spécialiste en cybersécurité Kavya Pearlman, jugeant que cela créerait une fracture numérique entre les plus riches et les moins fortunés.

Mme Pearlman plaide pour que les patrons des géants de la tech luttent davantage contre les escrocs et passent moins de temps à faire payer leurs clients dont ils exploitent déjà les données personnelles.

Encore plus direct, le Real Facebook Oversight Board, un groupe militant anti-Meta, a affirmé sur son compte Twitter que "Facebook voulait désormais que [les utilisateurs financent] le modèle nuisible qui alimente toute son activité".


Câbles industriels: Nexans annonce un «réaménagement du calendrier» du mégaprojet à Chypre

Le spécialiste français des câbles électriques Nexans a annoncé mardi un "réaménagement du calendrier" de son mégaprojet de connexion entre Chypre et la Grèce, qui va le retarder, sans toutefois affecter les prévisions financières du groupe. (AFP)
Le spécialiste français des câbles électriques Nexans a annoncé mardi un "réaménagement du calendrier" de son mégaprojet de connexion entre Chypre et la Grèce, qui va le retarder, sans toutefois affecter les prévisions financières du groupe. (AFP)
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  • Nexans avait remporté à l'été 2023 un contrat de 1,43 milliard d'euros pour construire le tronçon Chypre-Grèce de l'interconnecteur électrique EuroAsia, "le plus grand projet d'interconnexion de l'histoire"
  • Chypre est en effet le seul pays européen sans raccordement au gaz ni connexion électrique avec le réseau du continent européen

PARIS: Le spécialiste français des câbles électriques Nexans a annoncé mardi un "réaménagement du calendrier" de son mégaprojet de connexion entre Chypre et la Grèce, qui va le retarder, sans toutefois affecter les prévisions financières du groupe.

"Un réaménagement du calendrier d'activités est actuellement à l'étude avec le client" concernant ce projet, le Great Sea Interconnector (GSI), a déclaré Nexans dans un communiqué, soulignant travailler "en étroite collaboration avec son client afin d'examiner les différentes options en vue de l'élaboration d'un calendrier d'exécution ajusté".

Le groupe assure qu'il "exécute le projet conformément à ses obligations contractuelles et en ligne avec les étapes définies depuis 2023".

Nexans avait remporté à l'été 2023 un contrat de 1,43 milliard d'euros pour construire le tronçon Chypre-Grèce de l'interconnecteur électrique EuroAsia, "le plus grand projet d'interconnexion de l'histoire" qui doit relier Israël, Chypre et l'Union européenne.

Chypre est en effet le seul pays européen sans raccordement au gaz ni connexion électrique avec le réseau du continent européen.

Nexans indique que "ces ajustements affectent la date de livraison du projet" sans apporter plus de précisions, et qu'il reste "pleinement engagé dans l'exécution de ce projet aux côtés de son client".

Ces changements, en revanche, n'ont "pas d'impact sur la guidance 2028 de Nexans, grâce à la solidité du carnet de commandes du groupe et à la mise en œuvre proactive d'actions visant à compenser tout impact potentiel dès 2026".

Nexans communiquera ses prévisions 2026 lors de la publication de ses résultats annuels 2025, le 19 février.

Nexans, 2e mondial de son secteur derrière l'italien Prysmian, compte 28.500 collaborateurs dans 41 pays. Le groupe s'est depuis quelques années recentré sur le transport d'électricité et l'électrification (raccordement des champs éoliens offshore aux réseaux électriques, rénovation et développement des réseaux de transport d'électricité dans de nombreux pays...).

 


Holcim rachète le fabricant français de produits préfabriqués en béton Alkern

Début octobre, la Commission européenne avait renvoyé l'examen de cette opération à l'Autorité de la concurrence en France, la jugeant mieux placée pour étudier cette opération et son impact sur le marché national. Fin décembre, l'Autorité de la concurrence avait annoncé avoir autorisé ce rachat sans conditions. (AFP)
Début octobre, la Commission européenne avait renvoyé l'examen de cette opération à l'Autorité de la concurrence en France, la jugeant mieux placée pour étudier cette opération et son impact sur le marché national. Fin décembre, l'Autorité de la concurrence avait annoncé avoir autorisé ce rachat sans conditions. (AFP)
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  • Son rachat devrait générer 11 millions d'euros de synergies au niveau de l'Ebitda à partir de la troisième année suivant sa reprise et avoir un impact positif sur le bénéfice par action dès la première année, précise le groupe suisse
  • Cette acquisition va permettre à Holcim d'avancer dans son objectif visant à se renforcer dans les solutions de construction pour représenter 50% du total de son chiffre d'affaires en 2030, ajoute le communiqué

ZURICH: Le cimentier suisse Holcim a annoncé mardi avoir finalisé l'acquisition du français Alkern, un fabricant de produits préfabriqués en béton.

Fondée en 1972, l'entreprise basée à Harnes dans le Pas-de-Calais emploie 1.000 personnes à travers 50 sites de production en France et en Belgique et a réalisé un chiffre d'affaires de 250 millions d'euros en 2025, indique le groupe suisse dans un communiqué.

Son rachat devrait générer 11 millions d'euros de synergies au niveau de l'Ebitda à partir de la troisième année suivant sa reprise et avoir un impact positif sur le bénéfice par action dès la première année, précise le groupe suisse, qui avait fusionné en 2015 avec le français Lafarge.

Cette acquisition va permettre à Holcim d'avancer dans son objectif visant à se renforcer dans les solutions de construction pour représenter 50% du total de son chiffre d'affaires en 2030, ajoute le communiqué.

En mai 2025, le géant suisse des matériaux de construction avait annoncé être entré en négociations exclusives avec la société de capital-investissement Chequers Capital en vue du rachat d'Alkern.

Début octobre, la Commission européenne avait renvoyé l'examen de cette opération à l'Autorité de la concurrence en France, la jugeant mieux placée pour étudier cette opération et son impact sur le marché national. Fin décembre, l'Autorité de la concurrence avait annoncé avoir autorisé ce rachat sans conditions.

Dans un commentaire boursier, Martin Hüsler, analyste à la Banque cantonale de Zurich, souligne que le groupe suisse ne fournit aucune indication sur le montant de la transaction, ni sur la rentabilité d'Alkern. Mais il suppose que le prix d'achat est "inférieur à une fois les revenus" d'Alkern.

Avec ses 250 millions d'euros de chiffre d'affaires, l'entreprise française représente "1,5%" des revenus d'Holcim, ajoute l'analyste, qui note qu'il s'agit de sa "troisième acquisition majeure depuis octobre", après celle de l'allemand Xella en octobre, puis du péruvien Cementos Pacasmayo mi-décembre.

 


L’Inde affirme être devenue la quatrième économie du monde, devant le Japon

La publication en 2026 des chiffres du produit intérieur brut (PIB) annuel viendront ou non confirmer officiellement ces prévisions. (AFP)
La publication en 2026 des chiffres du produit intérieur brut (PIB) annuel viendront ou non confirmer officiellement ces prévisions. (AFP)
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  • "Avec un PIB évalué à 4.180 milliards de dollars (3.555 milliards d'euros), l’Inde a dépassé le Japon pour devenir la quatrième économie mondiale, et est sur le point de déloger l’Allemagne de la troisième place dans les 2,5 à 3 prochaines années"
  • Selon le Fonds monétaire international, ce n’est qu'en 2026 que l'Inde figurera à la quatrième place : il estime que son PIB atteindra alors 4,51 milliards de dollars, contre 4.460 milliards pour le Japon

NEW DELHI: L’Inde est devenue la quatrième économie de la planète, devant le Japon, et les autorités espèrent qu'elle dépassera l’Allemagne d’ici trois ans, selon le bilan économique de fin d’année établi par le gouvernement.

La publication en 2026 des chiffres du produit intérieur brut (PIB) annuel viendront ou non confirmer officiellement ces prévisions.

"L’Inde fait partie des grandes économies affichant la croissance la plus rapide au monde et est bien placée pour maintenir cet élan", affirme la note économique.

"Avec un PIB évalué à 4.180 milliards de dollars (3.555 milliards d'euros), l’Inde a dépassé le Japon pour devenir la quatrième économie mondiale, et est sur le point de déloger l’Allemagne de la troisième place dans les 2,5 à 3 prochaines années, avec un PIB estimé à 7.300 milliards de dollars d’ici 2030".

Selon le Fonds monétaire international, ce n’est qu'en 2026 que l'Inde figurera à la quatrième place : il estime que son PIB atteindra alors 4,51 milliards de dollars, contre 4.460 milliards pour le Japon.  Les Etats-Unis, la Chine et l'Allemagne sont, dans cet ordre, les plus grandes économies au monde, selon le FMI.

Les prévisions optimistes de New Delhi interviennent dans un contexte économique compliqué pour le pays le plus peuplé de la planète, avec 1,4 milliard d'habitants.

Fin août, Washington, le premier partenaire commercial du pays, a imposé une hausse de 50% des droits de douane sur les produits "made in India" arrivant aux Etats-Unis, en représailles à ses achats de pétrole russe.

La croissance continue reflète "la résilience de l’Inde face aux incertitudes persistantes (qui pèsent) sur le commerce international", estime le gouvernement.

Le PIB par habitant de l’Inde atteignait 2.694 dollars en 2024, selon les derniers chiffres de la Banque mondiale, soit douze fois moins que les 32.487 dollars du Japon et vingt fois moins que les 56.103 dollars de l’Allemagne.

Plus d’un quart des habitants de l’Inde ont entre 10 et 26 ans, selon les données gouvernementales, mais le taux de chômage des jeunes diplômés reste très élevé.

Le Premier ministre Narendra Modi a annoncé des allégements fiscaux et des réformes du droit du travail après que la croissance économique a atteint un plus bas en quatre ans, au cours de l'exercice annuel clos le 31 mars.

La roupie indienne a atteint un niveau historiquement bas face au dollar début décembre — après avoir chuté d’environ 5% en 2025 — en raison des notamment inquiétudes persistantes liées à l’absence d’accord commercial avec Washington.