A Fos-sur-Mer, ArcelorMittal veut réduire ses émissions et la pollution

Première étape pour Arcelor Mittal, la construction d'ici début 2024 d'un "four poche" électrique pour augmenter rapidement la proportion d'acier recyclé dans la production en améliorant le chauffage des bains de métal en fusion. (AFP).
Première étape pour Arcelor Mittal, la construction d'ici début 2024 d'un "four poche" électrique pour augmenter rapidement la proportion d'acier recyclé dans la production en améliorant le chauffage des bains de métal en fusion. (AFP).
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Publié le Vendredi 03 mars 2023

A Fos-sur-Mer, ArcelorMittal veut réduire ses émissions et la pollution

  • L'aciérie ArcelorMittal de Fos-sur-Mer, près de Marseille (sud), entend se transformer pour réduire fortement ses émissions
  • Objectif du site de Fos: -10% d'émissions dès 2025, -35% en 2030, neutralité carbone en 2050

FOS-SUR-MER: C'est l'un des sites générant le plus de gaz à effet de serre et de polluants en France, mais l'aciérie ArcelorMittal de Fos-sur-Mer, près de Marseille (sud), entend se transformer pour réduire fortement ses émissions, dénoncées par les riverains.

Avec 2.500 emplois directs et 1.500 employés sous-traitants sur un site de 1.600 hectares dans la zone "industrialo-portuaire" de Fos, une des plus importantes de France, l'usine du deuxième sidérurgiste mondial peut produire quatre millions de tonnes d'acier par an.

Avec Dunkerque (nord), où ArcelorMittal opère la plus grande aciérie d'Europe, elles ont été désignées en janvier par le gouvernement pour devenir les premières "zones industrielles bas carbone" (Zibac) de France.

Un label qui permettra de débloquer des aides d'Etat car cette décarbonation coûte très cher. Pour Dunkerque et Fos, ArcelorMittal, qui génère 4% des émissions françaises totales, a prévu 1,7 milliard d'euros d'investissements.

En recevant en novembre les patrons des 50 sites industriels français les plus émetteurs de CO2, le principal responsable du réchauffement climatique, le président Emmanuel Macron leur avait proposé un "pacte": doubler l'aide publique à 10 milliards d'euros en échange d'un doublement de leurs efforts de réduction des émissions.

Objectif du site de Fos: -10% d'émissions dès 2025, -35% en 2030, neutralité carbone en 2050.

"L'acier est recyclable à l'infini, c'est sur cette propriété qu'on va s'appuyer pour réaliser nos objectifs", explique Bruno Ribo, directeur d'ArcelorMittal Méditerranée, lors d'une visite de presse.

Première étape, la construction d'ici début 2024 d'un "four poche" électrique pour augmenter rapidement la proportion d'acier recyclé dans la production en améliorant le chauffage des bains de métal en fusion.

Puis, "avant 2030, nous allons remplacer un des deux hauts-fourneaux, principaux émetteurs de gaz à effet de serre, par un four à arc électrique", évitant l'utilisation traditionnelle du charbon pour retirer l'oxygène du minerai de fer.

"Un four 'jumbo' d'une capacité de 310 tonnes. Il n'y en a que trois dans le monde semblables aujourd'hui", s'enthousiasme Christian Vromen, responsable des projets de décarbonation.

« Enjeu vital »

L'électrification va aussi faire grimper en flèche la facture énergétique. "Il est essentiel qu'il y ait des politiques d'accompagnement", avertit Bruno Ribo. ArcelorMittal attend justement un feu vert de la Commission européenne au financement de son plan de décarbonation.

L'enjeu est "vital pour la planète", la sidérurgie représentant environ 6% des émissions mondiales, plaide le directeur, glissant aussi que cette transformation "va dans le sens souhaité par les riverains".

Comme les ONG, les habitants dénoncent depuis des années les pollutions causées par les usines de Fos-sur-Mer. Des études ont montré des taux de maladies chroniques supérieurs à la moyenne dans la zone.

Fin 2018, ArcelorMittal a écopé d'une amende administrative pour pollution de l'air. En juillet 2021, la société a été condamnée à verser 30.000 euros de dommages et intérêts à l'association France Nature Environnement pour avoir enfreint la loi sur les émissions de polluants.

ArcelorMittal explique avoir investi plus de 100 millions d'euros pour l'environnement sur la période 2010-2020 et construit en outre un système de filtration à plus de 20 millions d'euros pour réduire encore les émissions de poussières.

"La décarbonation permettra une réduction des autres émissions du même ordre de grandeur que celles de CO2", assure M. Vromen.

"Malgré tous les travaux, il reste énormément de pollution", relativise Daniel Moutet, président de l'Association défense et protection du littoral du golfe de Fos. "Il faut que ça avance plus vite. C'est juste une question d'argent".

Soutenus par l'association, des riverains ont porté plainte contre trois usines, dont l'aciérie, pour "trouble du voisinage". Une première a été déboutée en avril 2022, le tribunal estimant les nuisances "normales" car résultant d'un "choix de société". D'autres plaintes, contre X, sont en cours d'examen.

Dans une étude du 13 février, les ONG Carbon Market Watch et New Climate Institute jugeaient "modérément" crédibles les objectifs mondiaux de réductions d'émissions d'ArcelorMittal pour 2030 et "faiblement crédibles" ceux à 2050.


Dans le quartier de Belleville à Paris, un ramadan entre ferveur et inquiétude

Pendant tout le ramadan, Belleville vit au rythme des préparatifs de l’iftar : les plateaux croulent sous les victuailles, les files s’allongent devant les boucheries halal et les pâtisseries. (AFP)
Pendant tout le ramadan, Belleville vit au rythme des préparatifs de l’iftar : les plateaux croulent sous les victuailles, les files s’allongent devant les boucheries halal et les pâtisseries. (AFP)
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  • Les commerçants installent leurs tables devant les boutiques, les passants déambulent sacs à la main et la foule compacte se presse pour préparer la rupture du jeûne
  • L’atmosphère est festive, vibrante, presque irréelle. Pourtant, derrière l’abondance et les odeurs alléchantes, une gravité inhabituelle imprègne ce mois sacré

PARIS: Des étals chargés de pâtisseries, d’épices et d’olives, des pains encore tièdes, des galettes dorées, des montagnes de dattes et des rangées de sodas. Comme chaque année, le traditionnel marché du ramadan a investi les trottoirs du boulevard de Belleville (dans le XIe arrondissement de Paris), transformant le lieu en un vaste théâtre gourmand à ciel ouvert.

Les commerçants installent leurs tables devant les boutiques, les passants déambulent sacs à la main et la foule compacte se presse pour préparer la rupture du jeûne. L’atmosphère est festive, vibrante, presque irréelle. Pourtant, derrière l’abondance et les odeurs alléchantes, une gravité inhabituelle imprègne ce mois sacré.

belleville

Pendant tout le ramadan, Belleville vit au rythme des préparatifs de l’iftar : les plateaux croulent sous les victuailles, les files s’allongent devant les boucheries halal et les pâtisseries. Certains restaurants ont même fermé leur salle pour la transformer en cuisine de production, où l’on pétrit du pain à la chaîne, nature ou farci.

Pour les commerçants, c’est le moment le plus intense de l’année : les odeurs de pain grillé et de pâtisseries au miel attirent les passants, souvent sans idée précise de ce qu’ils vont acheter. « On ne sait jamais vraiment ce qu’on vient chercher, mais on trouve toujours ce qui nous plaît », sourit Nahel, venu faire ses courses avec sa fille, dans ses sacs : des feuilles de brick, de la crème et du pain arabe.

À Belleville, la fête déborde largement du cadre culinaire

Le marché est devenu bien plus qu’un lieu d’approvisionnement : c’est un rendez-vous collectif, un moment attendu, une tradition solidement ancrée dans la vie du quartier. À Belleville, la fête déborde largement du cadre culinaire ; même les commerces qui ne vendent habituellement pas de nourriture participent.

Monsef, gérant d’une boutique de téléphonie, a installé devant sa vitrine des cageots de menthe et de fruits. « Ça ne rapporte pas grand-chose, mais on veut faire partie de la fête », explique-t-il.

Pour beaucoup, le ramadan est avant tout un temps de lien social et de générosité : les repas partagés se multiplient, les dons aussi. « On distribue des repas, on aide les plus démunis, on se rend davantage à la mosquée ; le mois sacré reste un moment de spiritualité et de solidarité », indique un restaurateur.

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Mais cette année, la ferveur est traversée par une inquiétude persistante : les conversations glissent régulièrement vers l’actualité internationale marquée, depuis quelques jours, par la guerre au Proche-Orient. Impossible pour certains de ne pas penser à ce qui se passe à Gaza ou, plus largement, dans l’ensemble de la région. « Quand on voit qu’ici on profite du ramadan et qu’ailleurs certains vivent sous les bombes, ça met mal à l’aise », confie Majid, commerçant.

Les télévisions allumées au moment de la rupture du jeûne en témoignent : certains préfèrent les séries traditionnelles du mois sacré, d’autres suivent en continu les chaînes d’information. La fête existe, mais elle est plus grave, plus retenue, comme si la joie devait désormais cohabiter avec l’inquiétude.

À cela s’ajoute une autre préoccupation : le budget. Car le ramadan reste un mois de générosité et d’abondance, mais cette abondance a un prix. Les commerçants constatent que les habitudes changent : les clients comparent davantage, achètent plus prudemment ; l’inflation est dans tous les esprits. « Les prix ont augmenté comme tout le reste, observe un épicier. Même si les gens ne le disent pas toujours, on sent qu’ils sont touchés. »

Pour beaucoup de familles modestes, le mois sacré exige une véritable préparation financière : certains mettent de l’argent de côté toute l’année pour pouvoir garnir la table plus généreusement qu’à l’ordinaire. Car le ramadan est aussi une fête domestique, rythmée par les invitations, les repas partagés et l’abondance symbolique, mais cette générosité pèse.

« On dépense beaucoup. On est obligés de prévoir, sinon on ne s’en sort pas », reconnaît une habituée du quartier, venue acheter des pâtisseries qui lui rappellent son pays d’origine, la Tunisie, et plus précisément Tunis.

belleville

Pour les habitants issus de l’immigration, le ramadan à Belleville est aussi une manière de recréer un peu du pays quitté : les saveurs, les odeurs, les produits traditionnels permettent de maintenir un lien affectif avec les racines. Certains viennent même de loin pour retrouver cette ambiance. Salma, franco-libanaise, a fait le déplacement simplement pour ressentir cette atmosphère familière, qui la rapproche de ses souvenirs malgré la distance et les inquiétudes liées à l’actualité de sa région d’origine.

Entre abondance et retenue, joie et gravité, le ramadan 2026 s’inscrit dans une époque troublée. À Belleville, on continue de célébrer, de partager, mais cela n’atténue pas le ressentiment face aux souffrances du monde et aux difficultés du quotidien.


Frappes iraniennes: la France prête à «participer» à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie

 La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
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  • "Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté
  • "Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé

PARIS: La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères.

"Aux pays amis qui ont été ciblés délibérément par les missiles et les drones des Gardiens de la révolution et entraînés dans une guerre qu'ils n'avaient pas choisie -Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Irak, Bahreïn, Koweït, Oman et Jordanie- la France exprime son soutien entier et sa pleine solidarité. Elle se tient prête (...) à participer à leur défense", a affirmé Jean-Noël Barrot lors d'une conférence de presse.

"Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté.

"Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé.

Le ministre a appelé à la "désescalade". "L'escalade militaire doit cesser au plus vite", a-t-il répété. "La prolongation indéfinie des opérations militaires sans but précis emporte le risque d'un engrenage qui entraînerait l'Iran et la région dans une longue période d'instabilité".

"Au Liban, le Hezbollah a commis une lourde faute, dont la population a payé ce matin le prix avec des dizaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés, en rejoignant un conflit dans lequel les autorités, comme le peuple libanais, refusent d'être entraînées", a-t-il poursuivi, appelant le Hezbollah à "mettre immédiatement un terme à ces opérations".

 


France - Liban: Report de la conférence de soutien aux forces libanaises

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  • À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises
  • Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté

PARIS: Le président du Liban, Joseph Aoun, et son homologue de la France, Emmanuel Macron, se sont entretenus le 1er mars afin d’examiner les derniers développements affectant la sécurité régionale, y compris celle de pays alliés, selon un communiqué conjoint.

À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises, initialement prévue le 5 mars à Paris. Les conditions actuelles, marquées par une conjoncture régionale tendue, n’étaient pas réunies pour maintenir l’événement à la date prévue.

Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté.

Ils ont également affirmé que Beyrouth, Paris et leurs partenaires internationaux continueront à coordonner leurs efforts afin de soutenir ces objectifs dans un contexte régional jugé particulièrement sensible.