Poutine accuse les Occidentaux d'avoir fomenté des attaques «terroristes» en Russie

Le président russe Vladimir Poutine préside une réunion du Conseil de sécurité à Moscou le 5 avril 2023 (Photo, Sputnik/AFP).
Le président russe Vladimir Poutine préside une réunion du Conseil de sécurité à Moscou le 5 avril 2023 (Photo, Sputnik/AFP).
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Publié le Jeudi 06 avril 2023

Poutine accuse les Occidentaux d'avoir fomenté des attaques «terroristes» en Russie

  • «Il y a tout lieu de penser» que les capacités de pays tiers et des services secrets occidentaux sont «impliquées dans la préparation d'actes de sabotage et de terrorisme»
  • Poutine a ordonné aux forces de sécurité russes de «faire tout ce qui est en leur pouvoir pour assurer la sécurité de la population locale»

MOSCOU: Le président Vladimir Poutine a accusé mercredi les services secrets occidentaux d'être impliqués dans des attaques "terroristes" en Russie, après avoir réservé un accueil glacial à la nouvelle ambassadrice américaine à Moscou.

Son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky était quant à lui à Varsovie pour une visite officielle au cours de laquelle la Pologne a promis de demander que des garanties de sécurité supplémentaires soient accordées à l'Ukraine au prochain sommet de l'Otan prévu pour cet été à Vilnius, la capitale de la Lituanie.

"Il y a tout lieu de penser" que les capacités de pays tiers et des services secrets occidentaux sont "impliquées dans la préparation d'actes de sabotage et de terrorisme", tant dans les territoires ukrainiens contrôlés par Moscou qu'en Russie, a déclaré M. Poutine au cours d'une réunion télévisée de son Conseil de sécurité.

Installé aux côtés des dirigeants installés par la Russie des quatre régions ukrainiennes dont elle a revendiqué l'annexion en 2022, le président russe a accusé Kiev de commettre dans ces territoires "des crimes graves contre les civils qui y vivent, n'épargnant personne".

M. Poutine a ordonné aux forces de sécurité russes de "faire tout ce qui est en leur pouvoir pour assurer la sécurité de la population locale".

Quelques heures après l'intervention du chef de l'État, les services de sécurité russes (FSB) ont annoncé l'arrestation d'un pilote ukrainien, dont le petit avion s'est écrasé dans une zone frontalière de l'Ukraine.

États-Unis et UE fustigés

Les accusations de M. Poutine sont portées trois jours après la mort d'un célèbre blogueur militaire russe, tué dans un attentat à la bombe dans un café de Saint-Pétersbourg (nord-ouest).

Maxime Fomine, connu pour son soutien farouche à l'offensive russe en Ukraine, est mort après avoir accepté une statuette piégée de la part d'une jeune Russe, Daria Trepova, qui a été arrêtée et placée en détention provisoire mardi.

Moscou a accusé Kiev et des "agents" de l'opposant emprisonné Alexeï Navalny d'être impliqués dans cet assassinat. Des responsables ukrainiens ont de son côté estimé qu'il s'agissait d'un règlement de comptes interne aux milieux soutenant l'offensive en Russie.

L'Ukraine a été précédemment accusée de plusieurs autres assassinats ciblés tant dans les régions occupées qu'en Russie même, ainsi que d'opérations de sabotage.

La porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a affirmé mercredi que l'assassinat de Maxime Fomine serait "l'un des sujets de discussion" au Conseil de sécurité de l'ONU, dont la Russie a pris samedi la présidence tournante.

Quelques heures auparavant, M. Poutine avait fustigé les États-Unis à l'occasion d'une cérémonie de remise des lettres de créance au Kremlin, en présence de l'ambassadrice américaine et de l'envoyé de l'UE.

Regrettant une "crise profonde" dans les relations entre Moscou et Washington, il a mis en cause le "soutien des États-Unis" à la révolution ukrainienne de 2014, qui a "mené en fin de compte à l'actuelle crise ukrainienne".

Il a ensuite accusé l'Union européenne d'avoir été "à l'origine d'une confrontation géopolitique avec la Russie", constatant que les relations avec l'UE "se sont fortement détériorées ces dernières années".

«Garanties» pour l'Ukraine

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a pour sa part effectué mercredi sa première visite officielle en Pologne depuis le début du conflit.

À ses côtés à Varsovie, le président polonais Andrzej Duda a promis d'essayer d'"obtenir pour l'Ukraine (...) des garanties de sécurité supplémentaires qui renforceront son potentiel militaire".

M. Duda a annoncé que son pays était prêt à livrer à Kiev, "à l'avenir", l'ensemble de sa flotte de chasseurs MiG-29 de conception soviétique.

Les deux pays ont également signé des accords sur des livraisons d'armes polonaises à l'Ukraine, dont des transporteurs blindés Rosomak, ainsi que sur une production commune de munitions pour chars.

M. Zelensky a une nouvelle fois fait part de l'ambition de son pays d'intégrer l'Otan, une alliance honnie de Moscou qu'a rejointe la Finlande mardi.

"Je voudrais dire à nos partenaires, qui cherchent constamment des compromis sur notre chemin vers l'Otan, que l'Ukraine sera intransigeante sur ce point", a-t-il martelé.

Évoquant la situation sur le terrain, le président ukrainien a affirmé que "l'ennemi n'a(vait) pas pris le contrôle" de la ville dévastée de Bakhmout, dans l'Est, épicentre des combats depuis des mois.

Tandis que les forces russes ont lentement gagné du terrain ces dernières semaines, il a pour le moment exclu tout retrait ukrainien de cette cité.

Lors d'un discours prononcé dans la soirée devant le château royal de Varsovie, devant quelques milliers de personnes, M. Zelensky a remercié les Polonais pour leur aide à l'Ukraine et à des millions de réfugiés.

"Je suis reconnaissant à chaque Polonais pour cette fraternité. Je m'incline devant toi, Pologne ! Bravo à vous les Polonais", a-t-il lancé.

"Nous devons soutenir l'Ukraine. Nous devons continuer à la soutenir militairement, économiquement et humanitairement (...) Nous ne pouvons pas douter", a déclaré le président polonais.


Les Etats-Unis frappent l'Iran pour la troisième nuit de suite et vont rétablir le blocus des ports

Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
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  • Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna
  • Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom

TEHERAN: Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible".

Pendant une mission de cinq heures, "les forces américaines ont frappé des cibles militaires" dans plusieurs villes portuaires du sud de l'Iran, comme Bouchehr et Bandar Abbas, a détaillé le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans la matinée.

Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna.

Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom.

"Nous allons les frapper fort ce soir, et nous allons les frapper fort demain", avait déclaré lundi Donald Trump dans une interview radio. Pour le président américain, les dirigeants iraniens "ne peuvent absolument rien faire contre" ces frappes.

Comme la veille, les Gardiens de la Révolution iraniens ont, eux, revendiqué une opération à Bahreïn - entre autres contre un bâtiment hébergeant les troupes américaines sur la base de Juffair.

L'armée idéologique iranienne a aussi annoncé avoir ciblé en Jordanie "des installations clé et les forces américaines sur une base aérienne jordanienne", dans un communiqué cité par l'agence Tasnim. L'armée jordanienne a annoncé pour sa part l'interception de quatre missiles iraniens.

Deux tankers attaqués 

Dans le détroit d'Ormuz, les Emirats arabes unis ont déploré des attaques de missiles iraniens contre deux de leurs tankers, tuant un membre d'équipage indien.

Malgré ces échanges de frappes, Donald Trump a tout de même estimé, devant la presse à la Maison Blanche, qu'un accord avec l'Iran était encore "possible".

Avant cela, il avait annoncé sur Truth Social que les Etats-Unis prendraient le contrôle du détroit d'Ormuz et que le blocus des ports iraniens serait rétabli.

Il entrera en vigueur mardi à 20H00 GMT, selon l'armée américaine.

Tout comme Téhéran souhaite instaurer un péage pour traverser Ormuz, le président américain a dit vouloir percevoir en échange de la protection du détroit "une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons", contraire au droit international censé garantir la liberté de navigation.

Le pétrole remonte 

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, dont le pays a pris le contrôle du détroit au début de la guerre, a rétorqué sur X: "l'Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours".

Donald Trump "a tout à fait raison. Quiconque assure le passage sûr et sécurisé des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz devrait être rémunéré", a-t-il ironisé, ajoutant: "20%, c'est évidemment trop. Nous serons équitables".

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont accusé les Etats-Unis de mettre en péril l'approvisionnement mondial en pétrole.

Au lendemain d'une envolée spectaculaire de plus de 9%, les cours du pétrole continuaient leur ascension dans ce contexte. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, gagnait 1,19% à 84,29 dollars vers 02H00 GMT.

Après quasiment 40 jours de bombardements dans le conflit déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu était entré en vigueur début avril, avant d'être entériné le 17 juin par un protocole d'accord.

Mais depuis des attaques survenues mardi contre des navires tentant de franchir Ormuz, les affrontements ont repris avec une intensité inédite depuis des semaines, faisant dire à Donald Trump que le cessez-le-feu était "terminé".

La semaine dernière, le président américain a d'ailleurs envoyé une notice officielle au Congrès indiquant que le conflit avec l'Iran avait repris, a confirmé la Maison Blanche à l'AFP.

Et au total, 25 personnes ont été tuées depuis mercredi, selon un décompte de l'AFP à partir des médias iraniens et sources officielles.

 Protocole d'accord "en crise" 

Pour le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, "il ne fait aucun doute" que le protocole d'accord "est en crise".

"Mais l'Iran n'a jamais été le premier à violer ses engagements", a-t-il tancé lors d'une conférence de presse lundi à Téhéran à laquelle assistait l'AFP.

Les consultations avec les médiateurs que sont le Qatar, le Pakistan et Oman se poursuivent afin de "prévenir une escalade", a-t-il toutefois assuré.

Le protocole d'accord prévoyait la réouverture du détroit, Téhéran n'autorisant toutefois qu'un seul couloir de navigation, le long de ses côtes.

"Ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République islamique d'Iran le protégera", avait averti dimanche le conseiller militaire du guide suprême, Mohsen Rezaï.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.