Avec la hausse de son audience, la plateforme vidéo Rumble est un puissant vecteur de désinformation

La plateforme vidéo Rumble a démultiplié son audience, majoritairement conservatrice, devenant au passage un puissant relais de désinformation et théories complotistes. (AFP)
La plateforme vidéo Rumble a démultiplié son audience, majoritairement conservatrice, devenant au passage un puissant relais de désinformation et théories complotistes. (AFP)
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Publié le Dimanche 02 avril 2023

Avec la hausse de son audience, la plateforme vidéo Rumble est un puissant vecteur de désinformation

  • Moins de 10 ans après son lancement, cette start-up canadienne revendique quelque 80 millions d'utilisateurs actifs mensuels, une fréquentation plus que doublée (+142%) depuis fin 2021.
  • Depuis ses débuts, le site se veut une alternative à YouTube, un terrain de jeu de la liberté d'expression, encadrée de façon moins stricte que chez ses grands concurrents

WASHINGTON: Edifiée en refuge contre la censure et la "cancel culture", la plateforme vidéo Rumble a démultiplié son audience, majoritairement conservatrice, devenant au passage un puissant relais de désinformation et théories complotistes.

Moins de 10 ans après son lancement, cette start-up canadienne revendique quelque 80 millions d'utilisateurs actifs mensuels (donnée de référence pour les réseaux sociaux), une fréquentation plus que doublée (+142%) depuis fin 2021.

Depuis ses débuts, le site se veut une alternative à YouTube, un terrain de jeu de la liberté d'expression, encadrée de façon moins stricte que chez ses grands concurrents. Entré en Bourse en septembre dernier, Rumble est désormais valorisé 2,8 milliards de dollars à Wall Street.

Outre son audience, à la différence des réseaux sociaux Gettr, Parler, Gab ou du Truth Social de Donald Trump, il attire un nombre non négligeable d'annonceurs et tire de la publicité des revenus significatifs (un peu moins de 40 millions de dollars l'an dernier), même s'ils sont sans comparaison avec ceux de YouTube (quasiment 30 milliards).

Séduits, Donald Trump, le complotiste Alex Jones ou le suprémaciste blanc Nick Fuentes y ont tous créé leur chaîne, les deux derniers étant persona non grata sur YouTube depuis des années.

"C'est vraiment le seul endroit où vous pouvez trouver de l'authenticité, point barre. Vous ne la trouverez nulle part ailleurs", a martelé le fondateur, Chris Pavlovski, lors de la présentation des résultats de Rumble jeudi.

«Caisse de résonance»

Si elle se dit "neutre", la plateforme est devenue un foyer de désinformation et théories conspirationnistes, notamment sur le coronavirus et l'élection présidentielle américaine de 2020.

Le documentaire du complotiste d'extrême droite Stew Peters intitulé "Died Suddenly" (mort subitement), qui faisait le lien, de façon empirique et sans données scientifiques, entre la vaccination contre le Covid-19 et des décès de personnes jeunes, a été visionné près de 18 millions de fois.

En septembre, après qu'une de ses vidéos a été retirée d'autorité par YouTube car elle contenait des erreurs factuelles sur le coronavirus, l'humoriste et acteur britannique Russell Brand a déménagé, à grand fracas médiatique, sur Rumble.

"Ils créent une caisse de résonance dans laquelle on ne trouve que très peu de contenu de gauche", explique Megan Squire, chargée de recherche sur l'extrémisme au sein du Southern Poverty Law Center, organisation de défense des droits humains. "Cela a vraiment pris une orientation marquée à droite."

Le site d'analyse des médias NewsGuard a constaté, l'an dernier, que près de la moitié des résultats que proposait la plateforme à des requêtes liées aux élections législatives américaines de novembre étaient tirés de sources non fiables.

Rumble affirme pratiquer la modération des contenus et écarter ceux qui contiennent des obscénités, ou dont les auteurs s'adonnent au harcèlement ou au "doxxing", c'est-à-dire la mise en ligne en libre accès de données et informations personnelles sans le consentement des individus concernés.

Si Rumble n'atteindra probablement jamais, même de loin, l'influence de YouTube, il n'en a pas moins une portée majeure, car il offre "un univers de nouvelles complètement différent" des plateformes vidéo et réseaux sociaux les plus fréquentés, selon Samuel Woolley, professeur à l'université du Texas.

"Cela bouleverse la compréhension des nouvelles et de l'information", décrit l'universitaire, créant "un espace dans lequel la vérité empirique peut être contestée sans être clairement réfutée."


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.