Rencontre entre la Serbie et le Kosovo, sous pression de l'UE pour un accord

La question du Kosovo reste obsessionnelle pour une partie des 6,7 millions de Serbes, qui considèrent le territoire comme leur berceau national et religieux, là où des batailles cruciales ont été livrées au cours des siècles. (Photo, AFP)
La question du Kosovo reste obsessionnelle pour une partie des 6,7 millions de Serbes, qui considèrent le territoire comme leur berceau national et religieux, là où des batailles cruciales ont été livrées au cours des siècles. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 27 février 2023

Rencontre entre la Serbie et le Kosovo, sous pression de l'UE pour un accord

  • «Nous attendons des deux parties (qu'elles aient) la volonté de faire les compromis nécessaires», a déclaré le porte-parole de Josep Borrell, Peter Stano
  • Ces pourparlers font suite à une intense navette diplomatique destinée à relancer les espoirs d'élimination des tensions entre Belgrade et Pristina

BRUXELLES: Le chef de la diplomatie de l'Union européenne Josep Borrell reçoit lundi à Bruxelles les dirigeants de la Serbie et du Kosovo avec l'espoir de parvenir à une normalisation de facto des relations entre ces anciens ennemis.

"Nous attendons des deux parties (qu'elles aient) la volonté de faire les compromis nécessaires", a déclaré le porte-parole de Josep Borrell, Peter Stano.

"Jusqu'à présent, nous avons été en mode de crise permanente, à gérer les problèmes créés par l'une ou l'autre partie", a-t-il rappelé au cours du point presse quotidien de l'exécutif européen.

"Nous avons toujours dit que l'avenir européen de la Serbie et du Kosovo dépendait des progrès réalisés dans le dialogue destiné à la normalisation de leurs relations", a-t-il insisté, appelant les dirigeants de la Serbie et du Kosovo a adopter un "comportement d'Européens".

Avant de quitter Belgrade, le président serbe Aleksandar Vucic a tenu à répondre par avance à ses détracteurs.

"A ceux qui se préparent à nous attaquer à l'avance parce que nous allons signer quelque chose qui fera de nous des traîtres (...) et aux autres, qui disent que si nous ne signons pas quelque chose, nous sommes néanmoins coupables car nous ramenons le pays dans les années 1990, je dirai simplement : ne vous inquiétez pas. Il n'y aura pas de capitulation et nous ne retournerons pas non plus aux années 1990", a-t-il assuré.

Le président serbe et le Premier ministre kosovar Albin Kurti auront d'abord chacun un entretien bilatéral avec Josep Borrell avant une réunion trilatérale, a précisé Peter Stano.

Ces pourparlers font suite à une intense navette diplomatique destinée à relancer les espoirs d'élimination des tensions entre Belgrade et Pristina, toujours vivaces près de 25 ans après une guerre meurtrière entre rebelles indépendantistes albanais et forces serbes. Un conflit qui prit fin avec une campagne de bombardements de l'Otan.

La Serbie refuse de reconnaître l'indépendance proclamée en 2008 par son ancienne province dont la population d'1,8 million d'habitants très majoritairement d'origine albanaise compte une minorité serbe d'environ 120.000 personnes. Les relations entre Belgrade et Pristina vont de crise en crise depuis des années.

La semaine dernière, Albin Kurti a déclaré au Parlement kosovar que le projet actuellement dans les tuyaux pourrait ouvrir la voie à l'accès du territoire à toute une série d'institutions internationales, ce que Pristina réclame de longue date.

"Je crois que la prochaine réunion montrera combien nous pouvons être pleins d'espoir cette année", a-t-il dit aux députés.

"Je suis très optimiste sur le fait qu'un accord puisse être conclu cette année".

Gare aux conséquences

De son côté, le président serbe a publiquement déclaré le mois dernier avoir reçu un ultimatum des pays occidentaux pour normaliser les relations avec le Kosovo, faute de quoi la Serbie s'exposerait à de graves conséquences.

"Ils ont dit : tu dois accepter ce plan ou alors tu devras faire face à une interruption du processus européen d'adhésion, à l'arrêt et au retrait des investissements ainsi qu'à une série de mesures économiques et politiques qui feront beaucoup de mal à la République de Serbie", a-t-il assuré.

Ces événements surviennent sur fond de guerre en Ukraine, un conflit qui mobilise beaucoup la diplomatie occidentale et fait craindre que Moscou ne tente de se servir du Kosovo pour davantage diviser l'Europe.

Un haut responsable européen a accusé vendredi devant la presse la Russie de vouloir faire dérailler les discussions entre les deux parties.

Le plan préparé par l'UE n'a pas été rendu public et on ignore comment Belgrade et Pristina pourraient le présenter à leurs opinions publiques respectives.

La question du Kosovo reste obsessionnelle pour une partie des 6,7 millions de Serbes qui considèrent ce territoire comme leur berceau national et religieux, là où des batailles cruciales ont été livrées au cours des siècles.

Beaucoup de membres de la minorité serbe au Kosovo refusent toute loyauté à Pristina avec les encouragements de Belgrade. C'est particulièrement vrai dans le nord, près de la frontière avec la Serbie, théâtre de heurts fréquents, de manifestations et parfois de violences.


Witkoff voit des «signaux forts» en faveur d'un accord avec l'Iran

Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
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  • "Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche
  • Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur

WASHINGTON: Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff.

"Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur.

 

 


Les alliés de Washington du G7 poussent à la désescalade

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.  "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie. "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
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  • L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran
  • A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées"

ABBAYE-DES-VAUX-DE-CERNAY: Les ministres des Affaires étrangères du Groupe G7 ont entamé jeudi, sans l'Américain Marco Rubio, une réunion près de Paris avec la volonté affichée de pousser Washington à une désescalade au Moyen-Orient sans pour autant oublier l'Ukraine.

Le secrétaire d'Etat américain rejoindra vendredi matin ses homologues à l'Abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Rambouillet, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.

L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran, qui a des répercussions économiques mondiales en raison du quasi blocage du détroit d'Ormuz par Téhéran depuis près d'un mois.

A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées".

"Nous constatons que la Russie aide l'Iran sur le plan du renseignement pour cibler des Américains, pour tuer des Américains (au Moyen-Orient), et la Russie fournit également désormais des drones à l'Iran afin que (ce pays) puisse attaquer les pays voisins ainsi que les bases militaires américaines", a-t-elle déclaré à des journalistes.

"Si l'Amérique veut que la guerre au Moyen-Orient cesse, (...) elle doit aussi exercer une pression sur la Russie afin qu'elle ne puisse pas aider (l'Iran) dans ce sens", a-t-elle souligné.

"On a des raisons de penser qu'aujourd'hui la Russie soutient les efforts militaires de l'Iran qui semblent être dirigés notamment sur des cibles américaines", a de son côté déclaré jeudi soir le ministre français Jean-Noël Barrot, lors d'une conférence de presse clôturant la première journée des discussions.

De son côté, la ministre canadienne Anita Anand a appelé le G7 à soutenir "collectivement" une désescalade au Moyen-Orient, dans un entretien à l'AFP.

"Pour le gouvernement allemand, il est très important de savoir précisément ce que nos partenaires américains comptent faire", a pour sa part souligné le ministre allemand Johann Wadephul, alors que la confusion règne sur de potentielles négociations directes entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre.

L'Iran aurait répondu à la proposition annoncée par le président américain Donald Trump, et reçue via le médiateur pakistanais, a affirmé jeudi une source citée par l'agence de presse iranienne Tasnim.

Jeudi, l'émissaire américain Steve Witkoff a quant à lui assuré qu'il existait des "signaux forts" montrant que Téhéran veut passer un accord avec les Etats-Unis.

Mercredi, la télévision d'Etat avait pourtant affirmé que l'Iran avait rejeté ce plan tandis que la Maison Blanche menaçait de déchaîner "l'enfer" sur le pays en cas d'échec des négociations.

La France, qui exerce la présidence du G7 cette année, prône elle aussi la voie diplomatique, redoutant d'être entraînée dans le conflit.

Bien que disposant de bases militaires dans les pétromonarchies du Golfe avec lesquels elle est liée par des accords de coopération de sécurité, elle a constamment souligné que sa posture était "purement défensive".

Difficile convergence de vues 

Mais cette position semble de plus en plus difficile à tenir alors que ces Etats sont visés par les frappes iraniennes, en représailles aux tirs provenant de bases américaines implantées au Moyen-Orient.

Au G7, la principale session de travail consacrée à la guerre au Moyen-Orient se tiendra vendredi.

Les chefs de la diplomatie des grands pays émergents (Inde et Brésil) ont été invités, de même que les ministres ukrainien, saoudien et sud-coréen.

L'Italie compte "promouvoir une désescalade" et assurer de "la disponibilité du gouvernement italien à contribuer aux efforts visant à garantir un passage sûr à travers le détroit d'Ormuz", selon une source diplomatique italienne.

Le Royaume-Uni et la France vont réunir cette semaine une trentaine de pays prêts à former une coalition visant à participer à la sécurisation du détroit d'Ormuz.

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.

"La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine.

Signe de la difficulté à faire converger les vues, cette réunion s'achèvera vendredi avec la publication d'un communiqué de la présidence française, plutôt qu'un communiqué conjoint, a indiqué une source diplomatique.

La ministérielle Affaires étrangères précèdera un G7 Finances et Energie avec les Banques centrales programmée lundi en visio-conférence.

 


Iran: Trump repousse son ultimatum au 6 avril

Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
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  • "A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."
  • "Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien."

"A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."

"Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.