Coup de tonnerre en France: Macron choisit de passer en force sur les retraites

Une femme tient une pancarte avec un photomontage représentant Emmanuel Macron, à Paris le 15 mars (Photo, AFP).
Une femme tient une pancarte avec un photomontage représentant Emmanuel Macron, à Paris le 15 mars (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 17 mars 2023

Coup de tonnerre en France: Macron choisit de passer en force sur les retraites

  • Au paroxysme de l'incertitude, à quelques minutes du début de la séance à l'Assemblée nationale, l'exécutif avait décidé de recourir à l'article 49.3
  • Les syndicats ont réagi en annonçant une journée de grève jeudi prochain, la neuvième d'une longue série depuis mi-janvier

PARIS: Le président Emmanuel Macron a choisi au dernier moment l'épreuve de force et engagé jeudi la responsabilité de son gouvernement pour faire passer sans vote à l'Assemblée son projet décrié de réforme des retraites en France, un coup de tonnerre qui pourrait relancer la contestation sociale.

"J'engage la responsabilité de mon gouvernement sur l'ensemble du projet de loi", a asséné la Première ministre Elisabeth Borne, haussant le ton pour passer au-dessus des huées et des lazzis des députés de l'opposition, chauffés à blanc.

Les syndicats ont réagi en annonçant une journée de grève jeudi prochain, la neuvième d'une longue série depuis mi-janvier, qui jusqu'ici n'a pas fait plier le gouvernement.

Dénonçant un "déni de démocratie", ils ont appelé à des rassemblements dès ce week-end.

Quelques milliers de manifestants brandissant des drapeaux de syndicats ou de partis de gauche se sont réunis place de la Concorde après l'annonce, face à de nombreux policiers bloquant le pont conduisant à l'Assemblée nationale.

Le rassemblement a été dispersé vers 19h00 GMT par les forces de l'ordre, qui ont procédé à 217 interpellations.

Jeudi était le jour J pour cette réforme cruciale pour la crédibilité politique d'Emmanuel Macron pendant son second mandat.

Au paroxysme de l'incertitude, à quelques minutes du début de la séance à l'Assemblée nationale, l'exécutif avait décidé de recourir à l'article 49.3 de la Constitution, qui permet de faire passer un projet de loi sans le soumettre au vote, en engageant la responsabilité du gouvernement.

Jusqu'ici, Emmanuel Macron avait fait savoir qu'il ne voulait pas y recourir et qu'il préférait un vote des députés, alors que sa coalition n'a pas de majorité absolue à l'Assemblée nationale et devait compter sur les votes des députés du parti de la droite traditionnelle, Les Républicains (LR).

Charivari à l'Assemblée
Mais aux termes d'innombrables tractations, de fébriles calculs et de multiples réunions de crise, l'exécutif a considéré qu'aller au vote était trop risqué sur ce projet qui recule de 62 à 64 ans l'âge de départ à la retraite.

"Jusqu'à la dernière minute nous avons tout mis en oeuvre" pour essayer d'aller au vote, a-t-elle déclaré jeudi soir sur la chaîne TF1.

Ce recours au 49.3 constitue un revers de l'avis de nombreux commentateurs politiques, le journal de gauche Libération évoquant en Une un "crash politique".

Tous les ténors de l'opposition ont fustigé cette décision.

"Le Parlement aura jusqu'au bout été bafoué, humilié" a dénoncé le chef de file des députés communistes Fabien Roussel.

"C'est un constat d'échec total de ce gouvernement (...) et pour Emmanuel Macron", a déclaré la cheffe de file de l'extrême droite (RN) Marine Le Pen.

Motions de censure
Le gouvernement de Mme Borne s'expose maintenant à différentes motions de censure.

Les députés de la coalition présidentielle ont une majorité relative, et il faudrait que les députés, de l'extrême gauche à l'extrême droite, s'accordent pour mettre le gouvernement en minorité et que LR les vote aussi.

Si le RN a déclaré qu'il voterait "toutes les motions d'où qu'elles viennent", le président des Républicains Eric Ciotti a toutefois prévenu que son parti n'en voterait "aucune".

Toutefois, une fronde n'est pas à exclure, le député LR Aurélien Pradié expliquant par exemple qu'il allait "se poser la question" durant le week-end.

Mme Le Pen a annoncé qu'elle en déposerait une, tout comme Julien Bayou, un député écologiste de la coalition de gauche Nupes, qui a évoqué une motion de censure "transpartisane".

Il a par ailleurs accusé le gouvernement d'être "prêt à mettre le pays à feu et à sang", tandis que Mme Borne s'est elle dite sur TF1 "très choquée" par l'attitude de certains députés de l'opposition, évoquant les "hurlements" sur les bancs de la Nupes, les coups sur les pupitres du côté du RN.

"Ils veulent le chaos à l'assemblée et dans la rue", a-t-elle mis en garde.

Le 49.3 sur les retraites, un désaveu pour Borne sa méthode et son implication

"Nous nous sommes donnés les moyens de la discussion", s'est défendue jeudi la Première ministre sous les huées des oppositions à l'Assemblée nationale, en dégainant l'arme constitutionnelle.

Et de rappeler, devant les députés et plus tard sur TF1, la méthode dont elle se prévaut depuis sa nomination à Matignon : "toujours rechercher le compromis".

Le recours à cet outil symbolise "l'échec de la concertation" menée par Elisabeth Borne, estime auprès de l'AFP l'historien Jean Garrigues. 

Dans la dernière ligne droite, elle a plaidé avec force en faveur d'un vote, sonnant dimanche depuis Matignon la mobilisation de son gouvernement pour aller chercher les voix manquantes. "Une majorité existe", a-t-elle martelé.

Mais "dans la mesure où elle a porté cette idée de consensus et d’un vote qui pourrait sanctionner la réforme, c’est elle qui apparait comme la principale perdante", relançant les spéculations sur son maintien ou non à Matignon, relève M. Garrigues.

Mais Emmanuel Macron porte aussi une responsabilité, selon M. Garrigues, car il est "l'incarnation de cette réforme", même s'il a cherché à rester en retrait. Et se séparer d'Elisabeth Borne "peut s'avérer préjudiciable pour lui, donnant le sentiment qu’il se défausse de ses responsabilités".

«Deuxième souffle»
"Dans la rue, cela va donner un second souffle à la mobilisation", anticipe l'expert Antoine Bristielle, de la Fondation Jean-Jaurès, interrogé par l'AFP.

"Le 49.3 dans l'imaginaire des Français est synonyme de brutalité, c'est le sentiment que le gouvernement n'écoute pas", selon lui.

"Cette réforme est un naufrage", a commenté le leader de la CFDT Laurent Berger.

Depuis le 19 janvier, des centaines de milliers de Français ont manifesté contre cette réforme, sur fond de grèves reconductibles, comme celle des éboueurs parisiens.

Les trottoirs de la capitale française, une des villes les plus touristiques au monde, sont ainsi par endroits couverts de montagnes de poubelles malodorantes.

Les différentes enquêtes d'opinion montrent que les Français y sont majoritairement hostiles, même si le nombre de manifestants dans les rues et de grévistes stagne ou reflue au fil du temps.

Le gouvernement français a choisi de relever l'âge légal de départ à la retraite pour répondre à une dégradation financière des caisses de retraite et au vieillissement de la population.

La France est l'un des pays européens où l'âge légal de départ à la retraite est le plus bas.

"La France a un système (...) qui n'est pas viable", a estimé jeudi le ministre socialiste espagnol de la Sécurité Sociale José Luis Escriva.

Selon lui, "faute d'avoir abordé à temps le problème et de l'avoir fait comme nous l'avons fait, elle doit maintenant adopter une approche (...) qui génère une résistance sociale".


Macron appelle Israël à des "discussions directes" avec le Liban, propose de les accueillir à Paris

Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une conférence de presse conjointe avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky au palais de l’Élysée à Paris, après des discussions sur le soutien de la France et de l’Europe à l’Ukraine et sur les moyens d’accentuer la pression sur la Russie, le 13 mars 2026. (Photo: AFP)
Le président français Emmanuel Macron s’exprime lors d’une conférence de presse conjointe avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky au palais de l’Élysée à Paris, après des discussions sur le soutien de la France et de l’Europe à l’Ukraine et sur les moyens d’accentuer la pression sur la Russie, le 13 mars 2026. (Photo: AFP)
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  • Emmanuel Macron appelle Israël à accepter des discussions directes avec l’exécutif libanais et toutes les composantes du Liban, se proposant de faciliter ces rencontres à Paris
  • Il exhorte le Hezbollah à stopper ses actions et Israël à renoncer à une offensive majeure afin d’éviter que le Liban ne sombre dans le chaos, alors que des centaines de milliers de personnes ont déjà fui les bombardements

PARIS: Emmanuel Macron a appelé samedi Israël à accepter des "discussions directes" avec l'exécutif libanais et "toutes les composantes" du Liban, qu'il s'est dit prêt à "faciliter" en "les accueillant à Paris".

"Tout doit être fait pour empêcher que le Liban ne sombre dans le chaos. Le Hezbollah doit arrêter immédiatement sa fuite en avant. Israël doit renoncer à une offensive d’ampleur et cesser ses frappes massives, alors que des centaines de milliers de personnes ont déjà fui les bombardements", a déclaré le président français sur X, rapportant s'être entretenu vendredi avec le président libanais Joseph Aoun, le Premier ministre libanais Nawaf Salam et le président du Parlement libanais Nabih Berri.


Macron en déplacement mercredi sur le chantier du prochain porte-avions français

Le président français Emmanuel Macron (au centre) visite le porte-avions français Charles de Gaulle, déployé en Méditerranée après des frappes de drones iraniennes sur Chypre, le 9 mars 2026, lors de son déplacement à Chypre pour discuter de la sécurité régionale. (Photo : AFP)
Le président français Emmanuel Macron (au centre) visite le porte-avions français Charles de Gaulle, déployé en Méditerranée après des frappes de drones iraniennes sur Chypre, le 9 mars 2026, lors de son déplacement à Chypre pour discuter de la sécurité régionale. (Photo : AFP)
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  • Le président Emmanuel Macron visitera mercredi le chantier Naval Group à Indre pour le futur porte-avions français, dont la mise en service est prévue en 2038, et dévoilera le nom du navire
  • Le futur porte-avions, à propulsion nucléaire, sera plus massif que le Charles de Gaulle (≈80.000 tonnes, 310 m, 2.000 marins, 30 avions de combat) et mobilisera plus de 800 entreprises, soutenant l’innovation et la recherche technologique en France

PARIS: Le président Emmanuel Macron se rendra mercredi à Indre, près de Nantes, sur le chantier Naval Group du prochain porte-avions français qui doit entrer en service en 2038, a annoncé vendredi l'Élysée.

Le chef de l'État avait donné le feu vert à la construction de ce nouveau porte-avions en décembre dernier, concrétisant un projet en gestation depuis 2018. Ce déplacement sera l'occasion de dévoiler le nom du navire, a précisé une source proche du dossier, confirmant une information du Figaro.

Comme l'actuel porte-avions Charles de Gaulle, le futur bâtiment sera à propulsion nucléaire. Mais il constituera une version bien plus massive, de près de 80.000 tonnes et environ 310 mètres de long, contre 42.000 tonnes et 261 mètres pour le Charles De Gaulle. Avec un équipage de 2.000 marins, il pourra embarquer 30 avions de combat.

Ce projet "assurera la permanence du groupe aéronaval français et garantira à la France la capacité d'agir et de se déployer sur l'ensemble des mers et des océans", fait valoir l'Elysée.

Actuellement déployé en Méditerranée orientale dans le cadre d'un important dispositif aéronaval pour faire face à la guerre au Moyen-Orient, le Charles de Gaulle est aussi un symbole de la puissance militaire française, comme doit l'être son successeur.

Le chantier, situé notamment sur le site de Nantes-Indret où seront fabriquées les deux chaufferies nucléaires, mobilise au total "plus de 800 entreprises sur tout le territoire, dont un grand nombre de PME", souligne encore l'Elysée qui y voit un programme contribuant "également à soutenir l'innovation et la recherche dans des domaines technologiques de pointe".


Paris: l’Etat libanais doit agir et renforcer sa souveraineté pour éviter la destruction par Israël

Des employés chargent de l'aide humanitaire dans un avion à destination du Liban à l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle, dans la banlieue de Paris, le 12 mars 2026. La France s'apprête à tripler son aide humanitaire au Liban en envoyant 60 tonnes de matériel le 12 mars 2026 à l'intention des réfugiés qui fuient le sud du pays, où Israël mène des opérations militaires contre le Hezbollah pro-iranien, a annoncé le ministre français des Affaires étrangères le 11 mars 2026. (AFP)
Des employés chargent de l'aide humanitaire dans un avion à destination du Liban à l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle, dans la banlieue de Paris, le 12 mars 2026. La France s'apprête à tripler son aide humanitaire au Liban en envoyant 60 tonnes de matériel le 12 mars 2026 à l'intention des réfugiés qui fuient le sud du pays, où Israël mène des opérations militaires contre le Hezbollah pro-iranien, a annoncé le ministre français des Affaires étrangères le 11 mars 2026. (AFP)
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  • Il est évident que la préoccupation du président français Emmanuel Macron est extrêmement forte concernant le Liban, dossier qu’il suit personnellement au plus haut niveau
  • Par ailleurs, la diplomatie française est en lien régulier avec le président libanais Joseph Aoun, le Premier ministre Nawaf Salam et le président du Parlement Nabih Berry, afin de coordonner les efforts

PARIS: Face à l’embrasement que vit le Liban, la France tente d’activer tous les leviers diplomatiques dont elle dispose pour tenter de ramener le calme dans ce pays avant qu’il ne soit trop tard.

À défaut d’être une puissance militaire engagée dans le conflit, Paris revendique un rôle d’influence et de médiation, mobilisant ses contacts internationaux, ses moyens de renseignement et son réseau diplomatique afin d’éviter que le pays ne sombre dans des scénarios catastrophiques.

Il est évident que la préoccupation du président français Emmanuel Macron est extrêmement forte concernant le Liban, dossier qu’il suit personnellement au plus haut niveau, en multipliant les contacts avec ses homologues et partenaires, notamment avec le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou.

Par ailleurs, la diplomatie française est en lien régulier avec le président libanais Joseph Aoun, le Premier ministre Nawaf Salam et le président du Parlement Nabih Berry, afin de coordonner les efforts.

La ligne française repose sur un principe simple : éviter l’envenimement du conflit et demander simultanément aux différentes parties de faire preuve de retenue.

Ainsi, la France appelle Israël à freiner ses opérations militaires au Liban et exige du Hezbollah qu’il cesse ses tirs de roquettes vers le territoire israélien.

Mais Paris considère que la balle est désormais dans le camp libanais, qui est sommé d’agir afin d’éviter que le pays ne soit détruit par les Israéliens.

Renforcer la souveraineté de l’État libanais

La clé de la stratégie française se situe surtout au niveau des autorités libanaises, confrontées à un choix difficile : s’employer à reprendre progressivement le contrôle de leur territoire dans les zones où le Hezbollah opère.

À ce niveau, la souveraineté de l’État sur l’ensemble du territoire libanais est l’objectif central, d’autant plus que cette exigence est inscrite depuis des décennies dans les résolutions internationales concernant le Liban, notamment la résolution 1559 et la résolution 1701.

Pour la France, il s’agit donc moins d’imposer une solution militaire que de renforcer les institutions libanaises afin qu’elles puissent progressivement rétablir leur autorité.

Dans cette perspective, Paris se dit prêt à accroître son soutien à l’armée libanaise afin de lui donner les moyens de se déployer sur le terrain là où le Hezbollah opère aujourd’hui.

La France affirme être disposée à fournir davantage d’assistance, qu’il s’agisse de soutien logistique, de coopération militaire ou de partage de renseignements.

La présence du groupe aéronaval français dans la région constitue d’ailleurs un élément important de ce dispositif, constitué par le porte-avions Charles de Gaulle (R91) et plusieurs frégates françaises qui collectent des informations sur l’activité militaire régionale.

Ces capacités de surveillance permettent à Paris de disposer d’une vision très précise de la situation, et ces informations pourraient être mises au service de la stabilisation du Liban et du déploiement de ses forces armées, dans un cadre coordonné avec les partenaires internationaux.

Éviter l’escalade et relancer la voie diplomatique

La France cherche également à relancer un mécanisme diplomatique et sécuritaire mis en place en 2024 avec les États-Unis.

Ce mécanisme tripartite devait permettre de coordonner les efforts internationaux pour stabiliser la frontière israélo-libanaise, mais il est aujourd’hui en sommeil, notamment en raison du départ de l’officier américain chargé de l’animer.

Pour Paris, sa réactivation est essentielle afin d’éviter un vide sécuritaire dans la région. Cette question est d’autant plus urgente que la mission de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) doit s’achever prochainement et que, si rien ne vient la remplacer, un vide pourrait s’installer dans les zones sensibles du sud du Liban.

Dans ce contexte, les forces armées libanaises et les forces de sécurité intérieure seront amenées à assumer davantage de responsabilités, mais les modalités de ce redéploiement restent à définir.

Pour la France, la solution ne peut pas être uniquement militaire, surtout qu’une confrontation directe entre l’armée libanaise et le Hezbollah serait extrêmement risquée.

Cette armée reflète la diversité confessionnelle du pays, et une part importante de ses soldats appartient à la communauté chiite, ce qui rendrait une confrontation frontale particulièrement dangereuse et susceptible de raviver les fractures internes.

S’il est important pour Paris d’éviter la destruction du Liban par Israël, il est tout aussi important d’éviter qu’il ne sombre à nouveau dans une guerre civile.

La stratégie française consiste donc à renforcer progressivement la légitimité de l’État libanais afin de modifier l’équilibre des forces. L’idée serait de commencer par les zones où le déploiement de l’armée est le plus facile, avant d’étendre progressivement son contrôle à des territoires plus sensibles.

Parallèlement, Paris tente de mobiliser ses partenaires régionaux pour soutenir le Liban et affirme avoir obtenu des engagements de plusieurs pays du Golfe afin d’apporter une aide d’urgence à la population libanaise et de soutenir les institutions du pays.

Cette mobilisation vise à éviter l’effondrement d’un État déjà fragilisé par des années de crise économique et politique, mais Paris reconnaît cependant que la situation reste extrêmement préoccupante.

Les autorités françaises considèrent que les opérations militaires israéliennes s’effectuent aujourd’hui en dehors du cadre du droit international, et elles dénoncent également les tirs de roquettes du Hezbollah contre Israël, qualifiés d’actes terroristes visant des populations civiles.

Pour la France, aucune équivalence ne peut être établie entre les deux acteurs, mais la responsabilité du Hezbollah dans l’escalade initiale est également soulignée. Ce mouvement connaît parfaitement les conséquences de ses attaques contre Israël, et chaque tir entraîne une riposte disproportionnée susceptible d’aggraver la spirale de violence.

Malgré la gravité de la situation, Paris considère qu’une dynamique diplomatique pourrait encore émerger.

La composition d’une équipe de négociation par le président libanais ouvre une possibilité de dialogue avec Israël, et Paris, qui soutient cette démarche, se dit prêt à accompagner les discussions si les différentes parties l’acceptent.

La France insiste toutefois sur le fait que, pour être crédible auprès d’Israël, elle doit apparaître comme un interlocuteur capable d’entendre les préoccupations sécuritaires israéliennes tout en défendant la souveraineté libanaise.

Mais au final, Paris n’a ni la volonté ni les moyens d’imposer une solution militaire ; elle tente cependant d’empêcher ce qu’elle considère comme le scénario le plus dangereux : l’extension de la guerre et la destruction du Liban.