L'économie israélienne dans l'ombre de la réforme judiciaire

Le ministre israélien de l'Économie Nir Barkat (à gauche) s'entretient avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la Knesset de Jérusalem le 22 février 2023 lors de la première lecture d'une clause controversée de la réforme judiciaire. (AFP)
Le ministre israélien de l'Économie Nir Barkat (à gauche) s'entretient avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la Knesset de Jérusalem le 22 février 2023 lors de la première lecture d'une clause controversée de la réforme judiciaire. (AFP)
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Publié le Jeudi 02 mars 2023

L'économie israélienne dans l'ombre de la réforme judiciaire

  • Des personnalités économiques de premier plan, y compris au sein du gouvernement, se sont exprimées contre la réforme et des acteurs de la high-tech
  • Deux anciens gouverneurs de la Banque d'Israël ont prévenu dans une tribune commune publiée récemment dans le Yedioth Aharonot, quotidien le plus vendu du pays, contre le «coup sévère à l'économie»

JERUSALEM: La réforme judiciaire promue par le gouvernement israélien, critiquée comme une dérive antilibérale par ses détracteurs, suscite aussi l'inquiétude des milieux économiques et financiers qui mettent en garde contre son potentiel impact négatif sur l'économie de la "start-up nation".

La coalition de droite et d'extrême droite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu tente de faire passer une législation qui donnerait notamment au gouvernement une plus grande influence sur la sélection des juges et limiterait les prérogatives de la Cour suprême, provoquant, depuis l'annonce du texte début janvier, des manifestations massives.

Des personnalités économiques de premier plan, y compris au sein du gouvernement, se sont exprimées contre la réforme et des acteurs de la high-tech, secteur phare de l'économie israélienne, prennent une part importante dans le mouvement de protestation qui dénonce une tentative de l'exécutif de museler le pouvoir judiciaire.

Deux anciens gouverneurs de la Banque d'Israël ont prévenu dans une tribune commune publiée récemment dans le Yedioth Aharonot, quotidien le plus vendu du pays, contre le "coup sévère à l'économie".

D'après Karnit Flug et Jacob Frenkel, il faut "comprendre qu'il existe un lien entre des processus apparemment sans rapport, comme la capacité du système judiciaire à critiquer le gouvernement et la confiance dans l'économie, qui affecte les performances économiques".

Signe, selon des analystes, qu'une crise de confiance est déjà perceptible, le shekel israélien a perdu 7% face au dollar depuis fin janvier. La devise israélienne a accentué son recul après le vote en première lecture, le 21 février, de deux dispositions de la réforme et s'établissait mardi à 3,67 shekels pour un dollar, un plus bas de quatre ans.

Le shekel a également reculé face à l'euro, à 3,90 shekels pour un euro mardi, son plus bas depuis juin 2021.

La Bourse israélienne est également en recul. Le TA-125, l'indice boursier de référence du pays, a chuté de 5,7% en février, une performance en deçà de la moyenne des marchés mondiaux.

«Corruption et incertitude»

"Il existe un lien étroit, mis en lumière par de nombreuses études, entre d'une part, croissance économique et investissements, et d'autre part, système démocratique", explique Omer Moav, professeur d'économie à l'université britannique de Warwick et à l'université Reichman, près de Tel-Aviv.

"Lorsque le pouvoir judiciaire est affaibli et que l'exécutif peut fixer les règles du jeu à sa discrétion, c'est la porte ouverte à la corruption et à l'incertitude, deux repoussoirs pour les investisseurs et les marchés", ajoute-t-il.

"Il n'y a pas encore de données chiffrées sur la baisse des investissements étrangers, qui représentent 85% à 90% des investissements dans la high-tech, mais je ne connais pas une start-up qui parvient à lever des fonds en ce moment", dit Dror Salee un entrepreneur dans les hautes technologies.

"Tout ce que nous avons construit ces 20 à 30 dernières années est en train de s'effondrer", s'alarme ce pilier du "mouvement des high-techistes" qui participe activement aux manifestations.

Il prévoit un "effet boule de neige" en cas d'adoption de la réforme, qui doit encore franchir plusieurs étapes législatives.

Payer le prix

"Les Israéliens, qui vont souvent travailler à l'étranger dans la high-tech pour quelques années, seront plus nombreux à partir et moins nombreux à revenir. Et le secteur perdra son avantage comparatif en terme de capital humain, ce qui nourrira la fuite des investissements", estime-t-il encore.

En Israël, les hautes technologies représentent 15% du PIB et plus de la moitié des exportations.

M. Netanyahu a tenté à plusieurs reprises de dissiper les craintes, présentant la réforme comme une étape nécessaire pour mettre fin aux obstacles juridiques superflus qui gênent l'activité des entreprises, selon lui.

Le Premier ministre, déjà au pouvoir de 1996 à 1999 puis de 2009 à 2021, est considéré comme le père des réformes économiques libérales à l'origine de la solide croissance économique israélienne des deux dernières décennies.

Avant son inculpation pour corruption dans une série d'affaires en 2019, il était pourtant contre cette réforme qu'il porte aujourd'hui, souligne Omer Moav.

"Netanyahu, qui connaît parfaitement le prix économique de la réforme judiciaire, est prêt à le payer pour se sortir de ses démêlés avec la justice", estime M. Moav.


Airbus pénalisé par ses faibles livraisons d'avions

Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
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  • Airbus voit ses résultats baisser au T1 2026 (bénéfice -26%, CA -7%) à cause de livraisons d’avions retardées et de problèmes de moteurs
  • Le groupe maintient ses objectifs annuels et s’appuie sur la défense, tandis que Boeing prend l’avantage sur les livraisons

PARIS: L'avionneur européen Airbus est pénalisé au premier trimestre par de faibles livraisons d'avions commerciaux, qui pèsent sur ses comptes, tandis que son concurrent américain Boeing, en phase de redressement, signe des livraisons record.

En dépit de cette déconvenue due principalement à la pénurie des moteurs de l'américain Pratt & Whitney et la situation volatile au Moyen-Orient qui n'a pour l'instant "pas d'impact" sur ses activités, Airbus maintient ses objectifs pour l'année.

Il compte toujours livrer un nombre record de 870 avions commerciaux en 2026, soit plus que la meilleure année, en 2019, avant la pandémie du Covid (863 appareils).

Les livraisons d'avions commerciaux qui patinent ont fait chuter le bénéfice net de l'avionneur européen de 26% à 586 millions d'euros au premier trimestres.

Le chiffre d'affaires s'est établi à 12,65 milliards d'euros, en recul de 7% par rapport à la même période de l'année dernière.

Ces résultats "reflètent un niveau plus faible de livraisons d'avions commerciaux et une solide performance de notre division Defense and Space", a déclaré le patron d'Airbus Guillaume Faury.

- "Impact" de Pratt jusqu'en 2028  -

Depuis le début de l'année, Airbus n'a livré que 114 avions commerciaux contre 143 pour Boeing. L'an dernier l'écart s'est resserré au sein du duopole sur le terrain des livraisons, mais l'américain a pris l'avantage sur les commandes.

Pratt & Whitney "reste le principal facteur limitant de notre trajectoire de montée en cadence sur l’A320", la famille la mieux vendue d'Airbus, "avec un impact sur 2026 et 2027", a déclaré Guillaume Faury au cours d'une conférence téléphonique.

En conséquence, l’entreprise maintient sa prévision d'un rythme de production de cette famille d'avions compris entre 70 et 75 avions par mois d’ici la fin 2027, objectif revu à la baisse en février contre 75 auparavant.

Le carnet de commandes d'Airbus affiche 9.037 appareils, soit plus de dix ans de production au rythme actuel.

Airbus a également été confronté en début de l'année "à un retard administratif qui a affecté la livraison de près de 20 avions à des clients chinois", mais ce problème a été résolu.

Le problème de qualité des panneaux de l'A320 découvert en décembre aura "un impact résiduel" sur les livraisons sur le premier semestre, selon Guillaume Faury.

Le bilan des livraisons des avionneurs est toujours scruté, car il préfigure les résultats financiers, les compagnies aériennes acquittant la majorité du prix d'achat lorsqu'elles reçoivent leurs appareils.

Le "cash flow" d'Airbus qui emploie près de 170.000 personnes dans le monde s'est également nettement dégradé.

La trésorerie disponible consolidée avant financement des clients s’est ainsi établie à -2,485 milliards d’euros contre -310 millions d’euros il y a un an.

- Désaccords non résolus sur le Scaf -

Les mauvaises performances côté avions commerciaux sont toutefois contrebalancées par le succès de la branche défense.

Le chiffre d'affaires dans ce domaine a progressé de 7% à 2,8 milliards d'euros.

Interrogé sur le programme européen d'avion de combat Scaf mené par Airbus qui représente l'Allemagne et l'Espagne et Dassault Aviation pour la France, Guillaume Faury a indiqué que les discussions étaient "en cours" dans le cadre d'une mission demandée par le président français Emmanuel Macron pour réconcilier les industriels.

"Je ne dis pas que les désaccords sont résolus, mais qu’un travail est en cours entre les différents acteurs pour tenter d’identifier la meilleure voie à suivre", a-t-il poursuivi.

"La France, l'Allemagne et l'Espagne ont chacune leurs attentes et travaillent actuellement à résoudre ces divergences", a-t-il conclu. 


Vision Golfe 2026 : France-CCG, de la coopération à la transformation

L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats. (Photo: fournie)
L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats. (Photo: fournie)
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  • La France et les pays du Golfe intensifient leur partenariat économique avec un forum stratégique axé sur des projets concrets et des investissements mesurables
  • Les secteurs clés incluent l’IA, les énergies propres et les infrastructures, dans un contexte où la géopolitique redéfinit les échanges mondiaux

DUBAÏ: Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques croissantes, des mutations profondes des flux commerciaux et des impératifs liés à la transition énergétique, la France et les États du Conseil de coopération du Golfe (CCG) s’apprêtent à franchir une nouvelle étape dans leur relation stratégique. Les 18 et 19 juin 2026, Paris accueillera la quatrième édition de Vision Golfe, un forum de haut niveau destiné à accélérer les échanges économiques, les investissements et les coopérations industrielles entre les deux régions.

Organisé par Business France sous le haut patronage du président Emmanuel Macron, cet événement réunira ministres, décideurs publics et dirigeants d’entreprises au ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique. Il s’inscrit dans une dynamique de renforcement institutionnel des relations franco-golfiques, fondée sur la recherche de résilience économique et d’autonomie stratégique.

Au fil des éditions, Vision Golfe s’est imposé comme une plateforme incontournable pour transformer le dialogue en projets concrets. La dernière édition a rassemblé plus de 1 250 participants et généré plus de 2 000 rencontres B2B, témoignant d’une forte demande pour des échanges ciblés et opérationnels. L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » (“From Cooperation to Transformation”), entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats, notamment à travers le co-investissement, l’innovation conjointe et la collaboration industrielle.

Les relations économiques entre la France et les pays du Golfe connaissent une croissance soutenue. En 2025, les échanges commerciaux entre la France et les Émirats arabes unis ont atteint 10,8 milliards d’euros, en hausse de 27 % sur un an. À l’échelle régionale, le commerce entre la France et le CCG s’est élevé à 24,9 milliards d’euros, porté notamment par l’Arabie saoudite, le Koweït et le Qatar. Ces chiffres illustrent la solidité du corridor économique en construction, tout en laissant entrevoir un potentiel encore largement inexploité.

Dans un environnement où la géopolitique influence directement les décisions économiques — qu’il s’agisse de contrôle des exportations, de politiques industrielles ou de sécurité des chaînes d’approvisionnement — le partenariat entre la France et le Golfe apparaît de plus en plus complémentaire. Les pays du Golfe apportent leur capacité d’investissement, leur rapidité d’exécution et leur ambition technologique, tandis que la France contribue par son expertise industrielle, ses standards réglementaires et son accès aux marchés européens.

Comme le souligne Axel Baroux, directeur de Business France pour le Proche et Moyen-Orient : « Dans un monde où l’inaction est l’ennemi de la croissance, Vision Golfe 2026 vise à générer des avancées concrètes et mesurables. Le forum réunit les bons acteurs pour catalyser des initiatives, mobiliser des investissements et transformer les échanges en projets à fort impact. »

Le programme de Vision Golfe 2026 mettra en avant des secteurs stratégiques tels que l’intelligence artificielle, les énergies propres, l’industrie avancée, la mobilité intelligente, les systèmes de santé et le développement urbain durable. La notion de sécurité, au sens large, sera également centrale, englobant les infrastructures critiques, la sécurité alimentaire, la gestion de l’eau ou encore les corridors logistiques et maritimes.

Au-delà des panels et des discussions, l’événement privilégiera des formats orientés action : rencontres B2B et B2G, sessions de networking et événements exclusifs comme la « French Gulf Night » au Palais Galliera. L’objectif est clair : accélérer la prise de décision et transformer les convergences stratégiques en projets concrets, investissements et créations d’emplois.

Vision Golfe 2026 s’affirme ainsi comme un catalyseur de la prochaine phase du partenariat entre la France et le CCG, où l’enjeu n’est plus seulement de coopérer, mais bien de transformer durablement les économies des deux régions.


Les Emirats annoncent leur retrait de l'Opep à partir de mai 

Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
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  • Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep)
  • "Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale"

DUBAI: Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie.

"Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale", explique l'agence Wam.