Appels au limogeage du chef de la police israélienne à la suite d’un commentaire «raciste»

«Dans n'importe quel autre pays, un commissaire raciste comme Shabtai aurait été limogé sur-le-champ», s’est indigné Ayman Odeh, membre de la Knesset. (Photo, AFP).
«Dans n'importe quel autre pays, un commissaire raciste comme Shabtai aurait été limogé sur-le-champ», s’est indigné Ayman Odeh, membre de la Knesset. (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 06 avril 2023

Appels au limogeage du chef de la police israélienne à la suite d’un commentaire «raciste»

  • C'est dans la «nature» des Arabes de «s'entretuer» affirme Shabtai dans une conversation retranscrite par une chaine israélienne
  • La police israélienne n'a pas présenté d'excuses, affirmant que «les choses ont été sorties de leur contexte»

LONDRES: Un enregistrement ayant fuité dans lequel le chef de la police israélienne qualifie les Arabes de meurtriers par «nature» a suscité l’indignation des partis arabes israéliens.

Le ministre israélien de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir et le commissaire de police Kobi Shabtai s’étaient appelés la semaine dernière pour parler du projet de création de la garde nationale, pour lutter selon eux contre les taux de criminalité élevés au sein des communautés arabes, a rapporté The Times of Israel.

«Un meurtre après l'autre. Ceci dépasse toutes les limites. Nous avons besoin d’une garde nationale forte», aurait tonné le ministre de la Sécurité, d’après la transcription de la conversation divulguée mardi sur la chaîne israélienne Channel 12.

«Monsieur le ministre, il n'y a rien à faire. Ils s'entretuent. C'est leur nature. C'est la mentalité des Arabes», lui aurait alors répondu le chef de la police

Depuis l’approbation par le gouvernement israélien de la formation d’une garde nationale il y a plus d’une semaine, les deux hommes s’affrontent sur le sujet. L’opposition à cette formation, dont le chef de la police, avertissent qu’une telle garde placée sous le contrôle du dirigeant du parti d’extrême droite Jewish Power deviendrait une «milice privée».

 «Nous attendons du commissaire de police qu'il retire les propos indécents qu'il a tenus sur la société arabe et qu'il s'excuse auprès du peuple arabe, ou qu'il démissionne de son poste», a martelé le leader de la Liste arabe unie, Mansour Abbas.

Il a appelé le Premier ministre Benjamin Netanyahou et le président Isaac Herzog «à condamner pleinement les déclarations racistes de Shabtai».

Ayman Odeh, membre de la Knesset et chef du parti de la Liste arabe unie, a lui aussi exigé la démission du chef de la police, qualifiant ses commentaires d’«inexacts dans la réalité des faits».

«Le nombre de Palestiniens tués [dans des incidents criminels] en Israël est sept fois plus élevé que le nombre de Palestiniens tués [dans des incidents criminels] en Cisjordanie, à Gaza et en Jordanie», a tweeté Odeh.

«Ce n'est pas dans la nature des Palestiniens, c'est dans la nature de dirigeants racistes», a-t-il ajouté. «Dans n'importe quel autre pays, un commissaire raciste comme Shabtai aurait été renvoyé sur-le-champ.»

Walid Alhwashla de la Liste arabe unie a affirmé, selon Haaretz, que Shabtai avait plongé «dans l'abîme du racisme et des préjugés» avec ses commentaires.

Dans une déclaration, la police israélienne a fait part de son étonnement que la conversation ait pu être enregistrée par le bureau du ministre et s’est indignée contre le fait «que les choses» aient «été sorties de leur contexte».

Le communiqué indique également que la conversation en question «traite des schémas de comportement dans la société arabe, qui ne révèle pas l'identité des meurtriers même lorsqu'elle est connue des proches des victimes».

Le communiqué ne comprenait toutefois pas d’excuses pour les commentaires de Shabtai.

Ben-Gvir, ministre israélien de la Sécurité nationale depuis novembre, a été reconnu coupable en 2008 d'incitation au racisme contre la population arabe et de soutien à une organisation terroriste.

Il avait par ailleurs été inculpé plus de 50 fois pour incitation à la violence ou pour discours de haine.

En août dernier, il a appelé à l'introduction d'un projet de loi donnant aux tribunaux la possibilité d'expulser les citoyens arabes qui attaquent les soldats israéliens tout en affirmant que les «juifs» coupables du même acte devraient quant à eux «rester en prison pendant de nombreuses années» sans pour autant être expulsés.

Les commentaires virulents du chef de la police ont lieu dans un contexte de violence policière exacerbée contre les musulmans palestiniens en cette période de ramadan et en amont de la fête de la Pâque juive.

La police israélienne a pris d'assaut la mosquée Al-Aqsa dans la vieille ville de Jérusalem aux premières heures de mercredi, tirant des grenades assourdissantes et des balles en caoutchouc sur les Palestiniens. Des vidéos sur les réseaux sociaux ont également montré des policiers israéliens frappant des fidèles palestiniens à l'intérieur de la mosquée avec des matraques.

Plusieurs factions palestiniennes ont riposté par des tirs de missiles depuis la bande de Gaza sur la ville israélienne de Sderot, la majorité d’entre eux étant interceptés par le système de défense israélien Iron Dome. En réponse à ces attaques, Israël a effectué un bombardement sur la bande de Gaza.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.