Des scientifiques démontrent que les décombres syriens peuvent être utilisés pour la construction de nouveaux bâtiments en béton

Kenan Civi et sa famille se rassemblent devant leur maison endommagée portant un graffiti avec l'inscription «Nous reviendrons», à Hatay le 28 mars 2023, après le tremblement de terre de magnitude 7,8 survenu le 6 février 2023 dans le sud-est de la Turquie. (AFP)
Kenan Civi et sa famille se rassemblent devant leur maison endommagée portant un graffiti avec l'inscription «Nous reviendrons», à Hatay le 28 mars 2023, après le tremblement de terre de magnitude 7,8 survenu le 6 février 2023 dans le sud-est de la Turquie. (AFP)
Short Url
Publié le Samedi 01 avril 2023

Des scientifiques démontrent que les décombres syriens peuvent être utilisés pour la construction de nouveaux bâtiments en béton

  • Des chercheurs britanniques, syriens et turcs trouvent un moyen plus écologique de réduire les coûts de reconstruction du pays
  • En Syrie, au moins 130 000 bâtiments auraient été détruits par le conflit et les tremblements de terre

LONDRES: Des scientifiques britanniques, syriens et turcs ont démontré que les gravats de béton recyclés provenant des bâtiments détruits par la guerre civile syrienne peuvent être utilisés en toute sécurité dans de nouvelles constructions en béton.

Cela signifie que le pays, qui a été dévasté en même temps que la Turquie par un grave tremblement de terre en février, peut exploiter les quelque 40 millions de tonnes de débris de béton dont il dispose pour aider à la reconstruction d'une manière écologique et rentable.

Les scientifiques ont montré que l'incorporation de l'ancien béton dans la moitié des mélanges de nouveaux agrégats de béton (petits morceaux de roche) n'affaiblit pas ces derniers de manière significative.

Des gravats provenant de dix sites du nord de la Syrie, concassés et débarrassés de leurs impuretés, ont été utilisés dans des mélanges d'agrégats dont la solidité et la résistance aux gaz corrosifs et à l'eau ont été testées.

Ayant réussi tous les tests, les scientifiques pensent maintenant que les mêmes normes pourraient être appliquées aux gravats de béton dans d'autres parties du monde.

Le professeur Abdulkader Rashwani, expert en béton de l'université Sham d'Alep, a été contraint de fuir à Gaziantep, en Turquie, pendant la guerre civile. Il retourne quotidiennement en Syrie pour mener ses recherches.

On estime que 40% des bâtiments d'Alep ont été détruits au cours de la dernière décennie.

«Beaucoup de gens avaient besoin de notre aide, alors nous sommes allés là-bas et avons occulté toutes les séquelles, a-t-il déclaré. Nous avons maintenant commencé à nous adresser à certains conseils locaux et à les aider à mettre en place des plans pour l'avenir. Nous pouvons au moins essayer de rendre cette région plus sûre et de donner un peu d'espoir aux gens.»

Au total, on estime qu'environ 130 000 bâtiments ont été détruits en Syrie, dont 70% étaient en béton armé. Outre les bâtiments, les nouvelles découvertes pourraient être utilisées pour remplacer et réparer d'autres infrastructures, telles que les routes endommagées.

Theodore Hanein, de l'Université de Sheffield, en Angleterre, a déclaré que le projet était «génial» et qu'il pourrait «faire la bouger les choses».

«Malheureusement, la guerre a détruit de nombreux bâtiments et maintenant, après le tremblement de terre dévastateur, encore plus de bâtiments ont été endommagés ou détruits dans les régions du nord du pays», a-t-il précisé.

«Les gens voudront reconstruire les lieux détruits. [Le recyclage] permettra d'économiser beaucoup de transport en évitant d'acheminer des matières premières, ce qui est généralement le plus coûteux, et les agrégats se font de plus en plus rares. Les gens [en Syrie] n'ont pratiquement rien à l'heure actuelle.»

La recherche a été publiée dans le Journal of Materials in Civil Engineering.

 

 Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Short Url
  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Short Url
  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Short Url
  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.