Divisés sur la guerre en Ukraine, les Bulgares votent encore

Les bureaux de vote ont ouvert dès 7H00 du matin (4H00 GMT). Les premières estimations des sondages sortie des urnes sont attendues à la clôture du scrutin à 20H00 (17H00 GMT). (AFP)
Les bureaux de vote ont ouvert dès 7H00 du matin (4H00 GMT). Les premières estimations des sondages sortie des urnes sont attendues à la clôture du scrutin à 20H00 (17H00 GMT). (AFP)
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Publié le Dimanche 02 avril 2023

Divisés sur la guerre en Ukraine, les Bulgares votent encore

  • Loin des espoirs nés de la vague de manifestations anti-corruption de l'été 2020, ce pays de 6,5 millions d'habitants, le plus pauvre de l'UE, s'enfonce dans la crise
  • Un marasme accentué par le conflit en Ukraine dans une société historiquement et culturellement proche de Moscou, qui se déchire sur l'aide à apporter à Kiev

SOFIA: Pour la cinquième fois en deux ans, un record dans l'UE, des Bulgares à bout de patience ont commencé à voter dimanche afin d'élire leur Parlement, dans un pays tiraillé face à la guerre en Ukraine.

"Et si le résultat était le même qu'aux précédentes législatives?", s'inquiète Silvia Radoeva, une aide-soignante de 42 ans, interrogée par l'AFP.

Loin des espoirs nés de la vague de manifestations anti-corruption de l'été 2020, ce pays de 6,5 millions d'habitants, le plus pauvre de l'Union européenne, s'enfonce dans la crise.

Depuis la chute de l'ex-Premier ministre conservateur Boïko Borissov après une décennie au pouvoir, les différents partis peinent à s'entendre pour bâtir une coalition et les gouvernements intérimaires se succèdent.

Un marasme accentué par le conflit en Ukraine dans une société historiquement et culturellement proche de Moscou, qui se déchire sur l'aide à apporter à Kiev.

«Inquiétante spirale»

"Il est grand temps que les responsables politiques s'unissent pour traiter des problèmes quotidiens", estime Mme Radoeva, citant pêle-mêle "les prix fous, la pauvreté, des soins médicaux déplorables".

"Face à la guerre et l'inflation, la société réclame à cor et à cri une solution", selon Parvan Simeonov, de l'institut Gallup International, mais de nombreux protestataires de 2020 ont perdu leurs illusions et l'abstention s'annonce forte.

Deux grandes forces s'affrontent ce dimanche: d'un côté, le parti conservateur Gerb de M. Borissov, 63 ans, de l'autre les réformateurs pro-occidentaux de Kiril Petkov, entrepreneur de 42 ans qui a brièvement gouverné en 2022.

Les sondages les donnent au coude-à-coude, avec 25 à 26% des intentions de vote, laissant augurer d'un nouveau casse-tête pour former une coalition stable.

Les bureaux de vote ont ouvert dès 7H00 du matin (4H00 GMT). Les premières estimations des sondages sortie des urnes sont attendues à la clôture du scrutin à 20H00 (17H00 GMT).

Devant cette "inquiétante spirale d'élections", Lukas Macek, chercheur associé de l'Institut Jacques Delors pour l'Europe Centrale et de l'Est, se dit "sceptique sur une possible issue à moins d'un retrait de Boïko Borissov".

"On retrouve le même schéma que dans d'autres pays d'Europe centrale: un ancien dirigeant qui s'accroche, alors que les autres partis refusent de s'allier à lui, sans toutefois avoir grand chose en commun par ailleurs".

Montée des prorusses 

Le parti Continuons le changement (CC) de Kiril Petkov s'est cette fois associé à la formation de droite Bulgarie démocratique (DB). Faute de partenaires, ils ne peuvent cependant qu'espérer former un gouvernement minoritaire, par nature fragile.

Malgré les réticences envers Boïko Borissov, à l'image entachée par des affaires de corruption, le camp pro-occidental a intérêt à s'allier, juge Ognian Peitchev, un ingénieur sexagénaire rencontré à un récent rassemblement pour l'Ukraine.

"Je redoute l'influence des partis prorusses dans le prochain Parlement", confie-t-il.

Les socialistes du PSB, héritier de l'ancien parti communiste, refusent toute livraison d'armes à Kiev et défendent ouvertement l'idéologie du Kremlin.

Tout comme la jeune formation ultra-nationaliste Vazrajdane (Renaissance), bien partie pour poursuivre son ascension: elle est créditée de 13,6% des intentions de vote, contre 10% en octobre.

Si ce nouveau vote n'est pas concluant, les Bulgares devront composer avec un nouveau gouvernement intérimaire nommé par le président Roumen Radev, lui-même farouchement opposé à l'envoi d'armement à l'Ukraine.

Un scénario qui a les faveurs des russophiles comme Mariana Valkova, 62 ans. "Tant Petkov que Borissov sont vraiment trop remontés contre la Russie. Dans ces conditions, je préfère qu'un gouvernement ne soit pas formé et que Radev reste aux manettes", témoigne cette cheffe de PME, nostalgique de l'URSS où elle a travaillé.


Rubio met en garde contre le «chaos total» en cas de péage à Ormuz

"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn). (AFP)
"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn). (AFP)
  • L'Iran réfléchit à l'imposition de "droits de redevance", qui n'existaient pas avant la guerre, auxquels les Etats-Unis sont radicalement opposés
  • C'est l'un des principaux points d'achoppement entre les deux pays qui ont récemment signé un protocole d'accord pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient

MANAMA: Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, en tournée dans le Golfe, a mis en garde jeudi contre le "chaos total" que pourrait engendrer la mise en place par l'Iran de frais dont devraient s'acquitter les navires dans le détroit d'Ormuz.

Plus tôt jeudi, Téhéran avait menacé de "mesures appropriées" contre tout bateau s'aventurant à franchir le détroit sans leur autorisation, semblant répondre à l'aonnonce par Oman de l'ouverture d'un "corridor maritime temporaire" présenté comme une intiative concertée avec l'ONU.

Ormuz est une étroite voie navigable d'une trentaine de kilomètres de large qui sépare l'Iran et Oman, mais le seul passage autorisé par l'Iran se fait dans un couloir qui longe ses côtes.

L'Iran réfléchit à l'imposition de "droits de redevance", qui n'existaient pas avant la guerre, auxquels les Etats-Unis sont radicalement opposés - c'est l'un des principaux points d'achoppement entre les deux pays qui ont récemment signé un protocole d'accord pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn).

Le chef de la diplomatie américaine, venu rassurer ses alliés du Golfe largement ciblés par Téhéran pendant la guerre en représailles des frappes israélo-américaines sur l'Iran, a ajouté que les Etats-Unis souhaitaient un accord de paix, mais pas "à n'importe quel prix".

"Nous voulons un accord qui soit bon, nous voulons un accord qui soit réel, nous voulons un accord qui soit vérifiable, et nous voulons un accord qui soit respecté", a poursuivi M. Rubio.

Le responsable, qui s'est rendu aux Emirats arabes unis, au Koweït et à Bahreïn, a également donné l'assurance que les intérêts des pays du Golfe seraient pris en compte.

"Nous voulons nous assurer qu'aucune partie de cet accord ne porte atteinte, de quelque manière que ce soit, à la sécurité, à la stabilité ou à la prospérité de l'un de nos partenaires de la région du Golfe", a-t-il souligné.

Son homologue de Bahreïn, Abdoullatif ben Rachid Al Zayani, a lui mis en avant les "incertitudes" affectant ces pays.

Les monarchies du Golfe ont payé un lourd tribut à l'offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l'Iran. Elles accueillent des bases militaires américaines et ont été visées par des missiles et drones iraniens en représailles.


Double séisme au Venezuela: au moins 32 morts et plus de 700 blessés

Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
  • Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres
  • Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela

CARACAS: Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués.

Dans la capitale de ce pays d'Amérique latine de près de 30 millions d'habitants régulièrement frappé par des séismes, des photographes de l'AFP ont vu des secouristes et des habitants fouiller des immeubles réduits à des gravats. Des personnes étaient extirpées des décombres puis emmenées sur des brancards.

Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres. "Nous avons besoin de lampes torches !", lance l'un d'eux dans la nuit noire.

"A l'heure actuelle, nous avons reçu des informations faisant état de 32 morts" et "de plus de 700 blessés", a déclaré la présidente par intérim Delcy Rodriguez dans un message à la nation, après avoir déclaré l'état d'urgence.

Elle a précisé ne pas encore disposer de données concernant l'Etat de La Guaira, situé à proximité de la capitale et qui est selon elle la région la plus touchée. L'aéroport de Caracas, gravement endommagé selon elle, a été fermé.

Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela. "Nous serons aux côtés de nos nouveaux et formidables amis", a assuré le président américain Donald Trump, tandis que Mme Rodriguez a indiqué s'être entretenue au téléphone avec le secrétaire d'Etat Marco Rubio.

Cette initiative américaine, un acte diplomatique fort après des années de tensions, s'inscrit dans le cadre du rétablissement des relations entre les deux pays depuis que les forces américaines ont capturé le président déchu Nicolas Maduro, aujourd'hui incarcéré aux Etats-Unis.

La Chine et l'Inde ont elles aussi proposé leur aide, et plusieurs pays d'Amérique latine ont fait de même et exprimé leur solidarité, parfois au-delà de leurs divergences politiques. 


L'Iran accuse l'Otan de «complicité» dans la guerre menée contre lui

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
  • M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury"
  • "Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X

TEHERAN: Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël.

M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury" lancée contre l'Iran le 28 février.

M. Rutte a également affirmé que l'aéroport de Bucarest avait réduit ses vols commerciaux pour laisser la place aux avions de ravitaillement utilisés dans le cadre de cette opération, et qu'entre 4.000 et 5.000 sorties d'avions américains avaient été effectuées depuis des bases européennes pendant le conflit.

"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X.

"Le secrétaire général de l'Otan a explicitement désigné l'Italie et la Roumanie comme ayant participé à l'agression contre l'Iran", a souligné le porte-parole du ministère iranien.

"Ces pays, ainsi que tous les autres pays européens ayant apporté leur soutien à l'agression américano-israélienne contre l'Iran, doivent expliquer à leur propre population et au monde entier pourquoi ils ont choisi de se rendre complices de cet acte d'agression flagrant et de la perpétration d'atrocités de masse contre les populations iraniennes", a-t-il ajouté.

En Italie, le ministère de la Défense a condamné mercredi les propos de M. Rutte, estimant qu'ils avaient envoyé "un message complètement trompeur", Rome n'ayant permis aux Etats-Unis d'utiliser ses bases que pour des vols techniques et logistiques, et non des missions de combat.