Selon le Wall Street Journal, l'Iran accepte de cesser d'armer les Houthis dans le cadre de l’accord avec l'Arabie saoudite

Une partie du système de guidage d'un missile balistique iranien Qiam exposé en 2017 après que l'ambassadrice américaine de l'époque aux Nations Unies, Nikki Haley, a dévoilé des informations précédemment classifiées visant à prouver la fourniture d'armes aux Houthis. (photo d'archive AFP)
Une partie du système de guidage d'un missile balistique iranien Qiam exposé en 2017 après que l'ambassadrice américaine de l'époque aux Nations Unies, Nikki Haley, a dévoilé des informations précédemment classifiées visant à prouver la fourniture d'armes aux Houthis. (photo d'archive AFP)
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Publié le Jeudi 16 mars 2023

Selon le Wall Street Journal, l'Iran accepte de cesser d'armer les Houthis dans le cadre de l’accord avec l'Arabie saoudite

  • Hans Grundberg s'est rendu à Téhéran cette semaine pour discuter avec des responsables de la manière de mettre fin à la guerre au Yémen
  • L'accord de reprise des relations entre l'Arabie saoudite et l'Iran «donne un coup de fouet à la perspective d'un accord au Yémen dans un proche avenir»

DUBAÏ: L'Iran a accepté de cesser d'envoyer des armes à ses alliés houthis au Yémen dans le cadre de l’accord négocié par la Chine qui vise à rétablir les relations diplomatiques entre Téhéran et Riyad, a rapporté le Wall Street Journal (WSJ). Ce dernier cite des responsables américains et saoudiens.
La décision de Téhéran aurait pour effet d’accélérer les efforts pour parvenir à la paix au Yémen. L’Iran pourrait ainsi exercer une pression sur la milice houthie pour qu'il parvienne à un accord susceptible de mettre fin au conflit. L’année dernière, la trêve dans le pays parrainée par l'ONU n'avait duré que six mois. Elle a pris fin avec le rejet par les Houthis des appels à la désescalade et à une prolongation du cessez-le-feu.
Téhéran nie publiquement avoir fourni des armes aux Houthis, mais les inspecteurs de l'ONU ont à plusieurs reprises retracé des cargaisons d'armes saisies jusqu'en Iran.
Après le rapprochement qui a eu lieu la semaine dernière entre l'Arabie saoudite et l'Iran, des responsables des deux pays ont déclaré que ce dernier ferait pression sur les Houthis pour qu'ils mettent fin aux attaques contre l'Arabie saoudite, note le rapport du Wall Street Journal.
De son côté, l'Arabie saoudite s'attend à ce que l'Iran respecte un embargo sur les armes de l'ONU. Le but de cette opération est d’empêcher le flux d’armes vers les Houthis, de diminuer la capacité du groupe à se lancer contre le Royaume et de gagner davantage de terrain au Yémen, a déclaré le rapport, qui cite un responsable saoudien.
L'accord de reprise des relations entre l'Arabie saoudite et l'Iran «donne un coup de fouet à la perspective d'un accord au Yémen dans un proche avenir», alors que l'approche iranienne du conflit reste «une sorte de test décisif» pour le succès de l'accord diplomatique de la semaine dernière, selon un responsable américain cité par le Wall Street Journal.
Par ailleurs, l'émissaire spécial de l'ONU pour le Yémen, Hans Grundberg, s'est rendu à Téhéran cette semaine pour discuter avec des responsables de la manière de mettre fin à la guerre au Yémen. Après l’Iran, il visitera Riyad pour discuter avec les responsables saoudiens. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir Abdollahian, a assuré au diplomate de l'ONU que Téhéran était prêt à déployer plus d’efforts pour aider à mettre fin au conflit au Yémen.
Tim Lenderking, l'envoyé spécial américain au Yémen, a également rencontré des responsables saoudiens dans le but de relancer les pourparlers de paix.
L'Arabie saoudite et l'Iran sont également convenus de rouvrir leurs ambassades et leurs missions dans un délai de deux mois et ont affirmé «le respect de la souveraineté des États et la non-ingérence dans les affaires intérieures des États».
Le réchauffement des relations entre l'Arabie saoudite et l'Iran a été largement salué par la communauté internationale et par l'Union européenne. Cette dernière a affirmé dans un communiqué que «l'Arabie saoudite et l'Iran sont essentiels pour la sécurité de la région, et la reprise de leurs relations bilatérales peut contribuer à la stabilisation de la région dans son ensemble».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: plusieurs frappes israéliennes dans le sud malgré l'accord Washington-Téhéran

Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle). (AFP)
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  • Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient
  • Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani

BEYROUTH: Israël a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises mercredi matin malgré l'accord conclu entre Téhéran et Washighton, a rapporté l'agence nationale d'information libanaise (Ani, officielle).

Ces frappes ont notamment touché la région de Nabatiyé et de Kfartebnit, selon la même source.

L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les Etats-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran.

Lundi soir, l'armée iranienne a menacé d'une "réponse sévère" si les attaques israéliennes se poursuivaient.

Les frappes israéliennes ont diminué depuis l'annonce de l'accord mais elles ont tout de même continué, tuant cinq personnes depuis, selon l'Ani.

Et si certains habitants du sud ont commencé à rentrer chez eux, l'armée libanaise a conseillé d'attendre à cause des "risques de violations" de l'accord de la part d'Israël.

Mardi, l'armée israélienne avait mené plusieurs frappes, tuant quatre personnes, et affirmé que ses soldats dans le sud du Liban avaient été ciblés par des roquettes.

Le Hezbollah ne s'est pas exprimé publiquement depuis. Son chef, Naïm Qassem, qui a exprimé sa "profondre gratitude" à l'Iran pour avoir poussé pour inclure le Liban dans l'accord, doit s'exprimer à la télévision mercredi.

Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon la diplomatie iranienne

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.


Au G7, coup de projecteur sur l'Ukraine, éclipsée par l'Iran

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
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  • La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien
  • Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni

EVIAN: La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien face à Vladimir Poutine.

Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni.

Ils se retrouveront pour un déjeuner de travail consacré aux crises de cette région secouée par la guerre américano-israélienne contre l'Iran. L'Egypte, les Emirats arabes unis et le Qatar - qui a contribué à la médiation ayant abouti à un accord entre Washington et Téhéran - y ont été conviés.

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump.

La dernière rencontre entre les deux dirigeants remonte à fin décembre dans la résidence du milliardaire américain à Mar-a-Lago, en Floride.

A défaut d'annoncer une réunion bilatérale, le président des Etats-Unis, accaparé ces derniers mois par le conflit avec l'Iran, a assuré lundi avoir eu "une très bonne conversation avec le président (Volodymyr) Zelensky et le président (russe Vladimir) Poutine" dimanche.

"Et je pense que nous pouvons peut-être faire quelque chose", a-t-il ajouté.

Il a en outre déploré les 25.000 morts par mois dans ce conflit, "majoritairement des soldats". "Cela ne devrait pas se produire", a-t-il réagi.

Après de nouvelles frappes meurtrières menées lundi par la Russie qui ont fait au moins 11 morts et incendié une cathédrale historique à Kiev, Volodymyr Zelensky a demandé "davantage de pression sur l'agresseur et davantage de soutien à la défense aérienne de l'Ukraine".

Le président peut d'ores et déjà compter sur l'appui indéfectible des dirigeants européens et canadien, dont il verra certains en tête-à-tête.

Le Royaume-Uni va fournir de l'uranium enrichi à l'Ukraine pour ses centrales nucléaires et imposer de nouvelles sanctions à la Russie, a ainsi annoncé le Premier ministre britannique Keir Starmer en amont de la session de travail.

"Unité et détermination" 

Condamnant les "frappes barbares" de la Russie en Ukraine, Londres compte "monter d'un cran" en "étouffant les ressources qui alimentent la guerre de Poutine et en fournissant de l'énergie à l'Ukraine pour les hivers à venir", a déclaré Keir Starmer.

Avant même la tenue du sommet, une source gouvernementale italienne soulignait de son côté que l'Ukraine restait "un sujet sur lequel il y a la plus grande attention italienne".

Lundi, le président du conseil européen António Costa, également présent à Evian, a estimé que "l'unité et la détermination du G7 sont essentielles pour contribuer à mettre fin à cette guerre et parvenir à une paix juste et durable".

A cet égard, la participation du président Zelensky aux discussions au G7 est "particulièrement importante", a-t-il fait valoir.

De son côté, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a salué l'Ukraine qui "tient la ligne de front et regagne même partiellement du terrain".

Elle a en outre loué la capacité de Kiev de frapper des cibles stratégiques "au cœur même de la Russie".

Depuis le début du conflit en février 2022, l'Ukraine a opéré un virage stratégique en devenant un acteur majeur de l'industrie de défense, notamment via sa production de drones, mais continue d'avoir cruellement besoin du soutien occidental.

Selon les Européens, la Russie, sous pression des sanctions internationales, commence, elle, à montrer des signes de faiblesse.

"Nos sanctions frappent profondément", a estimé Ursula Von der Leyen.

Pour autant, Vladimir Poutine reste inflexible.

Lundi, le président ukrainien a fait savoir qu'il avait invité son homologue russe à venir au G7.

"La Russie a montré une fois de plus qu'elle n'est pas prête à parler", a-t-il dit, estimant qu'il fallait intensifier la pression sur le président jusqu'à ce qu'il mette fin à la guerre.