Les fonds détournés de la banque centrale du Liban ont été transférés en Suisse

Le gouverneur de la Banque centrale du Liban, Riad Salameh, pose lors d'une séance photo en studio dans la capitale Beyrouth, le 20 décembre 2021.  (Photo de Joseph EID / AFP)
Le gouverneur de la Banque centrale du Liban, Riad Salameh, pose lors d'une séance photo en studio dans la capitale Beyrouth, le 20 décembre 2021. (Photo de Joseph EID / AFP)
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Publié le Dimanche 26 février 2023

Les fonds détournés de la banque centrale du Liban ont été transférés en Suisse

  • Ces révélations viennent dans le sillage de nouvelles poursuites engagées jeudi par un juge libanais contre Riad Salamé, déjà au coeur de plusieurs enquêtes judiciaires dans le pays en plein effondrement financier
  • Malgré les nombreuses plaintes, convocations, enquêtes et une interdiction de voyager émise à son encontre il y a un an, il refuse de se présenter devant la justice

GENÈVE : Une bonne partie des 300 à 500 millions de dollars que le gouverneur de la banque centrale du Liban est accusé d'avoir détournés, ont atterri sur les comptes de 12 banques suisses, affirme dimanche l'hebdomadaire suisse SonntagsZeitung.

Ces révélations viennent dans le sillage de nouvelles poursuites engagées jeudi par un juge libanais contre Riad Salamé, déjà au coeur de plusieurs enquêtes judiciaires dans le pays en plein effondrement financier.

Riad Salamé, son frère Raja et son ancienne assistante Marianne Hoayek sont notamment poursuivis pour «détournement de fonds publics» et «blanchiment d'argent», avait indiqué une source judiciaire à l'AFP jeudi.

Le gouverneur de la Banque du Liban (BDL) est déjà la cible d'une série d'enquêtes judiciaires, aussi bien dans le pays qu'à l'étranger, liées à des soupçons de blanchiment d'argent et d'«enrichissement illicite».

Il nie catégoriquement toutes les accusations à son encontre. Malgré les nombreuses plaintes, convocations, enquêtes et une interdiction de voyager émise à son encontre il y a un an, il refuse de se présenter devant la justice.

Selon SonntagsZeitung, 250 millions de dollars ont été déposés sur le compte personnel de Raja Salamé auprès de la filiale HSBC à Genève.

D'autres sommes ont atterri chez UBS, Credit Suisse, Julius Baer, EFG et Pictet, précise encore l'hebdomadaire.

Les transactions ont été opérés grâce au truchement d’une société offshore enregistrée aux îles Vierges britanniques, nommée Forry Associates et créée en 2001, explique-t-il.

Des «sommes considérables» auraient ensuite transité pour acheter des biens immobiliers dans plusieurs pays européens.

Le parquet fédéral suisse a engagé des poursuites pénales pour suspicion grave de blanchiment d'argent en octobre 2020 et la procédure est toujours en cours.

Selon l'hebdomadaire, des millions de dollars de fonds ont déjà été gelés, mais le parquet fédéral ne fournit pas de chiffre.

L'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (Finma) mène également «depuis des mois» des enquêtes préliminaires sur 12 banques suisses. Un porte-parole a confirmé à la SonntagsZeitung qu'une procédure a été engagée contre deux institutions financières dans le «contexte libanais». Les noms des banques n'ont pas été rendus publics.

En 2021, le Liban a ouvert une enquête concernant le patrimoine de Riad Salamé, après une demande d'aide du procureur général en Suisse dans le cadre d'investigations concernant plus de 300 millions de dollars de mouvements de fonds opérés par le gouverneur et son frère Raja.

Arrivé à la tête de la BDL en 1993, Riad Salamé, 72 ans, est accusé par de nombreux Libanais, comme une grande partie de la classe politique du pays, de corruption et d'être l'un des principaux responsables de la grave crise économique et financière que connaît le Liban.


Liban: une frappe israélienne endommage un site protégé par l'Unesco à Tyr

 Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes. (AFP)
Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes. (AFP)
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  • Les frappes de dimanche ont causé "le plus grand dommage au site depuis le début de la guerre", a indiqué à l'AFP de son côté Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban
  • Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco avec deux sites protégés

TYR: Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes.

"Je lance un appel pour éviter de cibler les sites archéologiques du pays (..) en particulier les ruines de Tyr qui sont dans le patrimoine commun de l'humanité", a déclaré Ghassan Salamé à l'AFP.

Les frappes de dimanche ont causé "le plus grand dommage au site depuis le début de la guerre", a indiqué à l'AFP de son côté Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban.

Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco avec deux sites protégés.

Cette ville est la cible d'une campagne de frappes israéliennes depuis le début de la guerre avec le Hezbollah le 2 mars.

L'armée israélienne avait émis un nouvel ordre d'évacuation dimanche pour une zone qui inclut l'un des deux sites, comprenant des vestiges romains, avant de mener des frappes.

Des correspondants de l’AFP ont pu voir une partie de la zone proche des colonnes antiques recouverte de débris, fragments de métal tordu, branches d’arbres brisées.

Des gravats de béton et de métal parsèment un escalier de pierre menant à l’intérieur du site.

"L'ampleur des débris et des dégâts dans le site est importante", selon Ali Badaoui.

Les frappes se sont abattues sur des bâtiments avoisinants et l'une a touché un bureau administratif du site, rapporte le responsable.

"Certains artéfacts archéologiques ont été endommagés lorsque des gravats les ont atteints, car une pluie de débris est tombée sur un vaste périmètre", visant "colonnes, chapiteaux, bases de colonnes, mosaïques", énumère-t-il.

Ghassan Salamé a souligné que que les autorités évalueraient les dégâts "dès qu'un cessez-le-feu aura lieu ou que nous pourront avoir accès aux ruines sans mettre en danger la vie de nos archéologues".

Il a souligné qu'Israël "ne respecte pas" la Convention de la Haye qui oblige à préserver les biens culturels en cas de conflit armé, ni les "Boucliers bleus", un emblème symbolique mis en place par un comité lié à l'Unesco pour protéger le site de Tyr.

Depuis une précédente guerre entre Israël et le Hezbollah en 2023-2024, l’Unesco a placé plus de 70 sites patrimoniaux au Liban, dont Tyr, sous " protection renforcée provisoire".

Le site de Tyr "est un site civil, un site inscrit au patrimoine mondial, ce n’est absolument pas un site militaire, et il n’y a aucune activité militaire sur place", a assuré M. Badaoui.

L’autre site protégé de Tyr, El‑Bass, a aussi été endommagé depuis le début de la guerre le 2 mars, a-t-il ajouté.


L'armée israélienne dit qu'elle poursuivra ses opérations «dans tout le Liban»

L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. (AFP)
L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. (AFP)
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  • "Nous avons frappé (la banlieue sud de Beyrouth) en réaction aux tirs incessants du Hezbollah sur les localités du nord" d'Israël, a déclaré le général de brigade Effie Defrin
  • "Tsahal poursuivra ses opérations dans tout le Liban et intensifiera ses coups portés sur l'organisation terroriste Hezbollah"

JERUSALEM: L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth.

"Nous avons frappé (la banlieue sud de Beyrouth) en réaction aux tirs incessants du Hezbollah sur les localités du nord" d'Israël, a déclaré le général de brigade Effie Defrin.

"Tsahal poursuivra ses opérations dans tout le Liban et intensifiera ses coups portés sur l'organisation terroriste Hezbollah", a-t-il ajouté, "nous ne permettrons pas la poursuite de tirs visant les citoyens de l'Etat d'Israël".


L'armée israélienne annonce un nouveau barrage de missiles iraniens

Des colons israéliens posent pour une photo à côté d'une roquette tombée et à demi enfouie dans le sol, dans la banlieue de Jéricho, le 8 juin 2026, à la suite d'attaques menées par l'Iran et les rebelles houthis soutenus par l'Iran. (AFP)
Des colons israéliens posent pour une photo à côté d'une roquette tombée et à demi enfouie dans le sol, dans la banlieue de Jéricho, le 8 juin 2026, à la suite d'attaques menées par l'Iran et les rebelles houthis soutenus par l'Iran. (AFP)
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  • L'armée israélienne a de nouveau fait état lundi matin d'un barrage de missiles tirés par l'Iran en direction du territoire israélien
  • "Il y a peu, l'armée israélienne a identifié des missiles tirés depuis l'Iran en direction du territoire de l'Etat d'Israël. Les systèmes de défense sont en action pour intercepter la menace"

JERUSALEM: L'armée israélienne a de nouveau fait état lundi matin d'un barrage de missiles tirés par l'Iran en direction du territoire israélien.

"Il y a peu, l'armée israélienne a identifié des missiles tirés depuis l'Iran en direction du territoire de l'Etat d'Israël. Les systèmes de défense sont en action pour intercepter la menace", a écrit l'armée sur Telegram.