Au Kazakhstan, des législatives plus ouvertes en apparence

Un homme vote lors des élections législatives dans la ville de Baïkonour (Photo, AFP).
Un homme vote lors des élections législatives dans la ville de Baïkonour (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Dimanche 19 mars 2023

Au Kazakhstan, des législatives plus ouvertes en apparence

  • Parmi les nouveautés de ce scrutin, les candidats non affiliés à des partis peuvent se présenter
  • Sur les vitres des restaurants, les barrières de chantier ou les lampadaires, les affiches électorales ont fleuri de façon anarchique

ASTANA: Le Kazakhstan vote dimanche lors de législatives anticipées qui pourraient voir des candidats indépendants être élus députés, signe d'une timide ouverture démocratique malgré les réflexes autoritaires persistants dans le plus grand pays d'Asie centrale.

Les bureaux de vote ont ouvert à 07H00 (01H00 GMT) et les quelque 12 millions d’électeurs ont jusqu’à 20H00 locales pour voter. Le président Kassym-Jomart Tokaïev s'est rendu aux urnes tôt, vers 08H00.

Parmi les nouveautés de ce scrutin, les candidats non affiliés à des partis peuvent se présenter, une première depuis 2004. Le seuil pour entrer à la Majilis (chambre basse du Parlement comptant 98 élus) a été abaissé à 5% et un quota de 30% pour les femmes, les jeunes et les personnes souffrant de handicap a été introduit.

Ces changements ont quelque peu ravivé le paysage politique ankylosé de cette ex-république soviétique frontalière de la Russie et de la Chine, encore marquée par les émeutes meurtrières de janvier 2022.

Sous la précédente législature, seuls trois partis étaient représentés. Tous soutenaient le président Tokaïev, facilement réélu avec plus de 80% des voix en novembre lors d'un scrutin sans réelle concurrence.

"Le système électoral a changé et donne l'impression du choix. Mais en réalité, le président et son administration gardent entre leurs mains le décompte des voix", tempère pour l'AFP le politologue Dimach Aljanov.

«Garder le pouvoir»

"Dans un pays autoritaire, les élections sont faites pour garder le pouvoir, pas pour le remplacer", relève M. Aljanov.

Ces élections, qui concernent aussi les Parlements locaux, interviennent à la suite de la réforme constitutionnelle de 2022 impulsée par M. Tokaïev, au pouvoir depuis 2019.

Le dirigeant âgé de 69 ans affiche sa volonté de "poursuivre la modernisation" entamée l'an dernier de ce pays riche en ressources naturelles.

Car les fortes inégalités et la corruption n'ont pas disparu et l'inflation, supérieure à 20%, ronge le pouvoir d'achat.

M. Tokaïev a aussi rompu avec son mentor et prédécesseur, l'omnipotent Noursoultan Nazarbaïev, au pouvoir pendant trois décennies, après les émeutes de janvier 2022.

Ces manifestations contre la vie chère avaient embrasé le pays et leur répression a fait officiellement 238 morts.

Après une campagne présidentielle atone en novembre, Almaty, l'une des deux principales villes du pays, a semblé timidement s'éveiller pour ces élections qui coïncident avec l'arrivée du printemps dans cette ville nichée au pied d'imposantes montagnes.

"Cela fait longtemps qu'il n'y a pas eu autant de candidats", dit à l'AFP Ernest Serikov, professeur à la retraite. Pour cet homme de 81 ans se disant communiste et soutien du président, ces élections sont "expérimentales".

«Nouveaux visages»

Sur les vitres des restaurants, les barrières de chantier ou les lampadaires, les affiches électorales ont fleuri de façon anarchique.

Et les slogans souvent abscons, comme "l'ordre se trouve là où est la vérité", "avec moi, il n'y a pas de bazar" ou encore "je n'abandonne pas le peuple" accompagnent des programmes peu clairs.

Au total, sept partis participent à ce scrutin, dont deux nouveaux enregistrés en peu de temps. Mais plusieurs formations d'opposition et des candidats indépendants restent interdits.

Mais cette abondance de candidats, avec qui plus est deux élections le même jour, peut en désorienter certains. De nombreux électeurs n'avaient pas fait leur choix en se rendant aux urnes.

"Je connais très peu de candidats indépendants, mais je suis content de voir de nouveaux visages. Le principal, c'est que le Parlement soit renouvelé", espère Alicher Akhmetov, ingénieur de 37 ans habitant Astana.

L'analyste politique Andreï Tchebotarev estime qu'"à l'issue de ces élections, quatre ou cinq partis devraient être représentés au Parlement".

"Cela est bénéfique pour le pouvoir, car des partis loyaux (envers le président) seront présents au Parlement et Amanat, le parti présidentiel, conservera la majorité de sièges", explique-t-il à l'AFP.

"D'un autre côté, la diversité des partis aura un impact sur l'acceptation du résultat des élections, tant pour la population qu'au niveau international", conclut M. Tchebotarev.

Malgré cette relative ouverture, M. Tokaïev a d'ores et déjà prévenu que "les personnes semant la discorde dans le pays seront sévèrement punies".


Foot: Hervé Renard nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire

Le sélectionneur de la Tunisie, Hervé Renard, arrive au stade avant le match de la Coupe du monde 2026 contre les Pays-Bas, au Kansas City Stadium, à Kansas City (Missouri, États-Unis), le 25 juin 2026. (Reuters)
Le sélectionneur de la Tunisie, Hervé Renard, arrive au stade avant le match de la Coupe du monde 2026 contre les Pays-Bas, au Kansas City Stadium, à Kansas City (Missouri, États-Unis), le 25 juin 2026. (Reuters)
Short Url
  • Hervé Renard est nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire, un poste qu'il avait déjà occupé entre 2014 et 2015 avec une victoire à la CAN
  • Le Français succède à Emerse Faé, qui quitte ses fonctions malgré le sacre continental de 2024 et le meilleur parcours mondial de l'histoire du pays en 2026

PARIS: Le Français Hervé Renard a été nommé sélectionneur de la Côte d'Ivoire pour succéder à Emerse Faé, a annoncé mardi la fédération ivoirienne de football (FIF) sur ses réseaux sociaux.

Âgé de 57 ans, Renard, qui a brièvement dirigé la Tunisie lors du Mondial-2026 en étant arrivé en pleine compétition, avait déjà occupé ce poste entre 2014 et 2015, avec à la clé une Coupe d'Afrique des nations en 2015.

Renard, dont l'arrivée avait été annoncée dès mardi par le journal le Parisien, prend la suite de Faé, non reconduit par la FIF malgré une Coupe d'Afrique des nations remportée en 2024 et une qualification en 16e de finale lors du Mondial 2026, une première dans l'histoire du pays.

Renard, qui a dirigé au cours de sa carrière de nombreuses sélections, avait pris la tête de la Tunisie à la suite du lourd revers contre la Suède (5-1) lors du premier match des Aigles de Carthage au Mondial, une déroute qui avait coûté sa place à Sabri Lamouchi.

Il a officié à deux reprises, avec deux défaites à la clé, contre le Japon (4-0) et les Pays-Bas (3-1).

Libre de tout contrat après ce court intérim, Hervé Renard retrouve onze ans plus tard le banc de la Côte d'Ivoire où il jouit d'une très grande popularité, gagnée grâce au sacre de la CAN-2015 avec la génération de Yaya Touré, après près de 25 ans de disette.

Déjà vainqueur de la CAN trois ans plus tôt avec la Zambie, le technicien s'est bâti une réputation solide sur le continent africain où il a multiplié les expériences à la tête d'équipes nationales (Ghana, Angola, Maroc...).

Il a toutefois connu ces dernières années des expériences plus mitigées notamment à la tête de la sélection saoudienne, dont il a été limogé en avril malgré une qualification au Mondial-2026, ou sur le banc de l'équipe de France féminine, avec laquelle il a atteint les quarts des JO-2024 à Paris.

M. Renard est attendu à Abidjan dans les prochains jours afin de prendre officiellement ses fonctions, a précisé la fédération ivoirienne.


Trump dit que soit le détroit d'Ormuz "ouvrira très bientôt", soit l'Iran sera frappé "très fort"

Le président américain Donald Trump a déclaré qu'un accord visant à rouvrir le détroit d'Ormuz pourrait être conclu dès mercredi, tout en avertissant que l'Iran serait « frappé très durement » si les négociations échouaient. (AP)
Le président américain Donald Trump a déclaré qu'un accord visant à rouvrir le détroit d'Ormuz pourrait être conclu dès mercredi, tout en avertissant que l'Iran serait « frappé très durement » si les négociations échouaient. (AP)
Short Url
  • Donald Trump affirme qu'un accord avec l'Iran sur la réouverture du détroit d'Ormuz est proche, tout en menaçant Téhéran de représailles en cas d'échec
  • Un accord temporaire de 60 jours serait à l'étude pour encadrer la navigation dans le détroit, alors que les incidents sécuritaires se poursuivent

Rancho Palos Verdes, États-Unis:  Donald Trump a déclaré mardi que le détroit d'Ormuz ouvrirait "très bientôt, ou alors (les Iraniens) seront frappés très fort", dans un entretien accordé à la chaîne Fox News.

"Nous avons de très bonnes discussions", a encore dit le président américain, en déplacement en Californie (ouest), assurant que l'Iran voulait passer un accord.

"J'ai le temps", a aussi déclaré le dirigeant républicain à propos de ce conflit qui dure depuis plus de cinq mois.

Selon le site Axios, qui cite des "sources régionales", un accord temporaire de 60 jours est en discussion pour organiser le passage dans le détroit entre l'Iran et le sultanat d'Oman.

Cet accord préliminaire, qui pourrait être annoncé dès mercredi, prévoit selon Axios que tout transport maritime entrant via le détroit emprunterait une voie nord dans les eaux iraniennes, et tout navire sortant suivrait une trajectoire méridionale dans les eaux contrôlées par Oman, le tout sans péage ou droit de passage.

Pendant cette période de soixante jours, et dans l'attente d'un accord définitif, la voie médiane du détroit serait déminée, toujours selon Axios, qui prévient que ce compromis n'est pas encore scellé.

"Il y a une chance que nous parvenions aujourd'hui ou demain à un accord visant à rouvrir le détroit et à aller vers une normalisation", a déclaré mardi le ministre des Finances américain Scott Bessent dans un entretien à la chaîne CNBC.

Les tensions dans le détroit, devenu un enjeu de premier plan dans la guerre au Moyen-Orient, restent vives. Mardi, l'agence maritime britannique UKMTO a indiqué qu'un navire y avait été touché par un "projectile inconnu".


Un "projectile inconnu" frappe un cargo dans le détroit d'Ormuz, selon l'UKMTO

Des navires naviguent près du détroit d’Ormuz, au large de la côte est des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet 2026. (AFP)
Des navires naviguent près du détroit d’Ormuz, au large de la côte est des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet 2026. (AFP)
Short Url
  • Un cargo a été touché par un « projectile inconnu » dans le détroit d’Ormuz, selon l'agence maritime britannique UKMTO
  • Aucun blessé ni dégât n'a été signalé à ce stade

DUBAI: Un "projectile inconnu" a frappé un cargo dans le détroit d'Ormuz, a alerté l'agence maritime britannique UKMTO dans la nuit de lundi à mardi, sans faire mention d'éventuels blessés ou dégâts.

Un cargo, dont le nom n'a pas été précisé, a signalé à l'UKMTO avoir été "touché par un projectile inconnu", selon le communiqué de l'organisation. Les faits sont survenus à quelque 20 milles nautiques (37 kilomètres) au nord-est de la ville omanaise d'Al Khasab, de même source.