Sarah Bernhardt, première mégastar, première influenceuse

Dans cette photo d'archive prise le 2 janvier 1878, l'actrice française Sarah Bernhardt joue le rôle de la reine «Dona Maria de Neubourg» dans la pièce de Victor Hugo «Ruy Blas», à la Comédie-Française. (Photo, AFP)
Dans cette photo d'archive prise le 2 janvier 1878, l'actrice française Sarah Bernhardt joue le rôle de la reine «Dona Maria de Neubourg» dans la pièce de Victor Hugo «Ruy Blas», à la Comédie-Française. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 20 mars 2023

Sarah Bernhardt, première mégastar, première influenceuse

  • A l'occasion du centenaire de son décès, un programme de commémorations baptisé «Sarah dans tous ses états» débute mercredi
  • A Paris, où elle été la star de la Comédie-Française avant de claquer la porte, on disait qu'on venait voir deux choses: la tour Eiffel et Sarah Bernhardt

PARIS: Avant Hollywood, il y avait Sarah Bernhardt. Disparue il y a 100 ans, la légendaire comédienne française, pour qui Jean Cocteau a inventé l'expression "monstre sacré", est à l'origine de ce qui est devenu le star-system.

Surnommée la "Voix d'or" par Victor Hugo, Sarah Bernhardt, décédée le 26 mars 1923, a porté le théâtre français aux quatre coins du monde, créé des tendances mode et des produits dérivés, défrayé la chronique, devenant un véritable mythe vivant.

A l'occasion du centenaire de son décès, un programme de commémorations baptisé "Sarah dans tous ses états" débute mercredi.

"Elle est la première star planétaire", assure Pierre-André Hélène, historien et premier collectionneur privé en France de ses effets personnels.

"Si on veut arriver à sa cheville, il faut aujourd'hui ajouter Madonna, Lady Gaga, Rihanna, Beyoncé, Michael Jackson réunis. Et c'était sans aucun média, ni internet", dit ce consultant pour l'émission "Secrets d'Histoire", qui publie en mai un livre sur la comédienne.

« Scènes d'hystérie »

Visage de la France à l'étranger depuis sa première tournée américaine (1880), elle est souvent accueillie par la Marseillaise là où elle va.

A New York, les hommes jettent leur manteau par terre afin qu'il soit piétiné par l'actrice, qui passe trois heures à dédicacer leurs manchettes de chemise. Toujours en Amérique, un cow-boy fait plus de 400 km pour la voir sur scène à Dallas.

En Australie, "il y a eu des scènes d'hystérie de dizaines de milliers de femmes qui voulaient la voir, la toucher", rapporte M. Hélène.

Pourquoi un tel engouement ? Il y avait tout d'abord son talent de tragédienne. "Il y a cinq sortes de comédiennes: les mauvaises, les passables, les bonnes, les grandes, et puis il y a Sarah Bernhardt", disait l'écrivain Mark Twain.

"C'était le mythe mondial du théâtre", explique M. Hélène. "Que le public ne comprenne pas ce qu'elle disait à Londres ou aux États-Unis n'avait aucune importance... Elle avait une présence délirante et cette technique vocale, une mélopée très proche du lyrique".

Il y avait aussi ses fameuses scènes de mort. "Les gens venaient pour la voir mourir", souligne l'historien. "Ses yeux se révulsaient jusqu'à ce qu'on ne voie que le blanc. Les gens étaient scotchés... Certains étaient convaincus qu'elle se sentait mal."

Dans son entourage, cette femme autoritaire avait coutume de dire "si vous ne faites pas ce que je veux, j'arrête de mourir".

A Paris, où elle été la star de la Comédie-Française avant de claquer la porte, on disait qu'on venait voir deux choses: la tour Eiffel et Sarah Bernhardt.

Mais elle doit surtout sa célébrité à une machine d'autopromotion inédite.

"Son impresario Edward Jarrett, qui lui a organisé des voyages pharaoniques, avait un sens grandiose de la communication et avait compris que ses comportements insensés allaient la porter au sommet", selon l'historien.

Elle se fait photographier dans un cercueil, a une véritable ménagerie et d'innombrables amants, pose sans cesse pour la caméra...

"Elle va créer son propre mythe", commente M. Hélène.

Mythe de la Parisienne 

Sarah Bernhardt comprend très vite son pouvoir dans ce qu'on appelle alors la réclame. "C'est la première femme à décliner son image en produits dérivés, de la poudre de riz à l'absinthe".

Côté mode, on venait au théâtre autant pour applaudir son talent que pour admirer ses fabuleuses tenues, dont on allait s'inspirer, notamment ses robes serpentines avec des ceintures assez larges pour soutenir une hernie qu'elle avait et qui influencèrent la silhouette féminine de la fin du XIXe siècle.

Edith de Belleville, guide-conférencière à Paris, rappelle que Sarah Bernhardt a également "contribué au mythe de la Parisienne", en pleine Belle Epoque.

Sa singularité a fait sa renommée: "elle était maigre à l'époque des formes rondes, rousse -la 'couleur du diable'-, mère célibataire", précise la guide.

"Mais ce dont elle était la plus fière, c'est d'avoir porté la culture française au sommet du monde. Elle mérite le Panthéon !", estime M. Hélène.


Le programme Art Bridges d’Arabie saoudite touche à sa fin

Les programmes se sont déroulés en Écosse, au Japon, en Corée du Sud (photo) et en Espagne. (Fourni)
Les programmes se sont déroulés en Écosse, au Japon, en Corée du Sud (photo) et en Espagne. (Fourni)
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  • L’initiative a réuni des artistes visuels, des acteurs culturels, des professionnels des industries créatives et des producteurs de projets culturels

DUBAÏ : La Commission des arts visuels d’Arabie saoudite a conclu l’édition 2025-2026 de son initiative Art Bridges, mettant fin à un programme d’échanges internationaux d’une durée d’un an destiné à renforcer les liens entre le secteur des arts visuels du Royaume et les communautés créatives à travers le monde.

L’initiative a réuni 40 artistes visuels saoudiens et basés en Arabie saoudite, ainsi que des acteurs culturels, des professionnels des industries créatives et des producteurs de projets culturels, qui ont participé à une série d’échanges internationaux visant à encourager la collaboration, le développement professionnel et le dialogue interculturel.

Les programmes ont été organisés en Écosse, au Japon, en Corée du Sud et en Espagne.

À l’occasion de la clôture du programme, Dina Amin, directrice générale de la Commission des arts visuels, a déclaré : « En lançant Art Bridges, notre objectif était de créer des opportunités dont l’impact se poursuivrait bien après le retour des participants chez eux.

Tout au long de cette édition, nous avons vu des artistes et des acteurs culturels établir des relations avec leurs homologues à travers le monde, tout en partageant leur propre expérience de l’évolution du secteur des arts visuels en Arabie saoudite. Nous espérons que les échanges et les liens créés grâce à ces programmes continueront d’influencer leur travail dans les années à venir. »

Au cours des quatre programmes d’échanges, les participants ont exploré la manière dont les artistes, les institutions culturelles et les organisations créatives de différents pays répondent à des défis communs, notamment l’accompagnement des talents émergents, le développement des publics, la préservation du patrimoine culturel et la création de parcours professionnels durables dans le domaine des arts.

Le programme s’est conclu par une rencontre organisée ce mois-ci à Riyad, réunissant les participants des quatre groupes afin de revenir sur leurs expériences. L’événement a également proposé la projection d’un court documentaire retraçant l’initiative et son impact au cours de l’année écoulée.

Art Bridges s’inscrit dans la stratégie plus large de la Commission des arts visuels visant à soutenir le développement professionnel des artistes et des acteurs culturels, tout en renforçant l’engagement culturel international du Royaume. L’initiative s’aligne également sur les ambitions de la Vision 2030 de l’Arabie saoudite, qui vise à développer les industries créatives du pays et à approfondir les échanges culturels à l’échelle mondiale.

Créée en 2020 sous l’égide du ministère de la Culture, la Commission des arts visuels est l’une des 11 commissions sectorielles chargées de contribuer au développement du paysage culturel de l’Arabie saoudite. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Une coproduction franco-égyptienne rend hommage à l’héritage de Dalida

Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne. (Photo d’archives / Getty Images)
Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne. (Photo d’archives / Getty Images)
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  • Une comédie musicale consacrée à Dalida sera présentée en Égypte à partir du 31 octobre, pour les 40 ans de sa disparition
  • Cette coproduction franco-égyptienne célèbre les racines égyptiennes de la chanteuse et la coopération culturelle entre les deux pays

DUBAÏ : Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne, à l’occasion des 40 ans de la disparition de la chanteuse.

« Dalida: The Song That Never Ends » (« Dalida : La chanson qui ne s’arrête jamais ») a été dévoilée lors d’une conférence de presse organisée dimanche à l’ambassade de France au Caire, en présence de l’ambassadeur de France Éric Chevalier, de la soprano de renommée internationale Farrah El-Dibany, du réalisateur Khairy Beshara et du scénariste Walid Khairy.

Cette coproduction entre l’Égypte et la France a été développée dans le cadre de la Saison de la Méditerranée 2026 (« 2026 Mediterranean Season »), une initiative culturelle portée par la France visant à célébrer la coopération artistique et le patrimoine commun des pays méditerranéens.

La production sera présentée en première à la Bibliotheca Alexandrina le 31 octobre, avant d’être jouée au Caire en novembre. La première à Alexandrie marquera également la clôture de l’édition de cette année de la Saison de la Méditerranée

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« Dalida : La chanson qui ne s’arrête jamais » a été dévoilée lors d’une conférence de presse organisée dimanche à l’ambassade de France au Caire. (Photo fournie)

Selon un communiqué, l’ambassadeur Éric Chevalier a souligné que ce projet illustre la solidité des liens culturels entre la France et l’Égypte et reflète leur engagement commun à préserver l’héritage artistique de Dalida.

Farrah El-Dibany a confié qu’incarner la légendaire chanteuse était un rêve d’enfance. Elle a expliqué avoir proposé le projet à Khairy Beshara avant que tous deux ne le développent avec le scénariste Walid Khairy.

Khairy Beshara a décrit Dalida comme une femme faite de contrastes, alliant fragilité et force tout au long de sa vie et de sa carrière. Il a salué le travail de Walid Khairy, dont le scénario restitue avec justesse la complexité de sa personnalité et donne toute sa dimension au spectacle.

De son côté, Walid Khairy a indiqué que la comédie musicale met en lumière des chapitres méconnus de la vie de Dalida tout en célébrant ses racines égyptiennes, restées au cœur de son identité malgré son succès international. Produite par la société 26One1 Company, l’œuvre retrace son parcours, de l’Égypte jusqu’à la célébrité mondiale.

La production proposera également de nouveaux arrangements musicaux signés par le pianiste et compositeur franco-arménien André Manoukian.

Annoncée en 2023 par le président français Emmanuel Macron, la Saison de la Méditerranée favorise les échanges culturels à travers des expositions, des spectacles et des collaborations artistiques. L’édition 2026 met particulièrement l’accent sur la créativité, la jeunesse et les partenariats interculturels. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Un rare panneau du XIXe siècle exposé au Musée de la mer Rouge présente le texte complet du Coran

Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
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  • Cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran intégrée dans une illustration détaillée

DJEDDAH : Un rare panneau de calligraphie coranique du XIXe siècle est exposé au Musée de la mer Rouge, dans la ville historique de Djeddah.

Réalisée vers 1859–1860 par Ghouth Mahboob Ghalib à Mysore, en Inde, cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran disposée au sein d’une illustration détaillée de la Grande Mosquée de La Mecque.

Rédigé en écriture Diwani à l’encre noire et avec des dorures, le manuscrit place la Kaaba en son centre, a rapporté la SPA.

Le texte minutieusement élaboré commence par la sourate Al-Fatihah au sommet, s’entrelace avec les détails architecturaux de la mosquée et s’achève par la sourate An-Nas.

Cet artefact met en lumière les parcours historiques et spirituels des pèlerins qui traversaient la mer Rouge vers La Mecque, emportant avec eux des objets d’art témoignant du patrimoine culturel et de l’histoire du Hajj. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Asharq Al-Awsat.