Retraites: Emmanuel Macron, défenseur du pari de l'ordre

Le président français Emmanuel Macron à l'Elysée à Paris le 24 mars 2023 (Photo, AFP).
Le président français Emmanuel Macron à l'Elysée à Paris le 24 mars 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 25 mars 2023

Retraites: Emmanuel Macron, défenseur du pari de l'ordre

  • L'exécutif paraît résolu à jouer la carte de «l'ordre républicain» face aux violences qui entourent désormais les manifestations
  • La 9e journée intersyndicale, jeudi, a également fait descendre dans les rues plus d'un million de personnes

PARIS: Décidé à ne rien lâcher sur sa réforme des retraites, l'exécutif paraît résolu à jouer la carte de "l'ordre républicain" face aux violences qui entourent désormais les manifestations, une stratégie qui suscite l'ire des opposants à la réforme et quelque gêne en interne.

19 janvier: la première journée d'action intersyndicale vient de rassembler, selon les sources, entre 1,2 et 2 millions de personnes. Dans la soirée, Élisabeth Borne salue les "bonnes conditions" des manifestations grâce à "l'engagement des forces de l'ordre comme des organisations syndicales".

Et l'ensemble des acteurs de relever un changement d'atmosphère autour du cortège parisien, attribué au préfet de police, Laurent Nunez, nommé en juillet 2022 pour succéder à Didier Lallement, très critiqué pour sa gestion des "gilets jaunes".

Deux mois et un 49.3 plus tard, la 9e journée intersyndicale, jeudi, a également fait descendre dans les rues plus d'un million de personnes, mais avec un net regain de violence: commissariat ciblé à Lorient, porte de l'hôtel de Ville incendiée à Bordeaux, "scènes de chaos" à Rennes, nombreux cortèges sauvages et nocturnes dans Paris et dans plusieurs villes où les incendies de poubelles et de mobilier urbain se sont multipliés.

441 policiers et gendarmes ont été blessés, 457 personnes interpellées, selon le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, qui dénonce "l'extrême-gauche qui veut attaquer la République".

Mais les accusations s'accumulent également autour de l'attitude des forces de l'ordre, jusqu'au Conseil de l'Europe qui s'est alarmé vendredi soir d'un "usage excessif de la force" en France.

Un peu plus tôt, Amnesty International a diffusé une vidéo montrant des charges policières. "Les autorités françaises doivent assurer la sécurité des manifestants et s'abstenir d'user d'une force inutile et excessive", a dénoncé l'organisation.

La violence donne un levier
"On a des camarades syndicalistes qui étaient dans des cortèges syndicaux qui se retrouvent à l'hôpital et qui ont été ciblés volontairement", accuse Simon Duteil, co-délégué général du syndicat Solidaires.

Un changement de posture de l'exécutif, sur le terrain et devant les micros ? "Dans l'immédiat, il faut jouer les institutions contre le désordre", expliquait lundi un conseiller ministériel.

"La violence donne aussi un levier pour dire: ça suffit", abonde un cadre de la majorité, tandis qu'un proche du président prédisait avant le rejet de la motion de censure que des "actions violentes" allaient "briser le front syndical".

Une stratégie étayée par les déclarations d'Emmanuel Macron: "on ne peut accepter ni les factieux, ni les factions", a-t-il lancé mercredi, évoquant l'envahissement du Capitole par les partisans de Donald Trump et des lieux de pouvoirs à Brasilia par ceux de Jaïr Bolsnoraro.

Des factieux ? Mais "on parle de quoi ? Est-ce qu'on a vu l'Assemblée envahie par des hordes ?", s'exaspère la co-déléguée générale de Solidaires, Murielle Guilbert.

«La rue va se calmer»
"C'est une vieille tactique pour discréditer le mouvement. Impressionner les gens, leur faire peur et essayer de reprendre la main sur l'opinion publique. Mais ce qui caractérise ce mouvement, c'est que, depuis deux mois, l'opinion publique n'a pas bougé. Elle s'est même confortée dans le rejet de la réforme", relève dans Le Monde le patron de la CGT Philippe Martinez.

"Le 49.3 change la donne car on passe d'une crise sociale à une crise démocratique", expliquait, en fin de semaine dernière, un important responsable syndical, alors que de nombreuses manifestations ont éclaté juste après l'emploi à l'Assemblée de cette arme constitutionnelle par la Première ministre.

La stratégie ne semble pas unanimement suivie en interne. Un élu Renaissance se désole de voir le président penser que "la rue va se calmer", alors qu'ils sont nombreux à ne pas y croire.

Selon un autre élu du parti présidentiel, "beaucoup en sont à mettre un cierge pour que le Conseil constitutionnel censure le texte".

"Leur stratégie est de montrer qu'il y a des casseurs en oubliant que la majorité des manifestants ont défilé de façon très républicaine", juge pour sa part un haut-fonctionnaire.

En attendant, une nouvelle journée intersyndicale est programmée mardi. "Face aux violences, que je distingue des manifestations, nous continuerons à avoir la plus grande fermeté", a assuré M. Macron vendredi.

"La petite musique, c'est +vous êtes en train de vous radicaliser+. Non. C'est ce gouvernement (qui) se radicalise", commente M. Duteil.


Macron reçu par l'empereur à la fin de sa visite au Japon

Le président français Emmanuel Macron (2e à gauche) et la première dame Brigitte Macron (à gauche) sont accueillis par l'empereur Naruhito (2e à droite) et l'impératrice Masako au Palais impérial de Tokyo, le 2 avril 2026. (Photo : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
Le président français Emmanuel Macron (2e à gauche) et la première dame Brigitte Macron (à gauche) sont accueillis par l'empereur Naruhito (2e à droite) et l'impératrice Masako au Palais impérial de Tokyo, le 2 avril 2026. (Photo : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
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  • Après un déjeuner offert par le couple impérial, le chef de l'Etat doit s'envoler pour la Corée du Sud, où il doit rencontrer le président Lee Jae Myung
  • Jeudi matin, Emmanuel Macron avait retrouvé la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour le deuxième jour consécutif, lors d'une visite auprès de la société Astroscale, spécialisée dans la lutte contre les débris dans l'espace

TOKYO: Emmanuel Macron a été reçu jeudi à Tokyo par l'empereur du Japon Naruhito, au dernier jour de sa visite dans l'archipel nippon pour renforcer les liens diplomatiques et économiques avec la France.

Le président français, accompagné par son épouse Brigitte Macron, a été accueilli par le souverain et l'impératrice Masako au palais impérial, une bâtisse épurée dans un parc arboré au coeur de la capitale japonaise, a constaté un journaliste de l'AFP.

Après un déjeuner offert par le couple impérial, le chef de l'Etat doit s'envoler pour la Corée du Sud, où il doit rencontrer le président Lee Jae Myung.

Jeudi matin, Emmanuel Macron avait retrouvé la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour le deuxième jour consécutif, lors d'une visite auprès de la société Astroscale, spécialisée dans la lutte contre les débris dans l'espace. Astrocale a une filiale en France et un partenariat avec le français Exotrail.

"C'est une parfaite illustration de ce qu'est la coopération spatiale entre le Japon et la France", a-t-il dit, alors que l'espace est l'un des secteurs pour lesquels il a appelé la veille au renforcement des partenariats bilatéraux.

"Comment oeuvrer à une mission d'intérêt général pour un espace durable", avec "le désorbitage et la destruction des débris spatiaux qui aujourd'hui sont une vraie problématique", est une question qui était "au coeur du G7 porté par le Japon" et sera "au coeur aussi du G7 que la France préside cette année", a-t-il ajouté.

 

 


Hommage de l'IMA à Leïla Shahid

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  • La diplomate palestinienne Leïla Shahid s’était éteinte le 18 février 2026
  • L’Institut du monde arabe lui avait rendu hommage lors d’une soirée exceptionnelle organisée le mardi 31 mars à Paris, également diffusée en direct

PARIS: La diplomate palestinienne Leïla Shahid s’était éteinte le 18 février 2026. L’Institut du monde arabe lui avait rendu hommage lors d’une soirée exceptionnelle organisée le mardi 31 mars à Paris, également diffusée en direct.

Famille, amis, artistes et compagnons de route s’étaient réunis pour saluer la mémoire de cette figure majeure de la cause palestinienne. Tous avaient évoqué son parcours, son engagement constant en faveur de la Palestine, ainsi que sa curiosité intellectuelle et son attachement profond à la culture.

Plusieurs personnalités avaient pris part à cet hommage, parmi lesquelles Mohamed Berrada, Elias Sanbar, Karim Kattan, Wissam Joubran, Dominique Eddé, Farouk Mardam Bey, Brigitte Curmi et Majed Bamya.

 


Macron se rendra au Vatican les 9 et 10 avril pour rencontrer Léon XIV

Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors d'une conférence de presse avec la Première ministre japonaise Sanae Takaichi au palais d'Akasaka à Tokyo, le 1er avril 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors d'une conférence de presse avec la Première ministre japonaise Sanae Takaichi au palais d'Akasaka à Tokyo, le 1er avril 2026. (AFP)
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  • Les discussions porteront sur les défis liés à l’actualité internationale, en présence de Brigitte Macron

PARIS: Emmanuel Macron se rendra les 9 et 10 avril au Vatican où il rencontrera pour la première fois le pape Léon XIV, a annoncé mercredi la présidence française.

Le chef de l'Etat, accompagné de son épouse Brigitte, abordera notamment "les défis soulevés par l'actualité internationale", a souligné la présidence française.