La justice suisse enquête sur le rachat de Credit Suisse par UBS

Conférence de presse à Zurich le 29 mars 2023 après l'annonce d'UBS après rachat, de nommer l'ancien PDG Sergio Ermotti à la tête du Crédit Suisse (Photo, AFP).
Conférence de presse à Zurich le 29 mars 2023 après l'annonce d'UBS après rachat, de nommer l'ancien PDG Sergio Ermotti à la tête du Crédit Suisse (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 02 avril 2023

La justice suisse enquête sur le rachat de Credit Suisse par UBS

  • Le ministère public a souligné qu'il voulait ainsi s'assurer que la place financière suisse reste «propre»
  • Credit Suisse risquait la faillite après avoir vu le prix de son action dévisser plusieurs jours d'affilée

GENEVE: Le parquet fédéral suisse enquête sur les circonstances qui ont mené au rachat dans l'urgence de la banque Credit Suisse par sa rivale et compatriote UBS, sous la pression des autorités helvétiques, et notamment sur les fuites dans la presse.

Le ministère public a souligné qu'il voulait ainsi s'assurer que la place financière suisse reste "propre", dans un courriel adressé à l'AFP où il indique vouloir notamment se pencher sur les informations très précises parues dans la presse internationale pendant les négociations, censées être secrètes.

Il dit avoir "émis des ordres d'enquête" après avoir procédé "à un état des lieux de la situation avec l'ensemble des services internes concernés" et avoir "pris des contacts avec les autorités nationales et cantonales".

"Le ministère public de la Confédération souhaite s'acquitter de manière proactive de son mandat et de sa responsabilité de contribuer à une place financière suisse propre", précise encore le courriel.

Le secteur bancaire et la finance en général pèsent lourd dans le PIB du pays et emploient des dizaines de milliers de personnes.

Les péripéties de Credit Suisse, numéro deux national du secteur qui depuis plusieurs années aligne les scandales et s'est montré incapable de se redresser et de mettre de l'ordre dans ses affaires, risquaient de peser sur la réputation de la place financière.

«Vue d'ensemble»
Le parquet explique qu'il veut "avoir une vue d'ensemble des nombreux aspects des événements relatifs au CS - notamment ceux relatés dans les médias - et sécuriser et évaluer les informations disponibles".

"Il s'agit d'analyser et d'identifier toute infraction pénale qui pourrait relever de la compétence" du parquet, selon le courriel.

"Dans ce cadre, différentes instances internes et externes ont été mandatées ou contactées dans le but d'éclaircir et de rassembler des informations", précisent encore les services du procureur général, Stefan Blättler.

Rachat ou effondrement
Lors du week-end des 18 et 19 mars, UBS, numéro un bancaire en Suisse, s'est vu pressuré par les autorités de régulation suisses et le gouvernement fédéral pour reprendre coûte que coûte Credit Suisse, sa rivale de toujours.

La deuxième banque du pays menaçait tout simplement de s'effondrer.

Le soutien verbal de la Banque centrale suisse et son prêt massif de 50 milliards de francs suisses (CHF), alloué le mercredi précédent, n'avaient rien fait pour rassurer les investisseurs, rendus extrêmement nerveux par les soubresauts qui agitaient le secteur bancaire aux Etats-Unis depuis plusieurs semaines.

Considéré comme le maillon faible du secteur bancaire en Europe, affaibli par les scandales, encombré d'un plan de restructuration qui n'avait pas convaincu et plombé par plus de 7 milliards de francs suisses de pertes en 2022, Credit Suisse risquait la faillite après avoir vu le prix de son action dévisser plusieurs jours d'affilée et avoir du mal à accéder sur le marché aux liquidités indispensables pour continuer à mener ses affaires.

Après d'intenses négociations secrètes, mais dont des éléments précis ont fuité dans la presse internationale, UBS a accepté d'acheter Credit Suisse pour 3 milliards: une bouchée de pain. Et avec de solides garanties financières de l'Etat fédéral et de la Banque centrale en cas de découverte de mauvaises surprises dans les livres de comptes, qu'UBS n'avait matériellement pas eu le temps d'examiner en détail.

Ce n'est que le dimanche 19 mars au soir que le gouvernement suisse a finalement brisé son silence, annonçant le rachat qui a donné naissance à un mastodonte bancaire comme la Suisse n'en a jamais connu.

Risques considérables 
UBS vient de renommer à sa tête son ancien directeur général Sergio Ermotti pour piloter cette fusion, qui présente des risques massifs. La "priorité numéro une est de stabiliser la situation", selon le groupe.

Ce rapprochement n'est pas seulement "la plus grande transaction" depuis la crise financière de 2008, c'est aussi "la première fois" que deux banques d'importance systémique (qui, si elles s'effondraient, auraient un effet domino) au niveau mondial vont fusionner, a souligné Colm Kelleher, président du conseil d'administration d'UBS.

Ces risques et les dimensions hors normes de la nouvelle mégabanque inquiètent les milieux politiques et économiques en Suisse. Ils craignent, outre des milliers de licenciements en raison des doublons dans les activités des deux banques, qu'elle ne soit trop puissante.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


France: la production industrielle recule de 0,1% en mai

Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi. (AFP)
Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi. (AFP)
  • "Le moteur de l'économie française commence à perdre de sa vigueur", a souligné Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note
  • En revanche, la production des industries extractives, énergie, eau a rebondi (+3,2%)

PARIS: Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi.

En avril, la production industrielle avait augmenté de 0,3% et la production manufacturière de 0,6%, après révision à la hausse.

Dans l'industrie manufacturière, la production est en repli dans tous les principaux secteurs, a précisé l'Institut national de la statistique et des études économiques: les matériels de transport (-2,8%) dont l'automobile (-4,7%), les biens d'équipement électriques, électroniques et informatiques (-2,3%), la cokéfaction et le raffinage (-9,0%), les "autres produits industriels comme la métallurgie, chimie et pharmacie (-0,4%) ainsi que les industries agro-alimentaires (-0,3%).

"Le moteur de l'économie française commence à perdre de sa vigueur", a souligné Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note.

En revanche, la production des industries extractives, énergie, eau a rebondi (+3,2%). "La hausse qui concerne à la fois l'électricité et le gaz est due à une augmentation de la consommation liée aux températures fraîches en milieu de mois, puis à l'épisode caniculaire en fin de mois", a expliqué l'Insee.

Sur les trois derniers mois (mars à mai), par rapport à la même période en 2025, la production a augmenté de 2,4% dans l'industrie et de 2,2% dans l'industrie manufacturière.

Dans la construction, la production a progressé de 1,2% en mai sur un mois, mais elle s'inscrit en baisse de 2,3% sur les trois mois allant de mars à mai par rapport aux mêmes trois mois de l'an dernier.

Dans les prochains mois, "certains facteurs temporaires qui avaient bénéficié à l'industrie française, notamment la mise à l'arrêt de la production chez certains concurrents asiatiques, vont progressivement s'estomper avec l'apaisement de la situation au Moyen-Orient", a analysé Charlotte de Montpellier.

"D'autres facteurs continueront toutefois de soutenir l'activité, notamment la forte demande dans l'aéronautique et la hausse des dépenses de défense, qui bénéficie largement aux 5% de l'industrie française orientés vers l'armement", a-t-elle ajouté.

Selon elle, "l'industrie française devrait continuer à surperformer le secteur des services", affecté notamment par la faible confiance des ménages, "mais avec un peu moins d’élan qu’en début d’année", avec des répercussions sur la croissance.


Transport maritime: CMA CGM inaugure le "Notre-Dame", plus grand porte-conteneurs français

L'ancien Premier ministre français et maire du Havre, Édouard Philippe, l'épouse du président français Brigitte Macron, le président-directeur général du groupe CMA CGM, Rodolphe Saadé, le ministre français des Transports Philippe Tabarot et Delphine Arnault, à la tête de Dior et vice-présidente exécutive de Louis Vuitton, participent à l'inauguration du porte-conteneurs « Notre-Dame » de CMA CGM, le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français, au Havre, dans le nord-ouest de la France, le 2 juillet 2026. (AFP)
L'ancien Premier ministre français et maire du Havre, Édouard Philippe, l'épouse du président français Brigitte Macron, le président-directeur général du groupe CMA CGM, Rodolphe Saadé, le ministre français des Transports Philippe Tabarot et Delphine Arnault, à la tête de Dior et vice-présidente exécutive de Louis Vuitton, participent à l'inauguration du porte-conteneurs « Notre-Dame » de CMA CGM, le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français, au Havre, dans le nord-ouest de la France, le 2 juillet 2026. (AFP)
  • CMA CGM a baptisé au Havre le "Notre-Dame", le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français et premier d'une série de 10 navires géants, renforçant la souveraineté maritime française
  • Fonctionnant au GNL, ce navire de 400 mètres peut transporter 24.000 conteneurs et assurera les échanges commerciaux entre l'Asie et l'Europe

LE HAVRE: CMA CGM a baptisé jeudi au Havre (Seine-Maritime) le "Notre-Dame", plus gros porte-conteneurs sous pavillon français et le premier d'une série de dix navires géants commandés par l'armateur basé à Marseille.

Long de 400 mètres et plus haut que les tours de la cathédrale parisienne dont il porte le nom, le navire a été inauguré à la mi-journée devant plusieurs centaines de personnes, parmi lesquelles le maire du Havre Édouard Philippe et l'épouse du chef d'Etat Brigitte Macron.

"Je nomme ce navire CMA CGM Notre-Dame. Je souhaite bon vent à son équipage et à tous ceux qui navigueront à son bord", a lancé sa marraine Delphine Arnault, PDG de Christian Dior Couture, avant de briser la traditionnelle bouteille de champagne sur la coque.

Le choix du pavillon français vient d'un engagement pris par le PDG de CMA CGM, Rodolphe Saadé, devant Emmanuel Macron en novembre 2025.

Alors que les armateurs défendaient un avantage fiscal menacé, M. Saadé avait annoncé l'immatriculation sous pavillon français de ces nouveaux porte-conteneurs, présentés comme une contribution au renforcement de la souveraineté maritime française.

"Dans un monde où les routes maritimes sont de nouveau sous tension, notre mission n'a jamais été aussi essentielle", a déclaré jeudi le patron du troisième armateur mondial.

"À l'heure où la mer redevient un espace d'affirmation et de souveraineté (...), pour la France, dont la prospérité repose en grande partie sur les échanges internationaux, c'est un enjeu direct de compétitivité", a-t-il poursuivi.

Fleuron d'une nouvelle génération de porte-conteneurs géants, le "Notre-Dame" a été commandé pour transporter les marchandises produites par les usines asiatiques vers les consommateurs européens, et pour les produits agroalimentaires, cosmétiques et pharmaceutiques européens vers l'Asie.

Ce mastodonte des mers, le plus grand du monde à fonctionner grâce au gaz naturel liquéfié (GNL), sort du gigantesque chantier naval Yangzijiang Shipbuilding (YZJ) près de Shanghai, en Chine.

Il peut embarquer 24.000 conteneurs standards, soit l'équivalent de 20.000 camions ou 600 trains de fret, et son équipage est composé en moyenne d'une trentaine de personnes.

Le choix de son nom s'inscrit dans une tradition de séries thématiques adoptée par l'armateur. Pour cette nouvelle génération de porte-conteneurs, CMA CGM a choisi de mettre à l'honneur des symboles du patrimoine français.

Après le "Notre-Dame", le deuxième navire de la série, le "Panthéon", doit rejoindre la flotte en septembre.