Les Tunisiens au rendez-vous de ramadan, malgré les temps difficiles

Un homme visite la mosquée Sidi Mahrez dans le quartier de Bab Souika à Tunis pendant le mois du du Ramadan (Photo, AFP).
Un homme visite la mosquée Sidi Mahrez dans le quartier de Bab Souika à Tunis pendant le mois du du Ramadan (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 31 mars 2023

Les Tunisiens au rendez-vous de ramadan, malgré les temps difficiles

  • Qu’il vente ou qu’il pleuve, les Tunisiens ne sont jamais indifférents à l’arrivée de ramadan. Et certains l’attendent et s’y préparent avec beaucoup plus de ferveur que d’autres
  • Si une partie de la population ne parvient pas à s’en sortir, en particulier pendant le ramadan, une autre partie laisse s’exprimer pendant le mois saint son péché majeur: la surconsommation

TUNIS: En Tunisie, confrontée à une instabilité chronique depuis la chute du régime de Zine el-Abidine ben Ali, le 14 janvier 2011, les ramadans se suivent et ne se ressemblent pas. Cette année, le rite sacré, auquel les Tunisiens ont commencé à participer, diffère de tous ceux qui ont précédé. Jamais le mois saint ne s’est déroulé dans un contexte aussi difficile qu’aujourd’hui : crise politique, économique, financière…

Mais qu’il vente ou qu’il pleuve, les Tunisiens ne sont jamais indifférents à l’arrivée de ramadan. Et certains l’attendent et s’y préparent avec beaucoup plus de ferveur que d’autres.

Dans la première catégorie, on trouve les musulmans pratiquants, et dans la seconde, la frange de la population attachée à son islamité et, partant, au rituel ramadanesque, plus par tradition et appartenance culturelle. 

Le 23 mars 2023, premier jour de ramadan en Tunisie, dans le centre de Tunis, la capitale. Dans une rue secondaire, à une centaine de mètres de l’avenue Habib Bourguiba, principale artère de la capitale, une centaine de personnes font la queue dans l’espoir de décrocher le Graal : un sachet de sucre, difficile à trouver depuis près d’une année, comme tant d’autres denrées, en raison d’une pénurie chronique.

Conscient du fait que les Tunisiens n’accepteront jamais de ne pas pouvoir remplir leur caddie, le gouvernement s’est mobilisé depuis près d’un mois pour qu’ils puissent le faire et dans les meilleures conditions, au moins pendant le ramadan.

 

En dépit des crises multiples et simultanées dans lesquelles le pays se débat, les Tunisiens observent le rituel saint avec un mélange de piété et de boulimie consommatrice.

 

Ainsi, les autorités ont pris des dispositions pour garantir l’approvisionnement, notamment en surveillant de plus près les circuits de distribution ; et elles ont imposé le plafonnement des prix de certaines denrées pour réduire un peu l’impact de l’inflation (qui, avec un taux de 10,4% en février 2023, a atteint son plus haut niveau depuis quarante ans). 

Les autorités ont également alloué près de 40 millions de dinars (1 dinar tunisien = 0,30 euro) à un programme d’aides – financières et en nature – à près de trois cent vingt familles dans le besoin et décidé de mettre en place quarante-huit tables pour la rupture du jeûne destinées à ceux qui n’auraient pas accès aux aides.

Paradoxe tunisien, si une partie de la population ne parvient pas à s’en sortir, en particulier pendant le ramadan, une autre partie laisse s’exprimer pendant le mois saint son péché majeur : la surconsommation, qui a pour corollaire le gaspillage. Comme tous les ans, l’Institut national de la consommation (INC) – qui a dévoilé en 2021 que la consommation de certains produits augmentait de 100 à 150% durant le ramadan – a rappelé aux Tunisiens le 26 mars que près de 66% des mets finissaient à la poubelle.

Mais le ramadan, c’est aussi – surtout – le mois de la piété et de la convivialité. Après la rupture du jeûne, en famille, les plus pieux des Tunisiens se hâtent d’aller à la mosquée pour les tarawih, des prières qui s’ajoutent, durant le ramadan, aux cinq quotidiennes et qui durent d’une à deux heures, selon l’abnégation de chacun. Les autres mettent le cap sur le café pour jouer aux cartes avec les amis, parfois en se gavant de pâtisseries traditionnelles. Jusqu’à l’heure du suhur, dernier repas de la journée avant le début du jeûne.


Un tanker touché par «des projectiles inconnus» au large des Emirats 

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  • "Un tanker a signalé avoir été touché par des projectiles non identifiés", indique l'agence ajoutant que tous les membres d'équipage sont sains et saufs et qu'aucun impact environnemental n'a été signalé
  • L'agence n'a pas précisé la provenance du navire

DUBAI: Un tanker a été touché par des "projectiles inconnus" dans le détroit d'Ormuz au large des Emirats arabes unis, sans faire de victime, a indiqué l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO lundi.

"L'UKMTO a reçu des informations faisant état d'un incident survenu à 78 milles nautiques (145 km, ndlr) au nord de Fujaïrah, aux Émirats arabes unis", a annoncé l'agence sur X précisant que l'incident avait été signalé dimanche vers 19H40 GMT.

"Un tanker a signalé avoir été touché par des projectiles non identifiés", indique l'agence ajoutant que tous les membres d'équipage sont sains et saufs et qu'aucun impact environnemental n'a été signalé.

L'agence n'a pas précisé la provenance du navire.

Le détroit d'Ormuz, par lequel transite en temps de paix un cinquième du pétrole et du gaz naturel mondiaux, est en grande partie bloqué depuis le début des frappes israélo-américaines contre l'Iran le 28 février.

Le président américain Donald Trump a annoncé dimanche que la marine américaine allait commencer lundi à escorter des navires bloqués de pays tiers à travers le détroit d'Ormuz dans le cadre du Project Freedom ("Projet Liberté"), qui a été dénoncé par les autorités iraniennes.

 


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.