Les frappes israéliennes se poursuivent en Syrie, un deuxième officier iranien tué

Israël a mené pendant des années des attaques contre ce qu'il a décrit comme des cibles liées à l'Iran en Syrie, (File/AFP)
Israël a mené pendant des années des attaques contre ce qu'il a décrit comme des cibles liées à l'Iran en Syrie, (File/AFP)
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Publié le Dimanche 02 avril 2023

Les frappes israéliennes se poursuivent en Syrie, un deuxième officier iranien tué

  • Des dizaines de gardiens de la révolution ont été tués en Syrie depuis le déclenchement de la guerre en 2011
  • L'Iran affirme que ses officiers jouent un rôle consultatif en Syrie, à l'invitation de Damas

DUBAÏ : "Meqdad Meqdani a été blessé lors de l'attaque sioniste de vendredi à l'aube et il est mort en martyr", a rapporté, dimanche, Mehr news, l'agence de presse semi-officielle iranienne. Ce conseiller militaire du Corps des gardiens de la révolution iraniens est décédé des suites de ses blessures après une frappe aérienne israélienne -la troisième en moins d'une semaine-, près de la capitale syrienne, selon une mise à jour de Mehr.

Israël mène depuis plusieurs des années des attaques contre ce qu'il décrit comme des « cibles liées à l'Iran en Syrie », où l'influence de Téhéran s'est accrue depuis que la République islamique a commencé à soutenir le président Bashar Assad dans la guerre déclenchée en 2011.

L'Iran affirme que ses officiers jouent un rôle consultatif en Syrie, à l'invitation de Damas. Des dizaines de membres des Gardiens de la révolution, dont des officiers supérieurs, ont été tués en Syrie pendant la guerre.

Tandis que les gardiens de la révolution juraient de répondre à l'attaque israélienne de vendredi, les frappes israéliennes se poursuivaient dimanche matin, touchant plusieurs sites dans la province syrienne de Homs où cinq soldats ont été blessés selon  les médias syriens

Nouvelles frappes sur Homs dimanche

L'agence de presse d'Etat SANA, citant des sources militaires, a déclaré que de nouvelles frappes ont ciblé dimanche des sites dans la ville de Homs et la campagne environnante. Les défenses aériennes syriennes ont intercepté les missiles et abattu certains d'entre eux, a-t-il ajouté.

C'est la neuvième fois qu'Israël frappe des cibles en Syrie depuis le début de l'année, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, un observateur de la guerre lié à l'opposition.

L'observatoire a rapporté que les missiles visaient des sites militaires syriens et ceux de milices liées à l'Iran, y compris un centre de recherche.

Il n'y a pas eu de déclaration immédiate d'Israël sur les frappes.

Israël a mené des centaines de raids sur des cibles à l'intérieur des parties de la Syrie contrôlées par le gouvernement ces dernières années, y compris des attaques contre les aéroports de Damas et d'Alep, mais il reconnaît rarement des opérations spécifiques.

Israël dit qu'il cible des bases de groupes militants alliés à l'Iran, comme le Hezbollah libanais, qui a envoyé des milliers de combattants pour soutenir les forces du président syrien Bashar Assad.

Vendredi, des frappes aériennes israéliennes ont touché la banlieue de la capitale syrienne, Damas, tuant un conseiller iranien, ont rapporté les médias d'État syriens et iraniens.

La télévision d'État iranienne a rapporté vendredi que Milad Heidari, un conseiller militaire iranien, avait été tué au cours de ce qu'elle a qualifié d'"attaque criminelle" par Israël.

Une frappe aérienne israélienne le mois dernier visant l'aéroport d'Alep l'a mis hors service pendant deux jours. L'aéroport est le principal canal d'acheminement de l'aide depuis le tremblement de terre meurtrier de magnitude 7,8 qui a frappé la Syrie et la Turquie le 6 février.

Israël a également frappé des ports maritimes dans des zones syriennes tenues par le gouvernement, dans une tentative apparente d'empêcher les livraisons d'armes iraniennes à des groupes militants soutenus par Téhéran, dont le Hezbollah.


Gaza: des tirs israéliens font 9 morts, selon les secours

Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
  • L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés
  • L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza

GAZA: Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël.

La Défense civile, un organisme opérant sous l'autorité du mouvement islamiste Hamas, a recensé neuf morts en plusieurs endroits, dans des frappes aériennes et des tirs.

L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés.

L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza.

L'armée israélienne a affirmé que M. Salim s'était dirigé en courant vers des soldats qui interrogeaient d'autres chauffeurs de camion interpellés.

Les soldats ont ouvert le feu dans sa direction après "avoir identifié une menace immédiate", a précisé l'armée, affirmant enquêter sur les autres incidents survenus mercredi.

L'hôpital Al-Chifa, à Gaza-ville, a de son côté déclaré avoir reçu quatre corps: celui d'un enfant tué par des tirs israéliens dans l'est de la ville, celui d'un homme tué dans une frappe aérienne dans l'ouest et deux autres tués dans un bombardement ayant visé un véhicule.

L'armée israélienne a confirmé à l'AFP avoir mené une frappe aérienne sur la ville de Gaza, mais a dit ne pas "être au courant" d'un bombardement dans l'ouest de la ville.

Israël et le Hamas s'accusent presque quotidiennement de violer le cessez-le-feu dans le territoire dévasté.

Au moins 1.084 Palestiniens y ont été tués depuis son entrée en vigueur en octobre, selon le ministère de la Santé du territoire, également placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Dans le même temps, Israël a recensé cinq soldats et un contractuel travaillant pour le ministère de la Défense tués dans le territoire palestinien.

Les restrictions imposées aux médias et l'accès limité à Gaza empêchent l'AFP de vérifier de manière indépendante les bilans ou de couvrir librement les violences sur place.


La justice libanaise remet en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste

  • Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises
  • Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués

BEYROUTH: La justice libanaise a décidé mercredi de remettre en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste, Fadl Chaker, qui s'était rendu aux autorités en octobre 2025, a indiqué une source judiciaire à l'AFP.

Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises.

Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués.

Il va être remis en liberté moyennant deux cautions d'une valeur cumulée de près de 3.500 dollars, a précisé la source judiciaire.

Le montant a été versé et Fadl Chaker doit sortir de prison mercredi, a-t-elle ajouté.

Pendant ses années de fuite, la justice l'avait condamné par contumace à des peines allant de cinq à 15 ans de prison avec travaux forcés dans ces dossiers.

Quelques mois avant de s'être rendu, Fadl Chaker avait sorti des chansons qui arrivaient en tête des classements dans le monde arabe. Ses clips vidéo, tournés dans le camp de Aïn el-Heloué, atteignaient des centaines de millions de vues sur YouTube.

Assir avait lui été arrêté en 2015, et condamné à mort avec sursis en 2017 pour "terrorisme".

 


Le Liban exige le retrait d'Israël de deux «zones pilotes» pour participer à des négociations à Rome 

  • Israël et le Liban avaient conclu un accord-cadre à l'issue de cinq cycles de négociations à Washington le 26 juin en vue d'une "paix durable" entre les deux pays, en état de guerre depuis des décennies
  • Il prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des "zones pilotes" dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah

BEYROUTH: Le Liban exige qu'Israël se retire de deux "zones pilotes" dans le sud du pays avant de participer à un nouveau cycle de pourparlers prévu à Rome, a indiqué mercredi à l'AFP une source diplomatique au courant des négociations.

L'Italie et Israël ont annoncé que ces négociations se tiendraient les 15 et 16 juillet à Rome, mais les autorités libanaises n'ont pas confirmé leur participation dans l'immédiat.

Israël et le Liban avaient conclu un accord-cadre à l'issue de cinq cycles de négociations à Washington le 26 juin en vue d'une "paix durable" entre les deux pays, en état de guerre depuis des décennies.

Il prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des "zones pilotes" dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah.

"Le Liban pose comme condition le retrait d'Israël de deux zones pilotes pour participer aux négociations", a affirmé la source diplomatique ayant requis l'anonymat.

Le Hezbollah est opposé à ces négociations et refuse d'être désarmé.

La formation pro-iranienne a entraîné le Liban dans la guerre régionale en mars, en soutien à Téhéran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, qui ont tué près de 4.300 personnes, selon Beyrouth.

Discussions "cruciales" 

Selon la source diplomatique, le département d'Etat américain a informé les deux délégations qu'il ne pouvait pas accueillir les négociations "de façon permanente", d'où le choix de Rome.

Elle a expliqué que des discussions "cruciales" étaient attendues et que les négociateurs auraient besoin de se concerter avec leurs autorités, ce qui ne serait "pas possible" à Washington du fait de la distance avec Israël et le Liban.

La source diplomatique a ajouté qu'Israël avait rapidement accepté la tenue des négociations à Rome, dans l'idée de "réduire la pression exercée directement" sur la partie israélienne pendant les précédentes discussions par le secrétaire d'Etat Marco Rubio.

La partie libanaise a cependant reçu la garantie de Washington qu'il maintiendrait le "même niveau d'engagement et la même ligne de conduite dans la gestion des pourparlers" de Rome, selon cette source diplomatique.

L'accord-cadre n'établit pas de calendrier de retrait du sud du Liban, où Israël a annoncé vouloir maintenir ses troupes dans une zone pouvant s'étendre jusqu'à dix km de sa frontière.

L'armée israélienne poursuit ponctuellement des frappes meurtrières, malgré une trêve entrée en vigueur le 21 juin, à la suite de la signature d'un protocole d'accord entre l'Iran et les Etats-Unis.

L'Iran a exigé que le cessez-le-feu au Liban soit inclus dans cet accord, mais Beyrouth "veut négocier par lui-même" et rejette toute ingérence, a souligné la source diplomatique.

Les négociations à Rome seront suivies par une visite courant juillet du président libanais, Joseph Aoun, à Washington, à l'invitation de son homologue américain.

M. Aoun a estimé mercredi que cette invitation traduisait "le soutien des Etats-Unis à un processus visant à trouver une solution durable à la série de guerres et d'agressions israéliennes contre notre pays".