Ramadan sous tension pour les Palestiniens face aux attaques israéliennes

Un Palestinien accroche des décorations à l'entrée de l'enceinte connue sous le nom de Noble Sanctuaire pour les musulmans et de mont du Temple pour les juifs, avant le mois du ramadan, dans la vieille ville de Jérusalem, le 20 mars 2023 (Photo, Reuters).
Un Palestinien accroche des décorations à l'entrée de l'enceinte connue sous le nom de Noble Sanctuaire pour les musulmans et de mont du Temple pour les juifs, avant le mois du ramadan, dans la vieille ville de Jérusalem, le 20 mars 2023 (Photo, Reuters).
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Publié le Lundi 27 mars 2023

Ramadan sous tension pour les Palestiniens face aux attaques israéliennes

  • Dimanche, quatre colons israéliens ont lancé des substances inflammables sur la maison d'Ahmed Awashreh à Sinjil, au nord de Ramallah
  • Des policiers et des garde-frontières israéliens ont quant à eux envahi la mosquée Al-Aqsa samedi, forçant tous les fidèles à quitter les lieux

RAMALLAH: Des sources palestiniennes ont prévenu qu'Israël ne comptait pas désamorcer les tensions pendant le ramadan, après un week-end d'attaques en Cisjordanie et d'incursions dans la mosquée Al-Aqsa.

Dimanche, quatre colons israéliens ont lancé des substances inflammables sur la maison d'Ahmed Awashreh à Sinjil, au nord de Ramallah, un village pris pour cible à plusieurs reprises par des colons de Givat Harel, Shilo et Ma'ale Libouna.

Quelques semaines auparavant, des colons avaient violemment attaqué Huwara, Burin et Qaryut, au sud de Naplouse, mettant le feu à des dizaines de maisons et de véhicules.

Awashra, 35 ans, a indiqué avoir dû fuir avec les six membres de sa famille, estimant qu'ils avaient eu la vie sauve par miracle.

Des responsables palestiniens craignent que ne se reproduise l'attaque de 2015 à Douma, au sud de Naplouse, lorsque des colons ont incendié la maison de la famille Dawabsha.

Ali Dawabsha, alors âgé de 18 mois, avait été tué dans l'incendie, tandis que ses parents, Saad et Riham, avaient succombé à leurs blessures quelques jours plus tard. Leur fils Ahmed, âgé de quatre ans, avait subi de graves brûlures mais a survécu.

Yossi Dagan, chef du Conseil des colonies dans le nord de la Cisjordanie, a ouvert dimanche un bureau près de Huwara pour dénoncer l'absence de sécurité pour les colons qui traversent la région.

Ce geste rappelle celui d'Itamar Ben-Gvir, ministre de la Sécurité intérieure, qui avait ouvert un bureau dans le quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, l'année dernière, lorsque des Palestiniens s'étaient opposés à la tentative de confiscation de leurs maisons par les colons.

Dimanche, l'armée israélienne a arrêté cinq Palestiniens de Tulkarem et de Huwara et a bouclé Naplouse quelques heures après une fusillade à Huwara qui a fait deux blessés parmi les soldats israéliens.

Cette attaque a été revendiquée par le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP).

Des dizaines de colons se sont rassemblés à Huwara et ont attaqué des véhicules palestiniens à coups de pierres près du rond-point de Deir Sharaf, dans le nord de Naplouse, endommageant certaines voitures.

La vieille ville d'Hébron a pareillement été prise d’assaut dans la nuit de samedi à dimanche, par un groupe lourdement armé scandant des slogans racistes, flanqués d'un important déploiement des forces israéliennes.

Des policiers et des garde-frontières israéliens ont quant à eux envahi la mosquée Al-Aqsa samedi, forçant tous les fidèles à quitter les lieux, confisquant des téléphones portables et arrêtant deux personnes, selon des sources palestiniennes.

Le cheikh Ekrima Sabri, imam d'Al-Aqsa, a affirmé à Arab News qu'Israël se livrait à une campagne acharnée contre la mosquée, violant ainsi la liberté de culte.

«Nous n'avons vu aucune installation de la part des autorités israéliennes au cours de ce ramadan. En revanche, nous avons vu des milliers de personnes se rassembler aux points de contrôle de Qalandia et de Bethléem après avoir été empêchées par l'occupation de se rendre à la mosquée Al-Aqsa pour accomplir les prières du vendredi», a déclaré le cheikh Sabri.

Selon ce dernier, l'afflux de fidèles à Al-Aqsa pendant le ramadan, dont le nombre a dépassé celui des années précédentes, est un message destiné à Israël, responsable selon lui de l'escalade des tensions.

«Cela dépend entièrement des actions et des procédures mises en place par l'occupation. Si la situation s'aggrave, il y aura des tensions, et si ce n'est pas le cas, le calme prévaudra», a ajouté le cheikh Sabri. «Quiconque appelle au calme ne doit pas prendre de mesures qui provoquent l'ire des musulmans.»

Le ministère palestinien des Affaires étrangères a pour sa part condamné les incursions à Al-Aqsa et les provocations incessantes des colons. Il a martelé que l'expulsion des fidèles était un crime et une atteinte au caractère sacré de la mosquée Al-Aqsa et du ramadan.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La Turquie espère «réduire les tensions» au Moyen-Orient lors d'un forum

"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP. (AFP)
"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP. (AFP)
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  • Les représentants de plus de 150 pays sont attendus au Forum d'Antalya, station balnéaire du sud de la Turquie, dont plus de 20 chefs d'Etat et de gouvernement
  • Parmi eux figurent le président syrien Ahmad al-Chareh et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov

ANTALYA: La Turquie organise à partir de vendredi un vaste forum diplomatique qui accueillera notamment le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, au moment où Islamabad intensifie ses efforts pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Les représentants de plus de 150 pays sont attendus au Forum d'Antalya, station balnéaire du sud de la Turquie, dont plus de 20 chefs d'Etat et de gouvernement. Parmi eux figurent le président syrien Ahmad al-Chareh et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Une réunion entre les chefs de la diplomatie de la Turquie, de l'Egypte, du Pakistan et de l'Arabie Saoudite pour "des discussions sur le développement de solutions régionales aux problèmes régionaux, notamment à propos du conflit entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran" est prévue vendredi soir en marge du forum, selon une source du ministère turc des Affaires étrangères.

Le forum annuel d'Antalya intervient alors que le Pakistan multiplie ses efforts de médiation en vue d'une nouvelle série de pourparlers entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre lancée le 28 mars par les Etats-Unis et Israël.

Le chef d'état-major de l'armée pakistanaise a rencontré jeudi à Téhéran des négociateurs de haut niveau et M. Sharif, arrivé jeudi à Antalya, s'est entretenu cette semaine avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et l'émir du Qatar Tamim ben Hamad al-Thani dans le cadre d'une tournée régionale.

De premiers pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis au Pakistan se sont soldés par un échec dimanche sans toutefois conduire à une rupture du cessez-le-feu de deux semaines mis en place le 8 avril.

La Turquie veut également contribuer au processus de stabilisation.

"Nous déployons les efforts nécessaires pour réduire les tensions, prolonger le cessez-le-feu et poursuivre les négociations", a déclaré son président, Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours cette semaine devant le groupe parlementaire de son parti, l'AKP.

"On ne peut pas négocier les poings serrés. Il ne faut pas laisser les armes parler à la place des mots. Il faut exploiter pleinement la fenêtre d'opportunité ouverte par le cessez-le-feu", a-t-il ajouté.

Réouverture d'Ormuz 

M. Erdogan prendra la parole lors du forum, qui se tiendra pendant trois jours, et rencontrera M. Sharif en marge de celui-ci.

La guerre et le blocus du détroit d'Ormuz, voie de passage stratégique, devraient être au cœur des discussions. La date et l'heure de cette rencontre n'ont pas encore été communiquées.

La Maison Blanche a déclaré que de nouvelles discussions avec l'Iran se tiendraient "très probablement" à Islamabad, où le vice-président JD Vance a dirigé la délégation américaine lors du premier cycle de négociations.

"Nous continuerons à apporter tout le soutien possible pour faire en sorte que le cessez-le-feu temporaire en cours devienne permanent", a déclaré jeudi une source du ministère turc de la Défense.

"Nous espérons que cette guerre, dont les effets se font de plus en plus sentir non seulement au niveau régional mais aussi mondial, prendra fin au plus vite et que les parties agiront de manière constructive dans le processus de négociation en cours", a déclaré la source.

Critique virulente d'Israël, la Turquie s'est jointe aux efforts diplomatiques du Pakistan et de l'Egypte pour contribuer à l'instauration d'un cessez-le-feu, tant en Iran qu'au Liban.

Le ministre des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a par ailleurs demandé lundi une réouverture "dès que possible" du détroit d'Ormuz et le rétablissement de son statut de "zone de libre passage international".

Parallèlement, le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz et les Premiers ministres britanniques Keir Starmer et italienne Giorgia Meloni se réunissent vendredi à Paris pour discuter de la mise en place d'une mission de sécurisation de la navigation dans le détroit d'Ormuz. Une trentaine de participants d'autres pays se joindront à eux en visioconférence.

 


Entrée en vigueur d'un cessez-le-feu de dix jours entre le Liban et Israël

Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump. (AFP)
Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump. (AFP)
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  • La trêve a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi)
  • Celle-ci a été annoncée par le président américain Donald Trump.

BEYROUTH: Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi matin, après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump.

La trêve a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi), après un mois et demi de conflit entre Israël et le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah. Ce dernier a rejoint début mars la guerre au Moyen-Orient en lançant des roquettes contre le territoire israélien, en solidarité avec l'Iran attaqué par les Etats-Unis et Israël.

 

 


Le Liban accuse Israël de violer le cessez-le-feu tout juste entré en vigueur

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  • Cette trêve, qui suit celle conclue pour deux semaines entre les Etats-Unis et l'Iran, a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi)
  • Elle intervient après un mois et demi de conflit entre Israël et le groupe chiite libanais Hezbollah, financé et armé par Téhéran

BEYROUTH: Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban est entré en vigueur vendredi après avoir été annoncé par le président américain Donald Trump, l'armée libanaise dénonçant aussitôt des violations de la part d'Israël dans le sud du pays.

Cette trêve, qui suit celle conclue pour deux semaines entre les Etats-Unis et l'Iran, a débuté à minuit heure locale dans les deux pays (21H00 GMT jeudi). Elle intervient après un mois et demi de conflit entre Israël et le groupe chiite libanais Hezbollah, financé et armé par Téhéran. De nombreux tirs de célébration ont retenti dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement, selon des journalistes de l'AFP.

Des images de l'AFPTV ont montré des personnes retournant dans la banlieue sud de la capitale libanaise, particulièrement ciblée ces dernières semaines, certaines agitant le drapeau jaune du Hezbollah ou portant des portraits de son ancien chef, Hassan Nasrallah, tué par Israël en 2024.

"Nous sommes fatigués de la guerre et nous voulons la sécurité et la paix", a dit à l'AFP à Beyrouth Jamal Chehab, une femme au foyer de 61 ans, saluant l'accord de trêve.

Mais quelques heures plus tard, l'armée libanaise a évoqué "un certain nombre de violations de l'accord, plusieurs actes d'agression israéliens ayant été recensés, sans compter les bombardements sporadiques qui ont touché plusieurs villages". Elle a appelé les personnes déplacées par les combats à s'abstenir de retourner immédiatement dans le sud du Liban.

L'armée israélienne a averti qu'elle maintenait son déploiement terrestre dans cette région, et a demandé à la population de ne pas revenir sur la rive sud du fleuve Litani.

Malgré ces mises en garde, des journalistes de l'AFP ont vu des embouteillages monstres se former au nord du Litani, motocyclistes et automobilistes patientant pendant des heures pour pouvoir franchir le dernier pont, lourdement endommagé par un bombardement israélien, reliant le sud du Liban au reste du pays.

Le Hezbollah a pour sa part annoncé avoir "bombardé un rassemblement de soldats israéliens près de la ville de Khiam", dans le sud-est du Liban, "en réponse à la violation du cessez-le-feu par l'armée d'occupation".

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a rapporté des bombardements contre cette localité et le village voisin de Debbine, ainsi que d'"intenses activités de drones" dans la même région.

Donald Trump a annoncé jeudi qu'Israël et le Liban s'étaient mis d'accord sur un cessez-le-feu de dix jours, ajoutant qu'il s'efforçait d'organiser la toute première rencontre à la Maison Blanche entre le président du Liban Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.