Francophonie: Le développement culturel, un vecteur stratégique pour l’Arabie saoudite

Emmanuel Macron à Riyad, où il rencontrait le prince héritier du Royaume, Mohammed ben Salmane en 2021 (Photo, Fournie).
Emmanuel Macron à Riyad, où il rencontrait le prince héritier du Royaume, Mohammed ben Salmane en 2021 (Photo, Fournie).
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Publié le Mardi 21 mars 2023

Francophonie: Le développement culturel, un vecteur stratégique pour l’Arabie saoudite

  • À l’occasion de l’édition 2023, le mois de la Francophonie s’est articulé autour d’artistes et d’œuvres qui témoignent d’une grande diversité de regards sur le monde
  • La francophonie est en train de s’installer dans la durée dans le Royaume grâce à des partenariats avec la France

PARIS: À Djeddah, il m’est arrivé plusieurs fois de converser en français avec les membres de ma famille en public et cela a suscité à chaque fois une curiosité et un intérêt appuyés. «Oh, j’aimerais tellement apprendre le français!», m’a même confié un jour, le sourire aux lèvres et les yeux pétillants, la responsable d’une parfumerie. Les Saoudiens sont attirés par la culture française, par le made in France, au point qu’ils célèbrent parfois la francophonie avec plus d’enthousiasme encore que les pays.

EN BREF

La langue française est une langue internationale. Elle est parlée par 325 millions de personnes sur la planète.

Au niveau mondial, 93 millions d’élèves et d’étudiants utilisent le français comme langue d’étude et 51 millions de personnes l’apprennent.

En effet, même si l’Arabie saoudite n’est pas un pays francophone, ces dernières années, cet attrait se fait bel et bien ressentir un peu partout dans le Royaume. De Riyad à Djeddah en passant par Dammam et Khobar, des cercles francophones se forment, se rencontrent. Les lycées français, bien ancrés depuis des années dans plusieurs villes du Royaume, ont contribué à un essor évidemment renforcé par les récentes réformes et la politique qui s’en est suivie.

C’est le 14 juillet 2020, le jour de la fête nationale française, qu’Arab News a choisi de lancer sa version francophone. Sa mission était de créer un pont entre les mondes arabe et francophone – qui s’entrecroisent souvent d’ailleurs. Ce projet demeure un symbole fort et durable des relations entre la France et l'Arabie saoudite. Le Royaume a ainsi prouvé qu'un pays non francophone – en termes de langue – est capable d'embrasser la francophonie au sens large.

En outre, afin de marquer la journée de la Francophonie, le 20-Mars, Riyad organise un festival de la Francophonie qui ne se limite pas à une seule journée, mais s’étend sur la quasi-totalité du mois de mars.

L’édition 2022 avait ainsi vu se dérouler à travers tout le Royaume plus de soixante événements culturels, pédagogiques, sportifs et gastronomiques. L'ambassadeur de France en Arabie saoudite, Ludovic Pouille, s'était alors félicité de l'engouement que rencontre la langue française dans le Royaume – un attrait toujours plus important et que l'on constate notamment à travers «la demande croissante d'inscription dans nos alliances françaises, mais également dans nos écoles».

Le français en Arabie saoudite

 

En 2021 déjà, à l’occasion de la Journée de la francophonie, de jeunes Saoudiennes et Saoudiens avaient fait part de leur désir de voir la langue française prospérer. «La langue française m’a donné une chance d’avoir une interaction avec les pays francophones; elle m’a donné une valeur professionnelle et linguistique», a déclaré l’un d’eux, qui a précisé qu’il souhaitait vivement que la télévision propose une «chaîne saoudienne en français».

En Arabie saoudite, 150 000 personnes parlent le français et 500 professeurs enseignent cette langue.


 

À l’occasion de l’édition 2023, le Mois de la francophonie s’est articulé autour d’artistes et d’œuvres qui témoignent d’une grande diversité de regards sur le monde. Musique, cinéma, gastronomie, littérature et arts visuels sont à l’honneur à Riyad, Khobar, Djeddah et AlUla. Parmi les événements majeurs, le dessinateur Joël Alessandra sera présent dans ces quatre villes. Une Nuit de la poésie, en partenariat avec Van Cleef and Arpels, a déjà réservé son lot d’émerveillements et de magie. D’autres manifestations locales ont lieu dans plusieurs villes au cours du mois de mars en collaboration avec l’ensemble des ambassades des pays francophones. En 2021, dix ambassades avaient participé au Festival de la gastronomie des pays francophones.

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Musique, cinéma, gastronomie, littérature et arts visuels sont à l’honneur à Riyad, Khobar, Djeddah et AlUla (Photo, Fournie).

Accord historique

La francophonie est en train de s’installer dans la durée dans le Royaume, notamment grâce à des partenariats établis avec la France dans de nombreux domaines. L’élan d’aujourd’hui remonte à l’année 2018, avec l’accord historique signé entre la France et l’Arabie saoudite et destiné à développer les caractéristiques culturelles et patrimoniales du gouvernorat d’AlUla et à lancer des initiatives scientifiques conjointes liées à la recherche archéologique ainsi qu’aux fouilles au sein du Royaume. Ce site constitue non seulement le plus grand chantier de fouilles archéologiques du monde, mais également le plus important partenariat culturel entre deux pays. La directrice de l’archéologie et du patrimoine au sein de l’Agence française pour le développement d’AlUla (Afalula), Ingrid Périssé-Valéro, affirme que cet accord constitue «un modèle de développement économique, touristique et culturel qui vise à mettre en valeur et à préserver le patrimoine culturel d’AlUla».

En novembre 2021, dans le cadre de la visite à Paris du ministre saoudien de la Culture, le prince Badr ben Farhane, une autre série d’accords a promu la coopération et les échanges culturels dans divers secteurs, notamment l’architecture et le design, le patrimoine, les arts visuels, les arts de la scène, le cinéma et la littérature.

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Musique, cinéma, gastronomie, littérature et arts visuels sont à l’honneur à Riyad, Khobar, Djeddah et AlUla (Photo, Fournie).

Un mois plus tard, le président français, Emmanuel Macron, se rendait à Riyad, où il rencontrait le prince héritier du Royaume, Mohammed ben Salmane. Dans la foulée, un accord de coopération conjoint dans le domaine de l'utilisation pacifique de l'espace ainsi qu'un protocole d'accord qui consolide les relations culturelles entre l'Arabie saoudite et la France étaient signés.

 

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Un mois plus tard, le président français, Emmanuel Macron, se rendait à Riyad, où il rencontrait le prince héritier du Royaume, Mohammed ben Salmane (Photo, Fournie).

Mohammed ben Salmane aura quant à lui été accueilli en grande pompe par Emmanuel Macron en juillet dernier, sous l’objectif des photographes, avec le tapis rouge déroulé dans la cour d’honneur de l’Élysée.

Cette visite s’inscrit dans la droite ligne de relations saoudo-françaises «très fortes grâce aux contacts que le roi Faisal a initiés depuis 1919» à Paris, comme l’estime le prince Turki al-Faisal à Arab News en français. «Une relation qui s’est fortifiée par de fréquentes visites en France et par l’accueil des chefs d’État français en Arabie saoudite», précise-t-il.

La semaine dernière, le ministre saoudien de la Culture se trouvait une nouvelle fois à Paris pour une réunion avec son homologue française, Rima Abdul-Malak. Dans ce contexte, une pierre s’est ajoutée à l’édifice de la coopération culturelle entre la France et l’Arabie saoudite avec la signature d’un accord entre la Royal Commission For AlUla (RCU) et le Centre Pompidou, une institution nationale d'art et de culture située à Paris. L'objectif est de mettre en place un musée d'art contemporain à AlUla qui permettra au centre d'étendre sa présence en Arabie saoudite.

Aujourd’hui, cette coopération culturelle particulièrement riche entre la France et le Royaume s’accélère. Elle est érigée en partenariat stratégique puisqu’elle est partie intégrante de la Vision 2030 saoudienne et du plan «France 2030». Ces derniers veulent répondre aux mêmes défis. Pour l’ambassadeur de France en Arabie saoudite, Ludovic Pouille, «la transition énergétique peut amener à préserver l’environnement, la biodiversité et la transition digitale».

La culture occupe une place de choix dans ce partenariat. En effet, l’Arabie saoudite, pays en théorie non francophone, est en train de s’ériger, lentement mais sûrement, en porte-étendard de la culture francophone à l’heure où les pays francophones «traditionnels» notent un réel déclin de la langue française et de l’engouement de leur population à l’égard de la francophonie et de ce qu’elle représente en termes de culture et d’ouverture. La francophonie ne saurait être, de fait, cantonnée à une langue.


Guerre au Moyen-Orient: l'Iran accuse Netanyahu d'avoir manipulé l'administration américaine

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a accusé lundi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d'avoir manipulé l'administration américaine pour l'entraîner à faire la guerre à l'Iran. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a accusé lundi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d'avoir manipulé l'administration américaine pour l'entraîner à faire la guerre à l'Iran. (AFP)
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  • "Quand il parle en hébreu, Netanyahu se vante ouvertement d'avoir manipulé l'administration américaine pour la pousser à entrer en guerre contre l'Iran au nom d'Israël", a déclaré M. Araghchi dans un message publié sur X
  • "Netanyahu rit explicitement de la manière dont il a influencé l'Amérique grâce à 1.000 heures d'antenne sur les chaînes américaines", a-t-il ajouté

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a accusé lundi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d'avoir manipulé l'administration américaine pour l'entraîner à faire la guerre à l'Iran.

Israël et les Etats-Unis ont mené une attaque conjointe le 28 février contre Téhéran, déclenchant la guerre au Moyen-Orient qui a fait des milliers de morts et ébranlé l'économie mondiale.

"Quand il parle en hébreu, Netanyahu se vante ouvertement d'avoir manipulé l'administration américaine pour la pousser à entrer en guerre contre l'Iran au nom d'Israël", a déclaré M. Araghchi dans un message publié sur X.

"Netanyahu rit explicitement de la manière dont il a influencé l'Amérique grâce à 1.000 heures d'antenne sur les chaînes américaines", a-t-il ajouté.

Et "quand il parle en anglais, il fait l'éloge du leadership du président américain", a-t-il indiqué, qualifiant M. Netanyahu de "serpent".

Au premier jour de la guerre, les frappes israélo-américaines ont tué le guide suprême iranien et de hauts responsables militaires. L'Iran a riposté par des attaques contre Israël et dans les pays du Golfe, alliés de Washington.

Un cessez-le-feu en avril a mis fin à près de 40 jours de bombardements intenses et un protocole d'accord visant à mettre définitivement fin au conflit a été conclu en juin.

Mais celui-ci a volé en éclats en juillet après une reprise des hostilités, et les négociations sont depuis dans l'impasse.

Délaissant le volet militaire, les Etats-Unis disent vouloir accentuer la pression économique sur Téhéran.

L'Iran et les Etats-Unis ont cependant échangé des frappes dans la nuit de dimanche à lundi, après un mois d'accalmie.


L'Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie tiennent leur première réunion dans le cadre de l'Accord de La Mecque

De hauts responsables de l'Arabie saoudite, de la Turquie et du Pakistan posent avant la première réunion du comité prévue dans le cadre de l'Accord de défense conjoint de La Mecque, à Istanbul, le 31 août 2026. (Reuters)
De hauts responsables de l'Arabie saoudite, de la Turquie et du Pakistan posent avant la première réunion du comité prévue dans le cadre de l'Accord de défense conjoint de La Mecque, à Istanbul, le 31 août 2026. (Reuters)
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  • Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a déclaré que les responsables réunis à Istanbul avaient commencé à mettre en place la structure fondamentale de l’alliance de défense de La Mecque
  • M. Fidan a également précisé que cette alliance, inspirée de l’OTAN, reposait sur le principe selon lequel d’autres pays pourraient y adhérer sous certaines conditions.=

DUBAÏ : Des hauts responsables d’Arabie saoudite, de Turquie et du Pakistan sont arrivés à Istanbul pour participer à leur première réunion dans le cadre de l’Accord de défense conjoint de La Mecque.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a déclaré que les responsables réunis à Istanbul avaient commencé à mettre en place la structure fondamentale de l’alliance de défense de La Mecque, ajoutant que la création de ce bloc n’était dirigée contre aucun pays en particulier.

M. Fidan a également précisé que cette alliance, inspirée de l’OTAN, reposait sur le principe selon lequel d’autres pays pourraient y adhérer sous certaines conditions. 

Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid bin Salman, dirigeait la délégation saoudienne, accompagnée du ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, et d’autres hauts responsables, selon l’Agence de presse saoudienne.

Le prince Faisal a ensuite rencontré son homologue turc, Hakan Fidan, en marge de la réunion. 

Les deux responsables ont fait le point sur les relations saoudo-turques et sur les moyens de les renforcer et de les développer au service de leurs intérêts mutuels. 

Ils ont également discuté des derniers développements régionaux et de la nécessité de déployer des efforts pour renforcer la sécurité et la stabilité régionales.


Accord Liban-Israël: Beyrouth demande l'aide d'Athènes pour son application

Le président libanais Joseph Aoun a demandé lundi l'aide de la Grèce "autant que possible" pour l'application de l'accord cadre conclu entre Israël et le Liban fin juin, sous l'égide des Etats-Unis.  "Cet accord doit être mis en oeuvre dans son intégralité et non de manière sélective", a souligné le président Aoun, lors d'un point-presse avec le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, à Athènes. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a demandé lundi l'aide de la Grèce "autant que possible" pour l'application de l'accord cadre conclu entre Israël et le Liban fin juin, sous l'égide des Etats-Unis. "Cet accord doit être mis en oeuvre dans son intégralité et non de manière sélective", a souligné le président Aoun, lors d'un point-presse avec le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, à Athènes. (AFP)
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  • Le président Aoun a particulièrement insisté sur "le retrait total de l'occupation (israélienne: ndrl) et le contrôle complet de notre territoire par nos seules forces armées"
  • Pour sa part, Kyriakos Mitsotakis a assuré que la Grèce soutenait "sans aucune réserve la souveraineté, l'indépendance, mais aussi l'unité du Liban".

ATHENES: Le président libanais Joseph Aoun a demandé lundi l'aide de la Grèce "autant que possible" pour l'application de l'accord cadre conclu entre Israël et le Liban fin juin, sous l'égide des Etats-Unis.

"Cet accord doit être mis en oeuvre dans son intégralité et non de manière sélective", a souligné le président Aoun, lors d'un point-presse avec le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, à Athènes.

"Nous demandons autant que possible l'assistance de la Grèce pour aider le Liban à le mettre en oeuvre" et "l'aide de la Grèce dans toutes les instances internationales", y compris "aux Nations unies", a-t-il ajouté.

L'accord conclu le 26 juin entre Israël et le Liban, sous l'égide des Etats-Unis, prévoit que l'armée libanaise rétablisse son autorité dans le sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah, à commencer par des "zones pilotes" dont se retirerait l'armée israélienne.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale en menant des frappes sur Israël en soutien à Téhéran, le 2 mars, déclenchant des bombardements aériens israéliens massifs et une offensive terrestre, qui ont fait plus de 4.300 morts, selon les autorités libanaises.

Le président Aoun a particulièrement insisté sur "le retrait total de l'occupation (israélienne: ndrl) et le contrôle complet de notre territoire par nos seules forces armées".

Pour sa part, Kyriakos Mitsotakis a assuré que la Grèce soutenait "sans aucune réserve la souveraineté, l'indépendance, mais aussi l'unité du Liban".

"La Grèce, en tant qu'ami traditionnel à la fois du Liban et du monde arabe, et en même temps partenaire stratégique d'Israël, est prête à soutenir tout effort de désescalade et de compréhension mutuelle", a-t-il insisté, rappelant que son pays a envoyé de l'aide militaire et humanitaire au Liban.

La Grèce entretient historiquement de bonnes relations avec les pays arabes, en développant parallèlement ces dernières années une coopération étroite avec l'Israël en matière de sécurité et de défense.

Lundi, Athènes s'est félicité d'avoir signé un accord majeur avec Israël pour l'achat d'un système de défense antiaérienne d'environ trois milliards d'euros.