Le décret instituant le jour du drapeau saoudien, «un acte d'honneur et de fierté», selon les spécialistes

Le drapeau saoudien est un symbole durable de la foi et de la patrie qui célèbre les gloires passées et l'unité actuelle du pays (Photo, Reuters).
Le drapeau saoudien est un symbole durable de la foi et de la patrie qui célèbre les gloires passées et l'unité actuelle du pays (Photo, Reuters).
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Publié le Samedi 11 mars 2023

Le décret instituant le jour du drapeau saoudien, «un acte d'honneur et de fierté», selon les spécialistes

  • Des experts expliquent la signification, le symbolisme et l'histoire du drapeau national de l’Arabie saoudite
  • La nouvelle fête nationale incarne les valeurs de force, de justice, de paix, de prospérité et de tolérance

LA MECQUE: Avec sa teinte verte profonde et distinguée, son sabre blanc et son inscription «Il n'y a pas d'autre dieu qu'Allah et Mohammed est le Messager d'Allah», le drapeau national de l'Arabie saoudite inspire le respect et suscite la fierté partout où il est déployé.

Le 11 mars, le Royaume célèbre une nouvelle fête nationale — le Jour du drapeau saoudien — instituée par décret royal. Cette occasion incarne les valeurs de l'étendard national, qui accompagne le pays depuis sa fondation en 1727. 

Les Saoudiens considèrent leur drapeau national comme un symbole de la foi et de la patrie, du peuple, de l'unité, de la fraternité, de la solidarité et de la bonté, ainsi que du monothéisme, de la paix et de l'islam. Il a aussi des significations officielles et populaires évoquant l'amour et la fraternité.

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Le 11 mars, le Royaume célèbre une nouvelle fête nationale — le Jour du drapeau saoudien — instituée par décret royal (Photo, Reuters).

Le drapeau comporte également des connotations symboliques, basées sur sa taille et sa couleur, ainsi que des motifs esthétiques impliquant des dimensions unitaires pour les Saoudiens, dans le respect de leur terre, de leur environnement et de leurs valeurs sacrées.

S'adressant à Arab News, l'historien Dr. Mohammed al-Zalfa affirme qu'il a été heureux d'apprendre le décret royal du roi Salmane, désignant le 11 mars de chaque année comme la date officielle de célébration du drapeau du Royaume de l’Arabie saoudite.

«Le Royaume d'Arabie saoudite a adopté ce drapeau de grande valeur, sur lequel est inscrite la profession de foi islamique, depuis sa fondation», a indiqué Al-Zalfa. «Il convient de mentionner que les Arabes de la péninsule Arabique n'auraient jamais été unis sans cette attestation éternelle.»

«La publication du décret royal, en vertu duquel ce drapeau de grande valeur doit être célébré à la même date chaque année, est un acte d'honneur, de gloire et de fierté pour ce grand pays», a-t-il ajouté.

«L’attestation inscrite sur le drapeau saoudien a contribué de manière significative à l'accomplissement de réalisations historiques éternelles, à savoir l'unité du pays qui a eu lieu il y a 300 ans», a expliqué Al-Zalfa.

Il a poursuivi: «Au cours de cette longue période, l’Arabie saoudite a connu d'autres victoires remarquables pour lesquelles des journées nationales doivent être célébrées.»

«Alors que nous célébrons le jour de la fondation (22 février) et la fête nationale (23 septembre), nous pouvons affirmer que notre unité nationale a été réalisée en vertu de cette attestation sous le règne du roi Abdelaziz, que son âme repose en paix.»

Latifa al-Adwani, directrice du Centre d'histoire de Taif, a déclaré à Arab News qu'elle saluait aussi le décret royal: «Le drapeau national est une valeur qui s'étend sur toute l'histoire du Royaume.»

«Le drapeau est lié à la fondation de l'État saoudien et a été développé par étapes depuis l'époque de l'imam Mohammed ben Saoud — que son âme repose en paix — en 1727, jusqu'au 11 mars 1937.» 

«Ce jour-là, le roi Abdelaziz a donné son approbation royale à la résolution du Conseil de la Choura concernant la taille et la forme du drapeau, à l'acceptation de l'échange de drapeaux avec d'autres pays ainsi qu’à la reconnaissance internationale en général.»

«Le drapeau saoudien, tel que nous le connaissons, est conçu conformément au système de drapeau publié en 1973. Le drapeau vert, qui représente la paix, le développement, la prospérité, le don et la tolérance, comporte une transcription arabe, la profession de foi islamique ou ‘La chahada’, qui est le symbole du pays et la base de sa fondation.»

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Les Saoudiens considèrent leur drapeau national comme un symbole de la foi et de la patrie, du peuple, de l'unité, de la fraternité, de la solidarité et de la bonté, ainsi que du monothéisme, de la paix et de l'islam (Photo, Fournie).

«Le drapeau comporte également une épée qui représente la force et la justice. Dans l'ensemble, le drapeau saoudien est un symbole de l'unité du pays, un signe de cohésion et un titre de gloire. Il exprime également sa hauteur, sa gloire et sa position mondiale, ainsi que la profondeur historique de l’Arabie saoudite», a expliqué Al-Adwani.

Ayid al-Zahrani, professeur d'histoire islamique à l'université de Taif, a également déclaré à Arab News: «Le drapeau est un symbole de la souveraineté de l'État, prenant sous ses ailes tous les segments de la société pour les réunir au même endroit.»

«Il existe de nombreuses preuves démontrant l'importance d'avoir et de préserver un drapeau, ainsi que de consacrer des sacrifices en sa faveur. Un drapeau est un symbole de grandeur, sans lequel un État est jugé défaillant.»

«Le Messager a utilisé le drapeau dans chacune de ses batailles et ses compagnons ont suivi son chemin à chaque fois. Par exemple, dans l'une de ses batailles, Jafar al-Tayyar tenait le drapeau d'une main jusqu'à ce qu'il soit coupé. Il a pris le drapeau dans son autre main jusqu'à ce que ce bras soit aussi coupé. Il a ensuite tenu le drapeau avec sa poitrine pour maintenir la force et préserver la souveraineté.»

«Un pays qui a son propre drapeau est un pays souverain, indépendant et uni, car les personnes sous un même drapeau sont prêtes à sacrifier leur vie en faveur de leur pays. Le roi Salmane ben Abdelaziz est parfaitement conscient de l'importance et de la philosophie du drapeau saoudien dans la fondation de l'État.

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Règles d'utilisation du drapeau saoudien

1. Le drapeau saoudien est hissé en Arabie saoudite les vendredis et les jours fériés, dans les bâtiments gouvernementaux et les institutions publiques entre le lever et le coucher du soleil. 

2. La sariya (mât de drapeau) qui porte le drapeau national doit être placée au centre du bâtiment.

3. Le drapeau saoudien n'est jamais mis en berne. 

4. Lors des conférences, le drapeau doit être placé derrière l'orateur, à droite du podium. 

5. Le drapeau doit être constamment hissé sur les navires commerciaux, maritimes et étrangers lorsqu'ils se trouvent dans les eaux territoriales de l'Arabie saoudite.

6. L'utilisation du drapeau à des fins commerciales ou promotionnelles est interdite. 

7. Le drapeau ne doit pas être dessiné sur des gâteaux.  

8. Le drapeau ne doit pas être hissé horizontalement.  

9. Il est interdit de hisser un autre drapeau plus haut que le drapeau saoudien.

10. Le drapeau saoudien ne doit pas toucher la surface de la terre ou de l'eau. 

11. Le drapeau saoudien ne doit pas être hissé lorsqu'il est en mauvais état.  

12. Le drapeau ne doit pas être placé sur le sol. 

(Source: Diriyah Gate ‍Development Authority)

 

«Dans ce contexte, le 11 mars a été choisi pour célébrer l'importance du drapeau et son rôle dans la fondation des États, ainsi que dans le renforcement de leur développement et de leur force. Que les Saoudiens soient fiers de leur drapeau, de leur souveraineté, de leur unité, de leur force et de leur cohésion et qu'ils célèbrent cette journée.»

Dans une interview accordée à Arab News, le journaliste Abdel Mohsen al-Harthy a déclaré: «Depuis la fondation de l'État saoudien jusqu'à présent, le drapeau saoudien mérite d'avoir une journée nationale.»

«Nous pouvons parler indéfiniment des premières étapes de la conception du drapeau. Le dernier concepteur du drapeau saoudien, Hafez Wehbe, a indiqué que le vert avait été adoptée en arrière-plan depuis l'époque du prophète Mohammed (paix soit sur lui), car le Saint Coran associe le vert au Paradis.»

«Le vert n'est pas seulement le maître de toutes les couleurs dans ce contexte, mais aussi un grand élément utilisé en psychiatrie, car il soulage l'âme et la vue, prévenant la dépression et l’angoisse», a-t-il expliqué.

Wehbe a également cité un verset du Coran: «C'est Lui qui, du ciel, a fait descendre l'eau. Puis par elle, Nous fîmes germer toute plante, de quoi Nous fîmes sortir une verdure, d'où Nous produisîmes des grains, superposés les uns sur les autres; et du palmier, de sa spathe, des régimes de dattes qui se tendent.»

Il a ajouté: «Les chercheurs en physiologie végétale ont découvert que la matière verte des plantes est responsable de l'absorption de l'énergie lumineuse et de sa conversion en énergie chimique qui aboutit à la formation de différents types de fruits.»

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«Depuis la fondation de l'État saoudien jusqu'à présent, le drapeau saoudien mérite d'avoir une journée nationale», a déclaré le journaliste Abdel Mohsen al-Harthy (Photo, Fournie).

«Si nous nous attaquons aux composantes du drapeau saoudien et à leur symbolisation, nous pouvons clairement voir que le palmier est l’élément le plus significatif à cet égard, car c'est le seul arbre qui a été mentionné dans tous les livres célestes, notamment le Saint Coran, la Torah et la Bible.»

«Le palmier symbolise la bonté, la bénédiction, la vitalité, la prospérité, la croissance, la patience et la grandeur», a-t-il mentionné en citant un verset du Coran: «Il s'y trouve des fruits, et aussi les palmiers aux fruits recouverts d'enveloppes.»

Al-Harthy a ajouté: «Le Royaume a adopté dans son drapeau un emblème national composé d'un palmier entre deux épées entrecroisées, inspiré de la culture arabe depuis l'époque du roi Abdelaziz — que son âme repose en paix — jusqu'à ce jour. 

«Les deux épées sont un symbole de force, de dignité, de justice, de protection, de sécurité, d'invincibilité et de sacrifice. Elles représentent également la sagesse et le statut absolus. Il est à noter que la poignée de l'épée est dirigée vers le mât du drapeau comme preuve de la gloire du Royaume», a-t-il soutenu.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


L’IA ne remplacera jamais la créativité humaine, affirme la PDG de SRMG

Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
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  • S’exprimant auprès de Maya Hojeij, présentatrice économique senior à Asharq avec Bloomberg, Jomana R. Alrashid a dit être fière des plateformes de SRMG qui ont su intégrer et adopter l’IA

RIYAD : Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group (SRMG), a souligné que l’intelligence artificielle ne pouvait pas remplacer la créativité humaine lors d’une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office sur l’île de Shura, vendredi.

« On ne peut jamais remplacer la créativité humaine. Le journalisme, au final, et la création de contenu, reposent sur le storytelling, et c’est un rôle créatif que l’IA n’a pas encore la capacité d’assumer », a déclaré Alrashid lors du sommet d’investissement.

« Nous n’éliminerons jamais ce rôle humain qui consiste à raconter l’histoire, à mener un véritable travail d’enquête, à distinguer ce qui relève de l’actualité ou des faits de ce qui est faux… à différencier la désinformation du biais. C’est là le rôle fondamental que joue la rédaction au sein d’une newsroom. »

Abordant le thème de l’IA lors de cette discussion modérée par Maya Hojeij, présentatrice économique senior à Asharq avec Bloomberg, la PDG a exprimé sa fierté quant à la manière « transformatrice » dont les plateformes de SRMG ont intégré l’IA.

« Nous traduisons désormais l’ensemble de nos contenus en nous appuyant sur l’IA. Nous produisons également des documentaires grâce à l’IA. Nous disposons aujourd’hui de la vérification des faits assistée par l’IA, de l’indexation, du clipping et de la transcription automatisés. C’est cela, selon nous, l’avenir. »

Interrogée sur le profil du journaliste de demain, Alrashid a répondu : « C’est à la fois un journaliste et un ingénieur. Quelqu’un qui doit comprendre les données. Et c’est un autre sujet extrêmement important : comprendre les données avec lesquelles on travaille. »

« L’IA a également facilité cet aspect. Je dois dire qu’au cours des vingt dernières années dans la région, en particulier dans les entreprises de médias, nous n’avons pas suffisamment compris l’importance des données. »

La PDG a rappelé qu’auparavant, les médias s’appuyaient principalement sur des sondages, des enquêtes ou des chiffres d’audience, alors qu’aujourd’hui, des informations beaucoup plus détaillées sur les attentes des publics sont disponibles.

Lors de cette discussion informelle, Alrashid a également été interrogée sur la perception des médias du Moyen-Orient par la communauté internationale. Elle a expliqué qu’au fil des décennies, ces médias avaient joué un rôle essentiel pour informer un public plus large sur des enjeux extrêmement complexes — politiques, culturels et économiques — et continuaient de le faire.

« Aujourd’hui, ce rôle est encore plus important, notamment en raison de l’essor des réseaux sociaux, des journalistes citoyens et des créateurs de contenu. Mais je pense aussi que cela a été facilité par la puissance de l’IA. Désormais, un contenu produit par des journalistes crédibles, de premier plan, de classe mondiale, peut immédiatement dépasser les frontières, atteindre différentes zones géographiques, différents publics, différents pays, dans plusieurs langues et sous divers formats. »

Elle a souligné qu’il existait une opportunité majeure pour les médias arabes de ne plus se limiter à un public exclusivement arabe, mais de franchir les frontières, d’être disponibles en plusieurs langues et de mieux servir leurs audiences.

La PDG s’est montrée optimiste quant à l’avenir, insistant sur l’importance d’une vision claire, d’une stratégie solide et d’un alignement total des équipes.

Les modèles publicitaires traditionnels, autrefois centrés sur la télévision et la presse écrite, évoluent rapidement, les plateformes de réseaux sociaux dominant désormais les revenus publicitaires.

« Le changement est radical. Autrefois, nous étions en concurrence les uns avec les autres pour l’audience. Aujourd’hui, nous sommes aussi en concurrence avec les plateformes de réseaux sociaux : 80 % des revenus publicitaires au Moyen-Orient vont aux réseaux sociaux, mais cela signifie aussi qu’il existe 80 % d’opportunités d’intérêt. »

Selon elle, le défi consiste à créer le bon contenu sur ces plateformes afin d’engager les audiences cibles et de permettre des partenariats commerciaux. « Ce n’est un secret pour personne : les marques n’aiment pas faire de la publicité sur les chaînes d’information. Cela est souvent associé aux conflits ou à la guerre, ce qui dissuade les annonceurs. »

« C’est pourquoi nous nous sommes développés dans de nouveaux secteurs comme le sport. Et c’est aussi pour cela que nous avons renforcé notre position dans le lifestyle. Nous détenons la plus grande part de marché dans ce domaine… Et nous avons lancé de nouvelles plateformes comme Billboard Arabia, qui nous permet d’entrer dans l’univers de la musique. »

Alrashid a expliqué que cette diversification plaçait le groupe dans une position solide pour faire face au déclin des revenus publicitaires sur différentes plateformes, grâce au lancement de nouveaux produits.

« Un autre actif de propriété intellectuelle très important que nous avons créé, ce sont les événements associés à des marques présentes dans la région depuis plus de 30 ans. Aujourd’hui, toute marque ou tout titre qui n’est pas accompagné d’un événement passe à côté d’une opportunité commerciale majeure, qui nous permet de nous retrouver dans une même salle, d’échanger des idées et de nous connaître au-delà des écrans. »

La PDG a déclaré que les perturbations étaient désormais constantes et souvent autonomes, ajoutant que l'avenir du secteur reposait souvent sur la narration et la capacité à innover en créant des contenus convaincants qui touchent directement le public. 

« Mais la prochaine perturbationsviendra encore de l’IA. De la vitesse à laquelle cet outil et cette technologie extrêmement puissante évoluent. Et de notre capacité à y faire face, à nous y adapter et à l’intégrer pleinement — ou non. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince Turki Al-Faisal réaffirme la solidité des relations saoudo-émiraties et appelle à se fier aux sources officielles

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  • L’ancien chef du renseignement se dit « optimiste » quant au nouveau Conseil de paix formé par Donald Trump
  • Israël applique le deux poids deux mesures en soutenant le terrorisme tout en accusant les autres de le faire, estime-t-il

ÎLE DE SHURA – MER ROUGE : Le prince Turki Al-Faisal, président du Centre du roi Faisal pour la recherche et les études islamiques, et ancien ambassadeur en Grande-Bretagne et aux États-Unis, a réaffirmé vendredi les « relations fraternelles » entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, appelant le public à « se référer aux sources d’information officielles saoudiennes » plutôt qu’aux publications sur les réseaux sociaux.

« Comme nous l’avons vu, les responsables saoudiens ont réaffirmé les relations fraternelles avec les Émirats arabes unis. Ces liens ne sont pas uniquement politiques, mais profondément enracinés dans l’affection, les liens familiaux et une histoire commune », a-t-il déclaré.

S’exprimant lors de la séance d’ouverture du sommet Investing Is a Sea, organisé par The Family Office, le prince Turki Al-Faisal a affirmé que malgré le bruit sur les réseaux sociaux autour du différend politique entre Riyad et Abou Dhabi sur le Yémen, les relations entre les deux pays demeurent solides. Il s’exprimait lors d’un échange avec le rédacteur en chef d’Arab News, Faisal J. Abbas, modérateur de la session.

« Notre relation avec les Émirats est fondée sur l’intégration, non sur la confrontation, et ce principe s’applique à l’ensemble du CCG », a expliqué Al-Faisal.

« Les divergences d’opinion sont naturelles, y compris au sein de l’Union européenne, mais nous espérons que les utilisateurs des réseaux sociaux s’abstiendront de toute dérive immorale dans ce différend », a répondu Abbas, en référence à ceux qui propagent la haine et les mensonges en ligne.

Les tensions entre les deux pays du Golfe se sont accrues en décembre lorsque les Émirats ont soutenu et approvisionné le Conseil de transition du Sud (STC) yéménite, qui a agi unilatéralement dans une tentative de sécession près de la frontière saoudienne. La coalition dirigée par Riyad pour rétablir la légitimité au Yémen est alors intervenue fermement, ciblant ce qu’elle a qualifié de livraison militaire non autorisée au STC et demandant à Abou Dhabi de retirer tous ses moyens et personnels du Yémen. Peu après, le ministère émirati de la Défense a annoncé qu’il se conformerait à cette demande et qu’il soutenait la sécurité et la stabilité de l’Arabie saoudite.

Malgré cela, une guerre médiatique s’est poursuivie sur les réseaux sociaux des deux côtés, amenant de nombreux observateurs à s’interroger sur la volonté réelle des deux capitales de mettre fin au différend.

S’exprimant lundi depuis Varsovie, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reconnu une « divergence de vues » sur le Yémen, tout en soulignant que la relation entre les deux pays restait « d’une importance cruciale ». Il a insisté sur le fait que « les Émirats se sont totalement retirés du dossier yéménite ».

« Il s’agit d’un élément essentiel de la stabilité régionale, et le Royaume tient toujours à entretenir une relation forte et positive avec les Émirats arabes unis, partenaire clé au sein du CCG », a déclaré le prince Faisal lors d’une conférence de presse en Pologne.

Deux jours plus tard, le ministre saoudien des Médias, Salman Al-Dossary, a démenti dans un message publié sur les réseaux sociaux les rumeurs circulant en ligne selon lesquelles le Royaume aurait refusé de recevoir Cheikh Tahnoun ben Zayed Al Nahyan, vice-gouverneur d'Abou Dhabi et conseiller à la sécurité nationale des Émirats arabes unis.

« Cheikh Tahnoun ben Zayed se rend au Royaume quand il le souhaite, sans avoir besoin d’autorisation. L’Arabie saoudite est sa maison et ses dirigeants sont sa famille », a écrit Al-Dossary.

Le panel d’ouverture de The Family Office a également abordé les évolutions mondiales récentes. Le prince Turki a dit espérer que le Conseil de paix mis en place par le président américain Donald Trump apportera un changement.

« Le rôle de l’Arabie saoudite au sein du Conseil de paix est de poursuivre son soutien à la Palestine, et les déclarations du prince héritier Mohammed ben Salmane à Washington visent toutes à convaincre les États-Unis que la paix doit reposer sur la justice et non sur des principes sélectifs », a-t-il déclaré.

Al-Faisal a déclaré qu'on ne pouvait pas accorder à Israël le « droit à l'autodéfense » tout en refusant ce même droit aux Palestiniens, alors que ce sont eux qui sont attaqués.

Il a rappelé que la position saoudienne a toujours été l’établissement d’un État palestinien avant toute normalisation avec Israël.

Évoquant la visite du prince héritier Mohammed ben Salmane à la Maison-Blanche en novembre dernier, Al-Faisal a affirmé que la position du Royaume repose sur la justice et sur les principes fondateurs de l’Arabie saoudite.

Concernant Israël, le prince Turki a réitéré son point de vue selon lequel Israël applique le deux poids deux mesures, tant dans ses actes que dans son discours.

Interrogé par Abbas sur un article du Times of Israel, signé par la correspondante politique Tal Schneider et publié le 8 octobre 2023, affirmant qu’Israël avait payé le prix, le 7 octobre, de la politique de soutien au Hamas menée pendant 16 ans par Benyamin Netanyahou au détriment de l’Autorité palestinienne, Abbas a demandé : « Ne trouvez-vous pas ironique qu’Israël soutienne publiquement et massivement le terrorisme, puis accuse les autres de faire la même chose ? »

Le prince Turki Al-Faisal a répondu qu’Israël affiche un double standard évident lorsqu’il accuse d’autres pays de soutenir le Hamas et l’extrémisme, alors qu’il est largement connu comme l’un des principaux soutiens du mouvement.

« Il existe un dicton dans le Hedjaz, où j’ai grandi, qui dit : “Il m’a frappé, puis il a pleuré et s’est plaint avant moi.” Les dirigeants israéliens ont maîtrisé cette tactique. Depuis sa création, Israël s’est présenté comme la victime à qui l’on aurait volé ses droits. Cette machine de propagande fonctionne depuis quatre-vingts ans », a-t-il expliqué.

« Je ne suis pas surpris lorsque Netanyahou ou ses partisans affirment aujourd’hui que l’Arabie saoudite adopte une position extrémiste à l’égard du judaïsme ou d’Israël. En réalité, ce sont les actions d’Israël, sous la direction de Netanyahou, qui nous ont conduits à la situation actuelle, où nous assistons à un génocide contre les Palestiniens, non seulement à Gaza mais aussi en Cisjordanie », a-t-il ajouté.

« Netanyahou a récemment déclaré que quiconque souhaitait normaliser ses relations avec Israël devait reconnaître son “droit à l’autodéfense”, accordant de facto à Israël un permis pour sacrifier les Palestiniens », a-t-il ajouté.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La justice allemande saisit des biens dans une enquête pour fraude bancaire au Liban

Les procureurs allemands ont déclaré jeudi avoir saisi des avoirs d'une valeur d'environ 35 millions d'euros (42 millions de dollars) dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent visant l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salameh, et quatre autres personnes. (AFP/Fichier)
Les procureurs allemands ont déclaré jeudi avoir saisi des avoirs d'une valeur d'environ 35 millions d'euros (42 millions de dollars) dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent visant l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salameh, et quatre autres personnes. (AFP/Fichier)
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  • La justice allemande a saisi 35 millions d’euros de biens dans le cadre d’une enquête pour blanchiment d’argent visant l’ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salamé
  • Les procureurs l’accusent d’avoir détourné plus de 330 millions de dollars entre 2004 et 2015 ; un tribunal doit désormais statuer sur la confiscation définitive des biens

BERLIN: La justice allemande a indiqué jeudi avoir saisi des biens d'une valeur totale de 35 millions d'euros dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent visant l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salamé, et quatre autres personnes.

Âgé de 75 ans, M. Salamé, qui a dirigé la banque centrale entre 1993 et 2023, fait face à de multiples accusations au Liban et à l'étranger, notamment de détournement de fonds, blanchiment d'argent et évasion fiscale. Il a toujours nié toute malversation.

Dans un communiqué, le parquet a déclaré que "des biens immobiliers commerciaux de grande valeur à Munich et à Hambourg, ainsi que des parts sociales d'une société immobilière à Düsseldorf pour une valeur totale d'environ 35 millions d'euros" ont été saisis.

"Après des enquêtes très approfondies", notamment au Liban, le parquet accuse  M. Salamé, agissant avec son frère Raja Salamé, d'avoir "détourné des fonds d'un montant total de plus de 330 millions de dollars au détriment de la banque centrale libanaise et donc aux dépens de l'Etat libanais, afin de s'enrichir illégalement" entre 2004 et 2015.

Ces fonds provenaient de transactions financières entre la banque centrale libanaise et des banques commerciales au Liban.

L'argent a été blanchi par l'intermédiaire d'une société écran dans les îles Vierges britanniques et utilisé par Raja Salamé et trois autres coaccusés pour des investissements en Allemagne et ailleurs en Europe, selon les procureurs.

Un tribunal de Munich doit désormais décider si les biens saisis peuvent être définitivement confisqués.

Les procureurs allemands ont ouvert leur enquête en 2021 et ont collaboré avec des enquêteurs français et luxembourgeois.

Détenteur de la double nationalité française et libanaise, Riad Salamé avait été arrêté en 2024 au Liban et inculpé pour le détournement présumé de 44 millions de dollars de la banque centrale libanaise, avant d'être libéré en septembre dernier contre le versement d'une caution record.

L’ex-gouverneur est considéré comme l'un des principaux responsables de l’effondrement économique du Liban, que la Banque mondiale a qualifié de l'un des pires de l’histoire récente. Mais il a toujours défendu son bilan, affirmant être un "bouc émissaire".

Il a quitté ses fonctions fin juillet 2023 et répète que sa fortune provient d’investissements privés et de sa carrière antérieure au sein de la société américaine Merrill Lynch.