SOS Méditerranée accuse des garde-côtes libyens d'avoir mis en danger ses équipes et des migrants

L'ONG assure qu'en janvier déjà, des garde-côtes libyens avaient perturbé une opération de sauvetage de l'Ocean Viking (Photo, AFP).
L'ONG assure qu'en janvier déjà, des garde-côtes libyens avaient perturbé une opération de sauvetage de l'Ocean Viking (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 26 mars 2023

SOS Méditerranée accuse des garde-côtes libyens d'avoir mis en danger ses équipes et des migrants

  • Selon SOS Méditerranée, environ 80 personnes ont finalement été interceptées par les garde-côtes libyens et renvoyées en Libye
  • «Toutes les tentatives de l'équipe à la passerelle pour contacter le bâtiment des garde-côtes libyens par VHF sont restées sans réponse»

MARSEILLE: L'ONG SOS Méditerranée, dont le navire Ocean Viking secourt des migrants en mer, a accusé samedi des garde-côtes libyens d'avoir "délibérément" mis en danger ses équipes et des personnes en détresse, en tirant des coups de feu en l'air pour l'empêcher d'effectuer un sauvetage.

Alerté samedi matin de la présence d'une embarcation en détresse dans les eaux internationales au large de la Libye, le navire-ambulance de l'ONG s'en approchait quand un patrouilleur des garde-côtes libyens "est arrivé sur les lieux, s'approchant dangereusement de l'Ocean Viking", écrit SOS Méditerranée dans un communiqué.

"Toutes les tentatives de l'équipe à la passerelle pour contacter le bâtiment des garde-côtes libyens par VHF sont restées sans réponse, tandis que l'équipage des garde-côtes libyens a commencé à se comporter de manière agressive, menaçant avec des armes à feu et tirant plusieurs coups de feu en l'air", a poursuivi l'ONG dont le siège est à Marseille (sud).

Le navire a quitté les lieux pour assurer la sécurité de ses équipes, "alors que les garde-côtes libyens continuaient à tirer des coups de feu", ajoute encore SOS Méditerranée, qui assure que l'ONG Sea Watch --qui a elle aussi dénoncé les faits dans un communiqué distinct-- a par ailleurs pu repérer, grâce à son avion, des personnes tombées par-dessus bord du bateau pneumatique en détresse, ensuite récupérées.

Selon SOS Méditerranée, environ 80 personnes ont finalement été interceptées par les garde-côtes libyens et renvoyées en Libye.

L'ONG assure par ailleurs qu'en janvier déjà, des garde-côtes libyens avaient perturbé une opération de sauvetage de l'Ocean Viking, "mettant sciemment en danger la vie des personnes en détresse en mer (...) en empêchant l'équipe de recherche et de sauvetage à bord de (son) canot de sauvetage de retourner au navire principal".

Fin 2022, les associations intervenant dans le secteur estimaient à environ 100.000 le nombre de personnes interceptées depuis la signature d'un accord avec la Libye en 2017 par l'Italie et l'Union européenne, qui ont accepté de former et d'équiper les gardes-côtes libyens pour intercepter les migrants tentant de quitter ce pays en proie à l'instabilité mais qui n'est distant que de 300 kilomètres des côtes italiennes.

La Méditerranée centrale est la route migratoire la plus dangereuse du monde, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). L'agence onusienne estime qu'en 2022, 1.417 migrants y ont disparu.


Bahreïn dénonce une "agression flagrante" après des frappes iraniennes

Des véhicules circulent sur une route dans la capitale du Bahreïn, Manama, le 11 mars 2026. (AFP)
Des véhicules circulent sur une route dans la capitale du Bahreïn, Manama, le 11 mars 2026. (AFP)
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  • Bahreïn affirme avoir intercepté sept missiles tirés lors de frappes iraniennes visant son territoire et le Koweït, qu’il qualifie d’attaque contre sa souveraineté
  • Téhéran a revendiqué des tirs de missiles en représailles à des frappes américaines, ciblant notamment une base aérienne au Koweït et un site militaire américain à Bahreïn

MANAMA: Bahreïn, déjà ciblé en début de semaine, a dénoncé samedi les frappes menées par l'Iran contre son territoire et le Koweït voisin, disant avoir intercepté sept missiles.

"Le ministère des Affaires étrangères condamne fermement ces nouvelles attaques", a-t-il écrit dans un communiqué. "Cette agression flagrante constitue une violation manifeste de la souveraineté des deux pays", a-t-il ajouté.

Les Gardiens de la Révolution iraniens avaient dit dans la nuit avoir tiré, en représailles à des frappes américaines, des missiles balistiques vers la base aérienne Ali Al-Salem au Koweït, où sont stationnés des appareils américains, et le quartier général de la Ve flotte américaine à Bahreïn.


L'Iran n'a pas à "intervenir au Liban", dit le président libanais

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  • Le président libanais Joseph Aoun a appelé l’Iran à cesser toute ingérence au Liban, affirmant la souveraineté du pays dans une interview à CNN
  • Il a également exhorté le Hezbollah à privilégier la diplomatie et la négociation comme seule voie pour résoudre le conflit avec Israël

BEYROUTH: Le président libanais, Joseph Aoun, a sommé l'Iran de ne plus "intervenir" dans son pays, dans une interview à la chaîne CNN diffusée vendredi, et affirmé au Hezbollah soutenu par Téhéran que la diplomatie était la seule solution au conflit avec Israël.

"Ce n'est pas votre pays, c'est le nôtre (...) Vous n'avez pas à intervenir dans notre pays", a lancé le dirigeant libanais à l'adresse de l'Iran.

"Le Hezbollah doit comprendre qu'il (n'y a pas) d'autre solution que de s'asseoir et de parler, pas d'autre moyen (...) de sauver ce qu'il reste sauf à travers la négociation et la diplomatie", a-t-il ajouté.


Liban: sept morts dans des frappes israéliennes sur Tyr, selon la défense civile

Un médecin dans un laboratoire endommagé de l’hôpital Jabal Amel, à la suite de la frappe aérienne israélienne de lundi qui a touché un bâtiment voisin, dans la ville portuaire de Tyr, au sud du Liban. (AP)
Un médecin dans un laboratoire endommagé de l’hôpital Jabal Amel, à la suite de la frappe aérienne israélienne de lundi qui a touché un bâtiment voisin, dans la ville portuaire de Tyr, au sud du Liban. (AP)
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  • Des frappes israéliennes nocturnes à Tyr, dans le sud du Liban, ont fait au moins sept morts et plusieurs blessés, touchant notamment des zones proches d’un hôpital et des quartiers résidentiels
  • Israël annonce de nouvelles attaques contre le Hezbollah au nord du fleuve Litani et ordonne des évacuations, tandis que le conflit continue de provoquer de lourdes pertes civiles et des déplacements massifs

BEYROUTH: Des frappes nocturnes israéliennes sur la ville millénaire de Tyr, dans le sud du Liban, dont l'une près d'un hôpital, ont tué sept personnes, a indiqué vendredi à l'AFP une source au sein de la défense civile.

L'armée israélienne a annoncé de son côté qu'elle allait attaquer le Hezbollah dans trois localités au nord du fleuve Litani, à une quarantaine de km de la frontière, ordonnant à leur population d'évacuer.

Le mouvement pro-iranien avait rejeté jeudi un accord de cessez-le-feu annoncé la veille à Washington après des négociations entre le Liban et Israël, réclamant un retrait total des forces israéliennes qui occupent une partie du sud du pays.

A Tyr, une frappe tard jeudi soir a fait quatre morts et sept blessés, selon la Défense civile. Elle a dévasté le siège d'une banque et endommagé légèrement l'hôpital Jabal Amel, l'un des trois que compte la ville, a constaté le correspondant de l'AFP.

Une autre frappe sur un quartier résidentiel de la ville a tué trois personnes et en a blessé cinq autres dont deux enfants, selon la Défense civile.

Lundi, une frappe près de l'hôpital Jabal Amel avait tué quatre personnes et blessé 127 autres, dont 39 membres du personnel, selon le ministère de la Santé.

La ville côtière, qu'une partie de ses habitants refuse d'évacuer malgré les avertissements israéliens, est régulièrement pilonnée.

Des habitants s'étaient réfugiés dans le quartier chrétien exigu de la Vieille ville, épargné par les avertissements isaréliens, dormant dans leurs voitures ou sous des tentes.

Mais ils l'ont fui après qu'Israël a menacé mardi le quartier, accusant des membres du Hezbollah de s'y cacher, selon le correspondant de l'AFP.

Une frappe avait également visé mercredi soir les abords d'un parc où campent des dizaines de réfugiés syriens, selon le correspondant de l'AFP qui n'a pas fait état de victime.

Dans ce contexte, une pétition, appelant à exclure toute présence armée à Tyr - où le Hezbollah est fortement implanté - autre que celle de l'armée libanaise, a recueilli près de 250 signatures selon les organisateurs.

Une pétition similaire concernant Nabatiyé - autre grande ville du sud à majorité chiite - pratiquement désertée du fait des bombardements israéliens, a recueilli plus de 500 signatures.

Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait 3.526 morts depuis le début du conflit le 2 mars, et ont déplacé plus d'un million de personnes, selon les autorités. Côté israélien, 27 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban.