Sur les piquets de grève autour de Paris, des éboueurs « déterminés » contre la réforme des retraites

En début de carrière, un chauffeur de benne gagne autour de 1.450 euros et peut espérer la finir avec 2.200 euros, indiquent des chauffeurs. (AFP).
En début de carrière, un chauffeur de benne gagne autour de 1.450 euros et peut espérer la finir avec 2.200 euros, indiquent des chauffeurs. (AFP).
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Publié le Lundi 20 mars 2023

Sur les piquets de grève autour de Paris, des éboueurs « déterminés » contre la réforme des retraites

  • Sur le site d'incinération d'Ivry-sur-Seine, au sud-est de Paris, une trentaine de personnes, grévistes et leurs soutiens, étaient rassemblées tôt lundi matin autour d'un feu de bois
  • Lundi, deux motions de censure déposées contre le gouvernement d'Elisabeth Borne vont être soumises au vote des députées

IVRY-SUR-SEINE: "Marqués au corps par le travail", éboueurs et agents de propreté de la Ville de Paris restent mobilisés lundi contre le projet de réforme des retraites en France, cramponnés depuis deux semaines à leurs piquets de grève en région parisienne.

Sur le site d'incinération d'Ivry-sur-Seine, au sud-est de Paris, une trentaine de personnes, grévistes et leurs soutiens, étaient rassemblées tôt lundi matin autour d'un feu de bois, manteaux d'hiver sur le dos, buvant des cafés brûlants.

Eboueur parisien et responsable syndical de 53 ans, dont vingt-et-un de métier, Karim Kerkoudi a passé la nuit sur place. "Le jeu en vaut la chandelle", assure-t-il, "déterminé".

Si la réforme est votée, éboueurs et agents d'assainissement partiront à la retraite à 59 ans au lieu de 57.

"Chaque jour, je me lève à 4h45 pour aller porter, à deux, entre six et 16 tonnes d'ordures. J'ai des tendinites aux deux coudes. La douleur aux lombaires, on n'en parle même plus. On est marqué au corps par le travail", soupire Karim Kerkoudi.

Sur son téléphone, il montre une photo de lui le nez en sang. "Ce jour-là, je me suis pris un bac dans le visage, il était trop lourd et s'est décroché du camion. Une autre fois, je me suis brûlé le contour des yeux à cause d'un sac mal fermé qui contenait des liquides irritants", énumère-t-il.

Avant d'ajouter que, selon ses calculs, il devra "déjà travailler jusqu'à 67 ans pour une retraite à taux plein".

Lundi, deux motions de censure déposées contre le gouvernement d'Elisabeth Borne vont être soumises au vote des députées. Si elles n'obtiennent pas la majorité absolue, la réforme des retraites sera définitivement adoptée, en dépit de la contestation.

A l'entrée du site d'Ivry, Gursel Durmaz, 55 ans, filtre les arrivées. Seuls les grévistes et leurs soutiens peuvent rejoindre le piquet. "On n'est pas là pour mettre le bordel. On est là pour ne pas travailler jusqu'à la mort", explique, posté derrière la grille, cet éboueur syndiqué.

Près du feu, sous une tonnelle blanche, une table est encombrée de café et de pains au chocolat en sachet. Derrière un rideau, quelques lits de camp et des duvets.

« Stress permanent »

Au garage de Romainville, à l'est de Paris, la grève a été reconduite lundi matin pour une quinzième journée.

Etre chauffeur de camion-benne de la Ville de Paris est un "stress permanent", confie Abdu, dix-sept ans de boîte, qui préfère taire son patronyme par "peur" de sa hiérarchie.

"Circulation, cycliste à contre-sens et automobilistes impatients" sont son lot quotidien. "Il n'y pas un jour où on se fait pas insulter. On intériorise, on garde notre calme", explique-t-il. Certains collègues ont développé de l'"hypertension" et des "problèmes de dos".

Devant le site, un barrage filtrant a été mis en place après une réquisition des forces de l'ordre. Sur les 80 camions, seuls une dizaine sont sortis du garage pour opérer à Paris.

"Je comprends le ras-le-bol du Parisien mais il faut comprendre pourquoi on lutte", dit ce père de six enfants qui a commencé à travaillé à l'âge de 14 ans.

"Vous me voyez conduire un camion à 64 ans !", s'emporte sous couvert d'anonymat un de ses collègues, qui confie en avoir "ras-le-bol de voir régresser les conditions de travail et d'avoir un salaire qui ne bouge pas".

En début de carrière, un chauffeur de benne gagne autour de 1.450 euros et peut espérer la finir avec 2.200 euros, indiquent des chauffeurs.

A 53 ans, Ahmed se dit lui déjà "usé" après trois ans service. Cet ancien chauffeur de bus qui refuse de donner son nom a décidé de "chercher un boulot ailleurs", "mieux payé" et sans qu'on lui "balance des bras d'honneur sur la route et des insultes".

Autour du feu qui crépite à Ivry, les éboueurs se préparent à reconduire la mobilisation. Motion de censure ou pas, ils ne sont plus "à une nuit blanche près".


Législatives: en Corrèze, Hollande refait campagne entre selfies et peur du «chaos»

L'ancien président français, membre du Parti socialiste français de gauche (PS) et candidat de la coalition de gauche Nouveau Front Populaire (NFP) dans le département de la Corrèze François Hollande (au centre) rencontre des habitants locaux lors d'une visite de campagne, avant les prochaines élections législatives, à Ursel, dans le centre de la France, le 22 juin 2024. (Photo Pascal Lachenaud  AFP)
L'ancien président français, membre du Parti socialiste français de gauche (PS) et candidat de la coalition de gauche Nouveau Front Populaire (NFP) dans le département de la Corrèze François Hollande (au centre) rencontre des habitants locaux lors d'une visite de campagne, avant les prochaines élections législatives, à Ursel, dans le centre de la France, le 22 juin 2024. (Photo Pascal Lachenaud AFP)
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  • À Tulle, François Hollande est chez lui, même ses adversaires le lui concèdent
  • Mais sa décision de briguer à nouveau l'écharpe de député, qu'il a déjà portée de 1988 à 1993 puis de 1997 à 2012, fait grincer des dents jusqu'au sein du NFP

TULLE, France : «Roi des selfies» sur les marchés de Tulle et Ussel, l'ancien président François Hollande mène campagne en Corrèze pour les élections législatives malgré les «coups à prendre», assurant n'avoir pas d'autre ambition que d'empêcher l'extrême droite d'arriver au pouvoir.

«François, recoiffe-toi», lui demande son épouse, l'actrice Julie Gayet, alors que le candidat du Nouveau Front Populaire (NFP) déambule dans les allées, se prêtant aux photos et aux échanges.

L'ex-président de la République (2012-2017) s'est déclaré candidat dans la première circonscription de Corrèze pour ne pas «rester sur (sa) montagne de Tulle» face au risque de «chaos». «Quand c'est trop grave, il ne faut pas se poser la question», dit-il à l'AFP.

À Ussel, en costume sans cravate, il joue au loto des commerçants et gagne un sac en toile. À Tulle, il déambule au gré des stands et serre toutes les mains qui passent.

Dont celles d'Éric Dupuy, électeur du Rassemblement national (RN) qui finit son marché avec ses deux fillettes métisses.

«Il faut mettre un gros coup de pied dans la fourmilière», assène ce cadre dans l'industrie pharmaceutique, âgé de 58 ans, fustigeant la longévité politique du candidat socialiste. «Ça fait 40 ans de magouilles. De plus en plus de cadres comme moi votent RN. En quoi ces idées seraient-elles d'extrême droite ?», interroge-t-il.

Cette montée du RN est à inscrire au passif d'Emmanuel Macron, dont le mandat a «abîmé» les partis et «l'esprit public», accuse François Hollande. Mais le macronisme, «c'est terminé», prophétise le candidat, assurant n'avoir «aucun compte à régler».

- «Coups à prendre» -

«Il n'avait rien à gagner, que des coups à prendre» en se lançant, abonde son suppléant Philippe Brugère, maire de Meymac. «Il a été président, qu'y a-t-il de mieux ? Mais l'accueil est positif, c'est le roi des selfies. On sent une adhésion. Et François reconnaît tout le monde, il a une mémoire d'éléphant.»

«C'est bien qu'il se représente, il a encore des choses à faire», sourit Stéphanie Kaus, 40 ans et en formation pour devenir aide-soignante, qui dit «survivre» avec son petit salaire, celui de son conjoint et leurs deux enfants. Hollande, «lui, écoute la France, il n'est pas comme Macron», juge-t-elle, fustigeant une dissolution de l'Assemblée nationale décidée par le chef de l'État comme «un gamin capricieux».

À Tulle, François Hollande est chez lui, même ses adversaires le lui concèdent. Mais sa décision de briguer à nouveau l'écharpe de député, qu'il a déjà portée de 1988 à 1993 puis de 1997 à 2012, fait grincer des dents jusqu'au sein du NFP.

«Il a fallu que je digère le python au moment où je l'ai appris», image Nicolas Marlin, secrétaire fédéral du PCF en Corrèze. Son bilan comme président «n'a pas amené les gens à rester du côté gauche de la force. Il en a plutôt dégoûté un certain nombre de concitoyens», pointe-t-il.

Mais le responsable communiste promet de soutenir le candidat, au nom du programme commun que ce dernier s'est engagé à défendre.

- «Tremplin» -

Dans un département longtemps acquis au chiraquisme, puis au hollandisme, il y a une «prise de conscience» à gauche du «danger» de l'extrême droite, relève Cyril Nouhen, directeur de campagne d'Amandine Dewaele, candidate EELV-NFP dans l'autre circonscription corrézienne.

Une mobilisation qui se traduit sur le terrain, à l'heure de coller les affiches ou de distribuer les tracts. «C'est une véritable union. Je n'ai jamais vu autant de secrétaires de section socialistes ou de cadres communistes, de responsables de plus petits partis de gauche, nous soutenir à ce point», ajoute-t-il.

Face à cette unité affichée, Francis Dubois, député LR sortant et adversaire de M. Hollande, pointe le grand écart idéologique entre le socialiste et ses alliés, notamment insoumis.

«Là, on a un individu socio-démocrate, qui s'allie avec (Jean-Luc) Mélenchon qui veut le chaos, la révolution, l'obscurantisme», tonne le candidat adoubé par le camp macroniste. «C'est tout ce que les citoyens vomissent d'un homme politique. C'est ahurissant.»

Francis Dubois assure n'être pas «dupe» et prévient que la Corrèze ne doit pas servir de «tremplin» aux ambitions nationales de François Hollande.

Qui répond n'avoir «aucune ambition». Mais un ancien président ne saurait être «un député comme les autres»: s'il est élu, il «aura à appeler à la responsabilité dans toutes circonstances» et sera «engagé» pour «trouver des solutions».


Législatives: Macron renvoie les extrêmes dos à dos, la gauche parle économie

Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors de la fête de la musique dans la cour du palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 21 juin 2024. Le 21 juin marque le début annuel de la "Fête de la musique", une tradition marquant le premier jour de l'été, au cours de laquelle la musique est encouragée à être jouée en plein air (Photo Bertrand Guay  AFP).
Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors de la fête de la musique dans la cour du palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 21 juin 2024. Le 21 juin marque le début annuel de la "Fête de la musique", une tradition marquant le premier jour de l'été, au cours de laquelle la musique est encouragée à être jouée en plein air (Photo Bertrand Guay AFP).
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  • S'exprimant à l'Elysée lors de la Fête de la musique, le président Emmanuel Macron a défendu sa décision de dissoudre l'Assemblée nationale et provoquer des élections anticipées les 30 juin et 7 juillet
  • «On ne veut pas d'un pays qui se met dos à dos ! On ne veut aucun communautarisme ! Aucun séparatisme ! Aucun discours de haine !», a-t-il notamment plaidé

PARIS  : Le président Emmanuel Macron a renvoyé dos à dos vendredi le Nouveau Front populaire et le Rassemblement national, à neuf jours du premier tour de législatives, pendant que sa majorité dénonçait le «matraquage fiscal» que représenterait le programme économique de la gauche.

L'alliance de gauche a détaillé vendredi un ambitieux programme de relance budgétaire, avec 25 milliards d'euros de dépenses supplémentaires dès 2024. Selon le chiffrage présenté lors d'une conférence de presse, les dépenses publiques supplémentaires pourraient atteindre 150 milliards fin 2027 pour des recettes équivalentes, largement à la faveur d'une hausse de la fiscalité.

Parmi les mesures phares dès 2024, l'instauration d'un impôt sur la fortune (ISF) «avec une composante climatique». Celui-ci rapporterait 15 milliards d'euros, tout comme une taxe sur les superprofits.

La gauche promet «d'aider» les petites entreprises à supporter le coût de l'augmentation du Smic de 14% à 1.600 euros net et envisage une nouvelle «grande loi» avant 2027 sur un retour de la retraite à 60 ans.

Les programmes économiques de la gauche et RN suscitent l'inquiétude des milieux économiques et financiers, et sont sévèrement attaqués par la majorité macroniste.

Le ministre de l'Economie Bruno le Maire, qui a de nouveau promis vendredi de réduire le déficit public du pays à 3% du PIB en 2027 (contre 5,5% en 2023), voit dans la chute des marchés financiers et la hausse du coût de la dette «les conséquences directes de programmes économiques et financiers totalement insensés et irresponsables».

«C'est une broyeuse à classe moyenne, ce sont des hausses d'impôts sur la classe moyenne», a réagi le Premier ministre Gabriel Attal alors que la gauche assure que son programme n'impactera que les revenus supérieurs à 4.000 euros.

S'exprimant à l'Elysée lors de la Fête de la musique, le président Emmanuel Macron a défendu sa décision de dissoudre l'Assemblée nationale et provoquer des élections anticipées les 30 juin et 7 juillet.

«Il y a des extrêmes qu’on ne peut pas laisser passer», a-t-il martelé à propos de la gauche comme de l'extrême droite. «Je vous le dis en responsabilité, on ne peut pas l’air de rien les laisser monter en se disant +c’est très grave et ça va arriver+. C’est maintenant qu'il faut être responsable!»

- Racisme et antisémitisme -

«On ne veut pas d'un pays qui se met dos à dos ! On ne veut aucun communautarisme ! Aucun séparatisme ! Aucun discours de haine !», a-t-il poursuivi. «Il n'y a aucun racisme qui justifie l'antisémitisme ! Et il n'y a aucun antisemitisme qui peut être justifié par quoi que ce soit !»

La question de l'antisémitisme reste haut dans la campagne après l'émotion suscitée par le viol à caractère antisémite d'une jeune fille de 12 ans à Courbevoie (Hauts-de-Seine) où quelques centaines de personnes se sont rassemblées vendredi devant l'hôtel de ville.

- Niveau de record de procurations -

Selon plusieurs sondages publiés vendredi, la compétition est toujours nettement dominée par le Rassemblement national (RN) avec 33 à 35%, devant le bloc de gauche Nouveau Front populaire crédité de 28 à 29% et l'actuelle majorité macroniste (19 à 21,5%).

Mais le parti de Marine Le Pen aura beaucoup de mal à obtenir la majorité absolue des députés, soit 289 sièges, une hypothèse que n'exclut cependant pas l'institut Odoxa, dans une enquête pour le Nouvel Obs.

La cheffe de file du RN a pris acte d'un possible blocage à l'assemblée nationale si aucun des trois principaux camps n'obtient un nombre suffisant de députés. Il pourrait ne rester au président Emmanuel Macron que «la démission pour sortir potentiellement d'une crise politique», a-t-elle estimé vendredi.

Pour limiter le succès du RN, l'eurodéputé Raphaël Glucksmann, ex-tête de liste des socialistes aux européennes, a appelé les candidats du Nouveau front populaire à se retirer au second tour s'ils sont arrivés troisième, en cas de triangulaire.

L'alliance de gauche doit toujours se défendre face aux accusations d'antisémitisme chez LFI, de nouveau mises en avant par Gabriel Attal qui a estimé que «la gauche est en train de passer de «J'accuse» (NDLR: le titre de l'éditorial de Zola lors de l'affaire Dreyfus) au banc des accusés».

«Aucun des dirigeants du Nouveau Front populaire n'a jamais été condamné pour antisémitisme», a plaidé l'ex-cheffe de file des députés Mathilde Panot.

Le niveau de participation sera une clé du scrutin car il détermine le nombre de triangulaires possibles au second tour dans les 577 circonscriptions. Un candidat doit en effet obtenir un score supérieur à 12,5% des inscrits pour pouvoir se maintenir.

Signe de cette mobilisation pour les scrutins des 30 juin et 7 juillet, le ministère de l'Intérieur comptabilisait 1.055.067 procurations (pour le premier tour, le second tour et les deux), un chiffre déjà six fois supérieur à celui de 2022.


Marine Le Pen estime qu'«il ne restera à Macron que la démission» pour sortir d'une crise politique

La dirigeante du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen (au centre), s'adresse aux médias lors d'une visite de campagne sur un marché à Henin-Beamont, dans le nord de la France, le 14 juin 2024, à l'approche des élections anticipées du 30 juin et du 7 juillet en vue de la constitution d'un nouveau parlement national.  (Photo Denis Charlet AFP)
La dirigeante du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen (au centre), s'adresse aux médias lors d'une visite de campagne sur un marché à Henin-Beamont, dans le nord de la France, le 14 juin 2024, à l'approche des élections anticipées du 30 juin et du 7 juillet en vue de la constitution d'un nouveau parlement national. (Photo Denis Charlet AFP)
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  • «C'est un constat. C'est pas une demande, il fera exactement ce qu'il veut et ce que la Constitution lui donne liberté de faire», a indiqué la triple candidate malheureuse à l'Elysée
  • Un sondage Odoxa paru vendredi crédite le Rassemblement national de 250 à 300 députés dans la future Assemblée nationale, entre la majorité relative et la majorité absolue (289 sièges)

COURRIÈRES, France : Marine Le Pen a estimé vendredi qu'«il ne restera au président (de la République) que la démission pour sortir potentiellement d'une crise politique», en affirmant qu'il ne s'agissait pas d'une «demande» de sa part mais d'un «constat».

«Je n'appelle pas Emmanuel Macron à démissionner. Je suis respectueuse des institutions. Je note juste que, quand il y a un blocage politique, quand il y a une crise politique, il y a trois possibilités», a-t-elle expliqué en marge d'un déplacement à Courrières, dans la circonscription du Pas-de-Calais où elle entend se faire réélire députée.

«Il y a le remaniement, il y a la dissolution ou il y a la démission du président. Le remaniement, pour le coup, dans cette circonstance, ne m'apparaîtrait pas extrêmement utile. La dissolution vient d'être opérée pendant un an. Il ne restera donc au président que la démission pour sortir potentiellement d'une crise politique», a estimé Mme Le Pen.

«C'est un constat. C'est pas une demande, il fera exactement ce qu'il veut et ce que la Constitution lui donne liberté de faire», a encore ajouté la triple candidate malheureuse à l'Elysée, alors qu'un sondage Odoxa paru vendredi crédite le Rassemblement national de 250 à 300 députés dans la future Assemblée nationale, entre la majorité relative et la majorité absolue (289 sièges).

Emmanuel Macron avait indiqué la semaine dernière qu'il excluait de démissionner, quelle que soit l'issue des élections législatives des 30 juin et 7 juillet.