Frappes israéliennes sur Gaza, l'escalade de la violence se poursuit

Des membres de l'unité de déminage de la police israélienne se tiennent près des restes d'un obus tiré depuis le Liban et intercepté par Israël dans la ville de Fassuta, dans le nord du pays, le 6 avril 2023 (Photo, AFP).
Des membres de l'unité de déminage de la police israélienne se tiennent près des restes d'un obus tiré depuis le Liban et intercepté par Israël dans la ville de Fassuta, dans le nord du pays, le 6 avril 2023 (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 07 avril 2023

Frappes israéliennes sur Gaza, l'escalade de la violence se poursuit

  • Dans l'après-midi, plus de trente roquettes ont été tirées en direction d'Israël à partir du Liban
  • L'armée israélienne a accusé des activistes palestiniens d'être derrière ces tirs qui ont fait au moins un blessé et causé des dégâts matériels le jour de la Pâque juive

GAZA: Israël a frappé jeudi soir des infrastructures du Hamas dans la bande de Gaza, dernier épisode d'une nouvelle flambée de violence au Proche-Orient contre laquelle les appels à la retenue semblent vains.

Des avions de combats ont frappé "un tunnel" dans la zone de Beit Hanoun (nord de la bande de Gaza), et un autre dans la zone de Khan Younis (sud du territoire), indique un communiqué de l'armée israélienne.

"Deux centres de fabrications d'armes appartenant au Hamas", mouvement islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza depuis 2007, ont également été frappés, ajoute le texte, présentant l'opération comme "une réponse aux atteintes à la sécurité (d'Israël) commises par le Hamas ces jours-ci".

Le raid israélien commencé vers 23h15 (21h15 GMT) a duré environ une demi-heure, selon des journalistes de l'AFP à Gaza, où plusieurs explosions ont été entendues.

Après le début du raid israélien, plusieurs missiles ont été tirés à partir de la bande de Gaza en direction du sud d'Israël, selon des témoins.

Aucune victime n'a été signalés immédiatement de part et d'autres à la suite de ces affrontements.

Dans un communiqué, le Hamas a dit tenir "Israël responsable de cette agression et de ses conséquences" et a appelé "toutes les factions palestiniennes à l'unité pour affronter l'occupation" (Israël, NDLR).

«Nous frapperons»

"Nous frapperons nos ennemis et ils paieront le prix de chaque agression", avait déclaré un peu plus tôt à Tel-Aviv le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à l'ouverture d'une réunion du cabinet restreint de sécurité.

Dans l'après-midi, plus de trente roquettes ont été tirées en direction d'Israël à partir du Liban, escalade sans équivalent sur le front israélo-libanais depuis 2006.

L'armée israélienne a accusé des activistes palestiniens d'être derrière ces tirs qui ont fait au moins un blessé et causé des dégâts matériels le jour de la Pâque juive.

Cet accès de violence à la frontière nord d'Israël a suscité condamnations et appels à la retenue, et survient au lendemain de l'irruption brutale en plein ramadan, de la police israélienne dans la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem, troisième lieu saint de l'islam, largement dénoncée par les pays voisins et à laquelle plusieurs groupes palestiniens ont promis une riposte.

Avant la réunion, le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, avait demandé à l'armée "de préparer toutes les ripostes possibles".

Israël et le Liban restent techniquement en état de guerre après différents conflits, et la ligne de cessez-le-feu est contrôlée par la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), déployée dans le sud du Liban pour veiller au maintien de la trêve.

Le ministère libanais des Affaires étrangères a assuré que le Liban voulait préserver "le calme et la stabilité" dans le Sud, appelant la communauté internationale à "faire pression sur Israël pour arrêter l'escalade".

Selon l'armée israélienne, "34 roquettes ont été tirées du territoire libanais", dont cinq sont tombées en Israël et 25 ont été interceptées par la défense antiaérienne.

L'armée israélienne a la certitude que les tirs de roquettes du Liban, non revendiqués, étaient "palestiniens", et probablement selon elle l'oeuvre du Hamas ou du Djihad islamique.

Le Premier ministre libanais Najib Mikati a déclaré refuser "toute escalade à partir de son territoire".

Jugeant la situation "extrêmement sérieuse", la Finul a appelé "à la retenue et à éviter une escalade supplémentaire".

L'ONU «condamne» les roquettes tirées du Liban»

"Nous condamnons les multiples roquettes tirées depuis le Liban vers le nord d'Israël aujourd'hui. Nous appelons tous les acteurs à exercer la plus grande retenue", a déclaré à la presse Stéphane Dujarric, porte-parole de Guterres, insistant sur la nécessité "d'éviter toute action unilatérale qui pourrait conduire à une nouvelle escalade de la situation".

 

«Réalité en Israël»

A Fassuta, dans le nord d'Israël, une voiture a été endommagée par une roquette.

A une vingtaine de kilomètres à l'ouest, à Shlomi, des journalistes de l'AFP on vu des bureaux criblés d'impacts après l'explosion d'un engin ayant laissé son empreinte au milieu de la chaussée.

"C'était terrifiant" mais "c'est la réalité en Israël", a dit Noy Atias, 21 ans, disant avoir entendu pas moins de cinq explosions.

Plus tôt jeudi, le Hezbollah avait proclamé son soutien à "toutes les mesures" que les groupes armés palestiniens pourraient prendre contre Israël en dénonçant "avec force l'assaut des forces d'occupation israéliennes" contre la mosquée Al-Aqsa.

Le Hezbollah, qui contrôle de fait le sud du Liban, entretient de bonnes relations avec le Hamas et le Djihad islamique palestinien.

En visite au Liban, le chef du Hamas Ismaïl Haniyeh a déclaré que les Palestiniens ne resteraient "pas les bras croisés" face aux "agressions" d'Israël contre la mosquée Al-Aqsa.

"Si les sionistes pensent qu'ils peuvent souiller la mosquée Al-Aqsa, ils doivent comprendre (...) que cela pourra faire flamber la région tout entière", a prévenu Hachem Safieddine, un dirigeant du Hezbollah, cité par la chaîne du mouvement.

Mercredi et jeudi, plusieurs roquettes ou missiles avaient été tirés de la bande de Gaza en direction d'Israël, sans faire de victimes.

Paris a condamné jeudi des tirs "indiscriminés" ayant ciblé Israël et appelé "au respect du statu quo historique sur les lieux saints à Jérusalem", alors que Washington a reconnu "le droit légitime d'Israël à se défendre contre toute forme d'agression".


Le Premier ministre qatari à Téhéran jeudi

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  • Le Premier ministre qatari, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani, se rend jeudi à Téhéran
  • Il rencontrera plusieurs responsables iraniens afin de discuter des moyens d'apaiser les tensions

DOHA: Le Premier ministre qatari, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani, se rend jeudi à Téhéran, où il rencontrera plusieurs responsables iraniens afin de discuter des moyens d'apaiser les tensions, a déclaré mercredi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed Al Ansari, sur X.


Dans le sud du Liban, Israël accusé d'incendier terres agricoles et forêts

Si les vagues de chaleur extrême alimentent cet été les feux de forêt dans le monde, le Liban accuse l’armée israélienne d'incendier, souvent délibérément, ses étendues vertes et terres agricoles dans le sud du pays. (AFP)
Si les vagues de chaleur extrême alimentent cet été les feux de forêt dans le monde, le Liban accuse l’armée israélienne d'incendier, souvent délibérément, ses étendues vertes et terres agricoles dans le sud du pays. (AFP)
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  • En août, un photographe de l’AFP a recensé des dizaines d'incendies qui ont ravagé plusieurs localités du sud, comme Houla, Maiss al-Jabal et Wadi Slouqi
  • La plupart sont situés dans ce qu'Israël désigne comme une "zone de sécurité" où son armée est déployée

BEYROUTH: Si les vagues de chaleur extrême alimentent cet été les feux de forêt dans le monde, le Liban accuse l’armée israélienne d'incendier, souvent délibérément, ses étendues vertes et terres agricoles dans le sud du pays.

Depuis la limite de la zone occupée par Israël dans le sud du pays, Haïdar Qoteich a vu les champs et les vergers de son village de Houla, tenu par l'armée israélienne et situé à cinq kilomètres de là, disparaître dans les flammes.

"Ils ont tout brûlé (..) les champs du village sont tout noirs", affirme à l'AFP ce père de quatre enfants, âgé de 36 ans, joint par téléphone.

Selon les autorités libanaises, plus de 16.000 hectares ont été brûlés depuis le début des hostilités entre le mouvement pro-iranien Hezbollah et Israël en octobre 2023, marquées par un cessez-le-feu en novembre 2024 avant une reprise des affrontements début mars, et une accalmie relative ces dernières semaines.

En août, un photographe de l’AFP a recensé des dizaines d'incendies qui ont ravagé plusieurs localités du sud, comme Houla, Maiss al-Jabal et Wadi Slouqi.

La plupart sont situés dans ce qu'Israël désigne comme une "zone de sécurité" où son armée est déployée.

Incendies "systématiques" 

Les feux résultent de frappes israéliennes, de "bombes explosives et de drones", indique à l'AFP Hussein Fakih, directeur de la Défense civile à Nabatiyé, la capitale du gouvernorat. Il fait aussi état de "bombes au phosphore et bombes à sous-munitions pour déclencher" les incendies.

Ses équipes, qui n'ont pas accès aux zones occupées, ont recensé en juillet et en août des incendies à la lisière de ces secteurs.

Des responsables libanais, des ONG et des habitants dénoncent une "politique de la terre brûlée" pratiquée par Israël qui cherche à éloigner les combattants du Hezbollah de la frontière.

Contactée par l'AFP, l'armée israélienne a indiqué avoir "conscience de l’impact environnemental potentiel de ses activités dans la région" et assure prendre "des mesures de précaution pour réduire les dommages causés aux civils et à l’environnement".

Aux confins du village de Kfar Chouba, jouxtant la zone occupée, un incendie s'est déclaré le 5 août "à la suite de tirs des forces israéliennes", rapporte le maire, Kassim Al-Kadri. Le feu a ravagé une zone forestière d’environ 2 km².

Il a fallu, selon le maire, deux jours pour le maîtriser avec des moyens rudimentaires, la défense civile n'ayant obtenu que le lendemain une autorisation d'accès de la part d'Israël. "Le feu avait tout ravagé", déplore-t-il.

Au siège du Conseil national de la recherche scientifique (CNRS), à Beyrouth, des images satellitaires projetées sur écran géant montrent des vergers et forêts avant et après leur disparition depuis 2023, sous l’effet des incendies et du défrichement, y compris l'arrachement d'oliviers centenaires.

Des photos de Khiam, bourgade occupée, montrent ainsi des étendues verdoyantes avant 2024 transformées en terres arides.

Le CNRS a recensé la destruction par le feu d'environ 8.500 hectares au cours de la guerre précédente (octobre 2023-novembre 2024) et de 7.500 hectares au cours de la dernière.

Le secrétaire général du CNRS, Chadi Abdallah, accuse Israël "d'incendier de manière systématique" ces zones.

"Ecocide" 

"Cela montre qu’ils cherchent à créer un espace dépourvu d’habitations, de constructions et de toute forme de vie" pour empêcher tout retour des habitants, affirme-t-il, en parlant de la majorité des personnes résidant dans les villages frontaliers qui ont dû fuir les bombardements israéliens.

Il souligne que 350 hectares ont été incendiés entre la date de signature d'un accord-cadre entre le Liban et Israël en juin et le 13 août.

L'agence de presse officielle libanaise ANI fait état régulièrement d'opérations de démolitions et explosions déclenchées par Israël dans le sud. Et le Liban a plusieurs fois dénoncé des destructions "systématiques" dans cette région.

Dans le village de Zawtar el-Charqiyé, l’armée israélienne a en outre déraciné 600 oliviers en août, selon l'ANI.

L’association "Les Verts du Sud", qui documente les dégâts environnementaux dans cette région, a accusé Israël de mettre le feu "aux maisons, forêts, bois et terrains agricoles", et notamment à une réserve naturelle située à Wadi Slouqi.

La ministre libanaise de l’Environnement, Tamara el-Zein, avait déjà dénoncé un "écocide" dans le sud, et des incendies "délibérés".

De Chaqra, où il a trouvé refuge, Haïdar Qoteich contemple les plaines incendiées de son village. "Il faut toute une vie pour reboiser un village devenu un désert", soupire-t-il.

 


Le haut-représentant du «Conseil de paix» pour Gaza met en garde contre un «point de non-retour»

Des Palestiniens observent un entrepôt d'aide alimentaire endommagé lors d'une frappe aérienne israélienne qui visait une maison voisine à Deir Al-Balah, au centre de la bande de Gaza, mercredi 26 août 2026. (AP)
Des Palestiniens observent un entrepôt d'aide alimentaire endommagé lors d'une frappe aérienne israélienne qui visait une maison voisine à Deir Al-Balah, au centre de la bande de Gaza, mercredi 26 août 2026. (AP)
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  • "Chaque recours à la force qui ne répond pas à une menace imminente, et chaque incident pour lequel le mécanisme de coordination n'a pas été sollicité, coûtent à ce processus quelque chose qu’il sera très difficile de regagner"
  • Il a également regretté que le Hamas poursuive de son côté les entorses au cessez-le-feu

NATIONS-UNIES: Le haut-représentant du "Conseil de paix" pour Gaza, Nikolaï Mladenov, a mis en garde mercredi contre un "point de non-retour" en cas d'échec du plan de paix pour le territoire palestinien, actuellement dans l'impasse.

"Gaza n'a plus les moyens de supporter une nouvelle catastrophe. Si le cessez-le-feu s'effondre et que la bande replonge dans une nouvelle escalade généralisée, il n'y aura plus de feuille de route sur laquelle revenir, plus d'administration à déployer et plus rien sur le terrain à reconstruire", a-t-il déclaré devant le Conseil de sécurité de l'ONU.

Les Etats-Unis ont fait approuver par le Hamas fin juillet une feuille de route prévoyant son désarmement et le retrait de l'armée israélienne, qui occupe plus de 60% de la bande de Gaza.

Mais Israël a rejeté le texte, exigeant un désarmement total et vérifiable du Hamas.

La poursuite des frappes israéliennes fait peser un risque pour le cessez-le-feu, a estimé Nikolaï Mladenov.

"Chaque recours à la force qui ne répond pas à une menace imminente, et chaque incident pour lequel le mécanisme de coordination n'a pas été sollicité, coûtent à ce processus quelque chose qu’il sera très difficile de regagner", a-t-il dit.

Il a également regretté que le Hamas poursuive de son côté les entorses au cessez-le-feu.

"Chaque arme encore portée, chaque tunnel dont les travaux se poursuivent et chaque convoi encore entravé fait reculer le processus et fournit un argument à ceux qui veulent reprendre la guerre", a déclaré Nikolaï Mladenov.

"Et comme l'expérience l'a montré, ce sont les civils palestiniens, les femmes et les enfants, qui en subiront les conséquences", a-t-il conclu.