Jacques Krabal : la francophonie, symbole d’ouverture

Jacques Krabal intervient au Parlement en 2018. (AFP).
Jacques Krabal intervient au Parlement en 2018. (AFP).
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Publié le Mardi 01 décembre 2020

Jacques Krabal : la francophonie, symbole d’ouverture

  • En 2018, Jacques Krabal est devenu le secrétaire général parlementaire de l’Assemblée parlementaire de la francophonie (APF)
  • Selon lui, l’Hexagone doit utiliser son influence pour soutenir et insuffler l’utilisation de la langue à l’international, en s’appuyant sur «l’ensemble des partenaires francophones»

PARIS: Député français de l’Aisne, Jacques Krabal est un défenseur passionné de la francophonie. Il a livré à Arabnews en français sa vision de celle-ci. Quel rôle, quelle place, quelles perspectives pour la langue française dans notre monde actuel? L’élu nous répond sur ce sujet qu’il chérit tant et dont il est devenu un acteur majeur sous le quinquennat d’Emmanuel Macron. En 2018, Jacques Krabal est ainsi devenu le secrétaire général parlementaire de l’Assemblée parlementaire de la francophonie (APF).

«Le français, c’est une langue que nous avons en partage sur les cinq continents. Pas seulement en France ou en Europe, mais partout dans le monde», démarre-t-il. Selon lui, plus que la simple transmission d’une langue, ce sont des valeurs que la francophonie entend véhiculer et dans lesquelles elle puise ses fondements. Elle porte ainsi «le germe de la fraternité» lance-t-il, convaincu.

Comme le rappelle Jacques Krabal, la langue française est en plein essor en ce qui concerne son nombre de locuteurs. «La francophonie, ce n'est pas la France. Son centre de gravité, ce n’est pas Paris, mais plutôt Ouagadougou», lance le député.

Selon lui, l’Hexagone doit utiliser son influence pour soutenir et insuffler l’utilisation de la langue à l’international, en s’appuyant sur «l’ensemble des partenaires francophones». Notamment parce que d’autres territoires tels que le Québec attachent une importance bien plus grande à l’idée de francophonie, d’après Krabal.

«L’idée nouvelle que nous devons porter à travers l’espace francophone, c’est l’utilité d’apprendre la langue». Que son apprentissage facilite l’accès à l’emploi. Qu’elle ait pleinement sa place dans le numérique, actuellement dominé par l’anglais.

Jacques Krabal rappelle également que le choix de la langue utilisée au cours des échanges internationaux n’a rien d’anodin. Aussi bien pour le commerce, «lorsque l’on parle la même langue, on fait plus d’affaires», qu’en matière de géopolitique. Le retour de l’utilisation du français, au même titre que d’autres langues, dans les dialogues entre nations serait selon lui un signal fort du retour du multilatéralisme.

Il regrette le «net recul» du français au sein des instances internationales, où l’anglais est désormais prépondérant. «Je refuse de voir que le projet européen puisse être écrit dans la langue d’un pays qui n’appartient plus à l’Union européenne» s’exclame-t-il, faisant référence au Brexit. La diversité linguistique, son cheval de bataille, aurait pour moteur la traduction qui devrait être «réhabilitée». «Il faut qu’on apprenne à parler plusieurs langues dans l’espace européen. Et puis qu’on traduise!» Eléments essentiels pour que l’on se «réapproprie l’idée d’Europe». 

«On ne peut pas avoir des civilisations qui fonctionnent dans le respect de l’une par rapport à l’autre sans diversité linguistique.»  

C’est avec les efforts conjugués d’une formation ambitieuse des professeurs de langue et d’un rééquilibrage du poids des langues au cours des échanges entre nations que «la francophonie retrouvera les aspirations de ses pères fondateurs», assène le député.

Au cœur des efforts de Jacques Krabal pour promouvoir cette francophonie qui lui est si chère, le château de Villers-Cotterêts. Construit au XVIe siècle par François Ier, il est le lieu de la signature de l’ordonnance de 1539, premier acte officiel de promotion de la langue française dans l’Hexagone, dans l’objectif, à l’époque, de «renforcer l’unité du royaume». Le bâtiment, en état de délabrement avancé, fait désormais l’objet de rénovations intensives et devrait être inauguré et ouvert au public en 2022. Avec un but bien défini: en faire «le cœur battant de la francophonie». Ce sera également «un véritable projet de développement économique autour de la langue» engagé dans la «lutte contre l’illettrisme» dans une région de France où 17 % des habitants ne savent pas lire, le taux le plus élevé du pays.

Ce projet incarne finalement tout à fait la vision de la francophonie de Jacques Krabal : «Ne pas oublier ses racines, mais s’ouvrir sur le monde.»


Sécheresse en France: situation «exceptionnelle» et «très préoccupante», selon la ministre de la Transition écologique

La France connait une situation de sécheresse "exceptionnelle" et "très préoccupante", avec un nombre record de départements concernés par des restrictions d'eau de manière particulièrement précoce et une vigilance accrue sur les sols et les cours d'eau, a déclaré mercredi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut. (AFP)
La France connait une situation de sécheresse "exceptionnelle" et "très préoccupante", avec un nombre record de départements concernés par des restrictions d'eau de manière particulièrement précoce et une vigilance accrue sur les sols et les cours d'eau, a déclaré mercredi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut. (AFP)
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  • "C'est une situation inédite depuis la mise en place du suivi national en 2012", a déclaré Mme Barbut
  • Cette alerte intervient à la veille de l'examen en commission mixte paritaire (CMP) du projet de loi d'urgence agricole, un texte profondément remanié par le Sénat, qui "risque d'aboutir à un bouleversement profond de la politique de l'eau actuelle

PARIS: La France connait une situation de sécheresse "exceptionnelle" et "très préoccupante", avec un nombre record de départements concernés par des restrictions d'eau de manière particulièrement précoce et une vigilance accrue sur les sols et les cours d'eau, a déclaré mercredi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut.

Actuellement, 99 départements connaissent pour tout ou partie des restrictions d'eau, "soit la totalité du territoire métropolitain", dont 43 sont au niveau de crise, où l'eau est réservée aux usages prioritaires. 206 arrêtés préfectoraux sont en vigueur, "il s'agit du niveau le plus élevé jamais observé depuis au moins 2013", a indiqué la ministre lors d'une réunion de la cellule de crise au ministère.

"Nous vivons une situation de sécheresse qui est exceptionnelle par sa précocité", avec "près d'un mois d'avance par rapport à ce que nous connaissions jusqu'à présent", tout "comme par son intensité", a déclaré Monique Barbut.

"Ce qui rend la situation très préoccupante, c'est qu'elle survient alors que les précipitations du printemps étaient globalement dans les normales", a souligné Mme Barbut, rappelant que le changement climatique entraine "un dérèglement profond du cycle de l'eau".

"Les sols sont les premiers touchés. (...), avec des niveaux d'humidité particulièrement bas" et "proches des records", a-t-elle expliqué.

La ministre a souligné que "les cours d'eau constituent aujourd'hui le point de vigilance principal: depuis le début du mois de juin, les débits mensuels diminuent rapidement sur l'ensemble du territoire, et près d'un tiers des points de mesure se situent à des niveaux inférieurs aux minimas observés ces 20 dernières années" alors qu'"un quart des petits cours d'eau sont désormais à sec".

"C'est une situation inédite depuis la mise en place du suivi national en 2012", a déclaré Mme Barbut.

Cette alerte intervient à la veille de l'examen en commission mixte paritaire (CMP) du projet de loi d'urgence agricole, un texte profondément remanié par le Sénat, qui "risque d'aboutir à un bouleversement profond de la politique de l'eau actuelle en France", selon une note de la ministre de la Transition écologique consacrée aux "principales alertes" sur ce texte publiée par le média Contexte.

Des élus locaux ont mis en garde contre un texte qui va démarrer "une guerre de l'eau", tandis que des scientifiques, des écologistes, d'anciens ministres de l'Agriculture et le 3e syndicat agricole, la Confédération paysanne, ont dénoncé le déséquilibre du texte sorti du Sénat. Cette version prévoit notamment de modifier la tutelle des agences de l'eau, de doubler la capacité de stockage et de nombreux assouplissements aux contraintes environnementales.


En forêt de Fontainebleau, les opérations se poursuivent pour contenir les reprises de feu

Si l'effectif au sol reste équivalent à celui de mardi, le dispositif aérien a quant à lui été allégé: trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau et un hélicoptère de commandement sont mobilisés. La veille, Canadair et bombardiers d'eau étaient au nombre de quatre. (AFP)
Si l'effectif au sol reste équivalent à celui de mardi, le dispositif aérien a quant à lui été allégé: trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau et un hélicoptère de commandement sont mobilisés. La veille, Canadair et bombardiers d'eau étaient au nombre de quatre. (AFP)
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  • Le Grand Parquet correspond à la zone où s'est déclaré le deuxième incendie, lundi après-midi, et qui a ravagé environ 450 hectares
  • L'incendie principal, démarré dimanche autour de l'autoroute A6, a lui parcouru quelque 1.600 hectares en deux jours

NOISY-SUR-ECOLE: Quelque 800 pompiers étaient encore à pied d'oeuvre mercredi matin en forêt de Fontainebleau pour contenir les reprises de feux, qui ont été fixés la veille après 48 heures de lutte intense.

"Trois reprises modérées de feu" ont été identifiées dans le secteur du Grand Parquet, à proximité de la ville de Fontainebleau, a déclaré à l'AFP Paul-Edouard Laurain, porte-parole du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) de Seine-et-Marne.

Le Grand Parquet correspond à la zone où s'est déclaré le deuxième incendie, lundi après-midi, et qui a ravagé environ 450 hectares. L'incendie principal, démarré dimanche autour de l'autoroute A6, a lui parcouru quelque 1.600 hectares en deux jours.

Un peu plus tôt, M. Laurain expliquait que les opérations prévues allaient dorénavant être "principalement du +noyage+, c'est-à-dire s'assurer qu'on traite toutes les parties incandescentes qui restent dans la terre ou les souches ou les branches d'arbre qui sont tombées au sol, afin qu'on n'ait pas de reprise particulière".

"Ensuite, on va commencer à imaginer la façon dont on va pouvoir rouvrir les axes et désengager une partie des pompiers", a-t-il poursuivi, tandis que les deux feux ont été fixés mardi soir.

Si l'effectif au sol reste équivalent à celui de mardi, le dispositif aérien a quant à lui été allégé: trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau et un hélicoptère de commandement sont mobilisés. La veille, Canadair et bombardiers d'eau étaient au nombre de quatre.

Parmi les "bonnes nouvelles", la possibilité pour le Dash d'aller se ravitailler à Melun, à environ 15 minutes de trajet, là où il devait auparavant aller dans les Vosges ou le Maine-et-Loire, à environ 1H30.

En raison du sol tourbeux de la forêt, les pompiers vont devoir être mobilisés encore un moment afin d'éviter les feux zombies.

"Un feu de tourbe peut se propager (dans le sol) pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines et ressurgir parfois à plus d'une centaine de mètres du feu initial", a alerté mardi le préfet de Seine-et-Marne Pierre Ory.

Une portion de l'A6 était toujours fermée mercredi matin.

Quatre gardes à vue étaient encore en cours mardi soir, dont celle d'un pompier volontaire qui a reconnu avoir "mis le feu à des brindilles avec un briquet et de l'essence" à Arbonne-la-Forêt.

 


La France publie sa stratégie pour être neutre en carbone, en pleine vague de chaleur

De la vapeur s'élève des tours de refroidissement de la centrale nucléaire du Bugey, à Saint-Vulbas, dans le centre-est de la France, le 25 janvier 2022. (AFP)
De la vapeur s'élève des tours de refroidissement de la centrale nucléaire du Bugey, à Saint-Vulbas, dans le centre-est de la France, le 25 janvier 2022. (AFP)
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  • La France présente sa stratégie SNBC-3 visant la neutralité carbone d'ici 2050, avec une sortie progressive du charbon, du pétrole et du gaz fossile
  • Les émissions baissent, mais pas assez vite pour atteindre les objectifs, tandis que le financement de la transition reste un défi

PARIS: Après des mois de préparation, le gouvernement présente mercredi sa copie définitive pour une France "neutre en carbone" en 2050, qui se passerait du pétrole et du gaz, qui réchauffent l'atmosphère terrestre.

Cette troisième Stratégie nationale bas carbone (SNBC-3) doit être présentée dans la matinée au ministère de la Transition écologique à l'occasion d'une conférence, et être suivie par la publication d'un décret, attendu dans les prochains jours, selon le ministère.

Les "principales évolutions" du texte et son calendrier doivent notamment être présentés à la presse, indique le ministère, tout comme l'impact du plan d'électrification du gouvernement sur la trajectoire de décarbonation.

Le projet de feuille de route pour baisser les rejets de gaz à effet de serre de la France avait déjà été publié en décembre et devait ensuite faire l'objet d'une série de consultations par des instances diverses, avant celle du public.

Lors de la récente première conférence sur la sortie des énergies fossiles à Santa Marta (Colombie) fin avril, qui regroupait une cinquantaine de pays volontaires, les engagements français avaient été salués.

La France a présenté un document prévoyant notamment la fin de la consommation de charbon à horizon 2030, de pétrole d'ici à 2045 et de gaz fossile en 2050.

Depuis, l'ouest de l'Europe a connu trois épisodes de chaleurs intenses en moins de deux mois, témoins des effets dévastateurs du réchauffement climatique principalement causé par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz.

Le gouvernement a aussi annoncé en juin un gel de 163 millions d'euros sur le fonds vert, programme gouvernemental destiné à accélérer la transition écologique dans les collectivités locales, en dépit de l'urgence de la question climatique, venant poser avec insistance la question du financement par la France de son ambition en matière d'adaptation au changement climatique, à l'heure où les finances publiques sont exsangues.

La nouvelle stratégie climatique française ambitionne une baisse des émissions de gaz à effet de serre d'environ 4% par an pour la période 2024-2028, en vue d'atteindre la neutralité carbone en 2050.

Or la tendance actuelle (-1,5% en 2025) n'est pas alignée avec cette trajectoire, bien que le pays ait nettement fait baisser ses émissions au premier trimestre 2026 de 4,8% sur un an, à la faveur d'un recul des consommations de chauffage l'hiver dernier.

Pour accélérer, le gouvernement a lancé en avril un plan d'électrification de l'économie, de l'industrie aux transports en passant par le numérique.