Israël tempère la violence des colons, «insuffisant» selon les Palestiniens

Le Premier ministre palestinien, Mohammed Chtayyeh, évalue les dégâts après une attaque de colons à Huwara le 1er mars (Photo, AP).
Le Premier ministre palestinien, Mohammed Chtayyeh, évalue les dégâts après une attaque de colons à Huwara le 1er mars (Photo, AP).
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Publié le Jeudi 02 mars 2023

Israël tempère la violence des colons, «insuffisant» selon les Palestiniens

  • Un général israélien a qualifié les émeutes des colons de pogroms «menés par des hors-la-loi»
  • «Nous voyons là un crime orchestré par le gouvernement israélien et exécuté par les colons», a martèlé le Premier ministre palestinien

RAMALLAH: La police israélienne a arrêté 10 personnes mercredi en relation avec un carnage meurtrier perpétré par des colons dans une ville palestinienne de Cisjordanie occupée.
Les arrestations ont eu lieu après trois jours d'inaction à la suite de l'incident de lundi à Hawara, où un Palestinien est mort alors que des centaines de colons incendiaient des voitures et des maisons. Des évènements qui ont suscité des critiques sans précédent de la part du chef militaire israélien, le plus haut placé dans la région.
Le major général Yehuda Fuchs, chef du commandement central de l'armée israélienne, a déclaré que ses forces s'étaient préparées à l'éventualité d'une attaque de colons, mais qu'elles avaient été surprises par l'intensité de la violence.
Il a indiqué que le saccage était un incident «honteux» perpétré par des contrevenants à la loi qui «n'ont pas agi selon les valeurs avec lesquelles j'ai grandi, ni selon les valeurs de l'État d'Israël, ni selon les valeurs du judaïsme.»
«L’incident à Hawara était un pogrom perpétré par des hors-la-loi», a-t-il affirmé. «Nous n'étions pas préparés à un Pogrom de cette ampleur, avec plusieurs dizaines de personnes.»
Pogrom est un mot qui décrit un acte organisé de violence de masse visant un groupe ethnique ou religieux particulier. Ce terme a été utilisé pour désigner les attaques ethniques collectives contre les Juifs en Europe de l’Est au XIXe et au début du XXe siècle.

Une vue de voitures incendiées lors d'une attaque de colons israéliens, suite à un incident au cours duquel un tireur palestinien a tué deux colons israéliens, près de Hawara, en Cisjordanie occupée par Israël, le 27 février 2023 (Photo, Reuters).

«Nous sommes actuellement dans une période sans coordination sécuritaire avec l'Autorité palestinienne. Nous verrons ce qui se passera dans les prochains jours», a ajouté Fuchs.
Les magasins de Hawara sont restés fermés mercredi, sur ordre de l'armée, au milieu d'une forte présence militaire israélienne.
En visite dans la ville, le Premier ministre palestinien, Mohammed Chtayyeh, a déclaré que les arrestations n'étaient pas suffisantes. «Nous assistons à un crime organisé perpétré par le gouvernement israélien et exécuté par les colons.»
Le maire de Hawara, Mueen al-Dumaidi, a déclaré à Arab News que Chtayyeh était venu faire le point sur la situation et évaluer les dégâts. Les personnes qui ont perdu leurs biens lors des attaques des colons demandent une compensation de l'Autorité palestinienne, notamment de nouvelles maisons. Chtayyeh a formé un comité pour évaluer les pertes et a promis que le gouvernement aiderait les gens dans la mesure de ses capacités.
«Il y a 52 familles dont les maisons ont été complètement brûlées, 40 voitures ont été incendiées, en plus de la destruction des biens de la municipalité, de deux camions et d'un bulldozer», a dévoilé Al-Dumaidi.
Il a mentionné que l'armée israélienne avait divisé la ville en cinq zones de sécurité et interdit aux habitants de se déplacer entre ces zones. Des troupes ont été déployées sur les toits le long de la rue principale pour empêcher les affrontements entre Palestiniens et colons.
Les gens étaient saisis par la peur et la panique, a révélé Al-Dumaidi, et les colons avaient tenté d'attaquer une maison mercredi. «Maintenant, après que le monde a condamné l'échec de l'armée israélienne à empêcher les colons d'attaquer les Palestiniens, les Israéliens admettent leur erreur», a-t-il noté.
Il a qualifié la situation à Hawara de «terrible», précisant que l'armée israélienne a divisé la ville en cinq zones de sécurité et interdit aux résidents de se déplacer entre elles. Des troupes sont déployées sur les toits le long de la rue principale de la ville afin de prévenir toute friction ou tout affrontement entre les résidents et les colons.
Les Palestiniens ont formé des comités de protection à Hawara qui restent éveillés toute la nuit pour protéger les maisons et les biens de la ville contre de nouvelles attaques. Al-Dumaidi a affirmé que le travail des membres du comité est de prévenir les résidents de toute attaque, et non de s'engager dans un combat.
Entre-temps, des sources palestiniennes et israéliennes ont exprimé leurs craintes de voir la violence éclater à nouveau en Cisjordanie avant le début du mois sacré du Ramadan, qui commence dans environ trois semaines.

Une vue aérienne montre un bâtiment et des voitures incendiés lors d'une attaque de colons israéliens près de la ville palestinienne de Hawara, en Cisjordanie occupée par Israël, le 27 février 2023 (Photo, Reuters).

Amer Hamdan, un militant des droits de l'homme de Naplouse, a déclaré à Arab News qu'il avait remarqué un changement apparent dans le comportement de l'armée israélienne envers les Palestiniens depuis l'arrivée au pouvoir du nouveau gouvernement israélien de droite fin décembre. Les soldats tolèrent les attaques des colons contre les Palestiniens, a-t-il évoqué.
«Si l'armée avait l'intention d'agir, elle agirait rapidement et traiterait fermement les colons avant qu'ils ne puissent commettre leurs incendies criminels», a-t-il ajouté.
Hamdan a confié qu'il évitait de se rendre à Ramallah depuis les dernières attaques de colons, de peur d'être pris pour cible par des colons ou des soldats aux points de contrôle militaires qui jalonnent la route.
«Je ne veux pas être le prochain martyr», a-t-il poursuivi.
Par ailleurs, les forces israéliennes ont fait une descente dans la communauté bédouine de Humsa, dans le gouvernorat de Tubas, au nord de la vallée du Jourdain, et ont démoli des maisons, selon Moataz Bicharat, responsable de la zone.
Hussein al-Cheikh, chef du comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine, a déclaré que le projet de loi sur la peine de mort pour les prisonniers palestiniens reconnus coupables de terrorisme, qui passe par la Knesset israélienne, reflète une approche imprégnée de «racisme et de pensée coloniale». Cette loi soutenue par le gouvernement a été adoptée en lecture préliminaire par le Parlement israélien mercredi.
Al-Cheikh a affirmé que la partie qui devrait être jugée pour ses crimes est l'occupation, et non le peuple qui souffre sous les occupants et leur oppression.
La faction ultranationaliste du Pouvoir juif du ministre de la Sécurité publique, Itamar Ben-Gvir, a fait la promotion du projet de loi sur la peine de mort comme moyen de dissuader les éventuels agresseurs palestiniens, après une flambée de violence de plus d'un an qui ne montre aucun signe d'apaisement.
Ses détracteurs assurent que la peine de mort est immorale, contraire aux principes juifs et qu'elle n'aura aucun effet dissuasif.
Le projet de loi autoriserait la peine de mort pour une personne ayant tué un Israélien «comme un acte motivé par le racisme ou l'hostilité envers le public» et «dans le but de nuire à l'État d'Israël et à la renaissance du peuple juif sur sa terre».
Limor Son Har-Melech, le législateur ultranationaliste des colons qui a proposé ce projet de loi, a déclaré à la radio publique Kan qu’«il est juste et très moral que quelqu'un qui assassine des Juifs, simplement parce qu'ils sont Juifs» soit condamné à mort.
Le projet de loi a été adopté par un vote de 55-9 en lecture préliminaire. La plupart des membres de l'opposition, ainsi que certains des alliés ultra-orthodoxes de Netanyahou, n'étaient pas présents lors du vote.
(Avec AP)
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


« Les calculs à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien

« Les calculs politiques à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien. (Photo ONU)
« Les calculs politiques à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien. (Photo ONU)
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  • Ibrahim Olabi déclare au Conseil de sécurité de l’ONU qu’Israël a frappé la base aérienne d’Abu Al-Duhur à huit reprises et que les incursions et les « actes d’agression » se poursuivent, notamment les enlèvements, les bombardements et d’autres violations
  • La Syrie se trouve « à un moment charnière » alors que des millions de personnes déplacées rentrent enfin chez elles, a déclaré le coordinateur adjoint des secours d’urgence de l’ONU, mais « ce retour ne signifie pas la fin des besoins humanitaires », a-t

NEW YORK : Les frappes militaires et les incursions israéliennes poussent la région vers la catastrophe, a déclaré jeudi au Conseil de sécurité de l’ONU le représentant permanent de la Syrie auprès de l’ONU, Ibrahim Olabi. 

« La région tout entière se trouve au seuil d’une guerre régionale qui n’épargnerait personne », a-t-il déclaré, en raison des « calculs électoraux étroits du Premier ministre israélien ». 

Ses remarques interviennent alors que de hauts responsables de l’ONU ont informé le Conseil de la situation humanitaire en Syrie et de l’avancement de la transition politique post-Assad. 

Israël a mené huit frappes aériennes contre la base aérienne d’Abu Al-Duhur, a poursuivi ses incursions sur le territoire syrien et a persisté dans des « actes d’agression, notamment des enlèvements, des bombardements et des violations » qui « ne cessent pas », a déclaré M. Olabi. 

Il a critiqué « l’attitude irresponsable » du ministre israélien de la Défense, Israel Katz, qui s’est rendu cette semaine auprès des troupes israéliennes du côté syrien du mont Hermon et a déclaré qu’elles y resteraient indéfiniment, qualifiant cela de « défi flagrant à la légitimité internationale et aux résolutions de ce Conseil ». 

Il a indiqué que la Syrie s’engageait sérieusement dans les efforts diplomatiques menés sous l’égide des États-Unis visant à désamorcer l’escalade, mais a averti que « tous les efforts internationaux et régionaux déployés depuis des mois pour assurer la sécurité et la stabilité dans la région risquent désormais d’être réduits à néant par les illusions qui n’existent que dans l’imagination d’un gouvernement imprudent et extrémiste ». 

Les attaques israéliennes « ne nous feront pas changer de cap », a ajouté M. Olabi, ni « le choix de la Syrie en faveur de la stabilité », qui, selon lui, ne peut être réalisé que si Israël met fin à ses attaques, cesse ses incursions, se conforme pleinement à l’accord de désengagement de 1974 et se retire des territoires qu’il occupe depuis le 8 décembre 2024. 

Abordant la question du Golan occupé, M. Olabi a cité la résolution 497 du Conseil de sécurité, adoptée en 1981, et en a rappelé la conclusion selon laquelle la « décision d’Israël d’imposer ses lois, sa juridiction et son administration dans le Golan syrien occupé » était « nulle et non avenue, et sans effet juridique international ». 

Il a noté qu’une résolution de l’Assemblée générale adoptée ce mois-ci, réaffirmant ce principe, avait recueilli le soutien de 123 États, contre 97 auparavant. 

M. Olabi a exposé sa vision de ce qu’il a qualifié de tournant pour la Syrie. Il a notamment mis en avant trois événements marquants survenus ce mois-ci. Premièrement, la visite du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à Damas, qui, selon lui, a mis fin à « une ère de tensions entre les Nations unies et la Syrie » au profit d’« une nouvelle phase […] placée sous le signe du partenariat ». 

Deuxièmement, la visite du Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, qui a marqué ce qu’il a qualifié de fin de « l’ère des déplacements et des réfugiés » et le début d’une ère de « retour », plus de 3 millions de Syriens étant déjà rentrés chez eux. 

Et troisièmement, la visite de Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, qui, selon lui, a ouvert «une nouvelle phase de coopération plus large» après «l’ère de l’ambiguïté». 

M. Olabi s’est également félicité de la décision prise cette semaine par les États-Unis de retirer la Syrie de leur liste des États soutenant le terrorisme après 47 ans, et a remercié le président Donald Trump. 

Il a évoqué le réchauffement des relations avec la Russie, la Chine et le Pakistan, et a souligné que l’intégration et la dissolution complètes des Forces démocratiques syriennes au sein de l’Armée arabe syrienne constituaient la preuve d’« un véritable processus d’intégration nationale […] fondé sur l’égalité entre les citoyens et non sur des quotas sectaires ». 

Il a cité une série de signes de reprise économique en Syrie : la reprise des vols internationaux vers l’Allemagne ; de nouveaux systèmes de paiement électronique ; les préparatifs en vue de sortir de la « liste grise » du Groupe d’action financière (GAFI), qui recense les pays présentant des faiblesses reconnues dans leurs efforts de lutte contre le blanchiment d’argent et d’autres crimes financiers ; et la réouverture du salon commercial de la Foire internationale de Damas. 

Pour les Syriens, « le rétablissement d’un vol direct ou l’ouverture d’un compte bancaire… ce ne sont pas des détails mineurs ; ce sont au contraire des signes du retour à la vie elle-même », a déclaré M. Olabi. 

Il a également noté que les tribunaux avaient rendu des jugements à l’encontre de l’ancien président syrien, Bachar al-Assad, de son frère Maher et d’autres membres de l’ancien régime pour des crimes commis contre des citoyens syriens, et a remercié le Liban d’avoir extradé un ancien officier recherché. 

Moment charnière

Lors d’un point d’information au Conseil sur la situation humanitaire en Syrie, Indrika Ratwatte, secrétaire général adjoint par intérim et coordinateur adjoint des secours d’urgence, a déclaré que le pays se trouvait « à un moment charnière », avec près de 2 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays et plus de 1,7 million de réfugiés ayant regagné leur foyer depuis la chute du régime d’Assad en décembre 2024. 

Il a toutefois averti que « le retour ne signifie pas la fin des besoins humanitaires », soulignant que plus de 5,5 millions de personnes restent déplacées à l’intérieur du pays, dont 833 000 vivent dans plus de 1 200 camps. 

Il a indiqué que les engins explosifs avaient fait plus de 2 400 victimes, dont 865 morts, depuis décembre 2024, et que l’appel humanitaire international en faveur de la Syrie n’était financé qu’à hauteur de 30 %. 

« C’est précisément le moment où les investissements peuvent transformer des progrès fragiles en une reprise durable », a déclaré M. Ratwatte, appelant à un financement soutenu, à un soutien aux rapatriés et à des efforts pour « empêcher la Syrie d’être entraînée dans un conflit régional ». 

S’exprimant depuis Damas, le représentant spécial adjoint pour la Syrie, Claudio Cordone, s’est félicité de la décision américaine de lever la désignation de la Syrie comme «État soutenant le terrorisme », et a cité une projection du Fonds monétaire international prévoyant «une croissance à deux chiffres en 2026» pour le pays. 

Il a toutefois averti que « la pauvreté généralisée et la recrudescence de l’inflation signifient que les conditions restent très difficiles pour la plupart des Syriens ». 

M. Cordone a également fait part de ses inquiétudes concernant la poursuite des opérations militaires israéliennes dans le sud de la Syrie, « notamment les incursions terrestres répétées, les perquisitions domiciliaires et la destruction de biens privés et agricoles », et a déclaré que la présence d’Israël à l’est de la ligne de cessez-le-feu « violait la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie ». 

Il a condamné la frappe israélienne du 18 août contre la base aérienne d’Abu Al-Duhur, dans le gouvernorat d’Idlib, et s’est félicité des « récents contacts directs entre Israël et la Syrie et des pourparlers en Jordanie », ainsi que des efforts de médiation américains. Il a également soulevé un certain nombre de préoccupations d’ordre national, notamment des informations faisant état de décès en détention et de disparitions, et a exhorté les autorités syriennes à instaurer « un moratoire sur toutes les exécutions ».


Syrie: le président Chareh fait du chef kurde Mazloum Abdi l'un de ses conseillers

Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas. (AFP)
Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas. (AFP)
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  • M. Abdi, connu sous plusieurs noms, a été pendant des années le chef des FDS, un groupe dirigé par les Kurdes et soutenu par Washington, qui avaient été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI)
  • Mardi, il a annoncé la dissolution des FDS, dans le cadre d'un accord conclu en janvier avec Ahmed al-Chareh visant à intégrer complètement les institutions kurdes dans l'appareil d'Etat

DAMAS: Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas.

"Moustafa Khalil Abdi est nommé conseiller auprès de la présidence de la République", indique le décret signé par M. Chareh et publié par l'agence de presse officielle Sana.

M. Abdi, connu sous plusieurs noms, a été pendant des années le chef des FDS, un groupe dirigé par les Kurdes et soutenu par Washington, qui avaient été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Mardi, il a annoncé la dissolution des FDS, dans le cadre d'un accord conclu en janvier avec Ahmed al-Chareh visant à intégrer complètement les institutions kurdes dans l'appareil d'Etat.

L'accord d'intégration représente une victoire majeure pour M. Chareh, mais met fin aux espoirs d'autonomie des Kurdes.

"Absolument historique": l'envoyé spécial américain en Syrie, également ambassadeur en Turquie, Tom Barrack, s'est félicité mardi de cette décision qui "ressemble à une véritable intégration (...) visant à renforcer la souveraineté de la Syrie".

"Sacrifices consentis"

"Garantir des rôles de premier plan à nos précieux partenaires", y compris M. Abdi au sein du gouvernement, "témoigne du respect dû à leur leadership, aux sacrifices consentis par nos partenaires kurdes et à la contribution constructive qu'ils ont apportée à la stabilité régionale", avait ajouté M. Barrack, sans préciser quel rôle l'ex-chef des FDS était appelé à occuper.

Les FDS ont été formées en 2015 à l'initiative des Etats-Unis, impressionnés par les combattants kurdes qui avaient vaincu l'EI à Kobané, dans le nord de la Syrie, et qui cherchaient un partenaire fiable dans la lutte en cours contre les jihadistes.

A leur apogée, elles comptaient environ 100.000 combattants, kurdes et arabes, et contrôlaient de vastes zones du nord et du nord-est de la Syrie, des régions riches en pétrole.

Mais Mazloum a adhéré à l'accord d'intégration à la suite des affrontements de janvier dernier, au cours desquels les Kurdes ont perdu de vastes portions de territoire au profit des troupes gouvernementales, alors même que Washington, soutien de longue date des Kurdes, se rapprochait des nouvelles autorités de Damas.

M. Chareh a de son côté signé un décret consacrant les droits nationaux des Kurdes et reconnaissant le kurde comme langue nationale – une mesure sans précédent depuis l'indépendance de la Syrie en 1946.

M. Abdi a annoncé la semaine dernière que l'intégration de l'administration kurde à l'Etat syrien était achevée, ajoutant "notre combat se poursuivra afin d'inscrire les droits de notre peuple dans la Constitution."


Tunisie: pour les coupures d'eau et électricité, le président dénonce des «actes prémédités»

Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics. (AFP)
Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics. (AFP)
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  • Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics
  • Dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi, M. Saied a assuré que les longues coupures, qui peuvent dépasser les dix heures d'affilée, y compris à Tunis, "ne sont pas de simples événements passagers ni des cas isolés"

TUNIS: Le président tunisien Kais Saied, doté des pleins pouvoirs depuis l'été 2021, a dénoncé des "actes prémédités" visant à "attiser les tensions" pour expliquer les coupures d'eau et d'électricité qui rythment le quotidien des Tunisiens depuis le début de l'été.

Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics.

Dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi, M. Saied a assuré que les longues coupures, qui peuvent dépasser les dix heures d'affilée, y compris à Tunis, "ne sont pas de simples événements passagers ni des cas isolés".

M. Saied s'est exprimé après une réunion avec sa cheffe de gouvernement, les ministres concernés et les dirigeants des deux entreprises publiques, Steg (électricité) et Sonède (eau).

Dans son communiqué, M. Saied, coutumier des déclarations à caractère complotiste, affirme que "les enquêtes ont démontré" que les coupures "dans plusieurs zones ne résultaient pas de pannes ordinaires".

Selon lui, il s'agit "d'actes prémédités visant à enflammer la situation par tous les moyens, à répandre mensonges et rumeurs afin de semer la confusion" et à "maltraiter les citoyens jusque dans les services les plus élémentaires".

Comme en juillet, la Steg a recommencé à publier des avis de "délestages", destinés à soulager son réseau sous forte tension, en listant les villes concernées ainsi que les quartiers de Tunis, une agglomération d'environ trois millions d'habitants sur 12 millions.

Les Tunisiens subissent aussi de fréquentes coupures d'eau, car une bonne partie de l'approvisionnement en eau courante nécessite un pompage.

La production de bouteilles d'eau minérale, dont les Tunisiens sont de gros consommateurs, a en outre été perturbée par ces coupures d'électricité et une pénurie de bouteilles en plastique. Dans les supermarchés, l'eau est rationnée à un pack de six par personne et est devenue introuvable dans les épiceries.

"Les ennemis de la patrie et ceux qui les soutiennent sont désormais démasqués aux yeux du peuple tunisien", a poursuivi M. Saied, prévoyant "un échec" pour ces "tentatives de provocation" et "ces plans criminels, d'où qu'ils viennent" tant que le pays restera "soudé".

En juillet 2021, M. Saied avait limogé son Premier ministre et gelé le Parlement, réduit depuis à un rôle de chambre d'enregistrement.

Plusieurs ONG tunisiennes et étrangères, dont Human Rights Watch et Amnesty International, l'ont accusé de dérive autoritaire à travers une restriction des droits et libertés et l'emprisonnement des principaux leaders de l'opposition, de dizaines de journalistes, avocats et militants.