Le journaliste français Olivier Dubois, ex-otage au Sahel, arrivé en France

Le journaliste français Olivier Dubois à son arrivée en France. (AFP)
Le journaliste français Olivier Dubois à son arrivée en France. (AFP)
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Publié le Mercredi 22 mars 2023

Le journaliste français Olivier Dubois, ex-otage au Sahel, arrivé en France

  • Olivier Dubois avait été kidnappé le 8 avril 2021 à Gao, dans le nord du Mali, par le GSIM, principale alliance djihadiste au Sahel liée à Al-Qaïda
  • Le reporter de 48 ans était le dernier Français connu comme retenu en otage par une organisation non-étatique

VELIZY-VILLACOUBLAY, France: Quelques larmes, des sourires, et des étreintes. Olivier Dubois, otage français pendant près de deux ans de djihadistes au Mali, est rentré en France mardi et a retrouvé ses proches, déclarant à l'AFP ne jamais avoir été physiquement maltraité au cours de ses 711 jours de détention.

Arrivé la veille à Niamey, au Niger, avec l'otage américain Jeffery Woodke, 61 ans, retenu pour sa part pendant plus de six ans, le journaliste a été accueilli peu après midi par sa famille et par le président Emmanuel Macron sur la base aérienne de Villacoublay, au sud-ouest de la capitale.

Vêtu d'un tee-shirt à manches longues et d'un pantalon noir, il est apparu très souriant après cinq heures de voyage depuis Niamey. Il a retrouvé dans la foulée sa femme et ses enfants avant de s'entretenir avec le chef de l'Etat.

"Hier, je n'y croyais pas quand je suis arrivé à l'aéroport" de Niamey, a-t-il déclaré à l'AFP. "Ca y est, j'ai vu ma famille (...) Je suis libre!", a-t-il lancé, s'estimant chanceux de n'avoir été ni "maltraité, ni humilié ni frappé ni quoi que ce soit".

"Il y a eu des moments difficiles mais pas physiques comme certains ont pu le vivre", a-t-il ajouté en allusion à Jeffery Woodke, qu'il a rencontré seulement deux jours avant sa libération.

Olivier Dubois avait été kidnappé le 8 avril 2021 à Gao, dans le nord du Mali, par le GSIM, principale alliance djihadiste au Sahel liée à Al-Qaïda. Il collaborait notamment avec le quotidien Libération et le magazine Le Point et vivait au Mali depuis 2015.

«Immense soulagement»

Le reporter de 48 ans était le dernier Français connu comme retenu en otage par une organisation non-étatique.

"J'ai été au courant de ma libération le 7 mars", a-t-il expliqué. Le 16, des hommes l'ont emmené en moto puis en pick-up "dans ce que j'appelle le sas", sous un arbre, dans "la région de Kidal", où il a attendu sa libération.

Lundi, le président Macron avait exprimé son "immense soulagement" et témoigné de sa "grande reconnaissance au Niger". Il n'a fait aucun commentaire public mardi à Villacoublay.

Les circonstances de la libération des deux hommes restent pour l'heure inconnues alors que les relations entre la France et la junte au pouvoir au Mali se sont considérablement détériorées. Paris a notamment retiré la totalité des soldats qui y étaient déployés dans le cadre de l'opération antidjihadiste Barkhane.

"Je sais que le Niger est impliqué, les services français", a seulement affirmé Olivier Dubois.

"Ce qu'on nous a toujours dit, c'est que la dégradation des relations franco-maliennes n'entachaient pas les espoirs de libération", a commenté pour sa part Christophe Deloire, directeur général de Reporters sans frontières (RSF).

Selon la cheffe de la diplomatie française, sa libération était "une priorité" de la France. Catherine Colonna a pour autant rappelé la nécessité de rester discret dans ce genre de dossiers.

"Je sais que notre discrétion parfois n'est pas comprise. Elle est pourtant la condition de l'efficacité", a ajouté la ministre, qui a par ailleurs remercié "les autorités du Niger de leur aide déterminante". Niamey n'a pour l'heure fait aucun commentaire sur son rôle.

«Cauchemar terminé»

Pendant ses 711 jours de détention, Olivier Dubois a indiqué avoir changé de lieu de détention toutes les deux à quatre semaines. Parfois, il a pu rester plus longtemps dans "des prisons à ciel ouvert", ce qui apportait "plus de confort, a-t-il expliqué.

Lundi sa soeur, Canèle Bernard s'était réjouie de la fin du cauchemar. "Il va pouvoir reprendre sa vie, même si ce sera difficile pour lui d'oublier ça", avait-elle déclaré à l'AFP.

Dov Alfon, le directeur du quotidien Libération, a, lui, rendu hommage mardi à Olivier Dubois, membre de l'équipe de ces "correspondants locaux et internationaux, qui sont nos yeux et nos oreilles" sur des terrains difficiles.

Le Mali, comme ses voisins le Niger et le Burkina Faso, traverse une grave crise sécuritaire avec des attaques djihadistes récurrentes depuis une dizaine d'années.

Les enlèvements sont l'un des graves dangers encourus par les journalistes et les humanitaires, locaux comme étrangers, au Sahel. Deux employés de la branche malienne du Comité international de la Croix-Rouge, kidnappés dans le nord du Mali il y a deux semaines, avaient été libérés dimanche.

Au moins six otages occidentaux sont encore détenus au Sahel.

Le chirurgien australien Arthur Kenneth Elliott avait été enlevé le 15 janvier 2016, et l'officier de sécurité roumain Iulian Ghergut le 4 avril 2015, tous deux au Burkina Faso. Trois Italiens, un couple et leur fils, ont été kidnappés en mai 2022 dans le sud-est du Mali avec un ressortissant togolais, un rapt attribué par les médias italiens à des djihadistes.

Un religieux allemand, le père Hans-Joachim Lohre, dont on est sans nouvelles depuis novembre 2022, est par ailleurs considéré comme ayant été enlevé au Mali.

Mardi, les proches de Français détenus en Iran ont exprimé leur "soulagement" après le retour en France d'Olivier Dubois mais appelé à ne pas oublier les "otages d'Etat" dont ils demandent la libération.


Macron reçu par l'empereur à la fin de sa visite au Japon

Le président français Emmanuel Macron (2e à gauche) et la première dame Brigitte Macron (à gauche) sont accueillis par l'empereur Naruhito (2e à droite) et l'impératrice Masako au Palais impérial de Tokyo, le 2 avril 2026. (Photo : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
Le président français Emmanuel Macron (2e à gauche) et la première dame Brigitte Macron (à gauche) sont accueillis par l'empereur Naruhito (2e à droite) et l'impératrice Masako au Palais impérial de Tokyo, le 2 avril 2026. (Photo : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
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  • Après un déjeuner offert par le couple impérial, le chef de l'Etat doit s'envoler pour la Corée du Sud, où il doit rencontrer le président Lee Jae Myung
  • Jeudi matin, Emmanuel Macron avait retrouvé la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour le deuxième jour consécutif, lors d'une visite auprès de la société Astroscale, spécialisée dans la lutte contre les débris dans l'espace

TOKYO: Emmanuel Macron a été reçu jeudi à Tokyo par l'empereur du Japon Naruhito, au dernier jour de sa visite dans l'archipel nippon pour renforcer les liens diplomatiques et économiques avec la France.

Le président français, accompagné par son épouse Brigitte Macron, a été accueilli par le souverain et l'impératrice Masako au palais impérial, une bâtisse épurée dans un parc arboré au coeur de la capitale japonaise, a constaté un journaliste de l'AFP.

Après un déjeuner offert par le couple impérial, le chef de l'Etat doit s'envoler pour la Corée du Sud, où il doit rencontrer le président Lee Jae Myung.

Jeudi matin, Emmanuel Macron avait retrouvé la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour le deuxième jour consécutif, lors d'une visite auprès de la société Astroscale, spécialisée dans la lutte contre les débris dans l'espace. Astrocale a une filiale en France et un partenariat avec le français Exotrail.

"C'est une parfaite illustration de ce qu'est la coopération spatiale entre le Japon et la France", a-t-il dit, alors que l'espace est l'un des secteurs pour lesquels il a appelé la veille au renforcement des partenariats bilatéraux.

"Comment oeuvrer à une mission d'intérêt général pour un espace durable", avec "le désorbitage et la destruction des débris spatiaux qui aujourd'hui sont une vraie problématique", est une question qui était "au coeur du G7 porté par le Japon" et sera "au coeur aussi du G7 que la France préside cette année", a-t-il ajouté.

 

 


Hommage de l'IMA à Leïla Shahid

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  • La diplomate palestinienne Leïla Shahid s’était éteinte le 18 février 2026
  • L’Institut du monde arabe lui avait rendu hommage lors d’une soirée exceptionnelle organisée le mardi 31 mars à Paris, également diffusée en direct

PARIS: La diplomate palestinienne Leïla Shahid s’était éteinte le 18 février 2026. L’Institut du monde arabe lui avait rendu hommage lors d’une soirée exceptionnelle organisée le mardi 31 mars à Paris, également diffusée en direct.

Famille, amis, artistes et compagnons de route s’étaient réunis pour saluer la mémoire de cette figure majeure de la cause palestinienne. Tous avaient évoqué son parcours, son engagement constant en faveur de la Palestine, ainsi que sa curiosité intellectuelle et son attachement profond à la culture.

Plusieurs personnalités avaient pris part à cet hommage, parmi lesquelles Mohamed Berrada, Elias Sanbar, Karim Kattan, Wissam Joubran, Dominique Eddé, Farouk Mardam Bey, Brigitte Curmi et Majed Bamya.

 


Macron se rendra au Vatican les 9 et 10 avril pour rencontrer Léon XIV

Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors d'une conférence de presse avec la Première ministre japonaise Sanae Takaichi au palais d'Akasaka à Tokyo, le 1er avril 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors d'une conférence de presse avec la Première ministre japonaise Sanae Takaichi au palais d'Akasaka à Tokyo, le 1er avril 2026. (AFP)
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  • Les discussions porteront sur les défis liés à l’actualité internationale, en présence de Brigitte Macron

PARIS: Emmanuel Macron se rendra les 9 et 10 avril au Vatican où il rencontrera pour la première fois le pape Léon XIV, a annoncé mercredi la présidence française.

Le chef de l'Etat, accompagné de son épouse Brigitte, abordera notamment "les défis soulevés par l'actualité internationale", a souligné la présidence française.