Tunisie: Des avocats dénoncent l'arrestation «politique» du patron de Mosaïque FM

Une vue générale montre le tribunal de l'Ariana près de la capitale tunisienne Tunis le 6 juin 2022 (Photo, AFP).
Une vue générale montre le tribunal de l'Ariana près de la capitale tunisienne Tunis le 6 juin 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 23 février 2023

Tunisie: Des avocats dénoncent l'arrestation «politique» du patron de Mosaïque FM

  • Un mandat de dépôt a été émis lundi soir contre Noureddine Boutar, selon ses avocats
  • Il avait été arrêté ainsi que neuf personnalités politiques, lors d'un coup de filet lancé par les autorités début février

TUNIS: Le patron détenu de la radio tunisienne privée Mosaïque FM est poursuivi pour "blanchiment d'argent et enrichissement illégal", ont indiqué mercredi ses avocats, dénonçant un dossier "politique" en représailles à un programme critique.

Noureddine Boutar, directeur de la radio la plus écoutée en Tunisie, a été arrêté ainsi que neuf personnalités politiques lors d'un coup de filet lancé par les autorités début février.

Un mandat de dépôt a été émis lundi soir contre M. Boutar, selon ses avocats, qui avaient affirmé après son arrestation que son interrogatoire avait abordé la ligne éditoriale de la station.

Lors d'une conférence de presse mercredi, ils ont indiqué que leur client était poursuivi pour "blanchiment d'argent et enrichissement illégal".

"Ces accusations sont infondées et n'ont aucun rapport avec un quelconque crime", a souligné Me Ayoub Ghdamssi. "Ce dossier est politique par excellence".

Selon cet avocat, M. Boutar est victime de représailles du pouvoir pour le programme Midi-Show "qui dérange les autorités et leur pose un problème par ses voix libres croyant à la liberté d'expression".

Lancé en 2011, Midi-Show, programme à succès de la station qui passe en revue l'actualité politique en Tunisie, invite souvent des intervenants critiques de la politique du président Kais Saied.

Amnesty International a estimé que la récente vague d'arrestations était "une tentative délibérée visant à étouffer la contestation, notamment les critiques à l'égard du président", et exhorté ce dernier à "mettre fin à cette chasse aux sorcières motivée par des considérations politiques".

Mercredi après-midi, le secrétaire général du parti Al Joumhouri, Issam Chebbi, a été arrêté par une vingtaine de policiers en civil à Ariana, dans le Grand Tunis, a indiqué son frère Ahmed Néjib Chebbi, président du Front de salut national, principale coalition de l'opposition.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, l'opposante Chayma Issa, une responsable du FSN, a été arrêtée par des policiers en civil qui ont fouillé sa maison avant de l'emmener à la brigade de police antiterroriste de Bouchoucha à Tunis, a indiqué son père Hagui Issa.

Le président Saied, qui s'est arrogé les pleins pouvoirs depuis juillet 2021, a qualifié les personnes arrêtées de "terroristes" et les a accusées de conspirer "contre la sûreté de l'Etat" et de manipuler les prix des produits de base pour fomenter des tensions sociales.


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.