Réformes, crises, économie en berne, le FMI lance ses réunions de printemps dans un climat chargé

Une femme passe devant un panneau annonçant les réunions de printemps 2023 de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international sur le bâtiment du FMI à Washington, DC, le 5 avril 2023. (AFP).
Une femme passe devant un panneau annonçant les réunions de printemps 2023 de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international sur le bâtiment du FMI à Washington, DC, le 5 avril 2023. (AFP).
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Publié le Mardi 11 avril 2023

Réformes, crises, économie en berne, le FMI lance ses réunions de printemps dans un climat chargé

  • Les réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM) doivent débuter jeudi
  • L'actualisation des prévisions économiques mondiales marquera le coup d'envoi officieux des rencontres au siège des deux institutions à Washington

WASHINGTON: Les réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM) doivent débuter jeudi, après la publication des prévisions de croissance mondiale dès mardi, dans un climat chargé, entre nécessité de réformes, crises à répétition et économie en souffrance.

L'actualisation des prévisions économiques mondiales marquera le coup d'envoi officieux des rencontres au siège des deux institutions à Washington, mais la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, a d'ores et déjà donné jeudi une idée de la tendance, avec une croissance mondiale prévue en dessous de 3%.

En soi, rien d'exceptionnel: lors de la dernière actualisation, en janvier, le FMI prévoyait déjà une croissance à 2,9%, la Banque se montrant elle encore plus pessimiste, selon son président, David Malpass.

"La croissance mondiale devrait être faible cette année, à 2%", a souligné M. Malpass lors d'une conférence de presse téléphonique lundi, une estimation en légère hausse pour la BM cependant puisqu'elle prévoyait 1,7% pour 2023 en janvier.

Mais cela risque de durer, le Fonds ne prévoyant pas une croissance mondiale dépassant les 3% en moyenne annuelle d'ici à 2028, soit, comme l'a rappelé Mme Georgieva, "notre perspective la plus faible à moyen terme depuis 1990".

Fin mars, la BM s'était montrée encore plus négative, tablant sur une croissance mondiale annuelle de 2,2% en moyenne d'ici à 2030, la plus faible décennie depuis plus de 40 ans.

Un ralentissement conséquent, qui intervient alors que le monde fait face à une série de défis sans précédents, entre les conséquences du réchauffement climatique, les risques de fragmentation du commerce mondial ou de crise de la dette généralisée.

Afin d'y faire face, une réforme des institutions financières internationales (IFI) est de plus en plus réclamée par un certain nombre d'Etats, les Etats-Unis s'étant notamment prononcés dans ce sens.

Dans un entretien accordé à l'AFP, la secrétaire au Trésor Janet Yellen a d'ailleurs rappelé qu'elle "souhaite une réforme des missions", en particulier de la Banque mondiale et ses filiales, afin d'ajouter "la résilience face au changement climatique, aux pandémies et aux conflits parmi les missions centrales".

"Nous souhaitons mener d'autres réformes durant le reste de l'année, cela fera partie des discussions lors des prochaines réunions du FMI ainsi qu'à l'occasion des réunions annuelles du FMI et de la BM au Maroc", en octobre prochain, a ajouté Mme Yellen.

Plus de pays vulnérables

Cette évolution devrait commencer par les banques régionales d'investissement et la BM, sous la direction de son prochain président, a priori le candidat américain, Ajay Banga, seul en lice.

Elle doit intervenir rapidement cependant: la transition écologique des pays émergents et à bas revenus nécessitera au minimum 1.000 milliards de dollars par an sur les prochaines années, a rappelé Kristalina Georgieva, une somme que les IFI n'ont actuellement pas les moyens de distribuer.

Cela nécessitera que "nos membres les plus riches aident à combler les manques" en matière de levée de fonds, a-t-elle insisté, alors que M. Banga veut réussir à embarquer le secteur privé, une fois à la tête de la BM.

Ces sujets seront parmi les principaux discutés durant ces réunions de printemps, et une première série d'annonces devrait intervenir à cette occasion, en particulier concernant les capacités d'emprunt de la BM et de ses filiales, a assuré Mme Yellen.

Cela n'empêchera pas les IFI de souligner plusieurs autres points d'inquiétude, à commencer par les risques de déstabilisation du secteur financier, si la lutte contre l'inflation poussait les banques centrales à augmenter davantage leurs taux.

David Malpass a ainsi rappelé les "risques sur la durée provoquée par le décalage existant entre les actifs à taux zéro de la dernière décennie et ceux des derniers mois, après la hausse des taux" qui nécessiteront de temps "à être digéré, dans un contexte d'inflation persistante et de dollar faible".

Réduire l'inflation reste la priorité, a insisté jeudi Mme Georgieva, pour qui les banques centrales "doivent faire plus pour garantir la stabilité financière".

L'autre conséquence de cette hausse des taux est que de plus en plus de pays à bas revenus se rapprochent d'un risque de crise de la dette. C'est d'ores et déjà le cas de 15% d'entre eux, a rappelé la directrice générale et 40% d'autres sont proches de cette situation, sans parler des pays émergents comme la Tunisie, le Pakistan ou encore le Ghana.

Pour y faire face, les IFI auront besoin de plus de moyens, ce que leurs directions respectives tenteront de rappeler aux représentants des Etats durant les prochains jours, s'ils veulent éviter que le climat économique ne soit encore plus lourd.


Airbus pénalisé par ses faibles livraisons d'avions

Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
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  • Airbus voit ses résultats baisser au T1 2026 (bénéfice -26%, CA -7%) à cause de livraisons d’avions retardées et de problèmes de moteurs
  • Le groupe maintient ses objectifs annuels et s’appuie sur la défense, tandis que Boeing prend l’avantage sur les livraisons

PARIS: L'avionneur européen Airbus est pénalisé au premier trimestre par de faibles livraisons d'avions commerciaux, qui pèsent sur ses comptes, tandis que son concurrent américain Boeing, en phase de redressement, signe des livraisons record.

En dépit de cette déconvenue due principalement à la pénurie des moteurs de l'américain Pratt & Whitney et la situation volatile au Moyen-Orient qui n'a pour l'instant "pas d'impact" sur ses activités, Airbus maintient ses objectifs pour l'année.

Il compte toujours livrer un nombre record de 870 avions commerciaux en 2026, soit plus que la meilleure année, en 2019, avant la pandémie du Covid (863 appareils).

Les livraisons d'avions commerciaux qui patinent ont fait chuter le bénéfice net de l'avionneur européen de 26% à 586 millions d'euros au premier trimestres.

Le chiffre d'affaires s'est établi à 12,65 milliards d'euros, en recul de 7% par rapport à la même période de l'année dernière.

Ces résultats "reflètent un niveau plus faible de livraisons d'avions commerciaux et une solide performance de notre division Defense and Space", a déclaré le patron d'Airbus Guillaume Faury.

- "Impact" de Pratt jusqu'en 2028  -

Depuis le début de l'année, Airbus n'a livré que 114 avions commerciaux contre 143 pour Boeing. L'an dernier l'écart s'est resserré au sein du duopole sur le terrain des livraisons, mais l'américain a pris l'avantage sur les commandes.

Pratt & Whitney "reste le principal facteur limitant de notre trajectoire de montée en cadence sur l’A320", la famille la mieux vendue d'Airbus, "avec un impact sur 2026 et 2027", a déclaré Guillaume Faury au cours d'une conférence téléphonique.

En conséquence, l’entreprise maintient sa prévision d'un rythme de production de cette famille d'avions compris entre 70 et 75 avions par mois d’ici la fin 2027, objectif revu à la baisse en février contre 75 auparavant.

Le carnet de commandes d'Airbus affiche 9.037 appareils, soit plus de dix ans de production au rythme actuel.

Airbus a également été confronté en début de l'année "à un retard administratif qui a affecté la livraison de près de 20 avions à des clients chinois", mais ce problème a été résolu.

Le problème de qualité des panneaux de l'A320 découvert en décembre aura "un impact résiduel" sur les livraisons sur le premier semestre, selon Guillaume Faury.

Le bilan des livraisons des avionneurs est toujours scruté, car il préfigure les résultats financiers, les compagnies aériennes acquittant la majorité du prix d'achat lorsqu'elles reçoivent leurs appareils.

Le "cash flow" d'Airbus qui emploie près de 170.000 personnes dans le monde s'est également nettement dégradé.

La trésorerie disponible consolidée avant financement des clients s’est ainsi établie à -2,485 milliards d’euros contre -310 millions d’euros il y a un an.

- Désaccords non résolus sur le Scaf -

Les mauvaises performances côté avions commerciaux sont toutefois contrebalancées par le succès de la branche défense.

Le chiffre d'affaires dans ce domaine a progressé de 7% à 2,8 milliards d'euros.

Interrogé sur le programme européen d'avion de combat Scaf mené par Airbus qui représente l'Allemagne et l'Espagne et Dassault Aviation pour la France, Guillaume Faury a indiqué que les discussions étaient "en cours" dans le cadre d'une mission demandée par le président français Emmanuel Macron pour réconcilier les industriels.

"Je ne dis pas que les désaccords sont résolus, mais qu’un travail est en cours entre les différents acteurs pour tenter d’identifier la meilleure voie à suivre", a-t-il poursuivi.

"La France, l'Allemagne et l'Espagne ont chacune leurs attentes et travaillent actuellement à résoudre ces divergences", a-t-il conclu. 


Vision Golfe 2026 : France-CCG, de la coopération à la transformation

L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats. (Photo: fournie)
L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats. (Photo: fournie)
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  • La France et les pays du Golfe intensifient leur partenariat économique avec un forum stratégique axé sur des projets concrets et des investissements mesurables
  • Les secteurs clés incluent l’IA, les énergies propres et les infrastructures, dans un contexte où la géopolitique redéfinit les échanges mondiaux

DUBAÏ: Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques croissantes, des mutations profondes des flux commerciaux et des impératifs liés à la transition énergétique, la France et les États du Conseil de coopération du Golfe (CCG) s’apprêtent à franchir une nouvelle étape dans leur relation stratégique. Les 18 et 19 juin 2026, Paris accueillera la quatrième édition de Vision Golfe, un forum de haut niveau destiné à accélérer les échanges économiques, les investissements et les coopérations industrielles entre les deux régions.

Organisé par Business France sous le haut patronage du président Emmanuel Macron, cet événement réunira ministres, décideurs publics et dirigeants d’entreprises au ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique. Il s’inscrit dans une dynamique de renforcement institutionnel des relations franco-golfiques, fondée sur la recherche de résilience économique et d’autonomie stratégique.

Au fil des éditions, Vision Golfe s’est imposé comme une plateforme incontournable pour transformer le dialogue en projets concrets. La dernière édition a rassemblé plus de 1 250 participants et généré plus de 2 000 rencontres B2B, témoignant d’une forte demande pour des échanges ciblés et opérationnels. L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » (“From Cooperation to Transformation”), entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats, notamment à travers le co-investissement, l’innovation conjointe et la collaboration industrielle.

Les relations économiques entre la France et les pays du Golfe connaissent une croissance soutenue. En 2025, les échanges commerciaux entre la France et les Émirats arabes unis ont atteint 10,8 milliards d’euros, en hausse de 27 % sur un an. À l’échelle régionale, le commerce entre la France et le CCG s’est élevé à 24,9 milliards d’euros, porté notamment par l’Arabie saoudite, le Koweït et le Qatar. Ces chiffres illustrent la solidité du corridor économique en construction, tout en laissant entrevoir un potentiel encore largement inexploité.

Dans un environnement où la géopolitique influence directement les décisions économiques — qu’il s’agisse de contrôle des exportations, de politiques industrielles ou de sécurité des chaînes d’approvisionnement — le partenariat entre la France et le Golfe apparaît de plus en plus complémentaire. Les pays du Golfe apportent leur capacité d’investissement, leur rapidité d’exécution et leur ambition technologique, tandis que la France contribue par son expertise industrielle, ses standards réglementaires et son accès aux marchés européens.

Comme le souligne Axel Baroux, directeur de Business France pour le Proche et Moyen-Orient : « Dans un monde où l’inaction est l’ennemi de la croissance, Vision Golfe 2026 vise à générer des avancées concrètes et mesurables. Le forum réunit les bons acteurs pour catalyser des initiatives, mobiliser des investissements et transformer les échanges en projets à fort impact. »

Le programme de Vision Golfe 2026 mettra en avant des secteurs stratégiques tels que l’intelligence artificielle, les énergies propres, l’industrie avancée, la mobilité intelligente, les systèmes de santé et le développement urbain durable. La notion de sécurité, au sens large, sera également centrale, englobant les infrastructures critiques, la sécurité alimentaire, la gestion de l’eau ou encore les corridors logistiques et maritimes.

Au-delà des panels et des discussions, l’événement privilégiera des formats orientés action : rencontres B2B et B2G, sessions de networking et événements exclusifs comme la « French Gulf Night » au Palais Galliera. L’objectif est clair : accélérer la prise de décision et transformer les convergences stratégiques en projets concrets, investissements et créations d’emplois.

Vision Golfe 2026 s’affirme ainsi comme un catalyseur de la prochaine phase du partenariat entre la France et le CCG, où l’enjeu n’est plus seulement de coopérer, mais bien de transformer durablement les économies des deux régions.


Les Emirats annoncent leur retrait de l'Opep à partir de mai 

Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
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  • Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep)
  • "Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale"

DUBAI: Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie.

"Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale", explique l'agence Wam.