Syrie: deux combattants pro-iraniens tués dans le 3e raid israélien en moins d'une semaine

Selon l'OSDH, les missiles ont ciblé plusieurs positions militaires des forces syriennes affiliées à l'Iran. Un incendie s'est aussi déclaré dans un centre de recherches. (AFP).
Selon l'OSDH, les missiles ont ciblé plusieurs positions militaires des forces syriennes affiliées à l'Iran. Un incendie s'est aussi déclaré dans un centre de recherches. (AFP).
Short Url
Publié le Lundi 03 avril 2023

Syrie: deux combattants pro-iraniens tués dans le 3e raid israélien en moins d'une semaine

  • Il s'agit de la troisième frappe israélienne en Syrie en plus de trois jours
  • La Syrie est ravagée par une guerre civile, déclenchée par la répression en 2011 de manifestations prodémocratie

DAMAS: Deux combattants pro-iraniens ont été tués et cinq soldats syriens blessés en Syrie lors d'un raid aérien dans la nuit de samedi à dimanche, a annoncé l'Observatoire syrien des droits de l'homme, Damas accusant Israël d'avoir mené cette opération.

Ce raid, survenu à Homs (centre), est le troisième visant la Syrie en moins de quatre jours. Israël a annoncé avoir abattu dimanche un drone survolant son territoire.

Dimanche, "les frappes ont tué deux combattants pro-iraniens dont les nationalités demeurent pour l'instant inconnues et ont blessé cinq membres de la Défense aérienne syrienne", a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Les deux combattants ont été tués lorsqu'un "dépôt d'armes appartenant aux forces du Hezbollah libanais au sein de l'aéroport militaire de Dabaa, dans la zone au sud-ouest de Homs, a été détruit" par ces frappes, a précisé M. Abdel Rahmane, dont l'ONG possède un vaste réseau de sources en Syrie.

Selon l'OSDH, les missiles ont ciblé plusieurs positions militaires des forces syriennes affiliées à l'Iran. Un incendie s'est aussi déclaré dans un centre de recherches.

Les frappes ont été attribuées par Damas à l'Etat hébreu.

"Aujourd'hui (dimanche) vers 00H35 (21H35 GMT samedi), l'ennemi israélien a mené une agression aérienne depuis le nord-est de Beyrouth en visant des positions dans la ville de Homs et sa province", a indiqué l'agence officielle syrienne SANA, citant une source militaire, ajoutant que plusieurs missiles avaient été interceptés par la défense antiaérienne.

Damas a été ciblée deux nuits consécutives, jeudi et vendredi, par des raids aériens imputés par le régime syrien à l'Etat hébreu.

Jeudi, le raid aérien a blessé deux soldats syriens, selon le ministère de la Défense syrienne.

Et vendredi, un nouveau raid a tué deux Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, dont l'un a succombé à ses blessures dimanche, d'après Sepahnews, le site des Gardiens.

"Le sang de ces martyrs de haut rang ne sera pas vain", a affirmé dimanche le porte-parole de la diplomatie iranienne Nasser Kanani, évoquant le raid de vendredi.

Téhéran "se réserve le droit de riposter (...) au moment et à l'endroit appropriés", a-t-il prévenu.

«Lourd tribut»

Israël a annoncé dimanche avoir abattu un drone.

"Des hélicoptères et des avions de combats ont été déployés pour poursuivre un appareil volant non identifié qui semble être entré en territoire israélien depuis la Syrie", a déclaré l'armée israélienne dans un communiqué.

"L'appareil a été abattu dans une zone découverte", a-t-elle précisé, tandis qu'un porte-parole de l'armée a confirmé à l'AFP que l'engin était sans pilote.

Enfin, dimanche soir, une voiture piégée a explosé à Damas, a annoncé l'agence d'Etat syrienne SANA, citant une source policière. "Une bombe a explosé dans une voiture civile, y mettant le feu sans faire de victime", selon la même source.

Le ministère de l'Intérieur a déclaré que "deux personnes ont été légèrement blessées" dans l'attentat, qui a touché un pick-up.

Il est impossible pour le moment de savoir qui est responsable de l'attaque et qui était ciblé.

La Syrie est ravagée par une guerre civile, déclenchée par la répression en 2011 de manifestations prodémocratie et qui s'est complexifiée au fil des ans avec l'intervention de plusieurs pays et groupes armés étrangers.

Au cours des dernières années, Israël a mené des centaines de frappes aériennes dans le pays contre des positions du régime, mais aussi contre celles des forces iraniennes et du Hezbollah, alliés de Damas et ennemis jurés d'Israël.

Israël a frappé deux fois en mars l'aéroport d'Alep, ville du nord de la Syrie où les groupes relevant de l'Iran et de ses alliés ont une grande influence.

Le 7 mars, le premier raid a fait trois morts et le 22 mars, le deuxième a provoqué des dégâts matériels, selon l'OSDH.

A Damas, 15 personnes avaient été tuées le 19 février lors d'une frappe israélienne sur un quartier abritant le siège de plusieurs services de sécurité, d'après la même source.

Lors de la réunion hebdomadaire de son cabinet, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré "exiger un lourd tribut de la part des régimes qui soutiennent le terrorisme, au-delà des frontières d'Israël", sans pour autant confirmer la responsabilité d'Israël dans les raids.

Bien qu'en proie à d'importantes manifestations contre un projet controversé de réforme judiciaire, l'Etat hébreu demeure "déterminé" à combattre ses "ennemis sur tous les fronts, partout et à chaque fois que c'est nécessaire", a-t-il martelé.


L'Arabie saoudite abat 4 missiles balistiques visant Riyad

Les défenses aériennes de l'Arabie saoudite ont réussi à intercepter des drones et des missiles tirés sur le Royaume depuis le début du conflit. (Capture d'écran du ministère saoudien de la Défense)
Les défenses aériennes de l'Arabie saoudite ont réussi à intercepter des drones et des missiles tirés sur le Royaume depuis le début du conflit. (Capture d'écran du ministère saoudien de la Défense)
Short Url
  • Le quartier des ambassades à Riyad est la cible d'un drone, des débris de missiles balistiques tombent près de la base aérienne Prince Sultan.
  • Les Émirats arabes unis, le Qatar et le Koweït interceptent également les attaques de drones

RIYAD: Les systèmes de défense aérienne de l'Arabie saoudite ont intercepté des vagues de drones et de missiles balistiques tirés sur le Royaume mercredi.

Un drone a été intercepté et détruit alors qu'il s'approchait du quartier diplomatique de Riyad, a déclaré un porte-parole du ministère de la défense vers midi.

Vers 19h30, le ministère a déclaré que les défenses aériennes traitaient une menace balistique à Riyad.

Plus tôt, un missile balistique lancé vers le gouvernorat d'Al-Kharj a été abattu et les débris de l'interception sont tombés près de la base aérienne Prince Sultan "sans causer de dommages", a déclaré un porte-parole.

Deux autres missiles balistiques lancés vers la province orientale ont été interceptés et détruits dans la soirée.

Le ministère a fait état de neuf drones ciblant la même région depuis minuit heure locale.

Les attaques contre l'Arabie saoudite s'inscrivent dans le cadre d'une nouvelle journée de tentatives iraniennes de frapper les pays du Golfe.

Aux Émirats arabes unis, le ministère de la défense a déclaré avoir abattu 13 missiles balistiques et 27 drones lancés depuis l'Iran mercredi.

De fortes détonations ont été entendues au-dessus de Dubaï dans la matinée.

Les Émirats ont également cité les six victimes civiles des attaques iraniennes depuis le début du conflit, le 28 février.

Il s'agit notamment de la Palestinienne Alaa Mushtaha, qui a été tuée lundi à Abou Dhabi lorsqu'un missile est tombé sur sa voiture. Ses funérailles ont eu lieu mardi soir, ont rapporté les médias locaux.

Le ministre des affaires étrangères, Sheikh Abdullah, a exprimé mercredi ses "sincères condoléances et sa profonde sympathie aux familles des victimes des attaques terroristes non provoquées de l'Iran contre les Émirats arabes unis".

Il a condamné les attaques de missiles et de drones iraniens visant des infrastructures civiles essentielles, des aéroports, des zones résidentielles et des sites civils dans l'ensemble des Émirats arabes unis.

Le Qatar et le Koweït ont également signalé avoir intercepté des attaques de drones mercredi.


Liban: effroi et destructions au coeur de Beyrouth, pilonné par Israël avec et sans avertissement

Des nuages de cendre flottent dans l’air et des cris venant d'un bâtiment, derrière une fenêtre éventrée, mettent en garde les passants qu'une vitre est sur le point de tomber. Un scooter endommagé est laissé près du trottoir. (AFP)
Des nuages de cendre flottent dans l’air et des cris venant d'un bâtiment, derrière une fenêtre éventrée, mettent en garde les passants qu'une vitre est sur le point de tomber. Un scooter endommagé est laissé près du trottoir. (AFP)
Ces frappes israéliennes à répétition, qui ont fait au moins 12 morts et 41 blessés, selon les autorités, sont les plus intenses sur la capitale depuis le début de la guerre le 2 mars entre le Hezbollah pro-iranien et Israël. (AFP)
Ces frappes israéliennes à répétition, qui ont fait au moins 12 morts et 41 blessés, selon les autorités, sont les plus intenses sur la capitale depuis le début de la guerre le 2 mars entre le Hezbollah pro-iranien et Israël. (AFP)
Ces frappes israéliennes à répétition, qui ont fait au moins 12 morts et 41 blessés, selon les autorités, sont les plus intenses sur la capitale depuis le début de la guerre le 2 mars entre le Hezbollah pro-iranien et Israël. (AFP)
Ces frappes israéliennes à répétition, qui ont fait au moins 12 morts et 41 blessés, selon les autorités, sont les plus intenses sur la capitale depuis le début de la guerre le 2 mars entre le Hezbollah pro-iranien et Israël. (AFP)
Short Url
  • Ces frappes israéliennes à répétition, qui ont fait au moins 12 morts et 41 blessés, selon les autorités, sont les plus intenses sur la capitale depuis le début de la guerre le 2 mars entre le Hezbollah pro-iranien et Israël
  • "Il était quatre heures du matin (02H00 GMT), on dormait" lorsque l'armée israélienne a lancé son avertissement, raconte à l'AFP Sarah Saleh, 29 ans, qui dit avoir entendu des tirs alertant les habitants du danger

BEYROUTH: Sarah Saleh et sa famille ont fui en pyjama mercredi, après que l'armée israélienne a averti d'une frappe sur un immeuble du coeur de Beyrouth, proche de l'école reconvertie en centre d'accueil qui les abrite.

Mais plusieurs autres bombardements contre deux quartiers populaires voisins, sans avertissement, ont violemment pris par surprise les habitants, en pleine nuit et au petit matin.

Ces frappes israéliennes à répétition, qui ont fait au moins 12 morts et 41 blessés, selon les autorités, sont les plus intenses sur la capitale depuis le début de la guerre le 2 mars entre le Hezbollah pro-iranien et Israël.

"Il était quatre heures du matin (02H00 GMT), on dormait" lorsque l'armée israélienne a lancé son avertissement, raconte à l'AFP Sarah Saleh, 29 ans, qui dit avoir entendu des tirs alertant les habitants du danger.

Avec ses parents, son frère, ses soeurs et leurs enfants, "nous avons fui en pyjama", vers une place du centre-ville, ajoute-t-elle.

Les enfants "se sont mis à pleurer et à paniquer, c'était déchirant", dit-elle, portant un masque pour se protéger de la poussière qui se dégage des décombres du bâtiment visé, dans le quartier de Bachoura, proche d'une des principales artères de la capitale.

"Le bruit était terrifiant (...) Tout Beyrouth a été secoué", affirme cette déplacée de la banlieue sud de Beyrouth, réfugiée dans la même école qui l'avait abritée lors de la guerre précédente de 2024.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale avec l'Iran en menant une attaque contre Israël en représailles des frappes israélo-américaines ayant tué le guide suprême iranien Ali Khamenei.

Israël a riposté en lançant une vaste campagne de frappes aériennes, notamment sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, en parallèle d'opérations terrestres dans le sud du Liban.

L'armée israélienne a également bombardé à plusieurs reprises des bâtiments en plein coeur de la capitale, parfois sans avertissement.

"Ce qui est effrayant, c'est qu’ils sont en train de frapper sans prévenir", déclare la jeune femme.

"Heureusement qu'ils ont émis un avertissement ici, parce que dans l’école qui nous accueille il y a des enfants et des bébés", ainsi que des personnes âgées, soupire-t-elle.

"Terrifiant" 

A quelques encablures de là, à Zokak al-Blatt, quartier densément peuplé proche du siège du gouvernement et de plusieurs ambassades, des habitants déblayent les débris et les éclats de verre laissés par la dernière frappe sur les voitures et dans les rues.

Des engins dégagent la route et transportent les décombres, tandis que des commerçants vont et viennent devant des devantures brisées, sous le bourdonnement d'un drone israélien survolant la capitale.

Des nuages de cendre flottent dans l’air et des cris venant d'un bâtiment, derrière une fenêtre éventrée, mettent en garde les passants qu'une vitre est sur le point de tomber. Un scooter endommagé est laissé près du trottoir.

"Ma famille et moi avons été terrifiés", raconte Haidar, 68 ans, qui habite à proximité. "Quand il n’y a pas d’avertissement, c’est très difficile", ajoute ce commerçant.

Il explique que sa femme, cédant à l'effroi, tente de trouver refuge ailleurs après que le quartier a été visé plusieurs fois depuis le début de la guerre.

Dans la rue, une femme pleure et une famille avec enfants, portant des sacs et une poupée rose, quitte les lieux.

L'une des frappes, menée sans avertissement, a tué le directeur des programmes politiques de la télévision du Hezbollah, al-Manar, selon la chaîne.

Les bombardements israéliens ont tué au moins 912 personnes, dont 111 enfants, depuis début mars, et jeté sur les routes plus d'un million de personnes - plus du sixième de la population du petit pays.

"Nous pouvons à peine parler (...) Nous sommes épuisés", dit Zainab, 65 ans, qui vit à proximité  et se trouvait chez elle avec des proches lors de la dernière frappe.

Le bombardement "était très fort (..) comme s'il se produisait au-dessus de nos têtes", dit-elle.

"Nous avons peur (..) toutes les heures ou deux heures, ils frappent quelque part", ajoute-t-elle. Mais "où sommes-nous censés partir?".


Iran: les Etats-Unis et Israël frappent l'installation gazière de South Pars 

Une frappe menée mercredi par Israël et les Etats-Unis a touché des installations iraniennes sur un important site gazier du Golfe, provoquant un incendie, a annoncé la télévision d'Etat, alors que la guerre est dans sa troisième semaine. (AFP)
Une frappe menée mercredi par Israël et les Etats-Unis a touché des installations iraniennes sur un important site gazier du Golfe, provoquant un incendie, a annoncé la télévision d'Etat, alors que la guerre est dans sa troisième semaine. (AFP)
Short Url
  • "Il y a quelques instants, certaines parties des installations gazières" du gisement de South Pars/North Dome, située dans la ville portuaire de Kangan, "ont été frappées par des projectiles de l'ennemi américano-sioniste"
  • L'immense champ gazier de South Pars/North Dome est la plus grande réserve de gaz connue au monde, que l'Iran partage avec le Qatar. Il fournit environ 70 % du gaz naturel consommé en Iran, qui l'exploite depuis la fin des années 1990

TEHERAN: Une frappe menée mercredi par Israël et les Etats-Unis a touché des installations iraniennes sur un important site gazier du Golfe, provoquant un incendie, a annoncé la télévision d'Etat, alors que la guerre est dans sa troisième semaine.

"Il y a quelques instants, certaines parties des installations gazières" du gisement de South Pars/North Dome, située dans la ville portuaire de Kangan, "ont été frappées par des projectiles de l'ennemi américano-sioniste", a déclaré la télévision, citant le gouverneur adjoint de la province méridionale de Bouchehr.

Elle a ajouté que des équipes de pompiers avaient été dépêchées sur les lieux pour maîtriser l'incendie.

L'immense champ gazier de South Pars/North Dome est la plus grande réserve de gaz connue au monde, que l'Iran partage avec le Qatar. Il fournit environ 70 % du gaz naturel consommé en Iran, qui l'exploite depuis la fin des années 1990.

Israël avait déjà frappé des installations iraniennes de ce site au cours de la guerre des 12 jours de juin 2025.

Le pays a lancé de nouvelles frappes contre l'Iran le 28 février, conjointement avec les Etats-Unis, tuant au premier jour son guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, et déclenchant une guerre qui s'est étendue à tout le Moyen-Orient.