Avant la comparution de Trump, la police de New York «en alerte»

Un manifestant porte des pancartes devant la Trump Tower à New York le 31 mars 2023, au lendemain de l'inculpation de l'ancien président Donald Trump par un grand jury. (Photo par Timothy A. Clary / AFP)
Un manifestant porte des pancartes devant la Trump Tower à New York le 31 mars 2023, au lendemain de l'inculpation de l'ancien président Donald Trump par un grand jury. (Photo par Timothy A. Clary / AFP)
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Publié le Samedi 01 avril 2023

Avant la comparution de Trump, la police de New York «en alerte»

  • La puissante et pléthorique police municipale NYPD (36.000 policiers et 19.000 civils) a ordonné vendredi à tous ses agents et officiers de se déployer en uniforme sur la voie publique
  • Un temps secoué par son inculpation historique annoncée jeudi soir, l'ex-président compte «se battre» sans retenue pour faire annuler les poursuites prises par le procureur de Manhattan Alvin Bragg, selon son avocat Joseph Tacopina

NEW YORK : New York n'a rien perdu de son effervescence légendaire: sa police s'est mise «en alerte» avant la comparution mardi en justice de l'ancien président américain Donald Trump, qui doit se faire signifier son inculpation pénale dans une affaire d'argent versé à une star du X.

La puissante et pléthorique police municipale NYPD (36.000 policiers et 19.000 civils) a ordonné vendredi à tous ses agents et officiers de se déployer en uniforme sur la voie publique vendredi, et pour une semaine, selon des sources policières citées par la télévision NBC.

Interrogé par l'AFP, un porte-parole du NYPD a répondu dans un courriel que «les officiers avaient été placés en alerte et que le service demeurait prêt à répondre, si nécessaire, et assurerait à tous la possibilité d'exercer leurs droits de manière pacifique».

Mais «il n'y a pas à l'heure actuelle de menaces crédibles sur New York», a affirmé ce porte-parole de la police d'une ville à l'histoire rythmée par des accès de violences.

A Manhattan, les manifestants pro ou anti Trump se comptent par quelques dizaines, à peine.

Une poignée d'hostiles se sont installés devant la Trump Tower, sur la mythique 5e Avenue, et ont déployé une banderole «Arrêtez Trump».

- «Enfermez-le, jetez la clé» -

Pendant qu'un autre individu se promenait aux alentours avec deux pancartes: «Enfermez-le et... Jetez la clé».

Un troisième homme rappelait aussi que «personne n'est au-dessus des lois».

Un peu plus tard, dans ce quartier bouillonnant du coeur de Manhattan, un sosie de l'ancien président républicain, Neil Greenfield, s'amusait à faire la circulation se faisant prendre en photo avec un ou deux partisans de Donald Trump brandissant une banderole pour la présidentielle de 2024.

Un temps secoué par son inculpation historique annoncée jeudi soir, l'ex-président compte «se battre» sans retenue pour faire annuler les poursuites prises par le procureur de Manhattan Alvin Bragg, selon son avocat Joseph Tacopina.

Donald Trump, qui vit en Floride, devra se présenter mardi devant un tribunal de Manhattan pour se voir signifier formellement les charges pesant contre lui et qui sont liées au versement fin 2016, et au remboursement par la suite, de 130.000 dollars à une actrice de films pornographiques, Stormy Daniels, pour acheter son silence.

Mardi, des partisans trumpistes, dont l'élue républicaine Marjorie Taylor Greene, ont prévu de manifester à l'extérieur du tribunal pendant sa comparution.

Un important dispositif policier a été déjà été déployé pour éviter tout débordement.

Des membres des médias attendent devant la Trump Tower à New York, le 31 mars 2023. (Photo by Timothy A. Clary / AFP)
Des membres des médias attendent devant la Trump Tower à New York, le 31 mars 2023. (Photo by Timothy A. Clary / AFP)

- «C'est ridicule» -

Susan, qui refuse catégoriquement de donner son nom, dit avoir «honte de la justice en Amérique». Rencontrée devant le tribunal, elle affirme que ce qu'a fait M. Trump est une «infraction mineure, pas un crime. C'est ridicule».

Devant le palais de justice, mis sous haute sécurité depuis dix jours par des agents du NYPD et de la police judiciaire, Mary Fish, 50 ans, se désole du «chemin qu'a pris l'Amérique», qui n'est «pas une voie menant à la paix ou à l'unité».

Mais cette femme, qui n'a pas révélé sa profession, accuse Donald Trump, qui a bouleversé le système politique et les équilibres des pouvoirs aux Etats-Unis, d'avoir «démarré les divisions» de son pays.

Et pour Pilar Banos, une touriste espagnole de 72 ans en visite à Manhattan, qu'un ancien président américain soit inculpé par la justice pénale, crée une ambiance «étrange» dans la ville.

 

L'inculpation de Trump met à nu les fractures béantes des Etats-Unis

Une étape nécessaire pour les uns, «une chasse aux sorcières» pour les autres: l'inculpation historique de Donald Trump jette une nouvelle lumière sur les profondes fractures partisanes des Etats-Unis.

L'escalade judiciaire autour de l'ancien président a replacé Donald Trump, un dirigeant à la fois révélateur et amplificateur des divisions du pays, au coeur de l'échiquier politique.

Dès les premières annonces de son inculpation par la justice new-yorkaise, les parlementaires républicains se sont rués sur Twitter, dénonçant une «persécution politique», «un scandale absolu», «un triste jour pour l'Amérique». A coups d'interviews, tweets et communiqués, ils ont fait bloc autour du candidat à la présidentielle, érigé en martyr.

Même son rival républicain Ron DeSantis, qui flirte avec une candidature en 2024, a volé au secours de Donald Trump dénonçant une inculpation «contraire aux valeurs de l'Amérique».

Côté démocrate, les élus se sont contentés de saluer timidement l'annonce en affirmant que «personne n'était au-dessus des lois».

- «Pas mon président» -

Un des seuls à garder le silence dans cette affaire: le président démocrate Joe Biden, qui n'a pas officiellement lancé sa campagne, mais sait que tout commentaire pourrait nourrir l'argumentaire d'une instrumentalisation de la justice martelé par le milliardaire républicain.

«Aujourd'hui, l'opinion publique voit tout sous le prisme des divisions politiques», souligne Wendy Schiller, professeure de sciences politiques à l'université Brown.

Dès jeudi soir, pendant que les progressistes moquaient les «larmes des trumpistes», un groupe de partisans de l'ancien président s'est rendu devant sa luxueuse résidence pour crier sa colère.

Plusieurs d'entre eux agitaient des drapeaux «Biden n'est pas mon président» et «Trump a gagné», énième rappel que plus de deux ans après la défaite du milliardaire à l'élection de 2020, des millions d'Américains restent fermement convaincus que la présidentielle lui a été «volée».

- «Divorce» -

Le principal intéressé a lui-même attisé les flammes depuis son réseau Truth Social, accusant les démocrates d'être les «ennemis des hommes et des femmes qui travaillent dur dans ce pays».

«Ce n'est pas moi qu'ils visent, mais vous, je suis juste en travers de leur chemin», a-t-il écrit sur sa plateforme.

Des propos qui alimentent les fantasmes autour d'un «divorce national» prôné par certains membres de la droite dure, comme l'élue Marjorie Taylor Greene -- tant les divisions dans ce pays paraissent parfois impossibles à réduire.

Dans certains foyers américains, des pans entiers de l'actualité américaine -- des questions de genre, de l'avortement ou de démocratie -- sont devenus tabous, tant les débats qui en résultent sont enflammés.

Le sujet des armes à feu a même donné lieu à de violentes invectives entre progressistes et conservateurs dans les couloirs du Congrès cette semaine, après une terrible fusillade dans une école du Tennessee.

- «Divers et engagé» -

Gare à ne pas surjouer les divisions, alertent toutefois les experts.

De la guerre de Sécession aux affrontements autour des droits civiques et la guerre du Vietnam, la société américaine a par moments été bien plus profondément fracturée et en proie à la ségrégation qu'elle ne l'est aujourd'hui, estiment-ils.

La différence: «Nous sommes un pays plus divers et plus engagé politiquement qu'il ne l'a jamais été», affirme Wendy Schiller. «Quand il y a davantage de voix qui s'expriment, cela peut vouloir dire que les échanges deviennent plus violents et bruyants», analyse la politologue.

«Mais il est impossible de comparer ça à la situation d'il y a 50 ans lorsque tant de personnes étaient réduites au silence», assure-t-elle.

Si l'inculpation de Donald Trump donne l'impression de creuser davantage les tranchées, elle est surtout «un cadeau politique pour les directeurs de campagne et les stratèges des deux grands partis», estime auprès de l'AFP Robert Talisse, expert sur la polarisation politique à l'université Vanderbilt.

«L'inculpation donne aux deux camps une occasion d'attiser l'indignation parmi les citoyens», affirme le professeur.

Plusieurs ténors républicains, dont l'ancien président, se sont d'ailleurs dépêchés de lancer des campagnes de levées de fonds pour combattre une «inculpation aux fins politiques».

Et vendredi, le milliardaire a annoncé avoir récolté en moins de 24 heures plus de quatre millions de dollars pour sa campagne de 2024.


L'Iran se dit prêt à aider les navires japonais a traverser le détroit d'Ormuz (agence japonaise)

L’Iran est prêt à laisser passer des navires liés au Japon dans le détroit d’Ormuz, une artère vitale pour l’approvisionnement mondial en pétrole, a rapporté Kyodo News. Ci-dessus, un cargo près du détroit d’Ormuz le 11 mars 2026. (Reuters)
L’Iran est prêt à laisser passer des navires liés au Japon dans le détroit d’Ormuz, une artère vitale pour l’approvisionnement mondial en pétrole, a rapporté Kyodo News. Ci-dessus, un cargo près du détroit d’Ormuz le 11 mars 2026. (Reuters)
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  • L’Iran affirme être prêt à garantir la sécurité des navires japonais dans le détroit d’Ormuz, malgré les tensions régionales et les perturbations du trafic maritime
  • Le Japon, fortement dépendant du pétrole transitant par ce détroit stratégique, active ses réserves face aux risques pesant sur l’approvisionnement mondial

TOKYO: L’Iran est disposé à aider les navires japonais à emprunter le détroit d'Ormuz, a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi à l’agence Kyodo News dans une interview publiée samedi.

Le Japon dépend des importations de pétrole brut en provenance du Moyen-Orient, dont la majeure partie transite par le détroit d’Ormuz, une voie commerciale cruciale pour l’approvisionnement mondial en carburant.

En pratique, l'Iran a bloqué l'accès au détroit en réponse aux frappes menées par Israël et les Etats-Unis, laissant les pays tributaires de cette voie maritime se démener pour trouver des de remplacement et puiser dans leurs réserves.

"Nous n’avons pas fermé le détroit. Il est ouvert", a contesté M. Araghchi, lors d'une interview téléphonique avec l'agence japonaise Kyodo News vendredi.

Selon lui, les pays qui attaquent l'Iran font face à des restrictions, mais d'autres se voient offert une assistance.

L'Iran est préparé à assurer des traversées en toute sécurité pour le Japon, a-t-il ajouté.

La quatrième économie mondiale est le cinquième plus grand importateur de pétrole, dont 95% vient du Moyen-Orient et 70% passe par le détroit d'Ormuz.

Lundi, Tokyo a annoncé commencer à puiser dans ses réserves stratégiques de pétrole, qui sont parmi les plus importantes au monde, équivalant à 254 jours de consommation intérieure.

Les membres de l’Agence internationale de l’énergie ont convenu, le 11 mars, d’utiliser leurs stocks de pétrole pour atténuer la flambée des prix provoquée par la guerre au Moyen-Orient, ce qui représente de loin la plus vaste opération de ce type jamais menée.


L'Iran cible une base hébergeant des forces américaines en plein océan Indien (média)

Cette image satellite de Planet Labs PBC montre quatre bombardiers furtifs B-2 stationnés à Camp Thunder Cove, sur l’atoll de Diego Garcia, le samedi 29 mars 2025. (AP)
Cette image satellite de Planet Labs PBC montre quatre bombardiers furtifs B-2 stationnés à Camp Thunder Cove, sur l’atoll de Diego Garcia, le samedi 29 mars 2025. (AP)
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  • L’Iran a tiré deux missiles balistiques visant la base américano-britannique de Diego Garcia dans l’océan Indien, mais aucun n’a atteint sa cible selon des responsables américains
  • Les missiles auraient été neutralisés (défaillance et interception), tandis que la base reste un site militaire stratégique majeur pour les États-Unis et le Royaume-Uni

WASHINGTON: L'Iran a tiré deux missiles balistiques vers la base américano-britannique de Diego Garcia, située en plein milieu de l'océan Indien, a rapporté vendredi le Wall Street Journal.

Aucun des deux missiles tirés vers cette base à quelque 4.000 kilomètres du territoire iranien n'a touché sa cible, selon le journal, qui cite plusieurs responsables américains.

L'un des missiles a connu une défaillance en vol et un navire de guerre américain a tiré un missile pour intercepter le second, selon deux des responsables.

Sollicité par l'AFP, le Pentagone s'est refusé à tout commentaire.

Située sur une île isolée de l'archipel des Chagos, un territoire britannique, Diego Garcia est l'une des deux bases que le Royaume-Uni a permis aux Etats-Unis d'utiliser pour des "opérations défensives spécifiques contre l'Iran".

Il s'agit d'une base stratégique pour les Etats-Unis, qui y stationnent notamment des sous-marins nucléaires, bombardiers et destroyers.

Le Royaume-Uni a signé en 2025 un accord pour rétrocéder l'archipel des Chagos à l'île Maurice tout en conservent un bail de 99 ans sur Diego Garcia afin de maintenir la base.


Les États-Unis renforcent leur présence au Moyen-Orient tandis que Trump envisage de réduire les opérations militaires

Le président Donald Trump se prépare à monter à bord d’Air Force One le 18 mars 2026, sur la base aérienne de Dover, dans le Delaware, après avoir assisté au rapatriement des dépouilles de six membres d’équipage de l’US Air Force morts dans le crash d’un avion ravitailleur dans l’ouest de l’Irak, alors qu’ils soutenaient des opérations contre l’Iran. (AP)
Le président Donald Trump se prépare à monter à bord d’Air Force One le 18 mars 2026, sur la base aérienne de Dover, dans le Delaware, après avoir assisté au rapatriement des dépouilles de six membres d’équipage de l’US Air Force morts dans le crash d’un avion ravitailleur dans l’ouest de l’Irak, alors qu’ils soutenaient des opérations contre l’Iran. (AP)
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  • Donald Trump évoque une possible réduction progressive des opérations militaires contre l’Iran, tout en excluant un cessez-le-feu immédiat et en assouplissant certaines sanctions pétrolières pour limiter l’impact économique
  • Le conflit s’intensifie au Moyen-Orient avec des frappes et ripostes entre l’Iran, Israël et leurs alliés, perturbant les marchés mondiaux et faisant craindre une crise économique liée à l’énergie

WASHINGTON: Donald Trump a pour la première fois dit vendredi envisager de "réduire graduellement" les opérations militaires contre l'Iran, juste après avoir exclu un cessez-le-feu, et assoupli les sanctions contre le pétrole iranien.

Alors que la guerre, qui dure depuis trois semaines, pèse sur l'activité mondiale, les Etats-Unis ont indiqué avoir autorisé la vente et la livraison de pétrole iranien se trouvant sur des navires avant le 20 mars, et ce jusqu'au 19 avril.

Cette détente doit permettre d'endiguer la flambée des prix de l'énergie due à la guerre au Moyen-Orient.

"Nous sommes sur le point d'atteindre nos objectifs alors que nous envisageons de réduire graduellement nos importants efforts militaires au Moyen-Orient contre le régime terroriste iranien", a écrit vendredi soir le président américain sur son réseau Truth Social en plein Norouz, le Nouvel an persan.

Mais cette affirmation coïncide avec l'annonce de plusieurs médias américains d'un prochain déploiement de forces militaires supplémentaires dans la région.

Et quelques heures auparavant, le président américain avait écarté tout cessez-le-feu à ce stade.

"Vous savez, vous ne faites pas de cessez-le-feu quand vous anéantissez littéralement l'adversaire", a-t-il dit à la presse à son départ de la Maison Blanche pour la Floride.

Sur X, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a souligné peu après que le président et le Pentagone avaient "prédit qu'il faudrait entre 4 à 6 semaines pour achever la mission".

Le président américain a aussi réitéré le fait que le détroit d'Ormuz, passage maritime stratégique pour le pétrole et le gaz, devrait être "surveillé et contrôlé, si nécessaire, par les autres pays qui l'empruntent - ce qui n'est pas le cas des Etats-Unis !".

- "Vaincu" -

Le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, s'est exprimé vendredi dans un message écrit. Probablement blessé au début de la guerre, il n'est toujours pas apparu en public depuis sa nomination.

"L'ennemi a été vaincu", a écrit l'ayatollah Khamenei. Les Iraniens lui ont "asséné un coup vertigineux, au point qu'il se met maintenant à prononcer des paroles contradictoires et absurdes".

Le successeur et fils d'Ali Khamenei - dont l'assassinat par les forces israéliennes le 28 février a marqué le début des hostilités menées avec les forces américaines contre l'Iran - est dans le viseur d'Israël.

L'armée israélienne a affirmé vendredi avoir tué lors d'une frappe à Téhéran le chef des renseignements de la force paramilitaire des Bassidj. Quelques heures seulement après l'annonce, confirmée par les Gardiens de la Révolution, de la mort de leur porte-parole, "tombé en martyr".

Des détonations ont aussi retenti dans la capitale iranienne en fin de journée, provenant de l'est et du nord de la ville, selon un journaliste de l'AFP.

Aux attaques israéliennes ont répondu celles de Téhéran sur Jérusalem et contre des installations dans le Golfe, où une raffinerie a été touchée par une attaque de drones au Koweït.

L'armée israélienne a averti tôt samedi matin qu'une nouvelle vague de missiles avait été tirée depuis l'Iran en direction de son territoire, et ajouté que les défenses aériennes s'étaient déclenchées pour abattre les projectiles.

Au Liban, l'armée israélienne a dit frapper samedi matin des cibles du Hezbollah pro-iranien à Beyrouth.

- "Lâches" -

Donald Trump, qui a multiplié ces derniers temps les déclarations contradictoires sur la durée potentielle du conflit, a assuré vendredi que l'objectif des Etats-Unis et d'Israël était la "victoire".

"Nous les frappons terriblement fort. Je ne crois pas qu'il soit possible d'être frappé plus fort", a-t-il dit à propos de l'Iran.

Jeudi, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait assuré que l'Iran était "en train d'être décimé". Téhéran n'a selon lui plus "la capacité d'enrichir de l'uranium" ni "de produire des missiles balistiques", deux des objectifs fixés avant le début des frappes israélo-américaines, fin février.

Mais le blocage de facto par l'Iran de la navigation dans le détroit d'Ormuz vient compliquer l'équation pour Washington.

Donald Trump s'en est pris avec virulence aux pays de l'Otan, qu'il a qualifiés de "lâches" car selon lui ils "ne veulent pas aider à ouvrir le détroit d'Ormuz".

Le Royaume-Uni a cependant dit autoriser les Etats-Unis à utiliser des bases britanniques pour frapper des sites iraniens visant le détroit dans le cadre de ses "opérations défensives" contre l'Iran, selon Downing Street.

L'armée américaine peut "neutraliser" l'île de Kharg, site pétrolier névralgique pour l'Iran, "n'importe quand si le président Trump en donne l'ordre", a par ailleurs assuré Anna Kelly, une porte-parole de la Maison Blanche, dans une déclaration transmise à l'AFP.

L'attaque sur la raffinerie koweïtienne Mina Al-Ahmadi a entraîné la fermeture de plusieurs unités du site, selon l'agence officielle koweïtienne.

Les Emirats arabes unis ont fait état d'attaques de missiles et de drones, tandis que Bahreïn maîtrisait l'incendie d'un entrepôt.

L'Arabie saoudite a annoncé samedi matin avoir intercepté et détruit plus de vingt drones dans l'est du pays.

La Turquie pour sa part a condamné vendredi les frappes israéliennes sur un quartier général et des camps militaires dans le sud de la Syrie, dénonçant une "dangereuse escalade".

- Choc profond -

Les attaques visant les raffineries et sites de production d'hydrocarbures du Moyen-Orient font trembler l'économie mondiale.

"Les dommages durables entraînent un choc économique profond", a relevé Robert Pape, expert militaire à l'Université de Chicago. "C'est ainsi qu'une guerre régionale peut devenir une crise économique mondiale historique".

Les Bourses mondiales ont ainsi terminé en net recul vendredi, pour clôturer une semaine d'incertitudes liées au conflit au Moyen-Orient et aux conséquences économiques de la flambée des prix de l'énergie.