Le gouvernement britannique doit s'attaquer à l'islamophobie et à la violence contre les demandeurs d'asile

Des manifestants d'extrème-droite ont provoqué l'incendie d'un hôtel hébergeant des demandeurs d'asile, le 10 février à Knowsley, près de Liverpool (Photo, Reuters).
Des manifestants d'extrème-droite ont provoqué l'incendie d'un hôtel hébergeant des demandeurs d'asile, le 10 février à Knowsley, près de Liverpool (Photo, Reuters).
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Publié le Mercredi 22 février 2023

Le gouvernement britannique doit s'attaquer à l'islamophobie et à la violence contre les demandeurs d'asile

  • L'absence de reconnaissance de l'émeute dans un hôtel pour migrants est «choquante mais malheureusement sans surprise»
  • «Une fois de plus, le racisme, l'orientalisme et l'islamophobie ont été omis des discussions sur cette attaque de l'extrême droite»

LONDRES: Le gouvernement britannique doit accroître ses efforts dans la lutte contre l'islamophobie venue de l'extrême droite et la violence subie par les demandeurs d'asile, ont exhorté plusieurs associations caritatives dans une lettre adressée au Premier ministre, Rishi Sunak.
La lettre ouverte affirme que le gouvernement «n'a pas su faire face de manière adéquate aux dangers posés par l'islamophobie et le racisme à l'encontre des personnes vulnérables à la recherche de protection et des communautés racisées au Royaume-Uni», a rapporté The Guardian.
Elle a été rédigée par des organisations caritatives et des groupes de défense des droits de l’homme, dont le Community Policy Forum, le Refugee Council et le Joint Council for the Welfare of Immigrants.
«Etant donné que les ministres du gouvernement continuent de diffuser un discours stigmatisant les demandeurs d'asile et qu'ils mettent leur droit au refuge en doute, il est nécessaire de demander des comptes pour leur rôle dans la normalisation et l'approbation tacite des menaces auxquelles les demandeurs d'asile sont maintenant confrontés.
«Le gouvernement doit immédiatement désavouer un tel langage et s'engager à lutter contre la rhétorique d'extrême droite incitant à la haine contre les groupes minoritaires.»
L'avertissement contenu dans la lettre intervient au moment de la publication du rapport Shawcross sur le programme gouvernemental de prévention de l'extrémisme.
L'enquête a fait valoir que le programme n'avait pas réussi à se concentrer sur l'extrémisme islamiste croissant, mais qu'il avait plutôt ciblé indûment l'extrême droite.
Les associations exhortent le gouvernement à rejeter les conclusions du rapport Shawcross, soutenant qu'elles sont fondées sur «des preuves incomplètes et biaisées visant à minimiser la menace de l'extrême droite».
Le 10 février dernier à Knowsley, dans les environs de Liverpool,  plusieurs centaines de manifestants d'extrême-droite ont pris d'assaut un hôtel abritant des demandeurs d'asile. De violents affrontements entre les assaillants et les forces de l'ordre ont donné lieu à plusieurs arrestations.
«La réponse à la violence et aux intimidations dirigées contre les réfugiés a mis en évidence la normalisation de la haine d'extrême droite au Royaume-Uni», a indiqué la lettre.
Le gouvernement doit «présenter une stratégie solide pour s'attaquer aux idéologies d'extrême droite», a ajouté la lettre, en avertissant que les figures d'autorité doivent «prendre leurs distances par rapport aux déclarations des ministres du gouvernement qui normalisent et intègrent la haine de l'extrême droite contre les groupes minoritaires».
Selon la PDG du Réseau des droits des migrants, Fizza Qureshi, «l'absence de reconnaissance du rôle joué par l'islamophobie et le racisme dans l'émeute de Knowsley est choquante mais malheureusement sans surprise.»
«Au Réseau des droits des migrants, nous mettons en garde depuis un certain temps contre l'impact dévastateur que la rhétorique et les idées hostiles peuvent avoir sur les réfugiés et les migrants, et comment cela a encouragé l'extrême droite.
«Une fois de plus, le racisme, l'orientalisme et l'islamophobie ont été omis des discussions sur l'attaque d'extrême droite.
«L'extrémisme d'extrême droite et les crimes de haine envers les personnes de couleur et les musulmans sont répandus depuis plusieurs années. Nous devons donc reconnaître publiquement les préjugés qui motivent des attaques comme celles-ci et empêcher qu'elles ne se reproduisent.»
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Witkoff voit des «signaux forts» en faveur d'un accord avec l'Iran

Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
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  • "Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche
  • Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur

WASHINGTON: Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff.

"Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur.

 

 


Les alliés de Washington du G7 poussent à la désescalade

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.  "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie. "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
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  • L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran
  • A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées"

ABBAYE-DES-VAUX-DE-CERNAY: Les ministres des Affaires étrangères du Groupe G7 ont entamé jeudi, sans l'Américain Marco Rubio, une réunion près de Paris avec la volonté affichée de pousser Washington à une désescalade au Moyen-Orient sans pour autant oublier l'Ukraine.

Le secrétaire d'Etat américain rejoindra vendredi matin ses homologues à l'Abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Rambouillet, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.

L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran, qui a des répercussions économiques mondiales en raison du quasi blocage du détroit d'Ormuz par Téhéran depuis près d'un mois.

A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées".

"Nous constatons que la Russie aide l'Iran sur le plan du renseignement pour cibler des Américains, pour tuer des Américains (au Moyen-Orient), et la Russie fournit également désormais des drones à l'Iran afin que (ce pays) puisse attaquer les pays voisins ainsi que les bases militaires américaines", a-t-elle déclaré à des journalistes.

"Si l'Amérique veut que la guerre au Moyen-Orient cesse, (...) elle doit aussi exercer une pression sur la Russie afin qu'elle ne puisse pas aider (l'Iran) dans ce sens", a-t-elle souligné.

"On a des raisons de penser qu'aujourd'hui la Russie soutient les efforts militaires de l'Iran qui semblent être dirigés notamment sur des cibles américaines", a de son côté déclaré jeudi soir le ministre français Jean-Noël Barrot, lors d'une conférence de presse clôturant la première journée des discussions.

De son côté, la ministre canadienne Anita Anand a appelé le G7 à soutenir "collectivement" une désescalade au Moyen-Orient, dans un entretien à l'AFP.

"Pour le gouvernement allemand, il est très important de savoir précisément ce que nos partenaires américains comptent faire", a pour sa part souligné le ministre allemand Johann Wadephul, alors que la confusion règne sur de potentielles négociations directes entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre.

L'Iran aurait répondu à la proposition annoncée par le président américain Donald Trump, et reçue via le médiateur pakistanais, a affirmé jeudi une source citée par l'agence de presse iranienne Tasnim.

Jeudi, l'émissaire américain Steve Witkoff a quant à lui assuré qu'il existait des "signaux forts" montrant que Téhéran veut passer un accord avec les Etats-Unis.

Mercredi, la télévision d'Etat avait pourtant affirmé que l'Iran avait rejeté ce plan tandis que la Maison Blanche menaçait de déchaîner "l'enfer" sur le pays en cas d'échec des négociations.

La France, qui exerce la présidence du G7 cette année, prône elle aussi la voie diplomatique, redoutant d'être entraînée dans le conflit.

Bien que disposant de bases militaires dans les pétromonarchies du Golfe avec lesquels elle est liée par des accords de coopération de sécurité, elle a constamment souligné que sa posture était "purement défensive".

Difficile convergence de vues 

Mais cette position semble de plus en plus difficile à tenir alors que ces Etats sont visés par les frappes iraniennes, en représailles aux tirs provenant de bases américaines implantées au Moyen-Orient.

Au G7, la principale session de travail consacrée à la guerre au Moyen-Orient se tiendra vendredi.

Les chefs de la diplomatie des grands pays émergents (Inde et Brésil) ont été invités, de même que les ministres ukrainien, saoudien et sud-coréen.

L'Italie compte "promouvoir une désescalade" et assurer de "la disponibilité du gouvernement italien à contribuer aux efforts visant à garantir un passage sûr à travers le détroit d'Ormuz", selon une source diplomatique italienne.

Le Royaume-Uni et la France vont réunir cette semaine une trentaine de pays prêts à former une coalition visant à participer à la sécurisation du détroit d'Ormuz.

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.

"La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine.

Signe de la difficulté à faire converger les vues, cette réunion s'achèvera vendredi avec la publication d'un communiqué de la présidence française, plutôt qu'un communiqué conjoint, a indiqué une source diplomatique.

La ministérielle Affaires étrangères précèdera un G7 Finances et Energie avec les Banques centrales programmée lundi en visio-conférence.

 


Iran: Trump repousse son ultimatum au 6 avril

Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
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  • "A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."
  • "Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien."

"A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."

"Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.