La Chine lance des exercices militaires dans le détroit de Taïwan

Un remorqueur de la marine de l'APL navigue dans le détroit de Taïwan, devant des touristes sur l'île de Pingtan, le point le plus proche de Taïwan, dans la province chinoise du Fujian (sud-est), le 7 avril 2023. (Photo de GREG BAKER / AFP)
Un remorqueur de la marine de l'APL navigue dans le détroit de Taïwan, devant des touristes sur l'île de Pingtan, le point le plus proche de Taïwan, dans la province chinoise du Fujian (sud-est), le 7 avril 2023. (Photo de GREG BAKER / AFP)
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Publié le Samedi 08 avril 2023

La Chine lance des exercices militaires dans le détroit de Taïwan

  • Ces manoeuvres font suite à la visite cette semaine de Mme Tsai aux Etats-Unis, où elle a rencontré mercredi Kevin McCarthy, le président de la Chambre des représentants
  • Le ministère de la Défense taïwanais a affirmé samedi à la mi-journée avoir détecté huit navires de guerre et 42 avions de chasse chinois autour de l'île

PÉKIN : La Chine a lancé samedi trois jours d'exercices militaires dans le détroit de Taïwan, sur fond de tensions avec l'île, sa présidente Tsai Ing-wen fustigeant «l'expansionnisme autoritaire» de Pékin après sa rencontre avec le troisième personnage de l'Etat américain.

Ces manoeuvres «servent de sérieux avertissement contre la collusion entre les forces séparatistes recherchant +l'indépendance de Taïwan+ et les forces extérieures, ainsi que leurs activités provocatrices», a averti dans un communiqué un porte-parole de l'armée chinoise, Shi Yi.

Ces opérations, qui comprennent également des «patrouilles», sont «nécessaires pour sauvegarder la souveraineté et l'intégralité territoriale de la Chine», a justifié ce porte-parole.

Des exercices à tirs réels se tiendront lundi dans le détroit de Taïwan à proximité des côtes du Fujian (est), la province qui fait face à l'île, ont par ailleurs indiqué les autorités maritimes locales.

Ces exercices, qui revêtent une dimension «opérationnelle», sont destinés à démontrer que l'armée chinoise sera prête, «si les provocations s'intensifient», à «régler une fois pour toutes la question de Taïwan», a indiqué à l'AFP l'analyste militaire Song Zhongping.

Exercices «d'encerclement total», selon CCTV

Les exercices militaires lancés samedi par la Chine dans le détroit de Taïwan visent un «encerclement total» de l'île, selon la télévision d'Etat chinoise.

«L'exercice d'aujourd'hui se concentre sur la capacité à prendre le contrôle de la mer, de l'espace aérien et de l'information [...] afin de créer une dissuasion et un encerclement total» de Taïwan, a précisé CCTV.

La localisation exacte de ces opérations n'est pas connue.

La partie la plus étroite du détroit de Taïwan entre les côtes chinoises et l'île fait environ 130 kilomètres.

Selon CCTV, des destroyers, des vedettes rapides lance-missiles, des avions de chasse, des ravitailleurs et des brouilleurs sont notamment mobilisés pour ces exercices.

Taipei a estimé que ces manoeuvres menacent la «stabilité et la sécurité» dans la région Asie-Pacifique.

Sa présidente, Tsai Ing-wen, a dénoncé samedi un «expansionnisme autoritaire» de la part de la Chine et assuré que le territoire «continuerait à travailler avec les Etats-Unis et d'autres pays (...) pour défendre les valeurs de liberté et de démocratie».

Le ministère taïwanais de la Défense a de son côté indiqué «suivre la situation» et avoir chargé l'armée de «répondre» aux activités militaires chinoises.

«Mesures fermes et énergiques»

Samedi matin à Pingtan, le point le plus proche de Taïwan au sud-est de la Chine, des touristes observaient les eaux agitées de la mer mais aucune activité militaire notable n'était visible.

Ces manoeuvres font suite à la visite cette semaine de Mme Tsai aux Etats-Unis, où elle a rencontré mercredi Kevin McCarthy, le président de la Chambre des représentants. Pékin avait dans la foulée promis des «mesures fermes et énergiques» en représailles.

La Chine voit avec mécontentement le rapprochement à l'oeuvre ces dernières années entre les autorités taïwanaises et les Etats-Unis, qui malgré l'absence de relations officielles fournissent à l'île un soutien militaire substantiel.

La Chine considère Taïwan (23 millions d'habitants) comme l'une de ses provinces, qu'elle n'a pas encore réussi à réunifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949.

Les Etats-Unis ont reconnu la République populaire de Chine en 1979 et ne doivent en théorie avoir aucun contact officiel avec la République de Chine (Taïwan), en vertu du «principe d'une seule Chine» défendu par Pékin.

Depuis jeudi, la Chine accentue la pression militaire sur Taïwan avec l'envoi de navires de guerre et d'aéronefs dans le détroit.

Elle a aussi renforcé la présence de ses garde-côtes pour des patrouilles exceptionnelles.

La localisation exacte des nouvelles manoeuvres n'est pas précisée, hormis les exercices à tirs réels de lundi, qui auront lieu autour de Pingtan.

La partie la plus étroite du détroit entre les côtes chinoises et l'île fait environ 130 kilomètres de large.

«Se bercer d'illusions»

En août, Pékin avait lancé des manoeuvres militaires sans précédent autour de Taïwan lorsque la démocrate Nancy Pelosi, qui a précédé M. McCarthy au perchoir, s'était rendue sur l'île.

La réponse à ce stade à la rencontre avec le numéro trois américain n'a rien de comparable avec l'été 2022.

Le ministère de la Défense taïwanais a affirmé samedi à la mi-journée avoir détecté huit navires de guerre et 42 avions de chasse chinois autour de l'île. Vingt-neuf avions ont dépassé la ligne médiane qui sépare la Chine de Taïwan, a-t-on précisé de même source.

Ces manoeuvres militaires interviennent au lendemain d'une visite d'Etat en Chine d'Emmanuel Macron, au cours de laquelle la question de Taïwan a été évoquée avec le président chinois Xi Jinping.

«La conversation a été dense et franche» à ce sujet, a indiqué vendredi l'Elysée.

«Quiconque pense que la Chine va faire des compromis sur Taïwan se berce d'illusions», a de son côté assuré jeudi Xi Jinping à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, lors d'une rencontre à Pékin, selon des propos rapportés par la diplomatie chinoise.

Un navire de guerre et 29 avions de chasse

Samedi, le ministère de la Défense de Taïwan a annoncé avoir détecté un navire de guerre chinois et 29 avions de chasse supplémentaires autour de l'île samedi, au premier jour d'exercices militaires de Pékin dans le détroit de Taïwan.

Le parti communiste chinois "a délibérément créé une tension dans le détroit de Taïwan (...) ce qui a un impact négatif sur la sécurité et le développement économique de la communauté internationale", a indiqué le ministère, en précisant que le nombre de navires de guerre détectés autour de l'île à 16H00 locales (08H00 GMT) se montait désormais à neuf, et celui des avions de chasse à 71.

Entre Taipei et Pékin, sept décennies de liens tumultueux

La Chine a lancé samedi trois jours d'exercices militaires autour de Taïwan. L'AFP revient sur les moments clés de l'Histoire entre l'île et Pékin.

1949, la séparation

Les communistes de Mao Tsé-toung prennent le pouvoir à Pékin en 1949 et font fuir les nationalistes du Kuomintang (KMT) de Tchang Kaï-chek à Taïwan, marquant la fin de la guerre civile chinoise.

Le KMT forme un gouvernement à Taipei en décembre, et rompt toute relation avec la Chine continentale.

En 1950, Taïwan devient l'allié des Etats-Unis, qui mène une guerre contre la Chine en Corée. Washington déploie une flotte dans le détroit de Taïwan pour protéger son nouvel allié d'une possible attaque.

1971, l'ONU et les Etats-Unis reconnaissent le régime de Pékin

En octobre 1971, Pékin reprend le siège de la Chine à l'ONU, précédemment tenu par Taipei.

En 1979, les Etats-Unis rompent formellement leurs relations diplomatiques avec Taïwan et en établissent avec Pékin, reconnaissant ainsi officiellement la République populaire de Chine.

Washington entretient cependant une "ambiguïté stratégique" sur la question taïwanaise, et reste l'allié le plus puissant de l'île, notamment en lui fournissant un soutien militaire substantiel.

1987-2004, les relations s'améliorent

Fin 1987, les résidents de Taïwan sont autorisés à se rendre en Chine continentale pour la première fois depuis la séparation, permettant aux familles de se réunir.

Taïwan met fin en 1991 à l'état de guerre avec la Chine. Les premiers pourparlers entre les deux parties sont organisés deux ans plus tard à Singapour.

Mais en 1995, à la suite d'une visite du président taïwanais de l'époque, Lee Teng-hui, aux Etats-Unis, Pékin lance une série de tirs de missiles autour de l'île.

D'autres manoeuvres au large de Taïwan sont menées par les communistes en 1996, afin de dissuader les électeurs de participer à la première élection présidentielle démocratique du territoire.

Lors des élections de 2000, le KMT perd pour la première fois le pouvoir à Taïwan. Les liens commerciaux entre les deux parties s'améliorent les années suivantes.

2005-2015, des menaces et des discussions

Pékin adopte en mars 2005 une loi autorisant l'usage de la force si Taïwan déclare son indépendance.

En avril cette même année, le président du Kuomintang Lien Chan se rend en Chine pour y rencontrer le dirigeant chinois d'alors Hu Jintao, une visite historique.

En 2008, les relations se réchauffent: Ma Ying-jeou du KMT est élu président, sur un programme favorable à Pékin.

Les deux rives signent un accord-cadre de coopération économique en 2010 et organisent en 2014 les premières discussions de gouvernement à gouvernement depuis la séparation.

2016, la lune de miel se termine

Tsai Ing-wen, du Parti démocratique progressiste (PDP), traditionnellement pro-indépendantiste, remporte l'élection présidentielle de janvier 2016.

En juin cette même année, la Chine suspend toute communication avec Taïwan: Mme Tsai refuse de reconnaître le Principe de la Chine unique par lequel l'île et le Continent feraient partie d'un seul pays.

En décembre, Donald Trump, alors président des Etats-Unis, rompt avec des décennies de politique diplomatique américaine et échange directement au téléphone avec Tsai Ing-wen.

Xi Jinping déclare en janvier 2019 que la réunification entre la Chine et Taïwan est "inévitable".

2021, tensions sino-américaines

En 2021, des avions militaires chinois font des centaines d'incursions dans la zone de défense de Taïwan.

En octobre, le président américain Joe Biden affirme que les Etats-Unis défendront Taïwan si la Chine l'attaque, des propos partiellement démentis dans la foulée par la Maison Blanche.

2022, la visite de Nancy Pelosi et l'ire de Pékin

Le 2 août 2022, Nancy Pelosi, alors présidente de la Chambre des représentants des Etats-Unis, atterrit à Taïwan, dans le cadre d'une tournée asiatique.

Furieux, Pékin déclenche en représailles des manoeuvres militaires de grande ampleur autour de l'île autoadministrée. Taïwan est encerclé le 4 août, et des tirs de missiles sont effectués pendant une semaine.

Dans le cadre de ces exercices, des avions de chasse et des navires de guerre ont été déployés.

Taipei répond par ses propres exercices et, dans les semaines qui suivent, les Etats-Unis envoient des navires de guerre dans le détroit et annoncent de nouveaux programmes d'aide militaire à l'île.

La Chine impose des sanctions à Mme Pelosi, mais sa visite incite d'autres délégations américaines et européennes à se rendre à Taïwan.

2023, rencontre entre Tsai et McCarthy

Tsai Ing-wen s'arrête à deux reprises aux Etats-Unis, avant et après une visite chez ses alliés d'Amérique latine, de moins en moins nombreux. Elle rencontre le président de la Chambre des Représentants Kevin McCarthy à Los Angeles le 5 avril.

Pékin menace de représailles pour "défendre" sa souveraineté, insistant sur le fait que Taïwan fait partie de son territoire.

Le 8 avril, au lendemain du retour de Mme Tsai à Taipei, Pékin annonce trois jours d'exercices militaires.

Ce jour-là, le ministère de la Défense taïwanais détecte au moins huit navires de guerre et 42 avions de chasse autour de Taïwan.

Vingt-neuf avions entrent au sud-ouest de la zone d'identification de défense aérienne (ADIZ) de Taïwan, et Pékin parle pour le premier jour d'entraînement à "l'encerclement" de Taïwan.


L'Iran et les Etats-Unis jugent un accord proche

Une femme passe devant une fresque antiaméricaine peinte sur le mur de l'ancienne ambassade des États-Unis, aujourd'hui transformée en musée, à Téhéran, le 12 juin 2026. (Photo AP/Vahid Salemi).
Une femme passe devant une fresque antiaméricaine peinte sur le mur de l'ancienne ambassade des États-Unis, aujourd'hui transformée en musée, à Téhéran, le 12 juin 2026. (Photo AP/Vahid Salemi).
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  • L’Iran et les États-Unis se disent proches d’un accord pour mettre fin à plusieurs mois de tensions au Moyen-Orient
  • Des désaccords persistent sur le nucléaire iranien, les sanctions économiques et le dossier libanais

TEHERAN: L'Iran et le médiateur pakistanais ont affirmé vendredi qu'un accord avec les Etats-Unis était proche pour mettre fin à trois mois et demi de conflit au Moyen-Orient, un haut responsable américain affichant également un ton optimiste.

Après des semaines de négociations laborieuses et d'espoirs déçus à plusieurs reprises, est-on dans la dernière ligne droite? Les principaux protagonistes se disent confiants même si la version du texte donnée par les médias iraniens diffère significativement de celle avancée par Washington.

"Dès que les dernières étapes de nos négociations seront achevées, cet accord sera signé et annoncé", a indiqué le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi à la télévision d'Etat.

"Cela pourrait arriver dans les prochains jours. J'ai bon espoir", a-t-il déclaré.

Le ministre a affirmé que le projet d'accord prévoyait la levée du blocus américain des ports iraniens et une nouvelle gestion du détroit d'Ormuz.

Il a cependant accusé Israël de chercher des "prétextes" pour faire "dérailler" un éventuel accord avec Washington.

Même tonalité positive du côté du Premier ministre du Pakistan, principal négociateur dans le conflit. "La paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui", selon Shehbaz Sharif.

- Signature "à distance" -

Et à Washington, un haut responsable a estimé à "80 à 85%" la probabilité d'un accord-cadre ouvrant une période de 60 jours de discussions techniques, mais "pas 100%". "La ligne d'arrivée n'est pas encore franchie", a-t-il averti, sous le couvert de l'anonymat.

La Suisse a déjà proposé d'accueillir une éventuelle signature, alors qu'un sommet du G7 en présence de Donald Trump doit commencer lundi dans la ville française d'Evian, près de Genève. Mais Téhéran a affirmé qu'une fois finalisé, le protocole d'accord serait signé "à distance".

Les marchés parient de leur côté sur une telle issue, avec un pétrole passé sous la barre des 90 dollars le baril.

Le président américain, qui a déjà annoncé 39 fois un accord imminent selon un décompte de CNN, peine à trouver une issue à cette guerre impopulaire, à l'approche des élections de mi-mandat de novembre et en plein Mondial de football co-organisé par les Etats-Unis.

Il s'est fendu vendredi d'un message furieux sur son réseau Truth Social: "Les termes (d'accord) que l'Iran a fait fuiter aux médias menteurs n'ont RIEN à voir avec les termes dont nous sommes convenus par écrit".

"Ce sont des gens qui n'ont pas d'honneur. Avec eux, il est impossible de négocier de bonne foi", a-t-il écrit aussi.

- Dilution de l'uranium -

L'agence de presse iranienne Mehr avait publié plus tôt ce qu'elle a présenté comme une ébauche de protocole en 14 points, avec des conditions telles que le maintien du contrôle sur le détroit d'Ormuz, le droit à l'enrichissement d'uranium, le déblocage rapide de 24 milliards de dollars de fonds iraniens gelés à l'étranger.

Washington a livré de son côté une toute autre version du texte.

Le compromis doit, selon le responsable américain, mener à la réouverture d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Il doit aussi aboutir au "démantèlement" du programme nucléaire iranien et permettre aux Etats-Unis de récupérer l'uranium hautement enrichi, qui serait "détruit sur place" puis "sorti" du pays.

Mais Abbas Araghchi a préconisé vendredi une dilution sur le sol iranien de ses stocks d'uranium enrichi à 60%.

Diluer l'uranium à un taux inférieur à 5%, loin des 90% requis pour fabriquer la bombe nucléaire, permettrait d'éloigner considérablement la menace d'un enrichissement à des fins militaires.

Téhéran dément vouloir se doter de l'arme atomique, comme l'en accusent les Etats-Unis et Israël.

- Liban -

Enfin, sur la question des avoirs, "les Iraniens ne recevront pas d'argent et les fonds ne seront pas libérés simplement par une signature d'accord ou la participation à une réunion", a insisté sur X le vice-président américain JD Vance.

Ce point est central pour l'Iran, après des décennies de sanctions qui asphyxient son économie.

Le conflit, déclenché par des frappes américano-israéliennes le 28 février avant l'entrée en vigueur d'une trêve le 8 avril, a embrasé le Moyen-Orient, fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

Autre point d'achoppement majeur, le front libanais.

Selon Washington, l'accord en discussion avec l'Iran inclut bien le Liban, comme réclamé par Téhéran, alors que les Etats-Unis avaient toujours dit vouloir traiter ce dossier séparément.

Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le territoire israélien en soutien à l'Iran. Depuis, Israël pilonne le pays voisin, disant vouloir "éliminer" le mouvement chiite. Des frappes qui ont fait plus de 3.700 morts.


Erdogan et Netanyahu s'écharpent sur le Proche-Orient

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Benjamin Netanyahu de « suivre la voie d’Hitler » jeudi, après que le dirigeant israélien a affirmé qu’il était un « dictateur antisémite » ayant commis un « génocide » contre les Kurdes. (AFP/archives)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Benjamin Netanyahu de « suivre la voie d’Hitler » jeudi, après que le dirigeant israélien a affirmé qu’il était un « dictateur antisémite » ayant commis un « génocide » contre les Kurdes. (AFP/archives)
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  • Recep Tayyip Erdogan a vivement accusé Benjamin Netanyahu de “marcher sur les pas d’Hitler”, dénonçant la politique israélienne à Gaza comme une “usine à souffrance” et un “réseau génocidaire”
  • Les échanges verbaux se sont durcis : Israël a répliqué en qualifiant Erdogan de “dictateur antisémite”, tandis que les tensions s’intensifient autour de Gaza, du Liban et de la sécurité régionale

ISTANBUL: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé jeudi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de "marcher sur les pas d'Hitler", les deux dirigeants se renvoyant le qualificatif de "génocidaire" par discours et communiqués interposés.

Affirmant qu'Israël s'est mué en une "usine à créer de la souffrance" se nourrissant "de sang et de larmes", le chef de l'Etat turc a à nouveau comparé M. Netanyahu à Adolf Hitler, lui prédisant "le même sort que celui des autres tyrans de l'histoire".

Mercredi, le président Erdogan, à couteaux tirés avec Benjamin Netanyahu depuis le déclenchement de la guerre à Gaza fin 2023, avait déjà déclaré que "la sécurité de la Turquie commence (...) à Alep, Damas et Beyrouth", estimant que le Premier ministre israélien et "sa clique criminelle" menacent également la Turquie.

"Nous ne tolérerons aucun fait accompli dans les pays frères et ne resterons pas les bras croisés face aux attaques", a-t-il ajouté face aux députés de son parti. En soulignant que l'armée israélienne "refuse de se retirer du Liban", où ses frappes ont fait quelque 3.700 morts depuis le déclenchement le 2 mars de sa nouvelle guerre contre le Hezbollah, selon les autorités locales.

Le bureau de Benjamin Netanyahu a rétorqué mercredi soir dans un communiqué en accusant "le dictateur antisémite Erdogan, auteur d'un génocide contre les Kurdes", de soutenir le Hamas et d'emprisonner ses opposants, jugeant qu'"il est bien le dernier à pouvoir donner des leçons de morale à Israël".

Revenant à la charge, Recep Tayyip Erdogan a dénoncé jeudi les méfaits à Gaza du "réseau génocidaire sioniste dirigé par Netanyahu".

"Ceux qui s'attaquent à notre région comme des requins assoiffés de sang devront un jour répondre de leurs actes", a-t-il conclu.


Médiation Etats-Unis/Iran : le Premier ministre du Pakistan affirme qu'un accord sur un texte de paix a été "atteint"

Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les commentaires divulgués de l’Iran sur un accord avec les États-Unis ne correspondent pas à ce qui a été convenu par écrit. (Photo d’archive Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les commentaires divulgués de l’Iran sur un accord avec les États-Unis ne correspondent pas à ce qui a été convenu par écrit. (Photo d’archive Reuters)
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  • Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif affirme qu’un accord sur le texte final d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran aurait été atteint, le Pakistan jouant un rôle de médiation entre les deux parties
  • Malgré des tensions et des accusations de désinformation, l’Iran estime que la conclusion d’un accord avec les États-Unis n’a jamais été aussi proche, tandis que Donald Trump conteste des fuites et nie qu’un texte corresponde à ce qui a été convenu

ISLAMABAD: Le Premier ministre du Pakistan Shehbaz Sharif a déclaré vendredi qu'un accord avait été "atteint" sur le texte d'un accord de paix entre les Etats-Unis et l'Iran.

"Nous pouvons confirmer qu'un accord sur le texte final de l'accord de paix a été atteint et que le Pakistan maintenant travaille avec les deux parties pour finaliser les étapes suivantes", a écrit M. Sharif sur X.

"La paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui", a-t-il dit.

L'Iran a lui-même affirmé vendredi qu'un accord avec les Etats-Unis n'avait "jamais été aussi proche", semblant vouloir calmer le jeu après un message furieux de Donald Trump accusant Téhéran de faire circuler un faux texte.

"Alors que le Pakistan déploie d'intenses efforts de médiation, nous avons pleinement conscience du fait qu'une campagne de désinformation incessante est menée par ceux qui veulent saboter l'accord de paix", a encore déclaré le ministre pakistanais.