Un rapport américain condamnant la violence israélienne en Cisjordanie reflète un «changement positif» pour les Palestiniens

Les politiciens palestiniens et les militants des droits humains estiment que le rapport de 2022 du département d'État américain sur la situation des droits humains dans les territoires palestiniens reflète un changement positif (Photo, AFP).
Les politiciens palestiniens et les militants des droits humains estiment que le rapport de 2022 du département d'État américain sur la situation des droits humains dans les territoires palestiniens reflète un changement positif (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Mercredi 22 mars 2023

Un rapport américain condamnant la violence israélienne en Cisjordanie reflète un «changement positif» pour les Palestiniens

  • Le rapport précise qu'en 2022, «les FSI ont tué 152 Palestiniens en Cisjordanie, dont 36 enfants, contre 17 en 2021»
  • Nabil Amr, homme politique palestinien, a affirmé à Arab News que les actions d'Israël contre les Palestiniens avaient dépassé toutes les limites

RAMALLAH: les politiciens palestiniens et les militants des droits humains estiment que le rapport du département d'État américain de 2022 sur la situation des droits humains dans les territoires palestiniens reflète un changement positif, que ce soit par la présence d'une terminologie qui était absente sous le mandat de l'ancien président américain Donald Trump ou pour les faits clairement établis sur l'ampleur des violations israéliennes contre les Palestiniens.

«Certains rapports ont révélé que des membres (des Forces de sécurité israéliennes [FSI]) auraient commis des abus. Les systèmes judiciaires militaire et civil israéliens ont parfois enquêté sur de tels incidents et, dans certains cas, découvert que des membres des FSI avaient commis des abus», indique le rapport.

Le ministre du Développement social de l'Autorité palestinienne, Ahmed Majdalani, a déclaré à Arab News que le rapport reflétait la «réalité» des «crimes et violations commis par le gouvernement israélien contre les Palestiniens» ainsi que sa «violation du droit international et humanitaire».

Il a ajouté, cependant, que cela ne pouvait pas être «considéré comme un changement fondamental dans la position des États-Unis vis-à-vis d’Israël tant que les États-Unis ne prennent pas des mesures concrètes pour désapprouver Israël et le tenir responsable de ces violations.»

Le rapport précise qu'en 2022, «les FSI ont tué 152 Palestiniens en Cisjordanie, dont 36 enfants, contre 17 en 2021».

Il a également indiqué qu'«Israël poursuivait les résidents palestiniens de Cisjordanie en vertu des lois militaires et les colons israéliens en Cisjordanie en vertu du droit pénal et civil».

Jibril Rajoub, secrétaire général du Comité central du Fatah, a affirmé à Arab News que l'ampleur et la barbarie des crimes israéliens commis contre les Palestiniens avaient tellement embarrassé l'administration américaine qu'elle ne pouvait plus les ignorer.

«Lorsque les rapports de trois organisations internationales dignes de confiance Human Rights Watch, Amnesty et B'Tselem parlent de violations israéliennes sans précédent des droits humains dans les territoires palestiniens, les États-Unis ne peuvent pas l'ignorer, d'autant plus que les crimes israéliens sont devenus plus évidents», a précisé Rajoub à Arab News.

Nabil Amr, homme politique palestinien chevronné, a déclaré à Arab News que les actions d'Israël contre les Palestiniens avaient dépassé toutes les limites.

«L'incendie de Hawara ne peut être attribué à une personne mais plutôt à un État, et la poursuite de cette occupation [...] embarrasse les États-Unis», a indiqué Amr à Arab News.

Israël utilise les tribunaux militaires pour poursuivre les Palestiniens de Cisjordanie depuis 1967, sachant que 95% des cas jugés par les tribunaux militaires se sont achevés par une condamnation.

Les organisations de défense des droits humains ont précisé que les «détenus des prisons de sécurité» palestiniens emprisonnés en Israël étaient des prisonniers politiques qu'Israël a détenus pendant de longues périodes sans inculpation, en vertu des lois permissives sur la détention administrative, indique également le rapport.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le président libanais affirme qu'il ne cèdera «pas un pouce» du territoire à Israël

 Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé jeudi que les négociations que le pays mène avec Israël ne constituaient pas une trahison, comme l'accuse le Hezbollah, et assuré qu'il ne cèderait "pas un seul pouce de territoire". (AFP)
Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé jeudi que les négociations que le pays mène avec Israël ne constituaient pas une trahison, comme l'accuse le Hezbollah, et assuré qu'il ne cèderait "pas un seul pouce de territoire". (AFP)
  • Ces négociations directes ne sont pas "une trahison, mais une guerre diplomatique, sans effusion de sang inutile", a insisté Joseph Aoun
  • Le chef de l'Etat a ajouté que le Liban avait décidé d'engager des pourparlers "pour garantir le retrait israélien de son territoire"

BEYROUTH: Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé jeudi que les négociations que le pays mène avec Israël ne constituaient pas une trahison, comme l'accuse le Hezbollah, et assuré qu'il ne cèderait "pas un seul pouce de territoire".

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, avait déclaré la veille que l'armée israélienne resterait "pour une durée indéterminée" dans ce qu'elle qualifie de "zones de sécurité" établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza.

Le Liban a signé le 26 juin sous l'égide de Washington un accord-cadre avec Israël en vue de parvenir à une "paix durable", un texte violemment contesté par le Hezbollah pro-iranien.

Ces négociations directes ne sont pas "une trahison, mais une guerre diplomatique, sans effusion de sang inutile", a insisté Joseph Aoun, alors que la nouvelle guerre entre Israël et le Hezbollah a fait depuis le 2 mars plus de 4.200 morts au Liban, selon les autorités.

Le chef de l'Etat a ajouté que le Liban avait décidé d'engager des pourparlers "pour garantir le retrait israélien de son territoire".

"Nous ne cèderons pas un seul pouce du territoire libanais", a-t-il assuré.

L'accord-cadre prévoit que l'armée libanaise rétablisse son autorité dans le sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah, à commencer par des "zones pilotes" dont se retirerait l'armée israélienne, mais il ne fixe pas de calendrier.

Le processus doit être détaillé dans une annexe de sécurité, dont le contenu n'a pas été rendu public.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que persisterait la menace du Hezbollah.

 


La dépouille du guide suprême Khamenei est arrivée sur le lieu de ses funérailles à Téhéran

  • Les autorités attendent entre 15 et 20 millions de participants rien qu'à Téhéran pour cet hommage national de trois jours
  • La dépouille de l'ayatollah Khamenei, enveloppé dans un drapeau aux couleurs de l'Iran, sera exposée jour et nuit jusqu'à lundi dans l'enceinte de la Grande Mosalla, un vaste complexe auquel l'AFP a obtenu un rare accès

TEHERAN: Le cercueil de l'ancien guide suprême iranien Ali Khamenei est arrivé vendredi dans le complexe religieux de Téhéran où se dérouleront des funérailles d'une ampleur inédite, quatre mois après sa mort dans une frappe israélo-américaine.

Les autorités attendent entre 15 et 20 millions de participants rien qu'à Téhéran pour cet hommage national de trois jours, qui commence samedi et se veut une démonstration de force après la guerre qui a tué de nombreux hauts dirigeants et des milliers de civils.

La dépouille de l'ayatollah Khamenei, enveloppé dans un drapeau aux couleurs de l'Iran, sera exposée jour et nuit jusqu'à lundi dans l'enceinte de la Grande Mosalla, un vaste complexe auquel l'AFP a obtenu un rare accès.

Ses murs sont couverts de grands portraits de celui qui a été guide suprême pendant plus de trois décennies, de drapeaux noirs en signe de deuil et de drapeaux rouges, symbole du martyre et de la vengeance.

Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, l'une des plus puissantes forces militaires du Moyen-Orient, est venu lui rendre hommage, selon des images diffusées par les médias iraniens. Discret depuis le début de la guerre, probablement pour éviter d'être assassiné comme son prédécesseur, il s'agit de sa première apparition publique.

"Les gens vont venir de tout l'Iran. Il y aura énormément de monde", souffle Hossein Moghadassi, un ouvrier de 43 ans s'affairant sur le site, alors que certains devraient commencer à patienter dès vendredi soir en attendant l'ouverture des portes à 06H00 samedi (02H30 GMT).

Affiches et slogans 

Ali Khamenei, le guide suprême à la plus grande longévité depuis l'avènement en 1979 de la République islamique, est mort à 86 ans sous les bombardements contre sa résidence le 28 février de ses deux ennemis jurés, les Etats-Unis et Israël.

Ses obsèques nationales, initialement prévues en mars mais reportées en raison de la guerre, s'annoncent comme les plus grandes de l'histoire en Iran.

En 1989, à la mort de son prédécesseur Rouhollah Khomeini, environ 10 millions de personnes avaient assisté à ses funérailles, selon les chiffres officiels. Des mouvements de foule avaient alors fait plus de dix morts.

Aux côtés du cercueil d'Ali Khamenei, sont exposés ceux de ses proches tués eux aussi au premier jour de la guerre, dont celui d'une de ses filles, d'un gendre, d'une belle-fille et d'une petite-fille.

Un cortège transportant la dépouille de l'ex-guide suprême défilera lundi dans les rues de Téhéran, où nombre d'affiches et de slogans rendent hommage au "martyr", avant de gagner mardi la ville sainte de Qom.

Sous haute surveillance 

La présence du fils d'Ali Khamenei, Mojtaba, qui lui a succédé début mars à la fonction de guide suprême, n'a pas été confirmée. Blessé lors des frappes qui ont tué son père, le dirigeant ne s'exprime que par des communiqués qui lui sont attribués et n'est pas apparu en public.

Côté dignitaires, des dirigeants et responsables d'une trentaine de pays, principalement voisins, sont attendus, dont l'ancien président russe Dmitri Medvedev et le Premier ministre pakistanais Shebaz Sharif. La Chine sera représentée par un haut responsable du Parlement, He Wei.

Aucun dirigeant européen n'a été convié.

"Tous ceux qui assisteront aux funérailles se sont rangés du bon côté de l'histoire", a souligné cette semaine le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, dénonçant le soutien des Occidentaux à Israël et aux Etats-Unis dans leurs deux guerres contre la République islamique, en juin 2025 et cette année.

Ironie du calendrier, le début des obsèques coïncidera avec la fête nationale des Etats-Unis, qui célèbrent ce 4 juillet leurs 250 ans d'existence.

Ces funérailles se déroulent sous tension, dans un contexte de fragile cessez-le-feu entre Téhéran et Washington mais aussi six mois après d'importantes manifestations contre la vie chère et le pouvoir.

Téhéran est depuis vendredi comme une forteresse, avec des forces de sécurité en nombre et un immense périmètre inaccessible en voiture.

L'aéroport de Téhéran est partiellement fermé vendredi et le sera totalement lundi, décrété jour férié dans tout l'Iran. Les centres commerciaux ont baissé le rideau et les entreprises sont mises au repos forcé.

Ali Khamenei sera inhumé le 9 juillet dans la ville sainte de Machhad (nord-est de l'Iran), dont il était originaire. Chef religieux, son cercueil sera présenté mercredi en Irak voisin, où la communauté chiite est aussi majoritaire.

 


Syrie: explosion dans un café dans le centre de Damas

(X.com)
(X.com)
  • Une explosion a frappé un café du centre de Damas, près du Palais de justice, sans que l’origine soit encore confirmée
  • Les autorités syriennes enquêtent, tandis que des ambulances ont été déployées sur place

DAMAS: Une explosion s'est produite jeudi dans un café du centre de Damas, près du Palais de justice, a indiqué une source de sécurité syrienne à l'AFP après que la télévision d'Etat a rapporté une déflagration dans la capitale.

Un correspondant de l'AFP a vu des ambulances se diriger, sirènes hurlantes, vers le secteur, au milieu des embouteillages. L'agence officielle Sana a indiqué que les autorités tentaient de déterminer l'origine de l'explosion.