Fermées à Noël ? Les stations de ski, abasourdies, veulent encore convaincre

« Pour les amoureux de ski alpin, il est clair que les remontées mécaniques resteront fermées » (Photo, AFP)
« Pour les amoureux de ski alpin, il est clair que les remontées mécaniques resteront fermées » (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 26 novembre 2020

Fermées à Noël ? Les stations de ski, abasourdies, veulent encore convaincre

  • « On est dans l'incompréhension totale et on souhaite une clarification de la situation »
  • « Il faut absolument qu'on trouve une solution pour ouvrir (...) Les stations de ski de région font 30% de leur chiffre d'affaires à Noël »

GRENOBLE : Les stations de ski ont été prises de court par les annonces présidentielles semblant exclure une réouverture pour Noël, alors qu'une décision n'était pas attendue dans l'immédiat. Devant l'importance de l'enjeu, elle espèrent encore pouvoir infléchir la position du gouvernement.

« On est dans l'incompréhension totale et on souhaite une clarification de la situation », affirme Jean-Luc Boch, président de l'Association nationale des maires de stations de montagne (ANMSM) et de France Montagnes, organisme de promotion de la destination.

Car lundi, après une réunion avec tout le secteur, le Premier ministre Jean Castex avait parlé d'une « réponse définitive le 5 décembre ». Las, le mardi le président Emmanuel Macron dit qu'on « n'aurait pas l'autorisation d'ouvrir et d'exploiter nos domaines skiables avant le 20 janvier », constate M. Boch.

« Il y a peut-être eu une précipitation dans l'annonce du Président et elle est très préjudiciable à toute l'économie de montagne », qui pèse pour 10 milliards d'euros de retombées économiques et 120.000 emplois saisonniers, dit-il.

La « cordée montagnarde » espère pouvoir « infléchir cette position, qui nous apparaît extrêmement injuste », ajoute le responsable, qui « a demandé un rendez-vous avec le Premier ministre ».

« Il était trop tôt encore pour décider ! », renchérit la députée de la Savoie Emilie Bonnivard (LR), pointant un « couperet inacceptable ».

Avec le secteur de la montagne, « le travail va se poursuivre », a assuré mercredi à l'Assemblée nationale le secrétaire d'Etat au Tourisme Jean-Baptiste Lemoyne, afin de « voir quelles sont les activités qui pourraient être autorisées: la raquette, les jardins d'enfants en plein air... ».

Pour le PDG de la Compagnie du Mont-Blanc, « cet été, on a fait 2,3 millions de passages, jusqu'à fin octobre. On n'a eu aucun cluster ou coup de fil de l'ARS. Ca montre que le protocole fonctionne ! », assène Mathieu Dechavanne, inquiet des « conséquences désastreuses » de cette décision pour ses 1.000 salariés l'hiver.

« Désarroi » face aux « incohérences »

Même incompréhension et colère dans les Hautes-Alpes, où l'Agence de développement interpelle directement le président : « Vous autorisez l'ouverture d'établissements en lieux clos mais pas la pratique du ski, activité de plein air. Vous autorisez les déplacements entre régions pour passer Noël en famille, mais pas en station ».

« Vous mettez nos territoires de montagne en danger », écrivent ses président Patrick Ricou et directeur Yvan Chaix.

En Isère, « c'est la stupéfaction et le désarroi », dénonce Chantal Carlioz, vice-présidente du conseil départemental chargée de la montagne. De plus, « les stations suisses et autrichiennes sont ouvertes. Et certaines stations italiennes ont également annoncé leur ouverture prochaine », souligne l'élue, alors que le gouvernement parle de « coordination européenne ». 

« Comment peut-il y avoir une posture aussi radicalement opposée entre le chef de l'Etat et le chef du gouvernement ? », s'interroge Jacques Alvarez, responsable de la communication d'Altiservices, qui gère les stations de Saint-Lary et de Font Romeu-Pyrénées 2000, deux des plus grandes stations des Pyrénées.

« On reste sur le pied de guerre pour ouvrir dès qu'on nous dira que c'est possible », a déclaré Christine Massoure, directrice générale de la Compagnie des Pyrénées, qui exploite huit domaines.

Pour Renaud Muselier, président LR de la région PACA, « il faut absolument qu'on trouve une solution pour ouvrir (...) Les stations de ski de région font 30% de leur chiffre d'affaires à Noël ». « Le président de la République a dit qu'il ne pensait pas que cela était faisable avant les fêtes et bien montrons-lui que c'est faisable ! », a-t-il déclaré sur France Bleu Provence.

« Pour les amoureux de ski alpin, il est clair que les remontées mécaniques resteront fermées ». Mais « ça ne veut pas dire que la montagne est fermée », a pour sa part déclaré le chef de file des députés MoDem Patrick Mignola, élu de Savoie, plaidant pour « une communication gouvernementale sur le fait que les autres activités liées à la neige et aux autres sports de plein air (ski nordique, raquette, randonnées...) puissent être pratiquées ». 

Le protocole sanitaire, peaufiné depuis des semaines sous l'égide du préfet de la Savoie en cas de réouverture des stations, fait encore des allers-retours avec la cellule interministérielle de crise (CIC).

« Si on ouvre, la distanciation, on l'a; les médecins de montagne sont capables de réagir; nous avons un protocole de tests antigéniques réfléchi collectivement », détaille Jean-Luc Boch.

« On peut faire de la montagne un laboratoire national et montrer que quand on veut, on peut ! ».


Canicule: des températures nettement à la hausse mardi 

Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne. Un tournesol desséché en Italie, photo d'illustration. (AFP)
Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne. Un tournesol desséché en Italie, photo d'illustration. (AFP)
Short Url
  • Mardi à 05H00, Météo-France relevait déjà 27°C au Luc, dans le Var, à Nice et à l'Ile-Rousse (Corse), mais aussi 26°C à Montpellier et 25°C à Clermont-Ferrand et à Orange (Vaucluse)
  • "Les maximales sont en hausse sur l'ensemble du pays et atteignent 35°C à 37°C sur les départements placés en vigilance orange", indique le service météorologique dans son bulletin de 06H00

PARIS: Avec des températures à la hausse, le cinquième épisode caniculaire de l'année s'étend à l'ouest de la France et 43 départements vont être placés mardi à partir de midi en vigilance orange par Météo-France.

Outre les 22 départements du Centre et du Sud-Est du pays déjà à ce niveau d'alerte, 21 départements supplémentaires passeront le seuil à partir de mardi midi, de la Charente à la Manche en incluant la pointe bretonne.

Mardi à 05H00, Météo-France relevait déjà 27°C au Luc, dans le Var, à Nice et à l'Ile-Rousse (Corse), mais aussi 26°C à Montpellier et 25°C à Clermont-Ferrand et à Orange (Vaucluse).

"Les maximales sont en hausse sur l'ensemble du pays et atteignent 35°C à 37°C sur les départements placés en vigilance orange", indique le service météorologique dans son bulletin de 06H00.

Météo-France prévoit de placer 67 départements, dont Paris et sa petite couronne, en vigilance orange canicule dans la journée de mercredi.

Météo-France table sur un "pic probable de l'épisode vers le milieu de semaine".


A Toulouse, deux policiers municipaux blessés à l'arme blanche

Deux policiers municipaux ont été blessés à l'arme blanche lundi soir dans le centre de Toulouse par un homme qui a été interpellé, a annoncé le maire de la ville Jean-Luc Moudenc. Photo d'illustration. (AFP)
Deux policiers municipaux ont été blessés à l'arme blanche lundi soir dans le centre de Toulouse par un homme qui a été interpellé, a annoncé le maire de la ville Jean-Luc Moudenc. Photo d'illustration. (AFP)
Short Url
  • Des propos à caractère terroriste ont été signalés
  • Les deux policiers ont été pris en charge au CHU de Toulouse-Rangueil, a encore précisé M. Moudenc

TOULOUSE: Deux policiers municipaux ont été blessés à l'arme blanche lundi soir dans le centre de Toulouse par un homme qui a été interpellé, a annoncé le maire de la ville Jean-Luc Moudenc.

Des propos à caractère terroriste ont été signalés, a rapporté l'édile sur Facebook et sur X.

Les deux policiers ont été pris en charge au CHU de Toulouse-Rangueil, a encore précisé M. Moudenc.

Les deux agents, un homme et une femme, effectuaient une patrouille en plein coeur de Toulouse lorsqu'ils ont été agressés par un passant armé de plusieurs couteaux, selon le quotidien la Dépêche du Midi, citant l'adjoint à la Sécurité de Toulouse, Emilion Esnault.

Blessés aux bras durant l'affrontement, ils ont pu finalement maîtriser l'homme à l'aide de gaz lacrymogène, selon la même source.


En France, les canicules à répétition s'invitent dans la recherche de logement

Un piéton passe devant la tour Eiffel et l’herbe desséchée du Champ-de-Mars à Paris, le 15 juillet 2026. (AFP)
Un piéton passe devant la tour Eiffel et l’herbe desséchée du Champ-de-Mars à Paris, le 15 juillet 2026. (AFP)
Short Url
  • La chaleur devient un critère immobilier à part entière : exposition, étage, volets, ventilation, extérieur, arbres et climatisation pèsent davantage dans les choix
  • Face à des canicules plus fréquentes, les acheteurs se projettent sur le confort d’été à long terme et questionnent désormais l’habitabilité réelle des logements

PARIS: Climatisation, volets, arbres: les Français commencent à intégrer les fortes températures dans leurs critères de recherche de nouveau logement, conséquence des vagues de chaleur qui se succèdent et ne sont plus considérées comme des phénomènes isolés.

Exemple de cette évolution des comportements: Christian Tokoto, agent immobilier chez Guy Hoquet, a en vente "un appartement magnifique, avec de grandes vitres" en plein centre de Paris. Malgré "beaucoup de visites, les clients nous disent +trop chaud+, parce qu'il n'est pas traversant. Et donc, pour l'instant, il est toujours sur le marché !"

En France comme dans une grande partie de l'Europe, peu de régions échappent cet été à des températures qui dépassent régulièrement 35 voire 40°C, alors que les logements sont peu adaptés aux canicules et très rarement climatisés.

C'est le cas notamment des immeubles dits haussmanniens emblématiques de Paris, construits au XIXe siècle avec des toits en zinc ravissants sur les cartes postales mais qui chauffent fortement sous l'effet de la chaleur et du soleil.

"Au dernier étage d'un immeuble haussmannien la chaleur à l'intérieur devient vraiment insupportable", observe auprès de l'AFP Joseph Denke, agent immobilier chez FredéLion à Paris.

Il constate une évolution des critères depuis quelques mois, notamment une baisse de la demande pour l'exposition sud synonyme de soleil.

- Horizon "10-15 ans" -

La chaleur ressentie lors de la visite d'un studio de 14 m2 fait d'ailleurs douter un de ses clients, Camille Couturier, 30 ans. "Etre sous les toits c'est quelque chose qui peut être inquiétant, qui pourrait être un point négatif à l'appartement", relève-t-il à côté de la fenêtre ouverte du logement non-traversant.

En achetant un appartement, il se projette "au moins à 10-15 ans" et s'inquiète donc de savoir s'il pourra "utiliser cet appartement de manière vivable" ou "devoir fuir comme tout le monde parce qu'il fait trop chaud".

Alors que l'Europe occidentale a connu son début d'été le plus chaud enregistré selon l'observatoire européen du changement climatique, un logement sur deux en France serait une bouilloire thermique, surnom donné aux habitations qui se réchauffent très vite, estime le cabinet Pouget Consultants et Ignes.

Pour Sophie Bourg, directrice marketing de la plateforme d'annonces leboncoin immobilier, les canicules ne sont plus perçues par les Français "comme des épiphénomènes" mais "sont vraiment intégrées comme étant structurelles dans les choix résidentiels". "La fraîcheur, le confort d'été sont devenus un critère immobilier à part entière", assure-t-elle.

Un tiers des répondants à un sondage mené en ligne par la société en juin disaient ne pas exclure de déménager si les canicules s'intensifient.

- "Plus un tabou" -

Exposition, étage, piscine, volets, possibilité de faire des courants d'air, espaces extérieurs, terrasse ombragée et même présence d'arbres dans le quartier font désormais partie des critères et discussions que les professionnels de l'immobilier interrogés par l'AFP voient émerger.

Quant à la climatisation, sa possible généralisation a fait l'objet d'intenses débats politiques en France en début d'été, car elle est vue par certains comme un simple remède à l'inaction face au changement climatique et provoque des rejets de chaleur à l'extérieur.

Mais lors des recherches de logement, "ce n'est plus du tout un tabou", tranche Yann Jéhanno, président du réseau immobilier Laforêt.

"Les acquéreurs ne regardent plus seulement le logement, mais plutôt son habitabilité. Ils ne vont plus se contenter seulement du diagnostic de performance énergétique, mais interroger les agents immobiliers avec des questions très concrètes sur la température pendant la dernière vague de chaleur, s'il est possible d'aérer la nuit, si on dort bien dans les chambres", détaille-t-il.